Illustration de Josie-Anne Lemieux

Illustration de Josie-Anne Lemieux

 

Je le croisais chaque jour au parc. On avait la même routine matinale, déjà là, je voyais un match. Il me paraissait bien viril et bien fou. Même avec son air un peu sur de lui, il avait une gueule assez sympathique. D’habitude, le type cheveux long ce n’est pas tant mon sucre. Par contre, sa tête de beach bum blond australien me faisait dresser les poils, mais dans le bon sens du terme.

Au-delà de ses yeux clairs, ce qui m’a charmé chez lui a davantage été son odeur. Il a de ces mâles qui vous foutent à terre seulement qu’en vous garrochant leur testostérone à la gueule. Nous avions des amis communs, donc ça ne semblait pas improbable que je m’approche quelques fois pour essayer de lui communiquer mon intérêt. Tout se joue avec quelques pas bien placés, pour un rapprochement efficace et qui me permet de définir mon territoire à ses côtés.

Je me réveillais chaque matin excitée et fébrile à l’idée de le croiser lors de notre balade quotidienne. Même heure, parc Laurier, le meilleur moment de ma journée depuis maintenant trois semaines. Chaque fois toujours la même chose; mes sens s’éveillent, je recherche son odeur et mes yeux se promènent dans toutes les directions. Papillon dans le ventre, pipi nerveux, name it, je ne pensais qu’à sa petite face de chiot.

À 14h, je le cherchais dans ma course d’après midi. J’explorais les lieux pour la millième fois, mais cette fois-ci je ne le voyais pas. Pourtant tous ses potes étaient là. J’essayais subtilement de me renseigner, mais n’arrivais malheureusement à soustraire aucune information. Ces amis n’ont la tête qu’au jeu, personne n’a l’air de se préoccuper de son absence, sauf moi.

La semaine a finalement réussi à passer. Sept longs jours à me torturer intérieurement étant victime d’un parc sans lui.

Le huitième fut enfin le bon. De caractère fidèle, j’ai surmonté l’épreuve comme une brave. Aujourd’hui le ciel me confirme que j’ai bien fait de garder espoir. Au moment où j’ai franchi les limites du parc, j’ai senti qu’il y était. Je pouvais sentir sa présence dans l’air et jusqu’au fond de ma moelle. J’ai affiché un regard fier devant sa belle gueule de retour de vacances. Je n’avais qu’une seule chose en tête, profiter de nos retrouvailles.

On s’est approché l’un de l’autre, nos regards se sont croisés et la chimie s’est tout de suite réinstallée. Comme une effrontée, je suis allée mêler ma chaleur à la sienne sans attendre d’invitation. À partir de là, il était impossible de reculer. Cette période d’absence m’a que mise en appétit. Sa bouche s’est posée sur ma nuque et il me la mordillé comme pour y laissé une petite trace, sa place. J’étais chaude et partagée entre un désir violent de consommer férocement notre désir et celui de prolonger ce moment le plus longtemps possible. Finalement, je n’ai pas pu rester ambivalente bien longtemps, c’est lui qui a pris le lead. Même si nous n’étions pas si bien cachés, sa tête s’est dirigée assez rapidement à la hauteur de mon sexe. La chaleur de sa respiration m’enflammait, il s’est mis à me lécher. C’était chaud, humide et bon. Normalement j’aime me laisser aller et jouir la première grâce à ses caresses orales qui ouvre si bien le bal. Cette fois-ci, l’effet a été différent, je voulais être dominante, lui montrer ce dont j’étais capable. J’avais envie de le sentir s’abandonner au plaisir que j’allais lui donner.

Les rôles se sont donc échangés, j’ai commencé à le lécher. Tranquillement, je léchais son sexe sur toute sa longueur. Je voyais qu’il aimait mon va-et-vient en sentant son corps réagir à mes caresses. C’était mon nouveau terrain de jeu. J’en voulais toujours plus, j’avais envie de lui faire perdre la tête. Après avoir fait voyager ma langue entre son sexe dur et ses testicules comme je m’y amusais depuis un moment, j’ai voulu aller plus loin et poser ma langue directement sur son cul. Au départ je ne me sentais pas si sûre d’explorer cette nouvelle région. Puis les signes qu’il me donnait m’ont réconfortée. Sa respiration avait quelque chose de nouveau, ses mouvements n’étaient plus les mêmes. Il me démontrait clairement qu’il aimait ce qu’il recevait, et j’aimais que ce plaisir vienne de moi. Plus je le sentais excité plus et mon désir grimpait en flèche. Mon sexe était trempé et ne demandait qu’à se faire pénétrer. J’ai continué à le lécher encore un court moment, puis je l’ai senti être sur le point d’exploser. Il m’a renversée et m’a pénétrée sans douceur. Avec les frissons de cette première pénétration et cet amour oral, nos sexes étaient incapables de se contenir encore bien longtemps. Nous avons joui ensemble, sa bouche ma prise à nouveau par la nuque. Notre amour fut féroce, comme des bêtes.

Des gens qui disent s’occuper de nous ont eu l’air dérangés par nos ébats. Ils avaient l’air de penser que c’était une mauvaise idée. Moi, je pensais déjà à la belle tête que notre portée pourrait avoir. Ils seraient les plus beaux du monde. Même si ma maîtresse a eu l’air déçue de mes agissements d’aujourd’hui, je sais que demain, nous reviendrons quand même au parc. J’ai hâte.

-Banderas

banderas

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