#29_SLP_HandsomeS_JAL

Illustration de Josie-Anne Lemieux

Mon meilleur ami quand j’étais jeune s’appelait Charles-Olivier. On avait le même âge, on allait à la même garderie, puis la même école primaire. Il avait un an de plus que moi et on aimait les mêmes affaires : les legos, DragonBall Z, le soccer, etc. On était inséparable.

L’été, j’allais me baigner chez lui un après-midi sur deux. L’autre après-midi, il venait chez nous. Quand j’avais environ 8 ans et lui 9, notre jeu préféré était de se terrer sous le quai de la piscine chez moi. Il y avait une porte par laquelle tu pouvais entrer sous la structure de bois. On faisait comme si c’était notre base, notre camp. On défendait le camp contre des ennemis invisibles, sauvait la terre d’une invasion d’extraterrestres…

On était forts, invincibles, toujours victorieux. Ces après-midis-là étaient mes moments préférés de toute mon enfance.

On a finit par vieillir un peu; Charles-Olivier est allé dans une école secondaire différente et notre année de différence d’âge a fini par nous éloigner pendant ma sixième année. On continuait de se parler quand on se croisait, mais on était des connaissances, plus vraiment des amis. J’ai quitté ma ville natale pour la grande ville; lui est resté là-bas pour étudier et travailler ensuite.

Noël dernier, alors que je visitais ma famille pour le temps des Fêtes, j’ai eu la surprise de voir Charles-Olivier sur Grindr. J’étais ami Facebook avec lui et il n’avait pas fait d’annonce officielle ou rien. J’étais moi-même sorti du placard quelques années plus tôt; cela semblait récent pour lui. Quand j’ai vu sa photo, mon coeur a fait un bond. Comme si je ne m’étais jamais réellement avoué que, à force de le suivre sur Facebook toutes ces années, une simple amitié d’enfance s’était transformé en désir. Charles-Olivier était devenu un très bel homme. J’avais soudainement envie de faire plus que de défendre la terre contre des ennemis imaginaires avec lui.

Notre ville a réellement 3 ou 4 gros bars. Il y avait donc de grandes chances que je le croise, comme chaque année.Je dormais chez mon père, qui était hors de la ville exceptionnellement pour visiter des cousins éloignés. C’était entre Noël et le jour de l’An, le 28 peut-être?

On a commencé la soirée dans la micro-brasserie de la ville, des amis et moi. La soirée était arrosé, tout le monde était content de se retrouver. Il était 5 pintes et 3 shots quand on a décidé de changer de bar pour l’unique discothèque de la ville.

La soirée a continué de battre son plein. Le hasard fait bien les choses, puisque je suis tombé sur des amis communs. Charles-Olivier était avec eux. Comme d’habitude, on a jasé de tout et de rien; travail, famille… Sauf que cette fois-ci, étant un peu éméché, je me suis décidé à lui poser la question :

« Hum.. Je sais pas si c’est un secret, mais je t’ai vu sur Grindr hier. »

Puis, dès que je l’ai dit, je l’ai regretté. Peut-être que quelqu’un utilisait sa photo. Peut-être qu’il était saoul et a fait ça sur un coup de tête et qu’il le regrette.

« Ouais. Ça fait quelques mois que j’ai commencé à en parler… Pas officiel ou rien mais ouais, c’est moi. »

J’ai hoché la tête.

« Je sais que c’est pas évident. J’espère que tout se passe bien…? »

« Oui. Ça va de mieux en mieux. »

Nouveau hochement de tête. Puis, bref silence malgré la musique tonitruante qui continue. Je fixe Charles un instant et il fait de même. Charles est roux. Ça a l’air drôle mais j’ai une attirance particulière pour les gars roux. Il portait une chemise rouge à carreaux et avait une barbe de vacances, lui qui doit se raser de près pour le travail. Il avait l’air d’un bûcheron qui sort des bois et j’étais prêt à l’accueillir comme un amant assoiffé qui a trouvé l’hiver long. Après quelques secondes de silence, toujours un peu poussé par l’alcool, j’ose une autre réplique risquée.

« Passe au vestiaire. On s’en va. »

Mon ton était sans équivoque et Charles l’a vu tout de suite. J’ai encore eu un peu peur, puis une fraction de seconde plus tard il a brièvement hoché de la tête, fait signe à son groupe d’amis et s’est dirigé vers le vestiaire. J’ai moi aussi fait un signe à mes amis, qui n’ont pas eu le temps de protester puisque j’étais déjà moi aussi en route pour récupérer mon manteau, une érection se dessinant aux côtés du billet de vestiaire dans ma poche gauche.

