Illustration Pascal Blanchet

Illustration Pascal Blanchet

 

Des respirations profondes et longues  se font entendre en boucle, comme un disque qui saute, mais aucunement désagréable.

Gros plan sur ma tête qui tente de se fondre dans le mur mitoyen, mes yeux à la dérive.

J’écoute attentivement les ébats qui se déroulent tout près de moi. Je ne respire plus, je laisse le soin à mes voisins de palier de le faire pour moi.

J’imagine mon beau voisin avec sa conquête. Je l’imagine se dénuder, prendre son sexe dans ses mains, le caresser avant de … J’me demande s’il y aurait une place pour moi.

J’ai chaud. De fines gouttelettes de sueur glissent sur ma nuque et ça me chatouille. Je passe une main sur mon cou pour m’essuyer puis je la pose sur ma bouche et mon nez. Ça goute le sel, ça sent la mer. Je capote. La tête toujours scotchée sur le mur, je me pince les seins.

Les respirations sont soudainement plus rapides, plus saccadées et l’écho de cette baise déferle dans la pièce comme un troupeau de buffles en fuite.

Je n’ai plus seulement la tête contre le mur, tout mon corps l’embrasse. Mes seins se frottent contre les trous mal remplis de plâtre. Si j’étais un gars, je pense que j’aurais essayé de m’y rentrer la graine.

J’enfouis ma main dans mon short puis j’attends. J’attends d’en avoir assez d’attendre. Mais c’est comme dire à un enfant les mains dans le pot de nutella d’aller se les laver sans même se les licher. Come on !

De courts cris, à la fois de plaisir et de divine douleur, surgissent comme de l’au-delà.

J’en peux plus. J’ai l’impression qu’ils font exprès pour me donner un show parfait de porn à domicile. Tout semble calculé. Je me glisse les doigts dans la chatte. Je suis déjà toute mouillée. Dah !

Puis plus rien !

Je me mets à tapoter doucement le mur comme un mime qui triche puis je le regarde comme si, à la place des yeux, j’avais des rayons ultra puissants qui me permettaient de voir à travers le mur, la chambre de mon voisin.

Silence radio.

Mon corps glisse le long du mur et je me retrouve, assise sur mon lit, les jambes pliées, comme une petite fille en punition.

Je me dis que peut-être ils ont senti ma présence et que cela les a gêné. Ils sont donc allés consommer leur amour ailleurs dans l’appartement.

Je me retourne vers la fenêtre de ma chambre. Les rideaux sont encore ouverts malgré l’apparente noirceur. Une idée me vient à l’esprit. Je scanne ma chambre à la recherche d’une excuse pour sortir sur le balcon. Comme je ne fume pas, les choix sont restreints. Alors je m’élance dans la cuisine et sort le sac à moitié rempli de la poubelle et me précipite sur le balcon.

Une fois à l’extérieur, je m’approche des poubelles qui se trouvent tout près de la fenêtre de la chambre de mon voisin. Je m’approche nonchalamment, comme si de rien n’était et je jette un coup d’œil à l’intérieur de sa chambre. Je l’aperçois au téléphone, presque nu, de dos à la fenêtre, mais il n’y a aucune fille dans la pièce. Je me dis que sa partenaire est probablement allée aux toilettes pendant qu’il répond à l’appel. J’étudie rapidement la pièce puis mes yeux s’immobilisent net, sur la télévision. Sur l’écran se trouve un homme avec un sexe énorme en train de pénétrer le con d’une femme rasée à la brésilienne. Je reste accrochée à l’image un instant avant de reporter mon regard sur mon voisin qui se retourne enfin et me surprend derrière sa fenêtre avec mon sac de poubelle encore dans les mains. Tout ce que je trouve à faire d’intelligent est de le saluer avec mon autre main libre et de retourner machinalement vers mon appartement.

 

Une voix derrière s’élève, celle d’un homme … le voisin.

Je me retourne vers mon voisin, son boxer quasi tombant sur les hanches. Je lui souris bêtement. À l’heure actuelle, si le sac de poubelles ne se déchire pas dû à ma poigne beaucoup trop serrée, cela tient du divin.

