Illustration de Hugo Ferland-Dionne

Illustration de Hugo Ferland-Dionne

L’aventure se trouve toujours là on s’y attend le moins. En tout cas, elle semblait pas se retrouver chez la photographe chez qui j’allais rafraîchir mes photos de casting. “Amènes plusieurs assortiments de vêtements et ta playlist de chansons favorites”, m’avait-elle lancée.

J’m’étais rasé de près  les bijoux de familles.  J’avais même enfiler mon plus beau cockring pour l’occasion.  Tout pour me sentir mâle et en pleine possession de mes moyens, pour crever l’écran sans effort.

J’arrive au studio, la lumière naturelle infuse de partout au point où l’on se croirait dans un gruyère.  Sur la table de travail, un arsenal de lentilles, filtres et boîtiers.  De la porn pour amateur de photographie.

-Salut, tu veux du thé ou…

-Avais-tu envie de boire sur la job ?  Y est passé midi anyway

-J’disais ça pour toi.

-J’ai une bouteille de bulle : tu m’laisseras quand même pas boire ça tout seul ?

-Des bulles, non.  J’vais chercher des verres.

J’ai deux addictions assumés dans la vie : le sexe et les bulles.  Disons que les déclinaisons des deux viennent en nombre assez important  pour que j’sois capable d’écrire de façon encyclopédique sur chacuns des sujets.  Mais j’aime aussi les choses simples, claires.

On trinque, on discute des photos, on s’installe, elle shoot.  Je sais pas si c’est l’alcool mais…

-T’as l’oeil éteint.  C’est pas toi.

-Vraiment ?

-Ça.  C’est ça que je veux comme regard.  Quand t’as dit “Vraiment?”, c’est tout ton visage qui s’est détendu, qui s’est ouvert…

-Bon…

-Plonges dans la lentille et imagines c’que tu veux.  Montre-moi toute ta vulnérabilité…

Elle me dit ça avec un filet de voix suave, puis mord sa lèvre inférieure comme une désinvolte infante.  J’ai vu les boutons de sa blouse voler et libérer sa charmante poitrine braless. J’ai senti mes yeux s’illuminer et mon sourire pétiller à cet instant.

“Ohhh c’est bon ça.  Je sais pas à quoi tu penses, mais gardes ça !”, qu’elle m’a dit.  De toute façon, qu’est-ce que j’aurais pu répondre, j’suis dans la friend zone avec elle.  À part ressortir du studio sans photo et être expulsé par la photographe de l’heure, j’me faisais pas d’idée. Mais j’pouvais pas cesser de l’imaginer poser sa caméra sur un trépied, avant de me rejoindre à demi vêtu de la sorte…

C’est que je passerais des heures à sa bouche et à ses seins.  Pour le reste, j’aurais bien mes deux mains afin de sentir le contour de ses cuisses et la courbe accentué de ses fesses.

Sans oublier mes dix doigts pour empoigner, griffer, manipuler et chatouiller chaque centimètre de sa peau.

Même derrière son appareil, j’arrive à sentir le parfum de sa peau et de la charmante culotte qu’elle doit arborer.  Une culotte de garçon probablement, la connaissant.  Elle sont plusieurs à aimer la souplesse de l’accès qu’offre ce genre de dessous.  Je me vois déjà traverser de mes doigts les superpositions de cotons colorés pour accéder à la mignonne toison qui lui recouvre probablement orifice et bouton.

J’ai enlevé chemise et cravate.  Les portrait qu’elle tire deviennent plus casual, plus naturels.  Mon pantalon est bien rempli : j’ai la verge fière.  Je me tiens droit et on peut dire que j’ai atteint une certaine quintessence. La playlist enchaîne des titres toujours plus suggestifs.  Quand les références sexuelles ne sont pas explicitement nommés, les chansons nous transportent dans des univers de soumission et de plaisirs interdits.

-À quoi tu penses ?

-J’ai l’air si douteux ?

-T’es beau.  C’est tout.

-J’essaye juste de faciliter ton travail.

-Tu réussis bien.

Et si…

J’ai changé d’opinion à ce moment.  J’ai servi la dernière tournée de champagne et j’ai rasé ma barbe rapidement.  J’enfile un simple jeans et un t-shirt pour le dernier droit du shooting.  Il y a quelque choses de palpable, une intimité où tout devient soudainement permis.

-Tout à l’heure, tu veux savoir à quoi j’pensais ?

-Bien-sûr, ça m’intéresse.

-Tu t’es déjà mise à nue devant un sujet ?

-Non…

Elle a rougit.  Et j’ai aussitôt enchaîné.

-Montres-moi tes seins.  Rien n’illuminera plus mon visage que leur galbe.

-C’est bien toi t’imaginer ça…

-C’est pas comme si l’idée de me les montrer ne te plaisait pas…

-Pas en travaillant mettons…

-Pourquoi pas faire les deux choses que tu as le plus envie de faire, en même temps ?  Pourquoi tirer mon portrait et me montrer ta poitrine ensuite, alors que tu peux expérimenter les deux à la fois ?

