Illustration de Véronique Côté

Illustration de Véronique Côté

 

Cette année, je m’offre MON cadeau de Noël… Mon fantasme à moi. T’as beau pas y croire, j’te comprends parce que moi aussi, y’a pleins d’affaires auxquelles je crois pas. Mais cette histoire, j’y crois un peu quand même…

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 Moi, la fièvre des fêtes pis ce niaisage-là, ça m’a jamais fait grand-chose. Mes soupers de famille de Noël ont toujours été le festival du malaise et de l’ennui. C’était le cas de David et de Pascal aussi. C’est pourquoi, le jour de Noël de cette année-là, je suis partie en road trip avec deux gars. Deux grands barbus aux yeux clairs qui portent des tuques. Style un peu négligé, pas trop propre, qui leur manque 1 ou 2 boutons sur leurs manteaux mais qui s’en crissent. Totalement mon genre, déjà. Le genre qui m’attire le regard direct pis qui me donne l’envie d’aller voir plus loin. Deux amis depuis longtemps. Qui sont devenus mes amis à moi aussi dans les derniers mois. T’sais, le genre de monde que tu rencontres pis avec qui ça clique tout de suite. Tu peux juste pas résister à ce genre de nouvelles amitiés, faut pas les laisser passer celles-là, c’est souvent les meilleures. Faque, c’était mes nouveaux amis, pis on s’aimait bien, pis on se voyait souvent. Pis ce qui était le plus le fun (on va pas se mentir) c’était la petite ambiguïté qui planait au-dessus de notre petit trio. Tension sexuelle de fou qui te fait naître la chair de poule à tout moment, dès que tu sens un petit contact physique, un souffle ou dès que tu provoques un sourire chez l’autre. Bref, on était dans c’te vibe là quand on a décidé, au détour d’une conversation pas sérieuse pantoute, de toutes laisser tomber nos familles plates pour Noël et de crisser notre camp peu importe où, sur la route. J’ai tellement pas dit non! Fallait pas dire non!

Le 24 décembre au matin, j’ai fait mon petit sac. J’étais tellement énervée que j’ai mis un peu n’importe quoi dedans mais j’ai pas oublié de me prendre ben des refills de bobettes. Ça, je sais pas pourquoi, mais c’était comme ma priorité.

Les gars ont klaxonné devant chez moi une heure et demie en retard. À bord du vieux Cherokee carré de Pascal, ils avaient l’air déjà alcoolisé, la musique dans le tapis. Ils étaient beaucoup trop enthousiastes mais j’aime ça, moi, l’enthousiasme! Dès que je suis sortie de chez moi je les ai trouvés vachement beaux. On est partis, on a prit une autoroute au hasard et on a pas regardé derrière. On se foutait d’où on allait finir pis c’était parfait. Pascal conduisait bien, pis ça m’allume en maudit moi, un gars qui conduit bien. C’est même dans le top 5 des qualités qu’un gars doit avoir pour rentrer dans ma vie. Faque on roulait vite sur la route, les arbres étaient enneigés pis c’était beau. Les gars contaient des histoires qui me faisaient rire pis j’étais juste trop bien. Dès qu’on a eu faim, on s’est arrêtés dans un dîner pas possible sur le bord du chemin, on a mangé des hamburgers dégueulasses pis les gars se sont mis chums avec la serveuse sympathique qui devait avoir à peu près 108 ans. Elle avait clairement pas raté son crêpage de cheveux elle à matin pis sur ses paupières il y avait tellement de fard que ça devait être insupportablement lourd. Mais c’était une femme qui en avait vu d’autres et ses paupières, je suis certaine qu’elles n’étaient jamais fatiguées. Jamais. Bref, c’est lors de ce magistral dîner, que j’ai compris que j’allais coucher avec autant Pascal que David dans les prochains jours. Les deux gars s’amusaient à me séduire avec des petites oeillades bien assumées et ça me pognait de partout en dessous de la table. Pis un moment donné, j’ai remarqué que les deux voyaient l’autre aller et que ça les dérangeait pas pantoute. Me suis même demandé si tout n’était pas prévu d’avance. Peu importe, ça me plaisait, ça faisait même mon affaire. Parce que la journée où j’ai commencé à me tenir avec ces deux gars-là, ils m’ont tout de suite attirée et j’me suis dit qu’il me serait impossible de choisir entre les deux. J’avais trop peur de me tromper et c’était pour ça qu’il ne s’était jamais rien passé entre nous. Mais là, pour Noël, j’avais les deux gratis enveloppés dans un beau papier shinny, sur la route en plus : mon endroit préféré, en général.

