Illustration de David Arcouette

Illustration de David Arcouette

Il sait que je tripe dessus.

Ça ne l’empêche pas d’être un peu trop smath. Le genre de smath avec une face qui a l’air vraiment honnêtement trop content de me voir ou de me revoir quand ça fait longtemps.

Ce qu’il sait pas, c’est qu’une face de même c’est dur en criss à gérer. Elle est sujette à toute la bullshit d’interprétation émotionnelle possible. Elle permet à toi et tes amies d’inventer tout le stuff nécessaire pour remonter le moral. Facile de trouver des manières de voir la patente comme quoi il se criss peut-être pas de toi tant que ça finalement.

C’te fois là, il me semble que ça faisait quand même longtemps qu’on s’était pas vue et c’était spécial pour deux raisons.

1-C’était même pas lui que j’avais l’intention de courtiser,

2-Pour une fois en mille ans, on était tout les deux célibataires.

J’entre dans le bar et je vois mon beau target. Deux becs, un beau gros sourire et …Fin. Déjà. J’le vois lui, fini le target. Retour à la case départ. J’ai déjà perdu, c’est avec lui que je veux me perdre ce soir. Mais ce qui est cool c’est qu’on dirait que lui aussi.

Alcool, cloppe, proposition de french, cloppe, alcool.

Aucune idée si le programme du french s’est donné ou pas. C’était pas important, on avait le temps cette nuit-là.

3h du matin sonne, tout le monde vire laids en quelques secondes, mais pas nous autres, tsé.

Tout le monde se cherche un plan. Un seul problème, ça l’air de se dessiner chez lui et son coloc. Ok c’est en soit pas un problème, mais son ex va être là. J’ai vite compris de qui il s’agissait. Sûrement celle qui m’a «accidentellement» rentrer dedans quand moi et lui on se parlait la bouche un peu trop proche.

On a envie de se manger la face, mais faut se détacher du troupeau pour se trouver un autre endroit ou s’inventer un party à deux. C’est cool les rues de Montréal, mais j’suis peut-être trop prude ou j’ai vieillie, mais j’avais du mal à gérer sa main dans mes culottes devant 3-4 passants pas mal chipés eux aussi.

Son plan : son bureau est juste à côté.

Parfait

French french jase jase, quelques pas plus loin on y est.

Ma réalisation : Ok son «bureau» est dans une église!! C’est beau être travailleur autonome (J’en reviens toujours pas qu’ils lui aient donné les clés… bref)

Ça tellement pas pris de temps pour que mon vélo soit accoté sur le méga mur de béton. Pis ça en a pris encore moins pour qu’on soit l’un par-dessus l’autre sur le méga plancher en béton.

Je me demande qu’est-ce qui m’excitait le plus entre avoir ma nuit avec lui (j’épargne les détails, mais ça faisait un bout que c’était écrit dans le ciel que ça allait se passer), baiser où il travaille ou être dans une fucking église!!

On se liche un peu partout, encore très saouls, un peu gauches et énervés. Par contre, j’peux pas m’en empêcher, j’veux visiter l’immense terrain de jeux qui s’offre à nous. Il fait noir, mais noir genre qu’on voit pas à un mètre devant nous. J’ai la chienne comme une gamine. On se court après à moitié nu jusqu’à ce qu’on tombe sur la chapelle.

Pis là, je parle d’une immense chapelle. Les plafonds sont hauts comme trois stades, des sièges en bois à pu finir, un écho qui donne envie de jouir comme dans les meilleurs/pires films de cul. On voit juste assez rien pour savoir que c’est tellement pas correct d’être là. Mais pour rien au monde j’aurais voulu être ailleurs.

Juste pour être certains d’être les pires êtres humains de la terre, on se rend jusqu’à l’Autel. Je saute pour m’asseoir sur le bout de la grande table sacrée. Mon seul bout de vêtement encore accroché à mon corps réussit péniblement à nous garder les 2 ou 3% de Karma qui nous reste. Tsé je mouille quand même pas directement là où ils font leurs affaires d’église (j’vais pas souvent dans les églises). J’écarte mes jambes sans petite culotte et j’lui lance un mange moi franc comme c’est pas permis. Le Karma au complet vient de prendre le bord.

