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Illustration de Hugo Ferland-Dionne

 

 

En tant qu’homme gay, j’me sens toujours un peu comme une minorité quand je dis que j’hais les chats.

Ma première fréquentation, quand j’suis arrivé à Montréal, en avait trois. Si au moins il avait aimé le sexe ne serait-ce qu’un tiers des félins… Dur d’oublier le soir où il m’a tapé la main alors qu’elle s’approchait de son anus, de la même façon qu’une mère aurait frappé la main d’un petit gars qui se saisit d’un muffin frais sorti du four sans l’autorisation de sa mère.

Heureusement, j’en ai rencontré des plus cochons et des moins fanas des félins depuis.

Mais les gens me demandent souvent pourquoi j’hais les chats. Comme c’est souvent le cas, c’en est un en particulier que je déteste. Je peux toujours pardonner aux beaux garçons; les petits crisses de chats, eux, paient toute la gang pour le comportement d’un seul. Et un froid soir de janvier, y’a un élu qui a fait payer tous ses semblables.

J’adore sortir l’hiver; la température glaciale me force toujours à rester un peu plus longtemps, à en profiter un peu plus, à soutenir le regard des gars quelques secondes de plus. Ce soir-là, j’en avais repéré un particulièrement à mon goût.

À peine plus grand que moi, barbu. Sourit un peu plus du côté droit. L’air cochon. Des fois les gars essaient de faker l’air cochon, mais c’est facile de voir qui l’est réellement. C’est la touche de nonchalance qui fait la différence. Il dégage une confiance qui me fait un effet de fou. Pas le genre de gars à te taper sur les doigts si tu essaies de les insérer dans son cul.

Le last call. Une fois dehors, il s’approche. Sans me quitter des yeux.

‘Benjamin’.

Dit à l’anglaise. On se serre la main. Ses amies de fille sont pressées de rentrer. On échange nos numéros. Le soir, je néglige mon ordinateur portable pour la première fois depuis des mois; quand j’éjacule, c’est sur son torse plutôt que sur le mien que j’imagine ma chaude semence se poser.

Le jeudi d’après, je suis chez lui. On a prévu sortir danser. Je suis là depuis deux secondes, quand je remarque un chat sur le divan. Pas un autre ostie de trippeux de chat. J’avais pourtant stalké son Facebook avec précaution.

‘You like her?  I found her on the street. She was homeless. She is starting to feel more comfortable.’

Probablement plein de maladies en plus. Nice.

On reste chez lui une heure; on prend de la bière. Soirée au bar ben agréable. On se paie des verres. Il me fait un beau sourire en coin alors que je m’approche pour l’embrasser.

Score. Il frenche super bien, et sait quoi faire avec ses mains. Les secondes, puis les minutes passent. On ne tombe pas dans le déplacé; on est en public quand même. Mais l’envie de quitter se fait de plus en plus pressante.

Au diable le froid, y’a, à ce que je peux en déduire, une belle grosse source de chaleur qui m’attend.

La porte de son appartement n’a même pas claqué que je suis à genoux, le regard bien fixé dans le sien alors que je découvre son membre. Un beau pénis de taille moyenne, circoncis. Le p’tit gars du Saguenay que je suis en a jamais vu un, mais je le suce comme si ma vie en dépendait; j’ai bu deux vodka Redbull et c’est pas l’énergie qui manque.

Il me fait lever debout, m’embrasse tout en approchant sa main de mes petites miches. Il a un piercing sur son mamelon droit, et il gémit pendant que je fais l’alphabet avec ma langue, en alternance entre le gauche et le droit.

Crisse que j’aime l’odeur de la peau des gars. Y’a un instant pendant lequel tu ne sens plus le parfum ou le shampoing du gars, tu sens la chair, la peau. Le sexe.

Une fois dans son lit, je deviens un 6, il devient le 9 et on continue de se faire du bien. Je tente un doigt vers ses fesses. Au lieu de me taper sur les doigts, il décide de m’imiter.

Jackpot.

Je gémis et tressaute. Il finit par m’étendre de tout mon long et continue de me sucer tout en faisant son chemin en moi. Il manque pas d’énergie; il a bu son RedBull, lui aussi.

Il essaie de la prendre au complet dans sa bouche, finit par tousser… Ce qui me rend encore plus dur. J’peux rien y faire, ça m’excite un petit deep throat raté. Ça a quelque chose d’adorable, mais ça te fait sentir comme un Dieu en même temps. Le Dieu avec le pénis tellement gros que son sujet ne peut pas le prendre au complet.

Au bout du lit, je dépose ma tête pendant que sa langue se promène sur celle de mon pénis, ayant abandonné l’ambition de l’engouffrer.

Ça prend une seconde.

Le tabarnack de chat a sauté sur le lit, a atterri directement dans ma face, ce qui a propulsé mon bas-ventre dans un soubresaut. Mon bel anglo ne s’y attendait visiblement pas non plus, puisqu’il fait plus que toussoter cette fois-ci.

Dans ces situations-là, tu peux faire deux choses; arrêter complètement ou poursuivre comme si de rien n’était. Mais, la clé, c’est aucune pause.

J’ai encore le Redbull, la Vodka et la volonté dans le sang de continuer; fec c’est ce qu’on fait. Sauf qu’on a plus le fil d’arrivée en tête que l’endorphine dégagée par nos va-et-vients frénétique. En plus, je sais pas si vous savez, mais ça prend du temps en criss venir quand tu es saoul ET sur le Redbull.

Fec, non, on s’est pas rappelés. Pis j’hais toujours les chats.

-Handsome Stranger

Handsome Stranger

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