On a quitté le dîner en souhaitant Joyeux Noël à tout le restaurant. David me suivait de près et au lieu d’aller s’assoir en avant, aux côtés de Pascal, il a pris place à mes côtés. Personne n’a rien dit, mais il a lu la surprise dans ma face et il m’a répondu par un petit clin d’oeil totalement rassurant. La vibe de cul qui planait dans c’te char là, elle est dure à décrire tellement elle était grandiose. Pascal a branché son cell et il a choisi de la musique salement sensuelle, la musique sur laquelle David et moi allions baiser. Parce que là, c’était juste trop évident et tout le monde le savait. J’ai sorti de la gomme à la menthe. Pascal en a pris deux et il s’est mis à rouler à toute vitesse. On se sentait invincibles. J’ai offert de la gomme à David mais seulement lorsqu’elle était déjà dans ma bouche à moi. Il s’est pas fait prier pour venir la chercher.

Et c’était parti! J’ai chevauché David direct. On s’est frenchés comme des affamés pendant longtemps. Nos mains pressées s’engouffraient partout : sous nos vêtements, dans nos cheveux, dans nos bouches, dans nos culottes. Des fois, je me retournais juste pour lancer un regard aguicheur à Pascal dans le rétroviseur. Ça les amusait, les deux. Un moment donné, je me suis assise à côté de David et on a tous les deux compris que c’était notre cue pour se déculotter. Ça prit trois secondes que j’avais pu mes bottes, pus de pantalon et qu’il avait enfilé un condom. Des vrais pros. Les yeux de Pascal faisaient des aller-retours constants entre la route et le rétroviseur. Et puis David m’a ramenée sur lui. Et disons que je me suis pas fait prier. Je me suis assise sur sa queue tout doucement, pour nous permettre de profiter d’un des best moment de la baise en général : la première pénétration. On s’est regardés dans les yeux tout le long. À chaque millimètre qui s’enfonçait dans ma chatte, son visage se crispait d’une façon beaucoup trop agréable, j’aurais voulu que ça dure toujours. Après, je me suis mise à aller et venir sur lui alors qu’on continuait à s’embrasser. Et il embrassait trop bien, c’était presque troublant. Il a voulu retirer mon chandail mais on n’arrivait pas à séparer nos lèvres l’une de l’autre. Quand mon chandail s’est enfin retrouvé par terre, dans la slush que nos bottes avaient laissée là, il n’a pas pu s’empêcher de lécher mes seins tendus. Je me retournais pour remarquer le regard curieux de Pascal. Il aurait voulu voir à quoi ressemblait cette poitrine, mais ce n’était pas son tour encore. C’est là que je me suis retirée et je me suis mise sur mes genoux, accotée au dos du banc, pointant mon cul vers Pascal qui le reluquait avidement, c’en était dangereux pour notre sécurité à tous mais je m’en foutais. David l’a laissé se rincer l’oeil un moment en souriant pis il s’est levé et s’est mis derrière moi. Ça me faisait rire de l’obliger à se trouver une position pour me prendre par-derrière dans l’espace exigu de la banquette arrière du Cherokee. Confortable ou pas, ça pas été long que j’ai senti sa queue dure en moi. Il me tenait fort et me baisait fort. Je me gênais pas pour gémir allègrement et Pascal se gênait pas pour faire des dépassements qui faisaient perdre l’équilibre à David. C’était fucking bon mais ça me déconcentrait pas encore suffisamment pour m’empêcher de créer des contacts visuels avec les chauffeurs des voitures qu’on dépassait. David me voyait faire et ça l’allumait. Il m’a même traitée de «p’tite criss» pis ça adonnait bien parce que c’est mon compliment préféré.

