Illustration de Marjolayne Desrosiers

Illustration de Marjolayne Desrosiers

 

Tout cela partait d’un beau lapsus. Quand je t’avais répondu par texto « SUR le bureau »

« SOUS ? » Tu avais répondu.

« SUR ! » J’avais surenchéris, alors que tu cherchais encore je ne sais quoi. Je ne sais quel dossier en cours.

Faut dire que tu cherches toujours tout. Tu m’avais engagée comme assistante pour remettre de l’ordre dans ton organisation de travail, ranger tes dossiers, ton bureau, trier tes courriels, les rédiger aussi. Parfois même, j’écrivais tes textos, d’abord ceux pour tes clients, puis ta mère et ta femme, criss. Je n’ai pas vu venir le danger. Aucunement. Jamais.

Je rangeais ta vie car tu m’avais toi même, mandatée, pour donner un cadre à tes débordements et j’avais accès à tout.

J’avais moi même débordé.

« SUR » le bureau, je t’avais répondu alors que j’avais déjà quitté le bureau, notre bureau.

Çe « SOUS le bureau » à peine fantasmé, avait été le détonateur de la tension refoulée par nos corps respectifs qui nous unissait, rendus là. L’odeur de sexe qui émanait de nos corps, en présence de l’autre, était désormais avérée. Et nous passions, toutes nos journées, à ce bureau en présence du corps de l’autre, à proximité.

Tu avais vu apparaître sur ton téléphone « SOUS le bureau » comme un unique message, comme s’il était une réponse à rien. Tu l’avais lu en diagonal et t’avais juste voulu y voir le dessous du bureau. T’en avais oublié ce que t’avais perdu. T’en avais oublié ta question. Tu ne cherchais déjà plus rien.

« SOUS le bureau » et ton sang n’avait fait qu’un tour pour se diriger au centre de ton corps. Et tu m’imaginais SOUS le bureau, là, accueillante, la bouche plus qu’entrouverte et humectée. Toi, t’y glissant. Ça t’avait starté. En tabarnac.

 

Toi et moi, on n’avait jamais eu de sexe mais là, t’en faisais une obsession depuis ce texto parce qu’il n’y avait aucune raison que ça arrive.

 

Je le sentais que ce lapsus avait ouvert des portes, entrouvertes. Mes jambes, elles aussi s’ouvraient, presque malgré moi. On continuait de travailler. Je rangeais. Je rangeais tout y compris moi même.

Et toi, tu n’avais pas pu t’empêcher de le mentionner, ce quiproquo pour en faire un acte manqué, pour me donner le change, hein. Tu feignais même une attitude décontractée face aux airs tendus de désir qui emplissaient la pièce, que ça soit dessus ou dessous le bureau. Tu me testais. Je rangeais toujours et encore.

T’avais ouvert le bal en m’envoyant par texto des « SOUS le bureau » çà et là. Je les recevais dans des moments inopportuns. Et ça avait commencé à me travailler, mais plus juste du côté de l’inconscient, cette fois. Tu l’écrivais sur des petits papiers que tu intercalais dans mes documents sur mon bureau. Tu l’écrivais sur le pare-brise de mon char pour que la buée le fasse apparaître avec la pluie et réapparaître avec le froid. Tu l’écrivais sur mon wall facebook pour me faire capoter avant que je comprenne que t’avais paramétré le message pour que seul toi et moi puissions le voir.

Ainsi, les semaines passaient. Je t ‘ignorais mais l’inflammation se propageait. On faisait semblant de rien.

Et ça me turnerait on exponentiellement.

« SOUS le bureau »

« SOUS le bureau »

«SOUS »

 

Là fois où sur ma messagerie vocale, t’as juste laissé de ta voix un peu grave un «SOUS le bureau», tu m’as tuée. Je me souviens que sur ce message, j’ai entendu tes doigts claquer. Je ne pouvais pas ne pas l’avoir remarqué car j’ai écouté le message à l’en user. Ça me startait. En criss.

Cela dit, je gardais le cap, je t’ignorais. J’ignorais avec conviction tous les signaux faisant allusion à une quelconque gâterie que je te prodiguerais SOUS le bureau.

« SOUS le bureau » était devenu un claquement de doigts magique qui m’aurait téléportée SOUS TON bureau sans les préliminaires sociaux qui mènent au sexe et surtout sans les conséquences.

