Illustration de Cindy Beuhlah

Illustration de Cindy Beuhlah

J’ai eu la chance de voyager pas mal, ces dernières années. Je me suis promené dans le Canada, les États-Unis un peu… J’ai fait le sud de la France, Barcelone, Berlin. Bien que j’étais un peu récalcitrant au début, je l’ai fait principalement en couchsurfing. C’est mon amie un peu granola qui m’avait initié à ce site; les gens te prêtent leur divan ou leur lit en échange de service (une fois on a cuisiné pour une fille, une autre fois on a nettoyé l’appartement particulièrement crade d’une sympathique fille de Nice.) Il est aussi essentiel que tu sois toi aussi membre du site, donc que tu offres ton divan à toi aussi. Tu peux aussi laisser des commentaires, positifs ou négatifs. Jusqu’à date, les miens ont toujours été positifs; mais je n’ai aucun commentaire d’hôte, seulement de visiteur.

Depuis mon retour en août, maintenant que j’habite seul, j’ai eu plusieurs requêtes. Ça adonnait rarement; je devais refuser, ou proposer la moitié de ce qu’on me demandait. Jusqu’à ce que Julien me fasse une demande.

Julien, c’est un français d’à peine 22 ans, qui vient faire le tour du Québec. Mon profil annonce clairement que je suis gay (on sait jamais…) Le sien aussi. Il arrivait le jeudi après-midi, et repartait le samedi matin. J’avais regardé ses photos sur le site, trouvé son profil Facebook (une de mes spécialités) et il semblait normal. Très cute, aussi.

Il est arrivé donc le jeudi après-midi. Je lui avais laissé mon numéro de téléphone; il a pas eu de difficulté à trouver.

Il avait une grosse valise, et des yeux encore plus perçants que je me l’étais imaginé. On s’est serrés la main, on a échangé des banalités (le vol, le taxi, etc.) Puis, je lui ai montré le divan-lit, que j’avais déjà préparé avec tout ce qu’il faut. Je devais quitter pour un souper; lui aussi avait déjà des plans pour le jeudi soir. On a échangé quelques mots; je lui ai proposé qu’on sorte le lendemain, que je lui montre les bars gay de Montréal. Il a accepté avec un sourire que je décrirais comme un mélange de timidité, de surprise et de sincère excitation.

La soirée est passée; quand je suis entré il dormait déjà. Puisque je travaillais tôt le lendemain, je lui ai laissé un mot sur la table de la cuisine de me texter s’il y avait quoi que ce soit.

Il me texte avec une question, vers 11h. Je réponds rapidement. Plus tard, il me demande les plans pour la soirée; je lui donne rendez-vous à l’appartement vers 16h30.

C’est bizarre, c’est comme une ‘date’. Sauf que, si le gars était pas jeune, beau, et gay ce ne serait pas une ‘date’ et je ferais à peu près la même chose.

Mon bloc a une terrasse commune sur le toit; on commence la soirée là à boire un apéritif. Ce fameux “apéro” dont les français sont si friands. On apprend à se connaître, donc. Il a un frère et il s’entend bien avec sa famille. Il souhaite devenir architecte; il prend une pause des études pour le moment. Je lui parle de mes soeurs, ma famille, ma carrière… Bref, vraiment comme une “date” qui n’en est pas une, puisqu’il quitte dans moins de 24 heures pour explorer le nord du Québec.

 Pour la soirée, je décide de l’emmener sur une terrasse, dans le Village. On continue à jaser, il me dit à qu’il est impressionné de voir à quel point les gens sont ouverts et accueillants à Montréal. On boit deux pichets de bière, puis il insiste pour me payer des shots. On danse un peu; il est passé minuit. Je réalise qu’il n’a plus un sou; moi non plus.

‘On peut prendre un dernier verre chez nous, si tu veux.’

Il acquiesce. On prend un taxi et 20 minutes plus tard on monte l’escalier. Une fois à l’intérieur, je nous sers deux gin tonic et on s’assoit à table. La conversation coule toujours bien; il me dit à quel point il a hâte de voir Québec, le Saguenay…

Moi aussi, j’ai bien hâte de l’explorer, lui. Mais je doute encore un peu; suis-je un pervers de vouloir coucher avec lui, qui est non seulement plus jeune, mais en plus, chez moi comme couch surfer? Est-ce que j’abuse du fait qu’il doit dormir ici, qu’il n’a pas d’autres options?

Je décide de m’en remettre à lui. J’attends une pause naturelle de la conversation.

‘Donc… Dors-tu sur le divan-lit ce soir?’

