une illustration de Mathieu Potvin

Illustration de Mathieu Potvin

SUPERMOUTH

 

Dès qu’elle pose ses lèvres sur ma queue, je suis in for a hell of a ride. Je pourrais éjaculer violemment dans le fond de sa gorge en pensant seulement à ce qui s’en vient, mais je me retiens… Elle a un super-pouvoir. Comme Ms. Marvel, comme Mystique, comme Supergirl… Elle c’est Supermouth. Elle a terminé une majeur en dick sucking à l’école de Poudlard.

 

Elle a compris quelque chose. Elle maîtrise parfaitement les concepts de base : la deepness, le flow de salive et surtout, le rythme. Elle a le groove cajun d’un musicien de la Nouvelle-Orléans, elle frappe la mesure avec précision, sans jamais perdre le beat et se permet même des contretemps et des envolés de free jazzPour faire sortir mon free jizz.

 

Lorsqu’elle enfonce mon pénis plus creux dans sa bouche, j’ai l’impression qu’il va toucher le bout de ses orteils.Des litres de spit se déversent sur mon membre et il glisse dans sa bouche de déesse comme un kid un peu fat dans la descente Orange Crush du Village des sports.

Chacune de ses fellations est un événement unique et spectaculaire : une éclipse totale, un double rainbow, des grenouilles qui tombent du ciel, une flush royale contre un quad d’aces, un Gordie Howe hat trick, Oprah qui distribue des chars neufs à son auditoire… Je suis persuadé que ses blowjobs pourraient guérir le cancer, faire tomber le Geder HaHafrada, réconcilier les frères Gallagher, révéler au grand jour les véritables assassins de JFK et ramener la magie de Noël dans le cœur de milliers d’enfants pauvres.

Lorsque je suis sur le point d’exploser partout à l’intérieur de son palais, je peux l’entendre gémir bruyamment, mon sexe coincé dans sa gueule. Je peux aussi apercevoir sa mouille couler le long de ses cuisses, comme une preuve que le film Deep Throat n’était peut-être pas que le fantasme misogyne d’un pré-pubaire attardé. Certaines femmes ont peut-être effectivement un clitoris dans l’oesophage… Du moins Supermouth.

 

Le moment de grâce arrive. La plafond s’effondre, le ciel s’assombrit, le quatrième mouvement de la symphonie du nouveau monde résonne dans la pièce, une pluie diluvienne s’abat sur nous et ma semence se déverse furieusement à l’intérieur d’elle comme le Yangtze durant l’orage. Heureusement, le déluge n’a pas causé d’inondation, pas une seule goûte de mon foutre n’est sorti de sa bouche. Elle se réchauffe la gorge en l’avalant en entier et me sourit. À chaque fois, comme surprise de ses pouvoirs, elle se relève, essuie ses lèvres et pousse un petit « wow » qui me redonne pratiquement un nouvel orgasme. « Wow »… Quel euphémisme…

Après de longues minutes à tenter de processer ce qui vient de se passer, je reprends finalement mes esprits. Tel Little Mac projeté dans les cordes par son adversaire, je me relève et plonge la tête entre ses cuises avec la ferme intention de lui crisser une volée. Oh, je ne me suis pas encore présenté. Moi c’est Tongue-Man… Supermouth sait qu’elle est in for a hell of a ride.

– Victor Heavy Bellequeue

Victor Heavy Bellequeue

1 Comment

  1. Marie-Pier
    June 18, 2015

    J’adore ce que tu écris.

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