En fait, tu claquais des doigts souvent. Je l’ai remarqué après cela. J’ai remarqué aussi que je me perdais de plus en plus souvent dans mes songes et quand tu me ramenais à la réalité d’un claquement de doigts justement, je sursautais de flagrant délit. C’est que dans mes rêvasseries, j’avais souvent ton bat dans la bouche et ça SOUS le bureau. Il fallait que je prenne le temps de sortir ton pen de cette abyssale brèche du sexe inassouvi qui m’avalait, pour reprendre mes esprits pendant que tu continuais de claquer des doigts pour me sortir de là. Si t’avais su. « Arrrrrêêête, merde de claquer des doigts » ! SOUS le bureau, SOUS le bureau, toi debout, moi pas !

 

Tes « SOUS le bureau » ont fait que parfois je me touchais à la maison, je glissais mes mains entre mes jambes, sur le comptoir de ma cuisine, dans mon lit évidemment, une fois même sur mon balcon, sur et sous mon bureau, bien sûr.

Je m’imaginais que mes doigts étaient toi, ta bouche, ton bat, ton désir :

« SOUS le bureau »

« SOUS le bureau »

« SOUS le bureau »

Je rentrais et sortais mes doigts et je me faisais venir pour me calmer mais je crois que ça attisait le feu. Comme au bureau, j’étais irréprochable, à la maison je « petite- crissais » solidement et je venais et revenais.

« SOUS le bureau »

« SOUS le bureau »

« SOUS le bureau »

Je venais encore. L’efficacité de mes baises solitaires était redoutable et inébranlable. Une fois, je me suis même « orgasmée » juste avant de venir travailler sans me laver les mains pour que tu puisses sentir des effluves de ma jouissance en espérant que ça te travaille beaucoup jusqu’à flancher enfin, qu’on en finisse.

Je déconnais mais je ne voulais pas en entendre parler, le désir me possédait. Ile ne m’avait jamais habitée à ce point et je ne pouvais pas passer à côté de ça. Morale, professionnalisme, ces notions s’étiolaient dans les airs sans que je ne les vois se désagréger. Un vertige m’habitait. Mon éthique s’était amputée d’elle même, qu’on en finisse !

C’est moi, finalement qui humais mes doigts toute la matinée en te regardant assis t’affairant à ton bureau. Je me rappelais combien, j’étais venue encore ce matin même. Combien de fois étais-je venue de mes propres doigts en entendant les tiens claquer sous des rafales de « SOUS le bureau » interdits, raisonnant.

« SOUS le bureau »

« SOUS le bureau »

« SOUS le bureau »

 

Ce jour là, tu es parti chercher ton lunch chez l’arménien comme chaque jeudi et je suis tombée sur un de tes post-it sur le quel tu avais inscrit un maudit mais enchanteur « SOUS le bureau ». Je me suis glissée immédiatement SOUS ton bureau, semi-nue, comme si on n’était pas un jeudi. J’ai gardé juste mon petit chandail rayé, cette marinière de fille insolente dont les rayures ne savent pas rester droites sur les formes arrondies de mes seins.

 

Tellement de préméditations, au banc des accusés, je plaiderai coupable et le verdict sera sans retour, ni clémence dans « l’affaire du bureau ».

 

Pour me déculpabiliser, sans doute, j’ai commencé mon échauffement en imbibant deux des mes doigts de salive que j’ai glissés entre mes jambes en attendant ton retour, cela SOUS le bureau.

Je ne serai à partir de ce moment là donc plus «arrêtable»

 

Dès que t’es revenu, je t’ai envoyé ce texto beaucoup trop prêt : « SOUS le bureau »

Puis  celui là : « Claque des doigts »

Tu étais debout déjà proche de ton bureau et de ton regard, t’as balayé la pièce. Comme je savais que tu resterais perplexe, je t’ai sendé immédiatement le message texte suivant :

« Come on JF claque tes doigts, tu vas voir, ils sont magiques » Et tu les as claqués sans réfléchir cette fois.

Mon doigt qui venait juste de me faire « pré-jouir » déjà sur send, prêt à dégainer :

« SOUS le bureau ! » tu as reçu.

T’as souri avec ta bite. J’ai vu !

C’est que je suis à la bonne hauteur en criss pour le voir, SOUS le bureau.

 

Tu penches ta tête SOUS le bureau et tu souris avec ta belle face de vainqueur aussi puis t’approches ton bassin du bureau. Je glisse ma main sur la bosse naissante sous tes jeans qui se gonflent encore plus. J’y approche mon visage, tu frissonnes déjà. Je dézippe ta braguette un peu trop doucement pour t’entendre respirer plus. T’as besoin d’air, hein ?

