Illustration de Catherine White

Illustration de Catherine White

 

 

Dormir profondément, ce n’est pas si souvent que ça m’arrive, parce que j’ai le sommeil léger, insomniaque sur les bords, je sursaute à rien. Tu le sais mon amour que je sursaute la nuit dès que tu bouges pour te retourner dans le lit.  J’ouvre un œil même pas endormi, je prends note de la position que tu prends et je me souviens que je t’aime. Ensuite, j’espère que tu vas me coller puis je vérifie que tu respires. Lorsqu’un corps dort à mes côtés, je vérifie toujours s’il respire.  Ca a commencé quand j’étais gamine cette histoire,  je m’assurais toujours lorsque mon petit chat et sa tiédeur dormaient, au creux de ma gorge, qu’il respire correctement. Je trouvais qu’il avait de bien trop petites narines pour avoir son oxygène.  Alors depuis, je vérifie souvent que tu respires dans ton sommeil, garçon dans mon lit, soit en entendant le son de ton souffle, soit en apercevant que ta cage thoracique se soulève et s’abaisse successivement. Je referme les yeux en attendant la connasse à Morphée, elle me prend pas toujours dans ses bras elle, la garce. Je me demande ou vous êtes tous dans ces lits, quand moi je flâne à contre cœur dans mes insomnies mais ne vous inquiétez pas, je check vos respires.