Elle a sourit, posé son appareil et enlevé ce chemisier qui mettais ses attributs bien en valeur :

Deux seins symétriques et alléchants.

-Comme je cadre serré, tu n’as pas besoins de pantalon.

-Ohhh…

-J’veux voir l’effet que j’te fait.  J’te veux dressé prêt à monter pendant que j’te shoot

J’me suis exécuté. Mon cockring me faisait une sublime verge, gonflé et légèrement coloré. Mon pénis est à son meilleur avec tout ce qui se déroule.

-C’est beau, je l’ai.

-Ce qui veux dire ?

-On a tes photos casting mon beau.

Elle pose son appareil sur la table, monte sur celle-ci, me regarde puis plonge sa main dans sa culotte.  J’m’avance vers elle alors qu’elle ne me lâche du regard que de brefs instants pour savourer ses propres caresses.  À deux mains, je prend ses charmants seins et je pose ma bouche sur la sienne.  Un long baiser s’en suit, alors que mon sexe repose dans ses mains douces et chaudes.  Elle a une façon de tourner les doigts autour de ma verge qui fait penser à lorsqu’elle manipule l’objectif de sa caméra : c’est doux et précis.  Son autre main est déjà à parcourir le reste de mon anatomie, comme si elle à cherchait à activer tout mes sens.

-J’peux shooter pendant que tu m’baises ?

-Tu lis vraiment dans mes pensés…

-J’utiliserai rien sans ton consentement, juste pour mon usage… personnel ?

Elle place l’appareil sur la table et procède à la mise au foyer. “Recules un peu.  Parfait !”, me dit-elle. On entend l’appareil qui soudainement se déclenche au trois secondes environ.

Elle vient me rejoindre en laissant tomber ce qui lui restait de vêtement. On baise pour la postérité ou pour l’art ?  J’en ai aucune idée.  C’est certain que ça pourrait faire une belle capsule temps…   Quelques pas en arrière et nous voici flou, accroché au mur d’une galerie.

Suffit d’une caméra pour soudainement se découvrir des élans exhibitionnistes.  Y a pas un bout de peau que j’ai pas tripoté comme une pièce de viande à attendrir.  J’me remplis les main sans gêne, j’écarte bien ses fesses pour me voir me souder à elle.  On s’offre en spectacle pour ce time lapse sextape dont les spectateur n’auront qu’à s’imaginer le son.

La lumière fait reluire nos corps qui transpire.  On respire fort en laissant échapper de petits gémissements.  C’est passionné et animal en même temps. Probablement une de mes plus épique session de masturbation mutuelle ever.  Sa main droite me pompe pendant que de la gauche elle me titille un sein, de la même façon que je la caresse entre ses cuisses d’une main et agrippe sa tignasse de l’autre.

“T’as plus besoin de ça”, qu’elle me dit, en prenant soins d’enlever le cockring qui orne ma queue et restreint mon flux sanguin.  Aussitôt détaché, mon sexe se perd dans sa bouche.  Elle suce tellement bien.  J’ai l’impression qu’elle me remercie pour toutes nos années de franches amitiés.  Jamais j’n’avais tenté quoique ce soit avant maintenant.

J’ai toujours été d’une oreille attentive avec elle.  Notre amitié se résumait à une belle complicité et un solide lien de confiance.

Elle me fait sentir toute son appréciation avec les mouvement de sa langue, les doux baisers de ses lèvres pulpeuses et à sa façon de m’enduire le sexe avec toute la salive qu’elle produit.  Ses apnées préservent et prolongent mon érection à m’en faire perdre la tête.

-Attends : remplis-moi s’il te plait.

-J’pourrai pas tenir encore bien longtemps…

-T’as pas besoins de tenir.  T’as juste besoins de m’remplir.

Juché sur un banc, l’arrière train pointant vers le ciel, elle m’observe impatiente et d’une main m’annonce la voie à prendre pour lui faire une jolie cream pie. Je plonge en défiant la friction et j’apprécie l’accueil.  La façon qu’elle a de m’agripper les parties pendant que je suis en elle me fait vite perdre la tête et mon sexe crache en elle.

“Sors doucement, va chercher mon appareil”, qu’elle me dit. Toute les trois secondes, se fige l’image de cette jolie main, de ces charmants doigts qui caressent cette ravissante chatte gonflé que j’viens juste de farcir de ma semence.

Telle une Cindy Sherman, elle se donne en spectacle devant l’objectif, mettant en scène ses jolies lèvres et le fluide, fruit de nos ébats.  Ne pouvant que m’incliner devant cette baise devenue acte de création artistique, je pose l’appareil au plancher, objectif pointant sous les fesses de ma partenaire et j’offre ma bouche pour l’art et pour sa chatte.

Moi et elle sommes comme des ingrédients qui se marient parfaitement en cuisine : ma saveur et la sienne se répondent, se complètent, se rehaussent.  Elle me tire par le menton pour m’embrasser avant de me lancer : “Manges pas tout, restes-moi z’en, j’veux goûter aussi…”

J’ai droit au baiser de l’année avant de la photographier ayant un orgasme.

J’ai vraiment hâte de voir les planches-contacts.

-Prud’homme

Prud'homme

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