Illustration de Farah Allègue

Illustration de Farah Allègue

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

T’es en char, direction Rive-Sud. C’est la veille de Pâques, fait un temps de cul, pis ça te tente juste de rester chez vous, te toucher un peu, pis dormir 12 heures straight. Mais non: obligations familiales and shit… Ta douce mère, obstinément catho, tient à te recevoir pour l’occasion. Tu roules, tu roules. Pis là, shit, ça congestionne!
Fuck. Sûrement un de ces idiots qui a compris trop tard que brouillard, chaussée glissante et alcool au volant, ça peut tuer. Trop tard pour lui. Toi, tu cognes des clous, pis tant qu’à rester jammée dans un bouchon, tu préfères aller chiller sur le bord de la route et te claquer un powernap pendant que ça passe.

Moi, je me suis arreté sur le bord de la route pour faire un appel pis annoncer mon retard. Ton char s’arrête un peu devant le mien… Je joue le bon Samaritain, je me mets le manteau sur la tête pis j’accours voir si t’as besoin d’aide. Négatif. Le geste t’attendrit cependant, pis tu m’invites dans ton char pour éviter le déluge.

On se présente, on échange des platitudes sur la météo, nos plans du weekend qui nous tentent bof, mais je t’écoute pas vraiment. J’suis juste surpris d’être là. Je m’attendais à aider une madame random pour mon karma, pis jsuis dans le char d’une fille trop belle, à écouter la pluie battre sur le métal. Dans quoi je me suis embarqué?

T’as un joli manteau rouge, une crinière couleur feu, des grands yeux bleus curieux pi je sens déjà que t’as l’esprit vif. J’suis charmé pis je connais juste ton nom… Cliché tout ça. On écoute la radio voir si y’a un update routier… Ça va être long. Fuck. On éteint la radio. La pluie bat en mitraillette, mais on parle pas.

Pis, bang. Un éclair déchire le ciel. Je ferme les yeux pis j’attends que le tonnerre me shake les os. Bang, autre éclair. J’ai un gros smile dans la face pis je réprime un rire… T’as l’interrogation au visage. Je me mordille la lèvre en sachant pas quoi dire. J’ai le tempo du cœur qui monte.
J’hésite un bout de temps, pis je crache le morceau: les orages… M’excitent. Énormément. Bang. Autre éclair.

Bang. Un autre. J’ai les yeux fermés, le feu me prend au sexe, pis je me sens game. J’étends le bras vers le plafond, et ferme la lumière.

Tu souris. Bang. Autre éclair. Je me tourne vers toi, te prends la tête des deux mains, et t’embrasse sans hésitation. Tu embrasses bien, en plus. T’es généreuse de la langue, mais pas trop. Tu sens… des mûres? Je veux tout entier me pitcher sur toi, comme une luciole sur — Bang.
Gros tonnerre, c’est près de nous.

Tu me lâches la bouche pour me regarder dans les yeux. Je me mords la lèvre de plus belle, esti que t’es chaude! Pourquoi j’suis ici déjà? Pas important: tu ditch ton hoodie et traverse jusqu’à mon banc pour me chevaucher. Je plonge dans cou, expire langoureusement dans ton oreille en passant sous ton chandail avec mes mains.

Bang. Autre éclair violent. Tu me grind furieusement pendant que j’expulse ton chandail et me mets à te manger les seins. Tu décides déjà que mon pantalon est de trop, violes ma braguette, et te mets à me branler en lâchant un gémissement coquin hyper efficace. L’air est humide, pis ça nous prend pas une vingtaine d’expirations salaces que la buée se pointe partout dans les fenêtres.

La sueur perle déjà sur mon front, sur le tien, entre tes seins. Mon pré-sperme marque ton ventre. D’un mouvement de tête, tu pointes la banquette arrière. J’ai le souffle court et ma verge crie de passer à la prochaine scène. On laisse nos vêtements trempés à l’avant, puis on se faufile derrière.

J’ai à peine le temps de m’asseoir que déjà tu gobes mon sexe avec la bouche, me faisant même la politesse de cracher dessus sans vergogne. Tu te nourris de mes gémissements saccadés, qui amplifient, amplifient encore, plus tu m’enfonces dans ta gorge.

