illustration de Hugo Ferland  Dionne

illustration de Hugo Ferland Dionne

Quand il a su que j’écrivais pour jesuisvenu, il est devenu très expressif sur sa sexualité. Pourtant, lui et moi, on ne s’était jamais rencontrés en personne encore. Enfin, oui, il y a plus de 10 ans. (Vous savez ce que ça fait, les magies de Facebook!) Alors, pour moi, c’était comme si on ne s’était jamais vraiment rencontrés en personne.

Alors donc, on tchatait tranquillement quand la conversation a dévié. Il s’est mis à me parler de sexe comme mon oncle pourrait se mettre à me parler de chasse et pêche. Sans filet! Tout bonnement. Sans tabous… Et moi, un gars qui sait parler de sexe sans gêne, j’y peux rien, ça m’allume! Ça faisait une couple de phrases qu’on échangeait sur le sujet et c’était déjà trop tard : j’avais envie qu’on se retrouve nus dans la même pièce.

Il me disait que dans notre petite ville natale, où il habitait encore, les filles ne lui offraient pas grand-chose pour s’amuser. Elles avaient trop de limites ou elles avaient peur de jouer. (Là, on parle des quelques filles de la place qu’il avait ramenées dans son lit parce que je ne peux pas me résigner à croire qu’une ville complète soit plate au lit! C’est quelque chose d’impossible, j’en suis certaine. Bref.) D’après lui, sa vie sexuelle ne sortait pas des sentiers battus et il semblait en souffrir. Je lui ai alors demandé quels étaient ses fantasmes, t’sais, juste pour voir si lui il savait vraiment jouer.

Sans réfléchir, il me lance qu’il aimerait qu’une fille qu’il n’a jamais rencontrée se pointe chez lui avec un bandeau sur les yeux et qu’il lui fasse ce qu’il veut sans qu’elle ne le voie jamais. HO! OK! Il sait jouer le garçon! Et il sait très bien que les chances que ça arrive avec une fille de notre petite ville natale sont minces puisqu’il y connaît tout le monde. Et moi… ça fait depuis le secondaire que je ne l’ai pas vu. T’sais, on change beaucoup entre le secondaire et la fin vingtaine. En plus, il n’est pas du genre à avoir beaucoup de photos sur son profil facebook.

Coudonc! Est-il en train de me mettre au défi? On dirait.

Et ça adonne bien parce que j’aime les défis.

Je me pointe donc chez lui. Le deal, c’est que je me rends à sa porte, je me bande les yeux puis je cogne. Il s’occupera du reste.

Toc toc toc.

Il ouvre rapidement. Je le sais car je sens le déplacement d’air que ça cause. C’est fou la sensation d’être vue sans pouvoir voir à son tour. Je sais pas de quoi à l’air son appart. C’est peut-être dégueulasse, je sais pas, je le saurai juste tantôt… Et, à vrai dire, le jeu me plaît. Il m’entraîne à l’intérieur et m’enlève mon manteau. À ce moment-là, j’espère qu’il sera entreprenant parce que je me rends vite compte que je suis complètement vulnérable et impuissante. Et c’est là, à mon grand malheur, que le temps s’arrête alors que je suis debout dans son entrée, ne sachant pas quoi faire, ne voyant rien… il ne se passe absolument rien. Pendant trop longtemps…

Puis, il m’embrasse. D’une lenteur incomparable. Il laisse le temps au frisson qui me traverse la colonne vertébrale de se frayer un chemin jusqu’au bas de mon dos puis il enfouit sa main dans mes cheveux pour m’empoigner la nuque tout en continuant de m’embrasser le plus tendrement du monde. Mes genoux ont faibli et il a su me rattraper dans ses gros bras de gars-de-région. Ça faisait une minute que j’étais chez lui et j’étais déjà sous le charme.

Il me prend la main puis m’entraîne dans sa chambre. Tous ses gestes sont doux, pour ne pas me brusquer. Il m’assoit sur son lit puis entreprend de me déshabiller. Je me laisse faire. Je sens la chair de poule se dessiner sur chaque parcelle de peau qu’il libère. Quand il détache mon soutien-gorge, je sens son regard insistant sur moi et je ne déteste pas. Il me couche sur le dos en m’embrassant et s’amuse à me caresser le corps du bout des doigts. Je sens d’énormes frissons, mon corps se secoue. Ça nous fait rire.

Puis il retire son chandail et son pantalon. Je le sais parce que je l’entends. À ce moment, j’ai incroyablement envie de toucher sa peau mais il a d’autres plans pour moi. Il agrippe ma petite culotte qu’il retire d’un tour de main puis il se met à m’embrasser doucement l’intérieur des cuisses et à souffler sur ma peau vulnérable. Encore une fois, des frissons me traversent le corps. Je me dis que c’est pas si mal d’avoir les yeux bandés parce que je ressens chacune de ses caresses plus exactement, précisément et intensément… Et il pose enfin sa langue sur ma chatte. L’effet que ça me fait est presque indescriptible. Il prend le temps de me lécher bien comme il faut, en s’attardant sur chaque détail. Il est doué dis donc! Ou c’est moi qui suis hypersensible puisque je suis aveugle? Sa délicieuse façon d’enfoncer ses doigts en moi en déjouant mon point sensible avec sa langue est en train de me rendre folle. Je lui tire les cheveux, je le veux près de moi. Je veux le toucher, je veux sentir son érection. Il se hisse vers moi puis me chuchote que les filles ne se laissent pas toutes lécher comme ça. Je suis subjuguée. Comment peut-on refuser une si succulente gâterie? Du vrai gaspillage.

