Illustration de Amélie Roy

Illustration de Amélie Roy

 

C’était un concombre de bonne taille, choisi avec précaution. Pas trop mûr, avec une peau douce et lisse. Elle en avait tâté plusieurs dans l’étalage avant de choisir celui-ci. Elle savait qu’elle ne voulait pas un concombre anglais à cause des nervures dans leur pelure qui l’avait toujours rebutée. Évidemment, il n’était pas question non plus de prendre un concombre libanais. Le concombre standard, le concombre sans nom, était la meilleure option. Une fois à la maison, elle se rendit à la chambre à coucher entraînant son copain d’une main et le concombre dans l’autre. Elle se dévêtit devant lui et s’étendit sur le lit. Ses mains glissèrent le long de son corps jusqu’à son sexe. Pendant qu’elle caressait doucement son clitoris, il la regardait sans bouger. C’était un truc qu’il aimait particulièrement. Cette posture de voyeur. Debout, dans la pièce, pendant que sa copine se démenait sur le lit juste pour lui. Au début, le concombre resta un long moment étendu sur le lit à attendre son moment. Il gisait sur les draps comme un oubli ou une inattention. Puis, elle sentit qu’elle était prête. Elle saisit le concombre et le déposa sur son entrejambe. Là, elle le frotta plusieurs fois sur les lèvres de son sexe pour le réchauffer. Puis, doucement, elle l’insérera une première fois. Puis une deuxième fois. Le concombre allait et venait doucement en elle.

Il regardait le légume disparaître puis réapparaître entre les jambes de sa copine. Ça l’excitait. Il s’approcha du lit pour mieux voir les allées et venues du concombre.

Le regard de son copain sur son sexe l’excitait beaucoup. Ce n’était pas la présence du concombre dans son vagin qui lui procurait ce plaisir, mais l’image érotique qu’elle créait avec son propre corps. Une image pornographique juste pour lui. Cette image d’elle et un concombre l’obsédait depuis plusieurs années. Elle lui était venue un soir de son adolescence. Des amis énuméraient les choses les plus étranges vues dans des films pornographiques. L’un d’eux racontait une scène dans laquelle une fille s’amusait avec un concombre, puis qu’elle le bouffait à la toute fin. Contrairement aux garçons, cela ne l’avait pas dégoûtée.

Le concombre avait maintenant la température de son corps. Il se ramollissait. Elle songea soudainement qu’elle ne l’avait pas nettoyé avant de venir à la chambre. Comment avait-elle pu oublier un tel détail? Elle qui était si consciencieuse du danger des pesticides et de tous ces produits utilisés par la culture maraîchère. Elle imaginait les produits chimiques qui se propageaient à travers son corps et cela lui coupa tout plaisir. Lui ne se doutait de rien. Il était maintenant allongé près d’elle et lui embrassait la poitrine. Elle sortit le concombre de son sexe et le lui mit près du visage pour qu’il le croque. Il saisit le légume à son tour, mais ne le mangea pas. En un seul mouvement, il la renversa sur le ventre. Elle redressa sa croupe et le concombre se retrouva à nouveau dans son sexe.

Le légume allait et venait maintenant beaucoup plus vite. Il le regardait entrer et sortir du sexe de sa copine à une vitesse folle. Cela l’excitait profondément. Il glissa son autre main jusqu’à son clitoris. Elle éprouva à nouveau du plaisir. Elle était fascinée par la douceur avec laquelle il arrivait à lui toucher le clitoris tout en la pénétrant avec force. C’était le seul garçon qu’elle avait rencontré qui savait user de deux forces complètement différentes en même temps. Elle sentait l’excitation monter jusque dans ses joues. Elle lui dit qu’elle voulait qu’il vienne en elle. Il s’exécuta. Il lança le concombre dans un coin de la pièce où il roula un instant sur le sol. Il baissa son pantalon et la pénétra d’un seul coup. Elle sentit la différence entre le concombre et le pénis de son copain. Le légume était plus gros, mais la sensation de la peau du sexe dans son vagin était délicieuse. Elle était vraiment excitée. Il sentait les muscles de son sexe se resserrer sur lui. Il ne tiendrait pas bien longtemps. Il se pencha vers elle pour lui embrasser le dos qu’elle maintenait cambré. Il se sentit venir en elle et enfonça son sexe pour une dernière fois sans le retirer.

Attiré par l’odeur du sexe, le chien s’était glissé dans la chambre. Il léchait le concombre délaissé par les deux amants. L’animal se fit chasser et disparut dans le corridor, laissant le concombre seul sur le sol en héros déchu.

-Douce Poitras

Douce Poitras

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