Bang. Le tonnerre frappe encore. C’est assez! Mon tour. Je te tire la tête et te retourne promptement.

J’ai fait mon choix. Je te prends en levrette, belle inconnue, ma queue est folle de rage et ne pense qu’à te pénétrer sauvagement en te tirant les cheveux. On s’installe comme on peut: elle a du charme, ta petite Rio, mais pour l’espace, on repassera, hein. J’ai les fesses collés dans une fenêtre, ta face qui embue l’opposée.

J’oublie carrément qu’on est sur le bord de l’autoroute. Y’a juste toi, moi, ta Rio pis un troupeau de cumulonimbus fâchés.

Je te tire les cheveux d’une main, et de l’autre je te cambre le bassin pour maximiser la première pénétration. Je prends bien mon temps pour celle-là. Je veux que tu sentes les pulsations de mon gland tout le long de ton sexe, chère. T’es vachement mouillée, ça glisse! J’ai toute la misère du monde à rester civilisé et pas te défoncer comme un fucking animal en rut.

Bang. Autre éclair. Exit ma civilité, d’une shot. Je te prends les hanches à deux mains, tiens, fuck le niaisage. On étouffe de chaleur, ton dos est luisant de sueur, pis tes petits cris achèvent ce qu’il me restait d’intelligence.

Je m’emporte, j’accélère. BANG. Nope, pas un éclair : c’était ton front dans la fenêtre. J’éclate de rire, puis brusquement tu te fais impérative : brute polie soudain rongée par la culpabilité, j’obéis sans rechigner. Je m’assieds au centre de la banquette et tu me grimpes en cowgirl inversée. Ça vaut bien un bec-et-bobo, j’imagine.

Je plonge ma face entre tes omoplates. Je te lèche le long de la colonne, jusqu’à la nuque. C’est salé, parfait. Devant, mes mains pressent fermement tes seins pour te coller à moi. On commence slow rodéo. Cette position-là me permet d’aller vraiment profond… On se synchronise. Je pose les mains sur tes hanches pour suivre le rythme. Dirige-moi, rousse inconnue. Impose ta cadence. Mon soldat bien dressé t’appartient désormais. Tout enivré de ton jus de plaisir, il attend juste que tu le violentes.
Ça devient ridiculement chaud. L’air se fait vicié, mais on s’obstine à ne pas ouvrir les fenêtres. Tu t’impatientes: les deux mains poussant sur le plafond, tu empales mon soldat de toutes tes forces. Du coup, je mouille mon majeur et l’envoie gambader sur ton clitoris. Avant longtemps, je sens ton corps en séisme.

Avec nos corps déjà sur le point de fondre ensemble, le climax traverse rapidement de ton corps au mien. Je te prends brusquement aux épaules pour te forcer à sentir précisément chacune de mes secousses éjaculatoires. On reste collés pas longtemps, le temps que l’orage s’éloigne. On tarde à reprendre le souffle… L’air nous manque. Le temps, aussi… On revient à contrecœur à la réalité, aux gens qui nous attendent pis au jambon en quantité industrielle. Ça nous semble crissement insignifiant. On chiale en se rhabillant. On chiale pis on s’embrasse.

On chiale encore, on s’embrasse encore. On ouvre deux fenêtres juste pour respirer, mais la pluie fait un clash sur mon front. Je te connais depuis quoi, vingt minutes? Pourtant, me séparer de ton corps s’avère la plus grande épreuve de mémoire récente. Ça me tue de partir. Est-ce qu’on va genre, jamais se revoir? Ouch. J’ai goûté à quelque chose d’un peu trop bon pour mon propre bien. Je profite des derniers instants pour fixer tes yeux clairs, les brûler à jamais sur ma rétine.

La pluie bat toujours aussi fort. Le down est archi brutal quand j’ouvre finalement la porte. Je prends une grande bouffée d’air frais, je laisse la pluie m’inonder la face, me refroidir les idées. Je me retourne et te regarde, le deuil au coeur, mais le regard droit et fier.

 

Bye, là.

-Zèbre

zèbre

2 Comments

  1. Nicolas
    May 14, 2015

    thats my nipple!

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  2. J
    July 21, 2015

    Mother of God, tu fais bien ça.

    Reply

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