Illustration Antoine Charbonneau

Illustration Antoine  Demers-Charbonneau

 

 

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C’est même plus un cerveau ;
c’est comme de la sauce blanche.

– Boris Vian

Depuis combien de mois cela dure-t-il? Combien de dizaines de fois Julien s’est-il vigoureusement masturbé en regardant les clichés de l’inconnue? En s’imaginant suintant au-dessus de l’inconnue? Combien de matins a-t-il émergé avec regret de délicieux rêves humides la mettant en scène seule, avec lui, ou encore avec d’autres? Maintes fois a-t-il tenté de composer son image en rassemblant les photos éparses, mais peine perdue, il n’y arrive pas : son visage lui échappe. Il la cherche partout, sur les trottoirs et dans les bars, mais jamais il ne la voit. Véritable obsession, elle est devenue sa seule quête, son seul espoir, sa seule lumière.

Chaque jour il rentre chez lui d’un pas pressé, parfois même en courant, brûlant de découvrir une nouvelle enveloppe rose l’attendant. Au départ les envois étaient espacés, une image par semaine peut-être moins, et puis peu à peu ils s’étaient faits plus fréquents. Il y eu même une période fleurie où il en reçu quotidiennement, tandis qu’il lui arrivait désormais de ne rien recevoir des jours durant, ce qui le plongeait alors dans une sombre torpeur dont il n’émergeait qu’à la réception de l’enveloppe tant espérée. Elle se jouait de lui, pas d’erreur là-dessus, et lorsque les envois cessaient, lorsque pendant des jours, elle le laissait seul à lui-même, pitoyable, misérable, il en venait à s’imaginer la giflant rageusement sans jamais cesser de la défoncer comme un forcené. Et après qu’entre ses cuisses, il eut jouit tout son saoul, il continuait à la rouer de coups. Ça lui faisait un bien fou, de corriger la garce pour s’être montrée tellement agace. Pour l’avoir contraint à se masturber sans trêve et sans y trouver d’apaisement. Elle le pousse à bout. Et si aujourd’hui, Julien a la main droite bandée, c’est qu’il s’est blessé en déchargeant son désespoir et son dépit en envoyant dans le mur un coup de poing trop bien senti. À présent, il doit se branler de la main gauche, ce qu’il ne manque pas de faire, inlassablement. Plusieurs fois par jour, assidûment. Parfois, il en a mal à la bite, il a la bite en feu, il a la bite ardente, et il ne pense alors qu’à la bouche veloutée de l’inconnue contre sa turgescence. Il imagine les lèvres de l’inconnue embrasser délicatement son sexe meurtri, remonter lentement le long de son sexe tuméfié, tout doucement. Il voudrait tant sentir ses lèvres s’entrouvrir, sa langue se poser sur son gland, sa bouche l’engloutir dans son asile suave et enivrant. S’estomperait alors toute douleur et il jouirait dans la bouche de l’inconnue comme jamais, il n’a jouit dans le moindre réduit. Tel un volcan il expulserait ses fluides bouillants dans ce qui serait assurément l’orgasme le plus violent de son histoire. Son corps en serait secoué de spasmes incrédules, de soubresauts saisissants! Si seulement. Si seulement, elle daignait se montrer à lui entière, d’une seule pièce, vivante, en os, en chair. En vérité plutôt qu’en songe. Si seulement, il pouvait la saisir. La prendre. La garder. Si seulement elle était là, à ses côtés.

De l’encre bleue sur du papier rose composait son prénom. Son seul prénom, suivit de son adresse. La graphie était belle, probablement celle d’une femme. Aucune adresse de retour n’y figurait. Certes, il fut intrigué lorsqu’il reçu cette première enveloppe, mais il le fut plus encore lorsqu’il l’ouvrit pour n’y découvrir que cet étrange cliché : celui d’un gros orteil laqué de rouge vif. Puis les jours avaient passés, comme toujours, et il avait oublié. Il ne pensa plus à l’orteil avant de trouver une seconde enveloppe rose au fond de sa boîte aux lettres. Celle-là aussi ne contenait qu’une image, cette fois celle d’une oreille, ornée d’une délicate perle blanche. Puis avaient suivi un nombril, un sourcil, une cheville et ce qui lui sembla être la courbe d’une hanche. Au fil du temps il eut droit à toute l’étendue de la ravissante anatomie d’une femme sans contredit magnifique. Elle lui avait généreusement donné à voir, sous plusieurs angles et éclairages, ses fesses, ses seins, sa bouche, son sexe. Et lorsqu’il eut tout vu d’elle, les envois cessèrent un temps, longtemps.