Mon voisin tente de me dire que je n’ai pas vu ce que j’ai vu. Je ne comprends pas trop la formulation mais acquiesce bêtement d’un signe de tête non convainquant. Ce que je ne peux pas lui dire c’est que je l’écoutais juste avant. Alors, laisse faire les excuses, mais t’es cute quand même. Un temps relativement long s’écoule puis il me demande ce que je fous avec un sac de poubelles dans les mains. Je fais comme si j’avais oublié de le jeter et me rapproche de chez lui à nouveau. Je retire le couvercle de notre poubelle commune et laisse le sac choir à l’intérieur. Je le regarde longuement avant de refermer le couvercle comme si je cherchais un moyen de me sortir du pétrin dans le tas de détritus puant.

Je me retourne vers mon voisin qui me regarde sans rien dire. Nous restons ainsi figés sur place un moment avant que je murmure un « bye » à peine audible.

Je retourne alors vers chez moi à pas de tortue, puis prise d’un élan que je ne comprends pas, je lui dit tout d’un trait, sans même prendre le temps de respirer entre chaque mot ou même de réfléchir, que je n’ai pas envie de me masturber seule. À prime abord, mon voisin semble ébahi par mon aplomb, puis un sourire s’esquisse discrètement sur son visage. Il me répond qu’il pense pareil. On se dirige alors dans le silence le plus total dans sa chambre. Une fois à l’intérieur, je lui demande où se trouve les toilettes, question de laver mes mains qui suintent les vidanges !

Je me retrouve donc à errer dans son appartement, une réflexion symétrique du mien. La gêne m’ayant assaillie depuis la minute où j’ai mis les pieds dans sa chambre, je prends mon temps pour me laver les mains. Après un bon 90 secondes de frottage de mains en règle, je me dis qu’il serait temps de sortir de là tout en apercevant ma moue incertaine dans le miroir.

De retour dans sa chambre, je le retrouve assis sur son lit, son cellulaire dans les mains. La télévision est maintenant éteinte. Je m’assieds au pied de son lit et le regarde pendant qu’il dépose son téléphone sur sa table de chevet. Il me demande comment je désire fonctionner. Je lui dis qu’il serait moins gênant si on le faisait en même temps. Il avoue qu’il aimerait bien me voir faire un peu avant question de le stimuler. J’acquiesce à sa demande sans trop broncher. Je regarde autour de moi pour trouver un endroit confortable où m’installer. Outre son lit, il y a très peu de meubles confortables dans sa chambre. Je décide donc de m’allonger à ses côtés dans son lit, tout en m’assurant de garder une distance convenable. Convenable pour qui, je ne sais trop, car au stade où nous en sommes les convenances ont pris le bord depuis un bon moment déjà.