Après cette baise parfaite, j’ai pris place en avant, à moitié nue. Comme je suis frileuse, les gars ont accepté qu’on laisse le chauffage au max tout le long du voyage. Ils avaient compris que les avantages de la chose dépassaient les désavantages. On s’est mis à jaser comme si de rien n’était. Cette aisance et ce manque de pudeur qu’on avait les trois m’allumaient à fond. On se teasait à jeu ouvert. Et entre les gars, y’avait aucun malaise. J’étais-tu en train de vivre le moment le plus parfait de ma vie moi là?

J’ai fini par enfiler mon manteau par-dessus mes seins nus quand on s’est arrêtés dans le stationnement d’une SAQ. Dans le magasin bondé (c’était Noël tout de même), les deux gars me serraient les fesses chacun leur tour. Alors que David se faisait conseiller des whiskys (c’était Noël, tout de même), Pascal m’a attrapée dans un coin. Il m’embrassait à pleine bouche et puis lui aussi il frenchait crissement bien. Il a glissé sa main sous mon manteau pour m’agripper les seins et tous les clients me voyaient le ventre dénudé. C’était complètement obscène, mais on s’en foutait. On s’est à peine tassés quand un monsieur nous a demandé de se pousser pour qu’il puisse atteindre la bouteille qu’il avait spottée. David nous voyait pis ça le faisait rire pis il n’écoutait plus du tout le préposé passionné. Il a pris deux bouteilles du whisky le moins cher, quatre bouteilles de bulles, du rhum pis deux bouteilles de rouge. Au diable les dépenses! On allait fêter Noël en bonne et due forme dans une chambre de motel miteuse au milieu de nulle part.

Quand on a eu trop soif et trop faim pour continuer de rouler, on s’est arrêtés au premier motel qu’on a vu. Dès qu’on a mis les pieds dans la chambre, on a poppé les bulles, on a branché notre musique et les gars m’ont déshabillée en équipe. On dirait qu’ils s’étaient donné le défi de me faire jouir le plus souvent possible. J’vous jure, c’était mon Noël à moi! Les gars étaient sur mon cas, j’avais jamais vu ça. On buvait à même la bouteille, leurs queues se succédaient en moi, leurs langues me parcouraient, aucun centimètre de ma peau n’était laissé de côté. J’avais à peine le temps de me préoccuper de leur plaisir tellement ils ne me laissaient pas tranquille. J’en avais tellement, moi, du plaisir que j’avais plus assez de concentration disponible pour prendre deux secondes pour les satisfaire eux. Anyway, ils semblaient prendre leur pied ben en masse et ils me baisaient comme s’il n’y avait jamais eu rien d’aussi bon dans leur vie. David a joui en moi. Pascal sur mes seins. Et tel un gentleman, il a pris la peine de m’apporter une petite débarbouillette mouillée d’eau chaude pour que je me lave. On s’est laissé tomber sur le lit déjà tout défait, on a fini notre bouteille de bulles puis on a commencé la bouteille de rhum. On a eu envie de se rhabiller pour sortir manger pis on s’est dit qu’on était trop bien là pour mettre le nez dehors. On a commandé du poulet et on s’est remis à se frencher, à danser et à boire. J’ai répondu au livreur très peu vêtue. (J’avais toujours rêvé de faire ça.) Les gars lui ont dit que c’était son cadeau Noël pis on l’a beaucoup tippé. Y’est parti avec le sourire. On était content parce que c’était Noël pour tout le monde, t’sais.

