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Illustration de Blanche Louis-Michaud

 

 

Ça fait trois ans que Cassie et moi, on vend des hot-dogs géants au festival de St-Tite. Même si on est végétariennes, on le fait quand même parce que c’est payant puis qu’on aime jouer la comédie.

 

On enfile nos vêtements les plus shiny, nos bottes de cowgirl à talons trois pouces et nos chapeaux anagrammés avec nos noms dans des fer à cheval. Pendant douze heures d’affilée, on amuse le trafic de la rue principale, on agite le fumet de la viande à leur nez en se retenant de respirer, on rit fort et on montre toutes nos belles dents et nos fossettes coquines, on roule des hanches entre les propositions de gibiers variés. On est belles, on le sait, on se pavane, on vend, on pile le cash.

 

On les fait tous bander avec nos petits culs bien serrés dans nos jeans taille haute, nos ceintures pailletées et nos chemises nouées à la taille juste assez haut pour dévoiler nos nombrils percés d’étoiles, déboutonnées juste assez bas pour laisser respirer nos seins coincés dans des push up bras fluo. Ils s’arrêtent au kiosque, puis se perdent dans la contemplation de nos pendentifs diamantés toc qui rebondissent sur nos gorges quand nous nous penchons pour ramasser la « canard aux bleuets » ou la « sanglier épicée ».

On leur enfile tout ça dans les petits pains au lait chauds et la bave coule presque de leurs gueules quand ils sortent les billets de leurs poches.

 

Ça pullule de cowboys, vrais, faux, laids, beaux. La testostérone prend toute la rue comme une grande marée sans âge ni nom sous le soleil plombant. Ça sent la peau, la sueur, l’haleine de tabac, le sexe.

 

Quand la nuit tombe, on se retrouve dans un brouillard de corps entremêlés, qui se bousculent en chantant pour une bière dans un verre en plastique.

 

Onze heures tapantes une fois, trois grands colosses se ruent vers notre petit kiosque. Ils sont musclés, luisants, anglophones et puent le rodéo. Ils ont des voix graves et des regards phosphorescents, des mains trop grosses qui rendent nos hot-dogs géants minuscules.

 

Ils déchirent la viande férocement, comme des animaux, ils ont faim, en redemandent avec leur slang à demi compréhensible de gars du Midwest. Nous, on commence à se sentir toutes humides dans nos mini-strings de dentelle Princess. Nos mamelons sont durs, nos seins gonflent si follement que les bretelles de nos soutien-gorge « glow in the dark » éclatent, fouettant le visage du premier cowboy occupé à choisir sur la plaque frétillante sa prochaine saucisse.

 

Exit le grill au charbon, ce qui vient de se passer a manifestement capté l’intérêt des trois compatriotes. On se retrouve avec six grandes mains rugueuses un peu partout sur nos corps tout chauds et des queues splendidement grosses et bien bronzées ne demandant qu’à être dégustées.

 

Quelques passants memorabilia-western s’agglutinent aux confins de notre petite tente fumante, fascinés. Certains ne se gênent même pas pour défaire leur braguette et se branler au grand air entre les autres curieux. On voit leurs verges durcir, leurs glands se dresser entre leurs mains, leurs bouches s’entrouvrir dans une béatitude enflammée. Un chant choral d’halètements retentit dans l’air poussiéreux de la rue principale.

 

On dénoue nos chemises pour laisser une chance à nos seins de discuter, faisant voler fluo et dentelle pour se retrouver nues l’une contre l’autre à se frotter sur la table de présentation des spéciaux du jour. Le premier cowboy empoigne sa bite comme un lasso et l’approche de mon sexe en la faisant onduler dans les airs. De petits filets de pré-foutre giclent dans l’espace pour narguer nos admirateurs, glitter sublime dans la pénombre suffocante de la petite tente. Il me pénètre sans aucune gêne, voracement, en soufflant entre ses dents dans mon cou, me malaxant les seins avec une rude délicatesse.

 

Je me délecte du relief de son gland qui pénètre jusqu’au plus profond de moi. Je me prends une deuxième queue entre les seins, toute mouillée et qui glisse très bien, la titillant si fort que bientôt elle explose dans mon 34D de tout son foutre, puis je fais rouler mes mamelons durs et crémeux entre mes doigts sous le regard ahuri de tous les rodéos du dimanche. J’entends Cassie qui gémit comme une folle, sûrement sur le point de jouir du cul.

 

Elle et moi, on se frenche comme c’est pas possible, nos bouches sont infinies de grandeur alors que nos poitrines se pressent l’une contre l’autre dans tout ce sirupeux blanc. Les trois mâles alpha nous mangent le sexe comme si c’était un melon d’eau dont il faut sucer tous les pépins. Nous, plus féroces que tous les animaux carnivores, on ne se lasse pas de leurs bites qu’on fait durcir à nouveau dans nos bouches.

 

Devant nous, plusieurs festivalières s’adonnent à divers plaisirs lubriques. Femme-homme-homme-homme-femme-femme-homme, ainsi s’enchaînent toutes les combinaisons les plus variées, rustiques et sophistiquées, devant nos yeux. Les bruits de frottement, de succion, les halètements s’additionnent à la trame de fond country du spectacle de minuit. Nos talons trois pouces claquent à chaque coup de bassin, c’est trop bon, on crie, ruisselantes de plaisir, et notre public nous le rend bien. Toute cette chair nous donne des envies de viande totalement inappropriées et on se surprend à penser au plaisir de déguster une saucisse géante.

 

-Une femme respectable

Une Femme Respectable

 

3 Comments

  1. Rodéo
    May 16, 2015

    Magnifique histoire !

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  2. Sabrina
    June 13, 2016

    J’aime

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  3. Mike
    December 18, 2016

    J’adore. Une scène si soudaine, si excitante. Si bandant que le voyeur en moi jouit seulement à s’imaginer être parmi les branleurs en arrière-plan.

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