Mais ma soif de lui me ramène rapidement à l’essentiel : sa queue. Je trouve facilement mon chemin vers son membre dur sous son boxer. Je ne le vois pas mais il me semble parfait. Juste la bonne longueur, la bonne grosseur, peau douce et nervurée. C’est instantané, je le veux dans ma bouche mais je ne sais pas comment procéder, je ne vois rien et je me rappelle vite que c’est lui le boss. Mais je crois qu’il le sent. Ma bouche entrouverte doit être un signal assez clair. Il se hisse donc encore plus haut. Moi, toujours couchée sur le dos, lui, à genoux tout prêt de ma bouche tendue qui n’en peut plus d’attendre. Il pointe sa queue vers moi, je la sens. Lorsque son gland mouillé touche ma langue, je fonds. Une de mes mains se perd entre mes jambes sans même que je ne m’en rende compte pendant que l’autre chatouille ses couilles. Son sexe va et vient dans ma bouche à son rythme. J’imagine son visage inconnu qui grimace de bonheur et ça me plaît. Sa main vient caresser ma joue et ma mâchoire. Il prend le pouls de la situation. Sentir ma bouche pleine de lui le ravit, il n’y a pas de doute. Ses mouvements se font plus rapides et plus profonds. Ceux de ma main entre mes cuisses aussi. Il ne se gêne pas pour se rincer l’oeil, j’en suis certaine.

Va falloir que ça arrête bientôt parce que je sens qu’il va exploser. Il se retire donc de ma bouche qu’il s’empresse d’embrasser avec autant de douceur qu’auparavant. Il me chuchote qu’il n’a jamais osé demander un tel genre de fellation aux filles qui ont partagé son lit par peur de paraître pas-correct. C’est dommage! Mais je m’en fous. Là, je suis tellement à fleur de peau que ses effleurements me font presque mal. Il glisse sur moi et je sens sa queue qui se fraie un chemin vers ma chatte. Il entre en moi, petit à petit. Ce qui m’arrache un long et faible gémissement. C’est tellement bon que j’en ai le souffle coupé. Je frôle sa peau, puis je l’agrippe, puis je la caresse du bout des doigts. On dirait que je ne sais plus quoi faire de mes membres, de ma peau, de moi. J’embrasse tout ce que je peux embrasser de lui. Ses mains survolent mon corps et se perdent dans mes cheveux. J’ai l’impression de flotter dans le vide et de ressentir des sensations qui n’existent pas dans ce bas monde. Son corps lourd, chaud et suant est la plus belle chose qu’il m’a été permis de toucher. Son mouvement sur moi est la chose la plus délicieuse du monde et je voudrais qu’il dure éternellement.

Nos souffles et nos gémissements se mélangent. Je sais qu’il aime ça parce que je sais tout : je ne vois rien mais je suis clairvoyante. Ses mouvements deviennent plus brutaux. Il va jouir et moi aussi. Puis au moment précis où tout éclate, il fait glisser le foulard qui m’empêchait de le voir. Au moment où l’orgasme me traverse le corps de bord en bord, j’aperçois enfin son visage, ses yeux perçants qui semblent intelligents, sa barbe de trois jours, ses lèvres raffinées, son front de gars-qui-sait-où-c’qui-s’en-va. Toute. J’ai même pas le temps de me dire qu’il a dont bien changé depuis 10 ans (et pour le mieux) qu’il vient aussi. Son plaisir semble grandiose, beau, délicat, violent et tendre à la fois.

Ouin ben… Il sait jouer, le garçon!

Mais je ne lui laisserai pas le droit de me redonner l’goût de la région, ha ça non! J’vais dormir dans tes bras mais ce sera la première et dernière fois. Notre ville natale, je te la laisse. Moi, je retourne dans mon ailleurs dès que possible. Reste que, asteur, cette région vient de pogner un pas pire upgrade dans mon coeur pis c’est de ta faute. Jamais plus mes longs voyages en char  vers ma place-de-petite-fille ne seront les mêmes. Je sais qu’à partir de maintenant, chaque fois que mon corps s’approchera de cette ville, il s’approchera aussi du tien. Je suis maintenant (heureusement) soumise à vivre une petite chaleur dans le bas ventre à chaque fois que je traverserai cette route qui nous sépare… Mon beau gars de région!

 -Gamignonne

GAMIGNONNE

3 Comments

  1. Fallenaelmor
    February 22, 2015

    Merci. J’adore, l’idée, la simplicité de l’histoire et son indéniable efficacité.

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  2. Delf
    May 9, 2015

    J’adore, c’est troublant, émoustillant et très bien écrit ! :)

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  3. comment embrasser une fille de 11 ans
    January 19, 2016

    bonjour, excellent article j’ai vraiment apprécié

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