Illustration de Marjolayne Desrosiers

Illustration de Marjolayne Desrosiers

De tous ces corps convoités, de tous ces désirs assouvis sur le champs, de tous ces baisers cachés, je suis perdu. De toutes ces langues mêlées, je suis perdue. De tous ces mensonges d’amours déchiquetés, de tous ces torses réconfortants, le temps d’un unique réveil, un seul, je suis perdue. De tous ces seins enfin dévoilés, de tous ces glands décalottés de ma langue, de toutes ces verges englouties, je suis perdu(e). Dans toutes ces fentes ou j’ai glissées, par ennui, par amour, par dépit,  par mensonge, je suis perdu. De tous ces entre reins que j’ai creusés, même sillonnés, de tous ces mirages de coins de ruelles, de toutes ces œillades porcasses, de tous ces sexes bandés ou humides que j’ai pris dans mes mains volontaires, je suis perdu(e). Dans tous ces textos odorants de mouille bas de gamme, ou pas, de cet entrejambe ou j’ai enfoncé ma langue de plaisir colérique, tu t’es perdue. De paires de couilles que j’aurais faites miennes, tu m’as perdue.

Des petits matins où je ne savais pas si je devais rester déjeuner ou filer… J’étais déjà perdue.

De ces fois où je ne suis pas venue et au nom de toutes celles où je suis venue, je me suis perdue. De tous ces cheveux que j’ai tirés d’extase, de mes seins écrasés et malaxés de tes mains aimantes et folles, j’ai mouillé. De tous les bleus que tu m’as faits, j’ai souri. De toutes ces cuisses que j’ai ouvertes de convoitise, de mes allers retours de bouche saliveuse sur des bites, celles que j’ai aimées et les autres pas, celles sur lesquelles je me suis lovée celles sur lesquelles j’ai crachées, je me suis perdue. De toutes ces amertumes spermées dans ma bouche, de tous ces corps dans lesquels je me suis réfugié de moi même, de tous ces cœurs d’occasion haïs ou léchés mais jamais avariés, je me suis perdue, je te dis. Dans toutes ces petites culottes humides où j’ai glissées mes mains,  enfoncer des doigts criants de baise, de tous ces cœurs sur lesquels je suis venu, je me suis perdu.

 De tous ces orgasmes beaux ou laids, je suis vivant(e).

 -Sherifa Tarasse

Sheriffa Tarasse

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