Après que sa langue m’ait fait jouir tout l’évangile, il me retourne et décide de vouloir me faire compétition et essayer l’écho à son tour. Il me pénètre par en arrière et m’agrippe la fesse en prenant soin de faire résonner l’église en entier. À voir le rythme qui on suivit ses tapoches affectueusement bruyantes, j’ai cru comprendre que le spank clérical l’avait autant excité que ma descente aux enfers sur l’autel.

Après ces deux trois heures à nous enlever toute place au paradis, je me demande, avec la gorge nouée, si les églises ont suivi le virage technologique en s’équipant de caméra de surveillance. Petite sueur froide en pleine canicule. Je trouve la situation bien drôle sur le coup, mais je me demande vraiment ce que j’en penserais s’il y avait des preuves vidéo de nos ébats oh combien non respectueux pour l’amour de Dieu. Il m’embrasse avec l’air de me trouver nounoune (ça me charme quand même un peu) et me rappelle qu’on arrive à peine à voir le bout se sa queue donc que ça serait surprenant en criss qu’il y ait des infrarouges dans la cathédrale. Too bad pour le chanceux qui aurait comme job de checker les caméras.

Comme des voleurs, on se pousse à moitié nu. Comme des idiots, on se rend compte qu’on a perdu sa casquette en chemin. Le petit hic, c’est que lui, il travaille quand même dans cette «bâtisse». Ça serait vraiment dommage que quelqu’un tombe dessus le lendemain matin.

On voit réellement fuckall, pis le iPhone, malgré sa volonté à voler la job d’une lampe de poche, n’est quand même pas Superman.

Mon plan : On va se coucher deux heures dans son bureau en attendant que le soleil se lève, pis on ira chercher sa casquette vers 7h.

Deal.

C’est là que le cœur de la gamine-fille-conne-can’t help, s’est perdu.

On s’est ramassé en cuillère sur un petit sofa dans son bureau (c’est beau être travailleur autonome). Juste assez inconfortable pour que cette nuit-là fasse partie de mon top 5 des plus belles nuits.

Du haut de mes 1h30 de sommeil, les rayons du soleil me ramènent sur terre en m’obligeant à enlever sa main de sous ma chemise (boutonnée même trop mal pour utiliser l’expression «en jalouse») et de sur mon sein droit qui m’en veut sûrement encore de lui avoir fait ça.

J’dois y aller, j’devais avoir la meilleure excuse du monde parce que je serais sûrement encore là. Il dort, pas moyen de le réveiller, fuck it, Il s’arrangera avec sa casquette.

Moi, j’vais devoir m’arranger pour retrouver mon chemin vers la sortie et par la même occasion retrouver mon vélo. C’est déjà moins pire à la clarté. Par contre, à la clarté, ça redevient vite pire. Sortir d’une église en mini jupe avec mon vélo à 7h du matin, c’est pas du tout shameless.

J’sens le sexe.

J’ai une sale tête.

J’ai le sourire et le soleil dans’face.

Eh merde, j’vais encore penser qu’il s’en criss pas…

Amen. 

-  Banderas

banderas

 

 

3 Comments

  1. frank
    November 29, 2014

    ou pourai-je trouver cette toile??? merci de votre reponse je lattend avec impatience bonne journee a tous

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    • David
      December 9, 2014

      Salut Frank,

      pour l’instant, il n’y a pas de toile de cette illustration qui existe. Cependant, si vous êtes intéressé, je peux m’informer pour la faire imprimer sur une affiche ou bien une toile.

      Merci pour l’intérêt que vous portez à cette illustration.

      Reply
  2. Fred
    August 3, 2015

    Wow!!!!

    J’ai adoré!!!

    Et ca m’a inspiré pour mon roman érotique! Jamais facile….n’est-ce pas?

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