L’enveloppe qu’il reçu, enfin! Suite à l’intolérable contretemps ne contenait, cette fois aucun cliché, plutôt une capsule de pellicule exposée, de marque Fuji. Frénétique, il se rendit dans un laboratoire où il paya le gros prix pour obtenir un développement rapide, sur papier glacé. L’employé du labo le dévisagea d’un air réprobateur lorsqu’une heure plus tard, il lui tendit les 36 photos, et Julien se pressa dans la première ruelle qu’il vit pour y assouvir sa curiosité galopante. Oh!!! Voilà qu’il tenait entre ses doigts une série de clichés où l’inconnue se mettait en scène en s’insérant divers objets au fond du sexe. Il y avait des plans rapprochés et d’autres éloignés où elle se dévoilait en entier mais toujours sans la tête; parfois de face, donnant ainsi enfin à voir le rebondi de ses deux seins, parfois de dos, offrant alors à Julien le galbe bandant de ses deux fesses. On l’y voyait s’enfoncer dans une chatte parfois rasée, parfois piquante, un classique concombre mais aussi un tournevis, une brosse à cheveux et une bouteille de bière qu’elle s’enfilait vicieusement par les deux bouts. Naturellement il s’éleva dans le froc de Julien une érection dure comme le roc, et il se la sortit juste là dans la ruelle et se branla au grand air avant de décharger son foutre contre le mur de briques auquel il avait offert son spectacle navrant. Et c’est sans doute à ce moment-là qu’il devint complètement obsédé, hanté, tourmenté par cette seule idée: défoncer cette chatte sauvage. Lui rentrer dedans sans façons, sans prélude ni préambule. La posséder pour de bon.

Le lendemain, c’est une boîte qu’il reçu. Quel ne fut pas son délire lorsqu’il y découvrit une brosse à cheveux exhalant une exquise odeur de sexe. Sans aucun doute LA brosse à cheveux, brosse qui ne quitterait plus son lit tant que le doux parfum de l’inconnue en émanerait et qu’il pourrait s’endormir en en reniflant les effluves. Malheureusement, l’odeur de celle qu’il rêvait de prendre dans toutes les positions possibles et impossibles ne fut bien vite qu’un songe et il n’eut plus le moindre signe d’elle pendant plus de trente jours. C’est là, qu’il frappa rageusement dans le mur et qu’il se surprit même à sangloter bêtement comme un sale veau. Misérable avorton sans aucune autre ambition que de planter son sexe dans celui d’une femme dont il ignorait tout, si ce n’est l’odeur de sa chatte, la couleur de ses yeux et celle de ses mamelons.

Puis un beau matin, il reçu un courriel d’une certaine Rose Rose. Il espéra tant qu’il provienne de l’inconnue qu’il s’arrêta de respirer. Le message ne contenait qu’un lien de téléchargement sur lequel il se serait empressé de cliquer s’il ne s’était trouvé au travail, entouré d’importuns confrères. Il feignit un malaise et sauta dans un taxi pour rentrer de toute urgence chez lui. Sur le seuil il éprouva beaucoup de mal à glisser sa clé dans la serrure de la porte tellement ses mains tremblaient, et il ne put s’empêcher d’imaginer une fois de plus son sexe à lui s’introduire dans son sexe à elle. Son sexe à elle qui se contracterait et se resserrerait contre son sexe à lui, perdu en elle, éperdu d’envie pour elle, unique objet de ses désirs les plus fantasques et de ses pulsions les plus primitives. Enfin, il réussi à enfoncer la clé dans le verrou et il se lança sur son ordinateur, le cœur en suspens.

