Illustration de Véronique Côté

Illustration de Véronique Côté

 

 

J’me suis réveillé avec une troisième jambe entre les jambes. Là, j’pourrais vous dire que c’est une façon imagée de vous transmettre l’information que ce matin-là ma grosse bûche du matin était debout et que j’allais bust a nut avant de me lever. Mais c’est pas ça du tout.

Y’a une fucking jambe entre mes jambes et cette jambe est rattachée à un corps surmonté d’une tête avec une face de gars qui dort.

Juste pour faire sûr que j’ai pas dépouillé une tombe fraîche, j’prends de quoi qui ressemble à un bâton et j’le poke avec. Ça grogne, c’est vivant.

Oups, je l’ai réveillé.

« T’es qui? », que je dis pendant qu’il s’étire.

« Bon matin à toi aussi… »

Okay, y’est de même lui, faut être doux. « Bon matin… t’es qui? ».

« Tu t’souviens pas? »

« Ben sûr que j’me souviens, j’te l’demande juste au cas où que tu fasses de l’amnésie, t’sais tu t’es cogné pas mal fort hier… »

Il me regarde, full incrédule, pas trop réveillé finalement.

« Ha okay, c’t’une blague! »

DING DING DING, WE GOT A WINNER!

« Fac est-ce que tu vas me dire t’es qui? ».

« Non. »

C’est sûr qu’il me niaise.

J’ai dû m’prendre une pas pire virée, hier soir. J’ai l’cerveau qui se noie dans mes talons et j’suis pas mal certain que mon estomac se balance quelque part entre mes poumons.

« Écoute, j’ai vraiment pas l’goût de niaiser ce matin, j’te jure que si tu m’fais trop penser j’vais te vomir dessus et ça risque de pas être frais, donc sois gentil et accouche. »

« Si j’faisais juste te l’dire ça serait franchement ennuyant, y’aurait pas de plaisir. Mais, si tu me laisses faire, j’pourrais te montrer, te faire revivre notre nuit. Peut-être que ça te rafraîchirait un peu. »

On va se l’dire, il me laisse pas vraiment le choix.

« J’accepte, on va où? »

« Moi, je descends, toi, tu montes et on se rejoint dans le milieu. »

« Quoi? »

Il est déjà sous les couvertes, j’ai même pas eu le temps d’inspirer. Sa bouche sur ma rosée du matin, les couvertes qui respirent de bas en haut, je les enlève, je veux voir, me donner une chance de me rappeler, t’sais…

Il est un peu jeune, pas mon genre normalement, je les aime mûrs, sucrés, mais pas trop. Lui, il vient tout juste d’être majeur aux États, c’est sûr, pas un pli, pas un poil.

La fine ligne de soleil qui ose pénétrer la fenêtre pour nous éveiller vient s’écraser dans ses yeux verts gazons, il me smeyes.

J’ai un frisson qui m’traverse, il a fait quelque chose avec sa langue, ça m’donne un flash, peu précis, mais flashy. J’le vois lui, il me sert la main, j’ai les mains moites, y’a quelqu’un derrière, c’est flou.

Il remonte le bonheur, en prenant soin de m’nettoyer comme un chat le long de mes obliques, me mord le téton en chemin et m’empoigne la nuque pour me bouffer la jugulaire comme un vampire.

Il est nu.

Son pénis est groooooooos ooohh, ouff.

Il a rien dit, pas averti, il s’est juste assis dessus, comme ça, bam, sur ma fourche à califourchon. J’suis réveillé!

J’prends son dos dans mes mains, mes grandes mains au bout de mes grands bras, sur mon grand corps. Je m’amuse, comme un enfant de quatre ans qui joue au docteur pour la première fois. Je découvre les muscles dorsaux, suivi du torse, doucement, sans faire d’entorse.

Un autre frisson, encore le même flash, un peu plus de détails, la personne derrière c’est ma coloc, elle parle, les mots sont mêlés, coupés : «…c’est… petit… dormir… ».

Il avait raison le p’tit maudit, va falloir que j’finisse ça si j’veux me souvenir.

J’donne un peu plus du mien, j’le vire sur le dos, on va s’faire une partie de jambe en l’air, ses jambes en l’air. Il rit un peu, il gémit. Visiblement, j’suis pas le seul qui a du plaisir.

On va voir ce qu’il peut prendre, j’vais m’faire suer. Le lit fait boum boum boum boum, sérieux, les Vengaboys peuvent aller se rhabiller. Il crie maintenant, mais pas de douleur, ça lui fait du bien, ses deux mains sont pleines de sa poigne ferme sur mes fesses.

J’passe vitesse TGV, ça va lui apprendre à rien m’dire et à profiter de ma vulnérabilité. J’lui sue un peu dans la bouche mon alcool d’hier, ça risque de l’étourdir.

Il vient sans les mains. Comme si sa prostate était un tube de dentifrice que j’avais fini par écraser et tout était sorti par le bout.

J’suis sur le point de non-retour, d’un moment à l’autre j’vais lui remplir l’orifice comme on fourre les beignes.

C’est là que les rideaux sont tombés. J’me suis souvenu.

……..

Ma coloc : « C’est mon petit frère, ça te dérange si il dort avec toi? Y’a pas vraiment d’autre place et j’pense qu’il serait plus confo dans ton lit que sur notre divan qui a l’air d’un tombeau. »

Moi, fucking saoul, pas droit : « Ouais, sure, no problemo pepito! »

…….

J’explose de partout, j’pense que ça me sort des yeux, y’a du sperme jusque dans sa bouche.

« T’es le p’tit frère à ma fucking coloc!! »

« Yup. » qu’il dit en s’étouffant un brin.

« Pis, on a pas couché ensemble hier, j’suis tombé raide mort! »

« Est-ce que ça importe vraiment, maintenant? »

« Heu, hum, non, j’imagine que non. Faudrait aller se laver avant que ta sœur revienne, a va me tuer. »

Pis c’est là qu’elle s’annonce : « TROP TARD, CONNARD! »

Fuck.

 

-Le Loup

Le Loup

 

 

 

 

 

 

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