Illustration Mathieu Potvin

Illustration Mathieu Potvin

Le Tabarnak!

L’hostie d’enfant d’chienne! Minable! J’peux pas croire…

 

Il doit bien rire maintenant hen! Il doit être bien fier de lui, le p’tit con! Sous-merde!

Si jamais j’le croise c’te p’tit christ de déchet humain sur patte, il va savoir…

 

Dah pis elle! ELLE! E’st pas mieux… Pourquoi elle a fait ça?! Pourquoi elle M’A fait ça?! Faut tu être sans coeur!?

 

Hostie, je l’hais! J’vous hais toute la calice de gang! J’aurais envie de toute vous péter votre p’tite crisse de cenne, bande de chiens!

 

 

R’prends sur toi mon vieux…

Du calme… pas de panique… respire…

Faut relativiser tout ça. T’es encore en vie, en santé, t’as de l’argent, un travail, un toit, une voiture, des paiements, un cerveau, une queue, des couilles…

Haaaaaa!!!!

 

Juste de m’imaginer c’qu’il lui a fait le gros dégueu, ça m’donne envie d’y arracher la tête, de la chier dans un sac, d’y faire un noeud et de l’asphyxier avec l’odeur de marde!

 

Elle doit l’avoir vu de loin. Ou non, c’est lui qui l’a vue en premier assise au bar, j’suis sûr! Non c’est surement elle… avec ses petits yeux aguicheurs. Lui y’a pas du savoir résister. Il a dû lui faire un sourire. Elle a dû baisser le regard. Y’a dû venir s’assoir près d’elle avec un deuxième verre. Elle l’a surement callé d’une traite. Lui y’a dû trouver ça hot. Elle a surement mis sa main sur sa cuisse, lui il s’est approché d’elle en feignant d’avoir un secret à lui dire. Il l’a probablement embrassé dans le cou. Elle s’est probablement laissée faire…

 

Arrghhh!!!!

 

Arrête de penser à ça! Tu te fais du mal pour rien!

 

De toute façon, c’est peut-être pas lui (le christ d’épais) qui a commencé. C’est peut-être elle!?!

C’est surement son amie Sonia la conne qui lui a présenté un des gars de son équipe de balle molle. Un genre de p’tite barbe avec une casquette, t-shirt blanc serré avec des dessins d’artistes que personne connait, bon dans tous les sports, toujours motivé pour faire quelque chose d’excitant, pis que son père possède un voilier, pis lui il vient de s’acheter un petit “laser” justement pour aller faire des tours sur l’eau avec des filles rencontrés sur Tinder pis les taponner… hostie d’looser!

 

Eille les nerfs! T’es en train de péter un câble!

Faut toujours que tu t’imagines le pire…

 

Il s’est probablement même pas passé grand-chose. Un petit french de fond d’ruelle de fin d’soirée. Rien de plus. Elle devait être trop soule pis elle t’a confondu… avec un grand black.

Un hostie d’grand black ben musclé, avec ses grosses lèvres humides qui devait la frencher comme personne l’a jamais frenché avant, pis ses grandes mains qui devaient se promener partout sur son corps, en dessous de sa camisole, dans son jeans. Elle devait s’agripper après ses gros muscles, la bouche ouverte, les yeux dans graisse de bines. Lui, il devait l’envelopper complètement, tout son petit corps de petite femme enseveli sous cette masse de muscles noirs. Elle, a devait lui demander d’y tirer les cheveux, d’y serrer la gorge, elle devait vouloir qui soit rough avec. Lui, il devait pas comprendre, mais en mêmte temps, il devait tellement aimer ça. Elle a devait mouiller sans bon sens. Pis elle a dû mettre sa main dans son pantalon, pis en mettant la main sur son pénis, son beau et gros pénis, sa verge de dieu grec, lisse comme l’ébène polie, chaude comme une tarte, juste parfaite, elle devait avoir une seule pensée en tête: l’enfoncer au fond de sa…

 

HAAAARRGGGHHHH!!! Tageule! TAgeule!! TAGEULE!!!

 

Là tu vas pas continuer comme ça toute la soirée à broyer du noir jusqu’à temps de pu voir clair!

 

 

Peut-être qu’elle lui a dit: “Je t’aime.”

 

 

Et si elle lui a dit?

 

On sait pas! Un coup de foudre…

 

Peut-être qu’elle marchait vers chez elle après sa sortie du bar. Peut-être qu’il marchait vers chez lui après sa sortie d’un autre bar. Peut-être que leurs regards se sont croisés, un sourire timide puis ils ont peut-être continué à marcher. Une hésitation, peut-être la curiosité, bref, ils se sont peut-être retournés.

En même temps.

Ça les a surement fait rire. Puis ils ont arrêté de marcher chacun leur tour, ont fait deux-trois pas de recul puis se sont regardé en souriant, en se demandant lequel des deux parlerait le premier. Peut-être que c’est lui. Il doit lui avoir dit quelque chose du genre: “T’es belle.”

Ou peut-être c’est elle. Elle doit lui avoir dit quelque chose comme: “T’es beau.”

Peut-être qu’ils ont juste rien dit.

 

Y’a dû lui demander où elle habitait. “Trois rues par là.” qu’elle lui a surement dit. “Toi?” qu’elle a dû lui répliquer.

“Deux rues par là.” qu’il a probablement répondu.

“Fa’que on va chez vous?” qu’elle a dû lui dire.

Je l’sais, elle est comme ça.

Il devait avoir les yeux tout écarquillés.