Devant lui sur l’écran, deux femmes recouvertes de nylon beige moulant de la tête aux pieds, comme une seconde peau, lui présentait chacune un écriteau où se lisait le prénom Rose : Rose Rose. Elles laissèrent tomber les noms par terre et se tournèrent l’une vers l’autre. Julien ne pouvait rien discerner d’elles, il distinguait certes des cheveux foncés sous les minces couches de nylon mais il ne pouvait rien deviner d’autre. Les deux silhouettes apparemment identiques, de tailles moyennes et d’allures sveltes, se tenaient face à face sans bouger. Puis l’une d’elles s’approcha de l’autre et elles commencèrent à doucement se caresser, comme deux pantins qui lentement prenaient vie et exploraient leurs anatomies. Après s’être dévoré épaules, nuques et oreilles à travers les étoffes légères qui les épousaient, après s’être embrassées et léché les aisselles sans que la barrière du textile ne les gêne, elles entreprirent de se pourlécher les mamelons à travers le nylon. La caméra bougea, s’approcha d’elles : il n’était pas le seul à les observer.

Ce que Julien voyait là était d’une étrangeté et d’une sensualité effarante. Une langue s’extrayant de la bouche de Rose et toute enveloppée d’un doux voile tissé de lascives promesses alla titiller les mamelons de Rose qui se durcirent et gonflèrent scandaleusement sous le tissu de plus en plus transparent, mouillé par la salive de Rose, moulant parfaitement les deux saillies charnues dressées fièrement au sommet de ce qui se dessinait de plus en plus comme étant de parfaites mamelles, bien galbées, haut portées et fougueusement dévoyées. Julien était de plus en plus sonné, ne comprenait pas ce qu’il voyait là, qui étaient ces femmes, pourquoi elles lui offraient ce spectacle, à lui. Il resta un temps complètement figé, incrédule, puis revint à lui sous les appels insistants de sa verge qui remuait obstinément sous son caleçon, se saisit le manche d’une poigne franche et commença à se le secouer vivement. Puis entrèrent en scène des ciseaux. Rose fit deux entailles dans le tissu qu’elle tenait tendu devant la poitrine de son émule et les deux seins de celle-ci crevèrent l’écran. On ne vit plus qu’eux, seule chair vertement, délicieusement, exposée. Mais les ciseaux changèrent de mains et le costume toujours intact subit le même traitement, fut promptement troué là où d’autres mamelles attendaient aussi d’imposer leur splendeur. Voilà que quatre seins magnifiques s’exhibaient fièrement à l’écran et que les aguichantes silhouettes cessèrent de bouger pour visiblement se laisser admirer. Ce que Julien fit sans cesser d’astiquer son sexe douloureusement gonflé, mais sans arriver à réprimer la vague nausée qui l’empoignait face à l’impossibilité de se soulager de l’irrépressible et taraudeur désir de prendre et lécher ces fruits improbables et alléchants. Lorsque les femmes se tournèrent de nouveau l’une vers l’autre, la caméra s’approcha d’elles et s’attarda sans pudeur sur les chairs délicieusement découvertes, sur les mamelons bandés qui faisaient connaissance en gros plan, en se frôlant puis se frottant l’un à l’autre tels deux esquimaux s’embrassant. Julien senti son sexe se gonfler d’un cran et redoubla d’ardeur dans la folle caresse qu’il se prodiguait. Comme il aurait aimé introduire sa queue entre les seins pointant au ciel des étranges créatures qui se découvraient dans ce strip-tease incisif. Comme il aurait voulu frénétiquement se la frotter contre leurs quatre mamelles surréelles, divines! God.