En observant Charles récupérer son billet dans ses poches, je nous ai revus enfants, jouant à défendre la planète contre des envahisseurs inconnus. Ce soir, nous utiliserons nos armes et nos pouvoirs pour une toute autre mission. Désolés, victimes innocentes des envahisseurs imaginaires. Vos deux sauveurs seront occupés à s’envahir l’un et l’autre plutôt que de sauver la terre de son annihilation.

Une fois dans le taxi, je pose une main discrète sur l’entre-jambe de Charles, gonflé à bloc. Il fait de même. J’en tremble. J’ai laissé l’adresse de chez mon père; le timing est parfait puisque j’ai la maison à moi seul. Charles habite un peu loin de toute façon.

La porte à peine refermée, on s’embrasse. Sans arrêt. En se déshabillant. En enlevant nos manteaux, nos souliers. On a eu chaud; je le guide jusqu’à la salle de bains et ouvre les robinets de la douche. Je me retourne et suis confronté à son corps nu. Il a le torse velu, un petit ventre, un magnifique pénis. Une vision. Je l’attrape par son membre et l’emmène avec moi dans la douche pour continuer de l’embrasser. Le dos au mur, on continue de se toucher, de s’aimer. Ça prend un bon 5 minutes avant de même saisir la bouteille de shampoing ou le savon. On n’est pas pressé de se laver.

On se savonne tranquillement. Lave nos cheveux; la bonne odeur parfumée remplace celle âcre qui était imprégnée dans nos vêtements et nos cheveux. Une fois propres, je me mets à genoux et empoigne son membre que j’ai bien l’intention de traiter avec autant de passion que je l’ai fait avec ses lèvres.

Il goûte bon, son corps glisse sous mes mains et ses gémissements me parviennent à peine avec le bruit de l’eau. J’augmente d’intensité pendant que ses gémissements passent d’un bruit lointain à un bruit si fort alors que mes doigts se glissent vers ses fesses. Tout est facile, rapide et intense sous le jet de la douche de pierre qui a dû couter une fortune.

Je remonte après que les tressautements de Charles me préviennent que si je continue la nuit risque d’être courte. Il se met à ma place et c’est mes plaintes de jouissance qui emplissent les vitres embuées. Pour un novice, il démontre énormément de promesse dans le domaine de la fellation. Il est doux, prend son temps. J’ai presque honte d’avoir été si rapidement; je commence à dégriser et à ressentir encore plus ses coups de langue sur ma verge qui est détrempée, noyée d’eau et de sa salive. Il remonte pour m’embrasser; c’est surréel. Je n’aurais jamais cru que ça arriverait un jour de coucher avec lui.

On bouge vers ma chambre, prenant à peine le temps de se sécher. Le froid du corridor nous électrise; je lance l’édredon par terre pendant qu’il s’aventure à quatre pattes sur le lit. Je le fais retourner pour admirer son derrière propre, recouvert d’un petit duvet rouge qui me fait de l’effet. Je mets beaucoup de soin à mon anulingus, sachant qu’il y a peu de chance qu’il me retourne la faveur (moi-même, ça m’a pris quelques années avant de vraiment aimer ça.) Il gémit encore et encore, ses cris parfois étouffés par l’oreiller.

Il se redresse après un moment et je sens qu’il est prêt à passer aux choses sérieuses. Je me lève pour aller dans le tiroir où je garde un petit paquet de condoms qui a bien peu servi. J’en sors un et, après une seconde d’hésitation, le tend à Charles, qui l’enfile aussitôt.

J’ai envie de le voir pendant qu’il me prend; je m’assois donc doucement sur son majestueux sceptre de chair. Je fixe mes yeux dans les siens, passe ma main dans ses cheveux en allant de haut en bas et en sentant mon torse se couvrir d’une fine pellicule de sueur. Le changement de température a rendu mon corps confus et des frissons me traversent le dos. Combinés aux va-et-vients de Charles, mon plaisir se retrouve décuplé. Je balance la tête vers l’arrière, mes deux mains bien posés sur le torse velu du beau bûcheron que j’ai attendu tout l’hiver.

Je lâche son torse pour attraper ma propre verge, qui n’a pas descendu depuis mon entrée dans la douche. J’accompagne les poussées de Charles de ma main, replonge mes yeux dans les siens et un instant plus tard j’ai joui sur lui et lui, peu après, en moi.

Alors que je m’effondre, la tête sur son torse, j’ai une pensée pour les pauvres terriens qui ont été éradiqués par une menace imaginaire, pendant que leurs deux sauveurs étaient occupés à s’aimer.

 

-Handsome Stranger

 

Handsome Stranger

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