On a mangé et on a bu. On commençait à sentir l’ivresse et c’était l’fun parce qu’on riait encore plus. Les gars me caressaient, faisaient exprès pour me donner la chair de poule, m’embrassaient, bref ils ne me lâchaient pas. Avec eux, j’avais l’impression d’être la fille la plus sensuelle ever. Du coup, ces deux-là en ont eu pour leur argent ben en masse. Y’avait pas de règles, pas de procédures, on faisait juste ce qui nous tentait quand ça nous tentait. J’ai fini par sucer Pascal dans la salle de bain pendant que David nous regardait, allongé sur le lit. Après on a dansé. Après j’ai branlé David en le fixant dans les yeux avant de l’enfoncer dans ma bouche à son tour. Après on a sauté sur le lit. Tout nus! On a dansé encore, David et Pascal ne pouvaient pas s’empêcher de me caresser. Leurs mains me pourchassaient, me pénétraient, m’enveloppaient. Je me suis retrouvée en train de me caresser devant eux qui me regardaient en se branlant. Puis Pascal m’a prise par-derrière, contre la table. Puis David m’a prise en missionnaire. Puis Pascal m’a fait un des meilleurs cuni de ma vie. Puis David la remise dans ma bouche. Les condoms volaient dans tous les sens. Les bouteilles se vidaient. La musique était bonne. On n’avait pas de voisins pour cogner dans le mur. On a baisé comme ça toute la nuit. Jamais la fatigue n’a été assez forte pour nous empêcher de continuer encore et encore.

C’était le plus beau Noël de ma vie.

On voulait reprendre la route le lendemain, mais on a dormi. D’ailleurs, on ne m’a jamais autant collée que cette nuit-là. Dès que je bougeais, c’était pour me faire agripper par les bras d’un ou de l’autre. On a encore baisé à notre réveil, on s’est fait livrer à déjeuner puis on a rebaisé puis on a pris une douche à trois où on a rebaisé, évidemment. On a ouvert nos dernières bouteilles et on a fini par passer la journée entière dans la chambre, nus et béats. À 2h du matin, on a eu envie de respirer faque on est sortis jouer dehors. On a trouvé un gros tas de neige où on a joué au roi de la montagne. On riait tellement qu’on avait plus de force pour se hisser en haut de la butte. Sous les regards des chauffeurs qui passaient devant le motel, les gars m’ont prise dans la neige chacun leur tour. Le froid me paralysait d’une façon délicieuse. De retour dans notre abri, les gars m’ont fait couler un bain brulant pour me réchauffer. David n’a pas su résister, il s’y est plongé lui aussi. Il était d’une douceur incroyable. Je crois que le bain l’attendrissait. Pascal est venu me sécher puis on s’est endormis. Pascal me prenant en cuillère puis David était entremêlé avec moi par devant.

C’était le plus beau lendemain de Noël de ma vie.

Le lendemain après-midi, on a pris la route. On restait silencieux et on profitait de la musique, parce qu’on s’entend, le meilleur endroit pour écouter de la musique, c’est dans une voiture. C’est sure que je n’allais pas passer à côté d’une fellation de char, c’était Noël et on devait respecter les traditions.

Les gars se sont arrêtés devant chez moi. Je les ai embrassés chacun leur tour, on s’est souhaité Joyeux Noël puis je suis rentrée dans mon appartement froid. Je n’en revenais pas. Moi qui croyais que ces affaires-là arrivaient juste dans les films. Je revivais les souvenirs de mon «Y tu mama tambien» à moi et je mouillais encore.

Je me suis couchée avec le sourire et j’ai eu un petit coup de cafard en m’avouant que mon prochain Noël allait certainement pas battre celui-ci et que, du coup, il allait être plate en maudit.

-Gamignonne

GAMIGNONNE

 

5 Comments

  1. Caro
    December 28, 2014

    Moi j’y crois en maudit à ton histoire. ;) Elle me fait tripper! Bien joué!

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  2. Nic
    January 13, 2015

    Damn ! True story ? Peu importe, texte renversant, encore une fois.
    J

    Reply
    • So
      March 22, 2015

      Je sais qui tu es

      Reply
  3. STP
    February 22, 2015

    Attaboy! Ça c’est hot en esti! Gamignonne c’est ma pref’ ici.

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  4. salif130
    June 12, 2015

    et bin crotte de bique , je sens plus mon cerveau… et mon deuxieme d ‘ailleurs

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