L’un des mamelons se vit assailli par une bouche et une langue luttant contre le nylon et se laissa titiller, lécher, mordiller. Des mains prirent la place de la bouche et empoignèrent les deux seins rageusement, les pétrirent et les pressèrent avant de pousser la silhouette par terre. La caméra recula. La femme toujours debout ne le resta pas, vint écarter les genoux de celle qu’elle venait d’expédier au sol et planqua son visage entre ses cuisses. La caméra revint tout près. Le tissu qui recouvrait la chatte de la femme étendue s’humidifia rapidement des fluides impatients que faisait jaillir d’elle le souffle chaud et prometteur de son amante, langoureusement répandu tout le long de son sexe avide. De courts poils pubiens rêches et dressés transperçait le fin nylon, et l’unique spectateur – prodigieusement bandé – de ce tableau onirique eut vachement envie de s’y frotter le membre, de sentir contre son gland la rugosité du pubis avant de plonger dans le velours du con bien humide, liquide. Revinrent les ciseaux. La femme qui avait le visage dans le sexe de l’autre se libéra la bouche, fit un trou qui révéla ses lèvres rouge vif et permit à sa langue de laper dignement la chatte tout offerte et tremblante qui n’arrivait plus à réprimer son émoi. Des mains vinrent se poser là où la langue s’employait à lécher le sexe troublé et tentèrent de déchirer le tissu qui le voilait. La bouche planta alors promptement ses dents dans une de ces mains indociles et trop intrépides, et Julien entendit la femme gémir de douleur. Mais la tortionnaire céda rapidement et donna à sa proie ce qu’elle souhaitait : elle libéra son sexe captif d’un coup de ciseaux. Une chair rosée et délicate se révéla à l’écran, comme une fleur éclosant et s’ouvrant sous la caresse du jour. Julien n’avait encore une fois qu’une seule envie, celle de se vautrer sans fin dans cette lancinante merveille. Or ce furent les ciseaux qui s’y frayèrent un chemin : Rose avait osé insérer l’outil tranchant dans le sexe rose, et elle souriait lascivement tout en s’employant à tringler sa muse. Julien reconnu le sourire des photos. Elle ne l’avait pas montré souvent, mais c’était bien lui, espiègle et pétillant.

Ce petit jeu ne dura pas longtemps puisque celle qui se laissait pénétrer par le métal blanc se saisit de l’outil coupant et se releva. La caméra recula et Julien pu voir ses seins sautiller dans le geste soudain. Elle avait à présent le sexe et les seins exposés, demeurait toujours sans visage, tandis que l’autre femme, qui venait également de se relever, avait la bouche et les deux seins libérés de la caresse moulante du nylon. Celle en possession des ciseaux délivra sa bouche sans cérémonie et alla s’accroupir entre les cuisses de celle qui l’instant d’avant la pénétrait de l’instrument. Puis elle fit prendre l’air à la chatte de sa semblable en entaillant longuement le tissu jusqu’à découvrir le nombril familier, entrevu sur les clichés. Et là la langue bien libre et décidée de la créature tapie alla caresser de sa pointe intrépide le clitoris de la femme aux jambes écartées. Celle-ci gémit. La caméra resta loin, donnant à voir l’ensemble du tableau lubrique : les petits seins sautillant sous le plaisir de celle se laissant lécher / sa bouche rouge s’arrondissant sous les soupirs qui sans pudeur s’échappaient d’elle / la langue fureteuse de celle qui s’accrochait à ses jambes. Langue de laquelle la caméra s’approcha soudain, s’attardant maintenant à l’intrusion de celle-ci entre les lèvres soufflées du sexe qu’elle léchait / à son glissement alangui dans la chatte choyée / à sa disparition affolante au plus profond de l’antre, dans un va-et-vient leste et franc. À l’exception de sa main gauche qui secouait vivement sa queue endurcie, Julien demeurait parfaitement immobile, pétrifié devant le plan rapproché de la langue de l’une pénétrant le sexe de l’autre.

