Illustration de Mathieu Potvin

Illustration de Mathieu Potvin

Le célibat amène son lot de fun, pis certainement pour les indépendants affectifs, des dry spell. T’as des baises nocturnes où l’alcool tue d’avance tout résultat possible d’orgasme, et ce, indépendamment de l’enthousiasme du partenaire. Le clitoris a décidé que son chiffre était fini. Tu viendras pas, tu le sais, ça te met en criss, mais tu fais avec pis tu profites quand même du moment.

Bref, le manque de partenaire a pas convaincu ton vagin de prendre des vacances. Lui, il continue de se contracter un peu tout le temps comme pour te rappeler qu’il existe et qu’il est prêt dès que tu vas te déniaiser. Tu sors veiller, mais aucune main n’est digne de se glisser sous ton chandail pour venir caresser tes seins. Ils sont chauds et n’attendent que ça. En fait des mains dignes il y en a, mais la face qui vient avec ne l’est pas toujours. En gros, tu fourres ben tard dans la nuit ou tu fourres juste pas. Dry spell je disais donc.

Ceci étant dit, mon corps en entier s’est tanné des mes 10 doigts et de Douglas (le pénis à batteries à côté de mon lit). Mon corps a commencé à faire son désireux en ayant envie de se faire caresser, de se faire prendre par les hanches, de se faire embrasser et surtout d’avoir une langue entre les cuisses.

Vu que c’est clairement pas ça qui se donne, ben vagin, clitoris, sein et fesses se sont mis en équipe pour me dire qu’ils n’étaient pas contents. Pis ça, même après une séance de «touch-yourself-three-times» avec des semi orgasmes ben trop courts qui devraient même pas avoir l’audace de s’approprier le titre. J’avais une envie de sexe avec un grand S. Ne pouvant faire entendre raison aux quatre autres, j’ai décidé d’aller prendre une marche.

C’est là que j’ai rencontrée «l’amie de mon amie». Celle qui sort avec les garçons, mais qui aime la sensualité des femmes. Je le sais parce que je l’ai souvent vue sur des photos soft érotiques chez mon amie.

C’est peut-être mes pulsions qui m’avaient mises dans le mood cochon, parce que malgré la beauté de «l’amie de mon amie», j’l’avais jamais désirée auparavant. Mais à ce moment là, je rêvais juste qu’elle me prenne par la main et qu’elle m’amène dans son trois et demi. Elle était justement en train de me pointer son appart, l’autre bord de la rue, pour me démontrer qu’on est des presque voisines. Moi, j’entendais déjà pu rien. Je la voulais elle, pis maintenant. Pour la presque première fois j’étais littéralement allumée par une fille aka ma nouvelle voisine de rue. Il faisait froid, fac je l’ai invité à venir prendre un verre chez moi.

En arrivant chez moi, j’ai senti l’odeur de sa peau. L’odeur du froid sur la peau. Tsé quand tu as froid et que tes joues sont glaciales, mais que tout ton corps est super chaud en dessous du manteau. En plus, pour faire exprès, dans mon appartement il fait très chaud. Première fois de ma vie que j’habite un appartement où le chauffage est inclus. Comme si le propriétaire se faisait un grand plaisir de nous imaginer en camisole et en bobette à l’année longue. Il chauffe le building en conséquence.

On va dans ma chambre et on s’assoit sur mon lit. Elle me raconte comment se passe ses cours en art, mais encore une fois, mon écoute n’est pas au poste. Par contre, je profite de l’occasion pour lui dire que moi aussi je dessine. Ça prend pas de temps pour que jme fasse un mindfuck en me remémorant la scène de soft sexe du film Titanic. Fac je me lance :

-«Tu veux que je te dessine?»

Elle, ben libre dans son corps s’étend et propose que je la dessine nue. Mon plan fonctionne, j’suis machiavélique et j’ai de la suite dans les idées. Par contre, l’idée du dessin a vite crissé le camp. Je décide de faire un homme de moi et de sauter l’étape du «stu correct?». Je m’approche d’elle et je l’embrasse sur les lèvres. Elle sursaute, mais se laisse faire. Moi, j’sais pas pantoute ce que j’suis en train de faire. J’ai jamais fait du sexe juste avec une autre fille. Heureusement, elle a vite compris la game et s’est occupée de moi. Elle glisse ses mains sous ma camisole et m’enlève ma brassière en trois secondes. Je me rends compte qu’il faut peut-être excuser les gars de pas avoir autant de facilité pour cette étape, mais son doigté vient complètement de me turn on.

Elle glisse sa main trop douce entre mes jambes. J’suis super mouillée et je m’en était même pas rendu compte. C’est doux et elle sait comment agiter ses doigts. Elle caresse mon clitoris et glisse ses doigts à l’intérieur de moi, juste un peu, juste là où il faut sur le bord. C’est finalement moi qui fini étendu sur le lit. Elle se couche sur moi, m’embrasse et descend mon pantalon. Même quand je suis ben dedans, il y a une petite voix en moi qui peut pas s’empêcher de dire qu’enfin ça se passe, j’ai du sexe, pis criss que c’est bon.

Une langue de fille, c’est pas comme une langue de gars. Elle est plus petite, un peu froide, mais c’est loin d’être désagréable. Sa langue est douce et ma nouvelle voisine prend son temps. Comme si elle non plus n’a pas trop l’habitude, mais qu’elle aime pouvoir s’y exercer. Ses lèvres, sa langue, sa bouche en entier entre mes cuisses est appliquée et mouillée. Mon clitoris commence à se durcir. Juste un peu pour donner le signal à mon corps qu’il s’apprête à se cambrer. Le vrai orgasme d’une baise d’après midi, celui qui commence dans les orteils. LA baise où tu sens tout, celle qui peut durer des heures : la parfaite.

Ca y est est, on se retrouve là, à moitié nue toute les deux. Ce moment étrange où je me rends compte que j’ai fantasmé et j’ai jouie avec une fille. Ça reste que ça devient awkward parce mes pulsions ont été assouvies pis que rendu là j’sais pas trop quoi faire. Ses deux seins accotés sur mes cuisses me rappellent que j’peux pas exercer mon mouvement de jambe habituel pour ramener le membre du gars à l’intérieur de moi. C’est pas un gars down there…

Sans rien se dire, on le sait que ça va s’arrêter là et qu’elle n’aura pas une trop longue marche à faire pour retrouver son trois et demi.

Merci d’être venu nouvelle voisine.

– Banderas

banderas

 

 

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