Illustration de Marie-Anne Dubé

Illustration de Marie-Anne Dubé

Vernàkën se savait menacé ; il en avait plus pour très longtemps. Son désir convoitait un risque toujours plus grand, mais également toujours plus voluptueux. Il planait lorsque sa ceinture serrait délicatement son cou et que ses pieds frôlaient à peine sa couchette misérable de célibataire. Il jubilait quand cette même ceinture écrabouillait sa pomme d’Adam, le laissant sans voix. Sa queue était dur, plus que jamais ; ses veines pulsaient dans ses paumes.

Soudain, la porte s’ouvrit et Charles, le serviteur, entra mécaniquement dans la pièce pour annoncer que le dîner était servi. Bien qu’il figea net devant la scène, il n’eut d’yeux que pour le vît violacé de son maître. Ne sachant pas de quoi il s’agissait, il approcha du pendu pour lui venir en aide, mais quelques cris le persuadèrent du contraire. De ses yeux globuleux et rougis par la pression, Vernàkën fit comprendre à son serviteur qu’il souhaitait une dernière délicatesse avant la décharge finale.

Sans hésiter (c’était pour le moins bizarre), le serviteur s’approcha et lécha le gland du pendu. Il ouvrit la bouche plus grande et y enfourna la queue du maître. Vernàkën manquait de plus en plus d’air, mais son plaisir atteignait un haut niveau de grâce. Tout le sang de son corps se pressait dans son sexe.

Sur le point de l’orgasme, tout lâcha.

À la grande surprise du serviteur, Vernàkën s’effondra sur lui. La ceinture s’était rompue.

Le serviteur lui offrit de terminer la besogne.

Vernàkën répondit « non » et exprima plutôt, comme si de rien n’était, un fort mécontentement envers le cuir russe.

-Blide Vernàkën

Blide Vernàkën

 

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