Illustration de Mathieu Potvin

Illustration de Mathieu Potvin

 

Tu sais le genre de soirée où rien ne va?  Ben c’est ça.  C’était ce genre de soirée-là.  Vincent était là, mais c’est comme si j’étais invisible.  Comme si rien de ce qu’on avait vécu n’avait existé.  Comme si ma présence n’avait aucun effet sur lui alors qu’il m’avait lui-même invitée.  J’étais frue.  (La vérité, c’est que j’avais de la peine, mais moi, quand j’ai de la peine, je suis frue. J’ai accès à la colère beaucoup plus facilement qu’à la peine.  Parole de psy.)

Alors j’ai bu.  Beaucoup.  Et j’ai quitté le bar sans me retourner.  À quoi bon? J’ai décidé de marcher pour rentrer  chez moi.  À une heure aussi tardive, c’était pas mon genre.  Je suis plutôt peureuse de nature.  Mais là je m’en foutais royalement.  Rien ne pouvait être pire que la soirée que je venais de vivre.

J’ai voulu m’allumer une cigarette quand je me suis rendue compte que j’avais perdu mon feu.  Tu sais quand tout va mal?  Faque j’ai continué à marcher.  Et j’ai vu quelqu’un qui marchait vers moi, avec une clope au bec.

-Excuse-moi t’aurais-tu du feu?

– (…) (Il fouille dans sa poche de blouson.  Ça me laisse le temps de me dire que le gars qui se trouve devant moi, c’est un adonis)

Il m’allume.  Dans tous les sens du terme.  Ok joke facile.  Je suis saoule ok?

-Merci.

Temps.  On se regarde.  Yé.  Il ne part pas.  Je cherche des mots pour faire la conversation.  Mais dans mon état, c’est vraiment pas évident.

J’ai finalement dit :

-J’ai eu une soirée de marde.

-Moi avec. (Il a une belle voix.  Grave.)

Et là, on s’est regardé pis on s’est compris.  Peut-être que je m’imagine ça, mais c’est pas grave.  L’important c’est qu’il a fait ce qu’il fallait faire.  Ce que je voulais qu’il fasse.  Il m’a pris la nuque, pis il m’a embrassée.  Il m’a embrasée.  Carrément.  Je n’ai pas l’habitude de « frencher » des inconnus.  Je vous rappelle qu je suis peureuse.  Mais là, c’était la bonne affaire à faire on dirait.

Alors on s’est embrassé et on a marché vers chez moi.  Sans un mot.

Dès qu’on est arrivé, le feu a repris.  J’avais à peine refermé la porte qu’il me reprenait la nuque pour m’embrasser.   Je ne pouvais pas croire ce qu’il m’arrivait!  J’ai invité un illustre inconnu chez moi! Mais je m’en foutais.  Je n’avais rien à perdre.

Il s’est mis à me toucher à travers mon jeans.  J’étais tellement mouillée déjà que je sentais l’humidité passer à travers le tissus et se répandre sur ses doigts.  Il a défait le bouton, descendu la fermeture éclair et a enfoui sa main dans ma petite culotte.  C’est comme s’il me connaissait depuis toujours. J’avais tellement envie de ça, j’étais tellement excitée que j’ai cru que j’allais jouir.   Il l’a senti alors il a ralenti.  Il m’a débarrassé de mon jean et il est remonté tranquillement vers mon sexe.  J’ai senti sa respiration sur mon string.  J’ai pris sa tête dans mes mains comme pour le supplier de me toucher encore.  Il a tout compris.  Toujours accroupie devant moi, il a descendu ma culotte et m’a pris dans sa bouche.  C’était si bon.  Je ne sais pas  si j’ai eu le temps d’apprécier vraiment parce qu’un premier orgasme m’a pris par surprise.

Il s’est relevé.  On s’est embrassé encore.  Sa langue était douce et chaude.  Et je l’ai tiré dans ma chambre.  Je l’ai poussé dans mes draps et l’ai débarrassé à son tour de son pantalon.  On ne pouvait nier l’érection qui se trouvait sous ses boxers.  J’ai eu envie à mon tour de le prendre dans ma bouche.  Au départ, j’y allais doucement avec ma langue.  Partout.  Sur son gland, en redescendant jusqu’à ses testicules.  Je le sentais très excité.  Je l’ai alors pris au complet dans ma bouche.  Il goûtait bon.  Je me suis appliquée.  J’avais envie de le rendre fou, comme il m’avait rendue folle.

Il s’est soudainement redressé et m’a tiré vers lui.  Sans avertissement, je me suis assise sur lui.  Sa longue queue s’est glissée en moi.  J’ai cru que j’allais mourir.  C’était juste trop bon.  J’avais pas envie que ça finisse.   Après quelques minutes, j’ai pensé que j’allais jouir encore.  J’ai ralenti.  Il m’a pris par la taille et m’a renversée sur le lit pour se retrouver au-dessus de moi.  Habile le mec.

Il s’est enfoncé très creux au fond de ma chatte et ça m’a fait gémir comme je n’avais jamais gémi avant.  Il respirait fort lui aussi.  Ça me faisait mouiller de l’entendre prendre son pied.  J’ai senti son orgasme monté, ce qui m’a fait jouir aussi.  On a joui en même temps.  Comme dans les films.  Je pense même qu’il y a des pétales de roses qui se sont mis à tomber du plafond à ce moment-là.

Je suis allée à la toilette (c’est conseillé après une relation sexuelle, parole de doc) et quand je suis revenue dans mon lit, il s’était endormi.  Je me suis couchée de dos à lui sans faire de bruit, mais il m’a sentie et s’est collé.  La dernière pensée que j’ai eu avant de m’endormir, c’est que je ne lui avais même pas demandé son nom.

***

Je me suis réveillée avec un sérieux mal de tête.  Il faisait jour.  Je me suis retournée et mon bel adonis n’était pas là.  Je me suis levée rapidement, mais il était parti.  J’ai cherché une note.  Il ne pouvait pas être parti sans me laisser ni son nom, ni son numéro!  En passant devant mon bureau, je suis restée bouche bée.  Le salaud, il m’avait volé mon portable.

En marchant vers la pharmacie pour aller me chercher la pilule du lendemain, je me suis dit que cette soirée resterait à toujours gravée dans ma mémoire.  Pour le meilleur et pour le pire…

-Dolce

tit_dolce

1 Comment

  1. SofiaRG
    August 23, 2014

    J’aime tellement cette histoire!
    Chaque fois que je la relis, je la redécouvre et chaque fois elle me fait mouiller à mort.

    Reply

Leave a Reply