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Illustration de Amélie Roy

Est-ce à moi la faute? T’ai-je donné l’impression que tu pouvais me prendre à ta guise en faisant fi de ma personne, de ma respectabilité? Est-ce en frôlant mon corps brûlant (que Dieu m’en préserve) que le tien s’est réveillé? S’il te plaît dis-moi que je ne suis qu’une âme esseulée en proie au désir charnel.

T’ai-je séduite impunément, n’attendant que tes mains rêches sur ma peau frétillante? Leur étreinte étouffante et contraignante, ne me donnant d’autres choix que de te suivre dans cette descente infernal mais ô combien enivrante au pays de nos besoins animaux les plus vils.

Suis-je encore saine d’esprit pour que cette main qui se faufile dans mes culottes jusqu’à ma chatte et qui me mouille me plaise autant? Comme cette autre main sur ma gorge qui me force à t’embrasser et cette langue qui darde dans ma bouche. Suis-je vraiment celle qui prend ton sexe dans ses mains pour y déposer ses lèvres? Suis-je tout simplement en train de me complaire dans le rôle d’une victime qui n’a rien d’innocente? Ma che vergogna!

Serais-je un jour pardonnée d’avoir senti la chaleur de ton sexe dans le mien? De m’être laisser aller comme si dans mon vocabulaire regret n’existait pas. D’avoir désiré ardemment que les regards réprobateurs d’autrui se transforment en envie. Pour me délecter enfin de la douleur que je m’afflige.

Ô abreuve-toi de moi comme bon te semble.
Agis comme si tout t’était permis.
Et saisi-toi de moi,
car je ne pourrais être celle qui transgresse,
car je ne saurais comment m’en priver.

-Vanity Dietrich

Vanity Dietrich

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