J’exagère parce que je sais que t’as pas eu de sexe depuis longtemps, une mauvaise passe, tu te dis. Je le sais parce que je sais beaucoup trop de choses sur toi. Ta faute.

Je vais alors très doucement pour te rendre un peu fou. Je fais glisser tes pantalons en prenant soin d’embarquer tes boxer par inadvertance avec et tu capotes déjà.

Tas pas glissé ton pen dans une bouche depuis des mois et là c’est la mienne SOUS le bureau. Alors ton bat est nerveux et fougueux comme un bel ado. J’effleure de ma langue l’intérieur de ta cuisse, la remonte jusque dans ton aine et la glisse sur une de tes couilles, tes tendu man. IIIISHH, tu défais l’élastique dans mes cheveux et voilà, tu les tires, tu t’agrippes à eux même. Ça va ?

Je continue avec ma langue, ma promenade sur tes balls, puis je prends dans ma main, ton bat gorgé de façon sanguinaire comme un révolté. Il se tient dressé, pointant comme un flingue avec une fleur au bout. Tu craques, on dirait. Je me réjouis tout de même d’être dans le viseur de ces balles à blanc. Là, t’as pensé que j’allais le lécher langoureusement et délicatement, ton bat insurgé mais la balade mielleuse est finie, mon garçon.

BAM, je me redresse et te repousse un peu violemment, pour que de force tu t’assois dans une semi-chute sur ta chaise. T’es surpris. T’as pas lâché mes cheveux, p’tit criss, OUCH, tu sais l’effet que ça me fait maintenant.

T’es moins directif que je pensais mais tu me tires par les cheveux, AÏE, pour amener mon visage entre tes jambes mais c’est moi qui tire le fauteuil à roulettes d’un coup brusque, très brusque pour te rapprocher. Je prends bien soin de glisser mes mains proche de tes narines que tu les sentes et je vois dans tes yeux, l’effet diabolique de mon odeur de plaisir.

Je t’explique en trois mots comment je me suis faite venir en pensant à toi, je te le dis en te regardant, combien c’est arrivé souvent.

Ton corps s’agite perceptiblement par endroit alors que tu ne bouges pas. Tes mâchoires sont crispées et semblent pulser nerveusement. T’es intenable. Tu ne bouges pourtant pas. Tu attrapes mes doigts de ta bouche. Je suis possédée. Toi aussi. Le crissement des roulettes sur le sol fait réagir ton bat, tu t’en fous cette fois des collègues et voisins des autres bureaux et tu capotes encore, t’es tout petit. Ça fait des mois que tu ne baises plus et je me régale à l’idée que ça soit moi qui brise ton jeûne sexuel. Je jubile de ta fébrilité « testostéronée ».

Agenouillée, uniquement vêtue de mes rayures de marin pas droites, je te regarde droit dans les yeux avec arrogance et impudicité. Je glisse enfin mes lèvres (celles du visage, ALLO) sur ton gland. La salive que j’y ajoute de tout cœur fait le reste de la job. Je ne te vois pas mais je sais que tu bascules la tête vers l’arrière et que tu entrouvres tes lèvres. Tous les garçons le font. Je sais que t’es bien là, SOUS le bureau dans ma bouche. Confo ?

Ton corps ne sait pas s’il doit se détendre ou se contracter. T’es tiraillé bel enfant, parce que tu me serres la nuque un peu trop fort. Je continue mes saliveux allers retours sur ton arme. Tu lâches d’adorables cris, extenués de plaisirs lointains. T’avais oublié cette sensation de la bouche des filles hein ?

Tu gémis de souffrance et de soulagement. Je change de temps en temps de rythme et ton bat est bien en vie garçon, il me le dit. T’es fiévreux et moite, le téléphone sonne de son son rance pendant que je suis (enfin) SOUS le bureau à te gâter.

Tu commences à respirer un peu trop vite, tu me bloques la tête par les cheveux encore avec raideur. « Stop stop stop » tu dis « je vais venir ben trop vite » comme souffrant d’un asthme soudain et tu te ventolines métaphoriquement. C’est que tu veux profiter de cette parenthèse enchantée SOUS le bureau. Pourtant dans tes yeux, je vois de la plaisante soumission mais aussi de la gratitude pour t’avoir extirpé de cette période de disette sexuelle dont tu t’es accablé parce que soi-disant t’es un mec bien.

