Illustration de Karina Dupuis

Illustration de Karina Dupuis

Les portes du métro s’ouvrent à la station Rosemont. Un groupe de camps de jour monte dans le wagon déjà bondé, obligeant la personne devant moi à se coller davantage. Plaqué contre la porte opposée, je pousse un soupir. Cette porte m’effraie, j’imagine toujours le pire scénario. Elle s’ouvre derrière-moi et je bascule vers une mort certaine alors qu’un métro arrive en sens inverse. J’avale ma salive et baisse les yeux. Pour me changer les idées, je fixe la nuque de la personne avec qui je partage un moment d’intimité non désiré. J’observe sa longue tresse, sa peau légèrement foncée, son dos musclé. Je remarque l’absence de soutien-gorge sous sa camisole. Je ferme les yeux et je fleure son parfum gourmand aux notes de cannelle, de vanille et de caramel. J’essaie d’imaginer son visage, son regard pétillant, ses lèvres pulpeuses… Puis, je réalise que je ne suis plus collé contre la porte opposée. Inconsciemment, je me suis approché d’elle et maintenant, mon sexe est appuyé contre son cul. J’ouvre les yeux en sursaut, mais je ne bouge pas. J’attends. Avec tout ces gens serrés les uns contre les autres, elle ne peut croire que c’est volontaire. Seulement, je sens qu’une rivière de sang se dirige vers mon membre. Il se gonfle tranquillement. Je devrais reculer, mais mon corps ne répond plus. Je reste là, figé. Honteux, mais fébrile.

Les portes du métro s’ouvrent à la station Beaubien. D’autres personnes se massent dans le wagon, maintenant rempli à pleine capacité. La personne devant moi n’a d’autre choix que de se serrer davantage. Je sens ma queue qui se coince entre ses deux fesses, mon érection n’est plus subtile. Un bâton de baseball pousse contre son anus. Une goutte de sueur perle sur mon front. Bientôt, elle se retournera pour me gifler et elle alertera les gens dans le métro. Les campeurs se moqueront en me pointant du doigt. Pourquoi est-ce que je reste là? Recule… Un mouvement de sa part me sort de mes pensées. Un mouvement de bassin. Un mouvement pratiquement imperceptible. Le temps s’arrête. Un moment qui semble durer une éternité, puis un autre mouvement. Plus franc celui-là. Un autre. Doucement, elle se met à se frotter doucement sur mon pénis. J’avance le bassin et je l’enfonce plus profondément dans sa jupe.

Les portes du métro s’ouvrent à la station Jean-Talon. Les campeurs sortent, suivi de plusieurs usagés. D’autres entrent, mais le wagon n’est plus surchargé. Juste assez rempli. La personne devant moi pourrait faire un ou deux pas, retrouver sa liberté, mais elle reste là. Elle bouge son cul sur ma bitte de gauche à droite et de bas en haut. J’agrippe le poteau. Mon autre main descend délicatement le long de son corps et s’arrête sur sa hanche. Avec mon pouce je sépare périlleusement ses fesses et je plonge ma verge un peu plus creux. Je n’ai toujours pas vu son visage. Les gens qui nous entourent ne remarque rien. Elle y va de quelques coups plus agressifs, puis elle serre les fesses. J’ai l’impression que ma queue va exploser. Je suis ses mouvements et je répond avec vigueur. On danse comme cela un bon moment, juste assez discrètement pour que personne ne nous regarde, juste assez impudemment pour que je sois sur le point d’éjaculer dans mon pantalon. Elle s’agrippe à son tour au poteau. Je sens qu’elle se retient pour ne pas gémir bruyamment. Je sens son corps vibrer. Les secousses irrégulières du wagon lui donne des soubresauts imprévisibles. Elle me rend fou. Je glisse ma main le long de son bassin en direction de son con. J’imagine la pointe de ses seins durcie. Sa petite culotte détrempée. Mes doigts qui glissent aisément dans sa chatte. Sa cyprine qui coule le long de mon majeur et de mon index….

Les portes du métro s’ouvrent à la station Jarry. Sans se retourner, la personne devant moi se défait de mon emprise et sort du wagon. Elle monte les escaliers et disparaît. Le métro se remet en marche. Désorienté, les testicules gonflées et endolories, le sexe encore érigé, je pousse un soupire et recule pour m’appuyer sur la porte opposée… Elle peut bien s’ouvrir, je n’en ai absolument rien à battre pour le moment.

-Victor Heavy Bellequeue

Victor Heavy Bellequeue

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