Alors quand je dors enfin profondément après ce laborieux travail d’endormissement et que dans une réalité lointaine et éthérée, je sens ta bouche humide se déplacer dans mon dos  et dans mon cou et que je ne comprends pas tout de suite ce qui se passe mais que ça fourmille dans mon corps à des endroits, et que ton souffle continue de se balader sur ma peau, je ne t’en veux même pas de briser mon sommeil. Quand je dors profondément et que tes mains m’enserrent la taille puis me visite à mon insu comme si j’étais une pièce de  musée qu’on peut enfin toucher, je me réveille très lentement et je comprends le sort qui m’attend.  Ta queue dans mon dos qui se raidit me le dit et là je suis sûre que tout va bien, que tu respires bien.  Je n’ai pas besoin de vérifier. J’adore quand tu respires d’asphyxie et de désir dans mes cheveux que tu emmêles sans t’en soucier. Je profite encore de ce demi-sommeil en te laissant faire, je fais semblant de pas encore avoir émergé pour te laisser mettre mon corps en appétit du tien. Je dors encore un peu, mon rêve s’évapore, mon entrecuisse s’humidifie, tes doigts aussi, mon ventre se serre,  comme si un cœur y pulsait. Mon cerveau lutte à peine à faire ses connexions qui mènent à l’éveil,  pour que ce moment où tu me touches et que ta langue glisse dans mes creux, dure plus longtemps. Je fais semblant de dormir encore un peu mais ma respiration ne trompe pas. Alors tu me serres la gorge pour me ramener et là bang tu me rentres dedans, je suis réveillée par la secousse et par le french qui m’empêche de reprendre mon souffle. J’adore que tu me réveilles pour me baiser, non en fait que tu me baises sans même me réveiller et que c’est cela même qui me réveille, mon amour. Il n’y a que toi, mon mec qui sait ça, enfin toi et tous les autres. Les autres, les dits « ex ». Ceux qu’on oublie pas, ceux sur lesquels, on travaille  pour qu’ils deviennent un jour juste de bons souvenirs, mais aujourd’hui c’est toi, mon homme, mon jules. Celui qui me baise en me réveillant et/ou qui me réveille en me baisant. Je ne sais jamais mais continue, ça me rend légère et parfois ça m’aide à dormir. Tes allers retours dans mon dos, l’os de ton bassin qui cogne sur mon cul, et ma hanche, me font sortir de ma léthargie, mon amie hypocrite, la somnolence ne sait plus comment agir car mon entrejambe se fait plus léger à mesure de tes entrées en moi et je respire plus. Cela me prend plus d’air pour respirer, la couverture me semble trop lourde et oppressante, je la replie brutalement comme si j’étouffais.  Ta bite me creuse et je lâche des gémissements car j’ai pris trop d’air à l’inspiration précédente ou peut-être parce que tu me baises comme si j’étais une de ces merdeuses de fée d’histoires soporifiques pour gamins. Ou, c’est peut- être parce que tu m’aimes toi aussi. Je me demande chaque fois si je me raconte des histoires. Est-ce qu’un rêve est un mensonge ou quelque chose de pire. Quand tu m’aimeras plus, ou pire justement que tu me tromperas avec une connasse de festival peut être, ne me réveilleras-tu plus pour me baiser sans préliminaire.  Cauchemar, quand je me demanderai si tu ne me respectes plus parce que tu ne me baises plus quand je dors, mon mec.  Je kiffe raide mon amour d’être réveillée par ta queue entre mes jambes. Comme si tu ne pouvais pas prendre le temps de me réveiller, comme si c’était trop pressé voire urgent, comme si tu ne voulais pas me le laisser le choix  que d’avoir envie de toi. Tes mains se resserrent fort sur mes bras, quand tu fais cela, tu me laisses des petits bleus que je chérie même quand ils virent au brun jaunâtre avec le temps. Je me dis que des gens les aperçoivent forcement et me jalousent d’être baisée par toi directement, comme cela sans mise en bouche. Tu accélères tes mouvements, pour moi tu vas venir dans la prochaine minute, je te connais, et ce moment m’excite à chaque fois trop. Moi-même je suis à point, je me demande même comment ça, alors que je réfléchis comme cela pendant nos baises, arrivé-je à jouir si facilement de toi. Je pense à ton sexe dans le mien. La légèreté qui s’est installée entre mes cuisses depuis un moment se répand à tout mon corps qui se raidit et alors je crie un peu, j’ai envie que tous les cons de cette planète m’entendent qu’ils sachent combien j’ai de la chance et combien j’ai compris et là tu viens. Là, je débranche tout et je t’écoute gémir, t’étouffer de plaisir entre mes jambes, comme si t’allais un peu mourir de m’engluer l’intérieur. Je touche tes petits cheveux collés de sueur sur tes tempes, je me concentre sur ton cœur qui bat dans mon dos, j’essaie de répandre la pulsation à tout mon corps. Chaque fois je voudrais prendre ton pouls pendant que tu me pénètres et ton corps devient lourd subitement comme une carcasse d’animal mort. Tu m’écrases et je voudrais que tu m’écrases plus comme chaque fois. Tu tombes dans le sommeil comme si tu avais fait l’offrande la plus généreuse du monde. Ne trouves tu pas que t’exagères ? Moi, ça va me reprendre une heure ou deux à frenchouiller l’insomnie et tenter de me laisser tomber dans le sommeil. Je suis réveillée. Je connais bien nos ébats et plus je les connais plus je les aime de les connaître. Rassurant sûrement.  Je t’aime, je crois garçon. J’y pense à nouveau chaque fois au moment où tu me réveilles les mains et le sexe déterminés dans la même direction, comme dans la dernière demie heure déjà consumée. Et moi qui te laisse tout faire en me délectant, c’est sûr que tu te sers de mon corps endormi, peu importe tant que je mouille, c’est que mon corps et mon cerveau s’accordent. Tu dors déjà alors que dans les airs flottent encore l’odeur de nos ébats d’amoureux. Je vérifie que tu respires, tout va bien.

N’arrivant pas à dormir je m’imagine l’inverse.  Imagine l’inverse, je veux dire, tu dors et je veux faire la même chose que toi, te baiser en te réveillant ou te réveiller de baise. Je ne peux pas. Moi je ne peux pas faire cela…

Faudrait que je me faufile sous les couvertures et que de ma bouche, je fasse tous les efforts du monde pour te faire avoir envie de moi parce que je ne trouve pas le sommeil. Accepter humblement de te prodiguer pendant quelques instants sûrement trop longs, des coups de langues sur ta bite « limacée » que cette dernière veuille bien se réveiller de désir si j’ai bien besogné à te réveiller. La sentir mollassonne dans ma bouche et prier pour que le sang fasse son travail et que tes synapses s’activent pour te réveiller. Que je frenche ta bouche endormie, que ta queue se raidisse pour que je puisse faire quelque chose, l’enfourcher sans complexe comme toi tu me rentres dedans même si je dors encore. Ne pas me questionner. Te réveiller pour te baiser et non te réveiller en te baisant. Je voudrais bien juste pour une fois être toi pour me réveiller de baise pour voir comment c’est satisfaisant. Et en bon narcisse du 21ieme siècle me venir dedans. Je suis amoureuse, peut-être.

-Sherifa Tarasse

Sheriffa Tarasse

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