Il me regarde attentivement m’installer, me mettre une main dans mon short, puis me caresser. Je ferme les yeux pour me concentrer, mais je n’y arrive pas. Je sens une nouvelle odeur près de moi qui m’était jusqu’à présent inconnue et elle m’enivre. J’ouvre les yeux et je l’observe en train de me regarder, confortablement accoté sur son oreiller. Je cherche dans ses yeux ses intentions, mais je n’arrive pas à le cerner. Il prend un plaisir évident à me voir me toucher, mais il ne fait rien encore. Il se rend vite compte qu’une main coincée dans mon short n’est pas la position idéale pour me caresser, il entreprend donc de me le baisser. Il glisse mon short le long de mes jambes et le lance au pied du lit. Je me retrouve en petite culotte sur son lit, une main dans ma chatte, l’autre agrippant les couvertures de son lit. J’entreprends à mon tour de lui prendre la main et de la poser sur son sexe. Il commence à se masturber pendant qu’à mon tour ma respiration s’accélère. La sensation est bonne, mais incomplète, je n’arrive pas à me résoudre à ne pas exploiter sa présence. Je me tourne vers lui et lui demander de me caresser les seins. Il glisse automatiquement sa main sous mon T-shirt comme s’il ne faisait qu’attendre le signal depuis belle lurette. À son tour sa respiration change, elle prend plus d’ampleur, de profondeur. Il se synchronise avec le tempo de mes mouvements de doigt dans ma chatte. Il se rapproche de moi pour coller son sexe chaud sur ma cuisse. Il n’y a que son boxer qui nous sépare physiquement. Je me tourne de façon à ce que sa queue se coince dans mes fesses pour lui permettre de se masturber sur moi et de me prendre les seins en même temps. Je sens son souffle se poser sur ma nuque et glisser entre mes seins et jusqu’à ses mains qui me pincent les mamelons. Je suis presque sur le point de jouir, mais je me retiens, je ralentis la cadence. Je n’ai aucune envie que ça s’arrête. Il ralentit avec moi, mais on reste lové l’un dans l’autre un bon moment à reprendre nos esprits. Mais mon corps s’embrase de plus belle et j’ai l’impression qu’une mince fumée s’en dégage, comme un fer chaud au contact de la glace. Je me dégage de son emprise et me retourne vers lui, il me demande si je suis venue. Je fais signe que non. Il me demande si je veux son aide. Il glisse alors sa main dans ma culotte, puis un doigt dans ma chatte brûlante. De son autre main, il glisse sa queue à l’extérieur de son boxer pour mieux se masturber. Je regarde son membre avec envie et au même moment le bout de mes seins se met à me faire mal, comme si un autre sein voulait sortir de mon mamelon, comme une mutation. Je me rapproche de lui pour appuyer ma poitrine contre son torse et espérer apaiser la douleur. Il lâche alors son sexe et me prend une fesse qu’il tripote tout en me ramenant vers lui. La tension est insoutenable, je menace de venir à tout instant. Je tente de retirer sa main de mon con, mais il m’en empêche. Je lui dis que je vais venir, que je veux l’attendre, mais il s’en fout, il veut m’entendre jouir qu’il me glisse à l’oreille. J’obtempère et me laisse fondre dans ses mains. Malgré cela, mon corps tout entier est douloureux, un vrai tison. Je dois avoir le regard d’un animal souffrant de la rage car il se détache de moi et m’observe presque inquiet. Je me ressaisis, prend sa queue dans ma main et poursuit ce qu’il avait initié plus tôt. Mais son sexe dans ma main a tôt fait de m’exciter à nouveau. Sans réfléchir, je me penche sur lui et gobe sa queue d’un coup. Étonné, mon voisin se raidit aussitôt, comme une secousse, puis se laisse faire. Je sens la pression descendre jusque dans son gland. Il glisse ses mains dans mes cheveux et me garde en position. Mes seins ne sont pas moins douloureux, au contraire, ils sont encore plus enflés et brûlants. À l’heure actuelle, tous les moyens sont bons pour me vider de mon désir suffoquant. Je me mets à embrasser le bas de son ventre et à glisser mon corps de façon à ce que mes seins touchent son sexe. Et je prends son sexe entre mes seins et le branle. L’effet escompté est au rendez-vous et il semble à son tour être sur le point de jouir. Mais il me tasse brusquement, retire mon T-shirt et se met à me caresser, lécher, mordiller, les seins. Je n’ai qu’une envie à l’instant, qu’on en finisse et qu’il me pénètre. On ne sera pas les premiers ni les derniers à faire semblant d’être capable de s’en tenir juste aux préliminaires. Mais l’obstination le tenaille, car il m’enfonce un doigt dans la chatte tout en continuant à me lécher les seins. Je lui glisse enfin à l’oreille que je m’excuse de l’avoir dérangé et que je ne recommencerai plus. Il me regarde un instant puis m’embrasse. Son baiser goûte le sel et le sucre à la fois. C’est bon et j’en redemande. Je sens alors son sexe qui pénètre le mien et mon cul qui s’enfonce mollement dans son matelas.

De la chambre vide, on peut entendre des respirations qui proviennent de l’autre côté du mur mitoyen. Les halètements sont omniprésents puis culminent enfin en un long mélange de soupirs de soulagement et d’épuisement.

-Vanity Dietrich

Vanity Dietrich

 

1 Comment

  1. Unknow
    December 18, 2015

    J’ai adoré la tension de cette histoire… Juste miamm.

    Reply

Leave a Reply