Je te regarde outrecuidante et cuisante. Par ma gorge que tu saisis d’une main, tu me remontes vis à vis de ton visage qui est désormais très proche du mien. Tu te relèves, ce qui repousse, dans un bruit vif, le fauteuil à roulettes qui va se cogner contre le mur en arrière. Je continue de lire dans tes yeux et j’y vois beaucoup de choses. Du gros stock…

Tu constates enfin que je suis à l’air libre, que mes vêtements sont tombés depuis longtemps. Tu me dévêtis enfin des ces rayures. T’empoignes ma chatte de ta main de garçon habile et constates qu’elle est à point. Tu décides donc de ne pas jouer avec. Tu me retournes d’un coup sec SUR le bureau. J’ai presque peur mais j’adore ça. Tu pousses ton membre sur mon cul que je sente bien la trique que tu me réserves pour que je ne supporte plus qu’elle ne soit pas déjà en moi. Enfin tu t’occupes de mes seins, tu les maltraites un peu et tu te frottes salement. Frénétiquement. OUFFFF, ma respiration et mes sons de fille éprouvée trahissent le ravissement dans le lequel je me délecte. Je me vautre ainsi dans ce traitement que tu m’affliges désormais. Quel soulagement.

Tu me renifles. T’arrêtes tes lèvres enfin dans mon cou, remonte mon cul délicatement. BANG, moins délicatement, tu engouffres ton bat dans mon sexe en me mordant l’épaule. OUCH! Tu vas vite et t’es virulent. Tes coups sont secs et colériques. Je viens presque, j’appelle ça pré-venir. Je pense à te frencher. On n’y avait pas pensé encore. Mes pieds décollent un peu du sol et le bureau cogne contre le mur et l’abîme. Fossile ? Stigmate ? On s’en crisse rendus là, je pense. Nos bouches engluées de plaisir se découvrent. Elles luttent, ces bouches, prises entre leur langue respective, leur respiration haletante qui se fraie un chemin, et les sons de plaisir coupable qui réussissent à s’en échapper. C’est beaucoup trop bon de savoir vivre. Si j’avais su que SOUS le bureau, c’était comme cela et que SUR le bureau, comme ceci, j’y aurais goûté avant.

« SUR le bureau »

« SUR le bureau »

« SUR le bureau »

T’es plus capable, tu sais que tu vas venir incessamment sous peu. Sous pression.

Comme t’es pas trop con et que t’as encore le cerveau assez irrigué par le sang qui te reste pour penser que d’me venir dedans malgré le fun qu’on a, c’est pas la meilleure des idées, tu me retournes encore pour m’allonger cette fois dos au bureau. Captive, je me laisse faire comme subjuguée de nos orgasmes respectifs qui s’en viennent assurément.

Tu montes SUR le bureau à califourchon sur moi. T’es vraiment très beau. Tu décides de te finir à la main. OKAYY. Tu t’es donc installé pour que je vois bien la besogne et tu regardes et joues avec mes seins qui sont bien en vitrine eux aussi. Je me touche moi même entre les jambes et c’est trop efficace. Quand tu t’en rends comptes, tu vires ma main hâtivement, peut être par orgueil et tu y plonges la tienne. Tu t’actives de ce côté là aussi. C’est autant efficace que mon propre doigté, voire plus. La sueur fait se coller nos petits cheveux sur le pourtour de nos visages d’extase. Le bureau valdingue de ces mouvements éparses et continue de creuser le mur. Tes deux écrans d’ordinateur dansent et tremblent eux aussi, avec nous. TOC TOC TOC !! L’orgasme cogne pas poliment, BAM BAM, il frappe fort, PAW, je ne peux pas me retenir de crier…

Tu me regardes venir de ta main et comme par une technique de vases communicants, tu viens, toi avec. Tu te répands allégrement sur mes seins et ça te rend imbécilement heureux, visiblement. Je te regarde séditieuse et j’étale ta dèche sur ma poitrine. Je ne sais pas bien pourquoi je le fais mais tu ne détestes pas.

De cette main spermée, je prends ton pouls, je ne sais pas pourquoi non plus, je fais cela. En revanche, je constate que t’es bien vivant. De mon autre main pas piégée de ta semence, je me donne un dernier orgasme presque trop facile à décrocher au rythme de tes pulsations déjà décroissantes, de ton souffle de revenant, ressenti par cette main engluée de ton orgasme frais. Tu m’observes venir une dernière fois, soulagé de la vie, de mes cris veloutés et de la moiteur des airs qui te colle enfin à la peau de nouveau.

Tu vas sentir le sexe en te promenant jusqu’à chez toi. Tu siffleras même, peut être.

Moi j’ai perdu ma job. Même plus.

 

-Sherifa Tarasse

Sheriffa Tarasse

 

 

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