Quelques secondes, qui me semblent interminables, passent. Puis, il secoue la tête. Je me rapproche et en profite pour l’embrasser. Ça devient très passionné, très vite. J’étais clairement pas le seul à avoir ces pensées.

On se lève en continuant de s’embrasser. J’enlève ma chemise, il enlève son t-shirt. On bascule sur mon lit, finit par perdre nos pantalons et on continue de s’embrasser en sous-vêtements. Il me chuchote.

‘J’espérais tellement que ça arrive’

À la dernière syllabe de sa phrase, il baisse mes boxers et prend mon pénis en bouche. Il en avait envie pas à peu près. Il me fait une fellation quasi-parfaite; il utilise ses mains, ses doigts et me caresse en même temps. Alors qu’il promène mon membre dans sa bouche, il laisse échapper des petits ‘mmm’, comme un épicurien à qui l’on ferait goûter le meilleur des vins.

Il remonte pour m’embrasser, enlève ses sous-vêtements et me chevauche immédiatement.

‘Tu vas me prendre?’

Il dit ça en massant la base de mon membre avec sa main gauche, alors que sa droite se concentre sur son propre pénis; plus long que large, mais de belle apparence. Je me dis silencieusement que je suis content qu’il n’ait pas envie de me ‘prendre’, moi, car la taille est définitivement impressionnante.

Je saisis un condom, ma fidèle bouteille de lubrifiant et je mets le tout en place. Quand j’ai fini avec le lubrifiant, il me l’arrache des mains et se met à se lubrifier l’anus, en plus d’utiliser le reste pour augmenter le rythme de sa masturbation.

Ce jeune cowboy n’en est pas à son premier rodéo. Il prend le contrôle et me chevauche en se cambrant vers l’arrière. Son membre fièrement pointé en l’air, il gémit, se mord les lèvres et se balance à un rythme qui me donne peur de venir sur le champ. Il aime le ‘dirty talk’ aussi. Personnellement, c’est pas mon genre, mais dans sa bouche, comme mon pénis tout à l’heure, ça fonctionne bien.

Après quelques minutes de grande chevauchée, je lui saisis le cou pour l’embrasser à nouveau. Je lui demande s’il veut que je le prenne en ‘doggy style’ (lui appelle ça la levrette). Il répond par l’affirmative. Moi qui ai été plutôt passif jusqu’à l’instant, je vois là une chance de lui montrer que je suis aussi un amant passionné. Je me place à genoux et prend quelques instants pour l’embrasser face à face. Puis, je le retourne et, toujours tous les deux à genoux, j’embrasse et mordille son cou, son dos, le creux de ses reins. Il frémit un peu, puis bascule vers l’avant quand je le pousse doucement de ma main droite. Quand j’entre en lui à nouveau, il gémit tellement fort qu’il en mord l’oreiller pour étouffer ses cris. Mon va-et-vient a un effet quasi-électrique; chaque coup de rein est comme une décharge qui lui donne un choc qui propulse sa tête vers l’arrière. Je vois son dos se perler de sueur; mes bras avec lesquels je saisis son bassin se couvrent eux aussi d’un mince filet de sueur. Le rythme est bon, je continue alors qu’il se redresse un peu pour qu’on se retrouve à nouveau à genoux. Je place ma tête sur son épaule, lèche et embrasse son cou. Je savoure ce corps, son corps; ce corps qui, je le sais pertinemment, ne sera plus jamais mien dans moins de 8 heures.

Haletant, je me retire et tombe sur le dos. Comme la première pipe qu’il m’a fait, il se remet à me sucer avec fougue et passion. Si bien qu’un bref instant plus tard, j’emplis sa bouche de chaleur masculine et de foutre (comme lui l’appelle.) Je lui retourne la faveur, avec ce que j’espère être autant de conviction. Il vient peu après lui aussi.

Épuisés, on se regarde. Lui, la tête sur l’oreiller qu’il a mordillé si fort et moi sur l’autre qui est déjà trempé de sueur et de sexe.

Le lendemain, je me réveille vers 10h. Il quittait à 8h; je n’ai pas eu connaissance de son départ.

Alors que je fais couler du café, je regarde mon divan-lit, toujours fait comme si quelqu’un allait y dormir.

Je remplis ma tasse que je place sur la table du salon. Je m’installe dans ce divan-lit que j’ai préparé, naïvement la veille. Couché sur le dos, dans les draps propres du petit lit double, mon téléphone m’envoie une alerte.

Tiens, mon premier commentaire positif comme hôte…

-Handsome Stranger

Handsome Stranger

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