Puis la caméra recula et s’immobilisa. Entra en scène une troisième silhouette avec un écriteau accroché au cou où se lisait ce court mot : TOI. C’était visiblement un homme. Il alla retrouver les deux femmes. Celle qui était debout lui lécha le visage. Sa langue libre se promena contre le nylon recouvrant la figure de l’homme et la femme accroupie sous sa croupe cessa de la pénétrer de sa langue pour mieux lécher le sexe moulé qui se dessinait sous le costume de l’homme. L’autre femme vint la rejoindre, et leurs deux bouches batifolèrent en cœur contre le sexe impatient qui s’agitait sous le nylon. L’une d’elle fit glisser la pointe du ciseau tout le long de la verge de l’homme sans visage, et celle-ci rebondit à la face des deux femmes dont on ne voyait toujours que les bouches, les seins et les sexes. Leurs deux langues se retrouvèrent avidement contre la grosse queue déployée et toutes trois valsèrent ensemble au son des lourds gémissements de l’homme comblé. Les femmes s’arrêtèrent pour s’embrasser fougueusement avant de revenir prendre ensemble dans leurs bouches ouatées le sexe négligé qui remuait d’impatience. C’est là que Julien explosa de plaisir! Il balança son sperme sur l’écran au même moment où l’une des femmes allait se placer derrière l’homme et libérait ses fesses d’un coup de ciseau. Elle s’y enfouit le visage, commença à lui lécher l’anus tandis que sa comparse lui taillait une pipe des plus inspirées. La bite de l’homme disparaissait complètement dans la bouche de celle qui le prenait par devant, puis celle qui le léchait par derrière s’arrêta, s’éclipsa un temps et revint avec un godemiché pendant au bout d’une ceinture de cuir noir. Elle installa l’attirail à la femme qui ne s’arrêta pas de sucer l’homme, et lorsque qu’elle le lui eut bien ajusté elle lui ravit sa place, se pencha pour prendre à son tour la queue dans sa bouche, tandis que la femme délogée vint la pénétrer par derrière avec sa grosse bite de plastique rose. C’était fantastique de les voir tous les trois! Les petits seins de la silhouette à la ceinture de cuir rebondissaient à chacun des coups de bassin qu’elle envoyait hardiment à la seconde silhouette dont les seins se balançaient en tous sens. Les lourds gémissements de celle-ci, étouffés par le sexe qu’elle avait au fond de la gorge, semblèrent exciter l’homme davantage et il tendit les mains pour déchirer le nylon qui recouvrait le visage de celle qui se tenait face à lui, celle qui pénétrait à grand coups de gode rose la femme qui, pliée entre eux, lui avalait solidement la queue. Il empoigna donc le nylon par la fente de la bouche et tira un grand coup. Julien eut à peine le temps d’entrevoir les traits de la femme que l’enregistrement cessa brusquement.

Il était sidéré, ne bougeait plus du tout : comme son sexe, il était vidé, épuisé, crevé. À quoi cela pouvait-il bien rimer?! Il venait de voir en pleine action celle qui le faisait douloureusement bander depuis des mois, et voilà qu’elle semblait s’être dédoublée. La réplique avait la même taille, la même forme, la même bouche, les mêmes seins que l’originale… tout ce temps-là, avaient-elles été deux? Devenait-il complètement fou?! Il ne voulait pas le croire, sortit de sa torpeur et se précipita vers sa précieuse collection de clichés, les scruta de plus belle à la recherche d’une réponse. Jamais n’avait-il soupçonné avoir deux femmes sous les yeux… des jumelles, c’est ça? Était-ce possible qu’il vienne de regarder deux sœurs se brouter et s’enfiler un godemiché? Il ne sait pas, n’arrive pas à trouver d’indice sur les dizaines de clichés qu’il se repasse pour la xième fois. C’est plus fort que lui, il s’agrippe encore le manche tandis qu’il se penche sur les images, mais il est vite tiré de cette nouvelle séance d’onanisme par la sonnette qui retentit et il va ouvrir la porte sans se soucier de l’érection qu’il trimbale sous son froc. Un homme se tient devant lui, droit et courtois, en lui tendant ce qui sera sa dernière enveloppe : « de la part des sœurs Rose», déclame-t-il avant de lui tourner les talons.

Dans l’enveloppe, comme un crachat qu’il reçoit en pleine gueule, une fatalité, un désastre qu’il aurait pu éviter s’il avait eu une tête à la place du gland : 15 000$ pour une nuit avec elles. ELLES.

Tête première et queue braquée, Julien fonce chez le banquier.

-Flore Fontaine

FLORE_FONTAINE

1 Comment

  1. Saturne
    March 28, 2016

    Magnifique!

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