Y’ont dû marcher timidement jusque chez lui sans se dire grand-chose, juste en se regardant, en s’auscultant. Elle devait aimer son petit style un peu bumm, avec son coat en jeans, son chandail d’Iron Maiden, ses skinnys troués, ses converses usés, sa tuque trop grande alors qu’il devait faire 17 ou 18 degrés dehors. Lui, il devait trouver qu’elle avait tellement un beau cul, bombé, bien moulé par ses jeans, ses petits seins, libres, légers, flottants derrière sa camisole lousse. On devait quasiment les voir quand on était dans le bon angle sur le côté. Pis son sourire, elle devait tellement avoir un beau sourire amoureux, comme la première fois qu’on s’était rencontré dans une épluchette de blé d’Inde à Warwick.

Je l’avais trouvé tellement belle. Elle m’avait tellement trouvé beau. On n’avait pas eu besoin de parler nous non plus. On s’était frenché toute la nuit après, on s’était même pas rendu à notre tente. Je l’avais même pas déshabillée. Elle m’avait même pas déshabillé. On avait juste fait le nécessaire pour que j’puisse entrer ma queue dans son sexe. Pis tout de suite, on s’était dit que c’était le meilleur endroit où il faisait bon être.

 

Pis là lui, y’est venu tout gâcher ça, j’en suis persuadé. Y’a dû y faire croire, peut-être pas verbalement, que je la méritais pas, qu’elle méritait mieux que moi, qu’il la rendrait tellement plus heureuse! Pis elle, est surement tombée dans le panneau.

J’peux pas croire! C’est pas son genre…

 

Y’ont dû arriver chez eux. Y’a dû échapper ses clés tellement y’était nerveux ou excité. Elle, a dû trouver ça charmant. Y’a dû le ressentir. Il s’est probablement jeté sur elle. Vu qu’il avait surement oublié de barrer sa porte, elle s’est probablement ouverte sous leur poids. Y’ont dû tomber à terre, probablement sans se faire mal, surement en éclatant de rire. Ils devaient trouver ça tellement drôle. Y’ont dû partager un bon moment ensemble. Ils devaient se dire que ça ferait une bonne histoire à raconter quand ils parleraient de leur première fois. Y’a dû la prendre là, à terre, la porte ouverte, leurs deux corps éclairés par la lumière orange des sodiums de rue.

C’est probablement à ce moment-là qu’il lui a enlevé son jeans. Elle, a devait être couchée sur le vieux plancher de bois franc avec encore sa camisole lousse, les yeux à demi ouverts, avec lui entre ses deux jambes qui tranquillement respirait son sexe fraichement rasé, comme si elle devait l’avoir déjà su ce qui allait surement se passer.

Il devait faire ça lentement, doucement, comme si ça allait durer longtemps pis qu’ils avaient toute la nuit devant eux. Il devait licher son clitoris délicatement de haut en bas. Il devait aussi flatter le reste de son corps avec ses deux mains en même temps. Elle a devait capoter. Son sexe devait tellement être mouillé.

Y’a dû la faire jouir une première fois. Son corps était probablement en convulsion. Pis dans un élan féroce et urgent, elle a dû le revirer de côté. En deux temps trois mouvements, il devait déjà pu avoir de culottes.

Elle a surement glissé ses mains dans son boxer short en partant du bas vers le haut. Elle a dû toucher ses couilles en premier. Lui, y’a surement frissonner de plaisir. Puis avec ses deux mains, elle a surement saisi sa queue et très lentement, mais fermement, elle l’a surement fait aller de haut en bas avant de se l’enfoncer au fond de la gorge pour lui donner un maximum de plaisir.

Je sais qu’elle est capable…

Pis là elle l’a surement sucé et sucé et sucé et peut-être même qu’elle lui a fait des choses qu’elle n’ose pas faire avec moi du genre lui masser la prostate en même temps. Et lui il devait avoir les yeux sortis des orbites. Puis elle a dû lui le regarder droit dans les yeux en lui demandant: “Peux-tu venir dans mon visage, s’il-te plaît?”

Lui il devait rien comprendre.

Elle devait le fixer sans broncher en même temps qu’elle le crossait avec sa main gauche, alors que sa main droite faisait surement des cercles continus sur son clitoris.

“Viens!” qu’elle a dû lui répéter.

Il doit s’être levé comme dans les films pornos, puis sans rien toucher, en contractant ses abdos d’éternel ado trop mince, en plissant ses yeux, en ouvrant la bouche, en prenant sa tête à deux mains, elle qui le crossait encore, elle a forcément dû étendre tout le liquide dans son visage, la bouche ouverte, en même temps qu’elle se faisait elle-même jouir. Tout le liquide chaud dans son visage et sur ses mains, sa langue qui pourléchait ses lèvres, leurs corps encore chauds et crispés, lui debout, elle à genou, l’extase dans l’air, la nouveauté, la communion parfaite.

C’est surement ça qui s’est passé.

Je le sais. Je la connais. Je sais de quoi elle est capable.

Ha pis lui…

Je l’connais pas lui, mais si jamais je l’croise… le Tabarnak…

 

“Qu’est-ce tu fais là?”

 

“Hen?”

 

“J’ai dit: Qu’est-ce tu fais là? À fixer le vide sur le bord de la fenêtre!? T’es pas couché?”

 

“Heee…

 

“T’as-tu fumé coudonc? Y’est 4h du matin… vas te coucher!”

 

“T’étais où?”

 

-Gulliver du Lombriquet

Gullivert du Lombriquet

 

 

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