Illustration de Dodécagone

Illustration de Dodécagone

 

-Je, suis, venu, point, com?

Il détache chaque mot, chaque syllabe avec incompréhension.

Je le fixe du regard sans sourciller, mon cellulaire dans les mains.  L’écran affiche la page d’accueil avec toutes ses illustrations compromettantes.

-C’est quoi ça?

-Un site d’histoires érotiques.

-Tu lis de la porno??

Encore cet air ahuri, presque choqué, (après tout je suis une jeune femme convenable et vertueuse). Mes lèvres esquissent un sourire gourmand.

-Absolument.

La gourmandise dans mon regard attise la luxure dans le sien.

-Est-ce que ça t’excite?

Je me détourne de lui, la mine moqueuse.

-Je sais pas… Peut-être.

C’en est trop pour son orgueil.

-Lis-en une.

-Laquelle?

-N’importe laquelle.

Mes doigts tapent sur une image au hasard. Ses doigts se faufilent sous ma camisole de nuit. Je sens mes mamelons s’ériger en deux petites montagnes.

-Si j’étais un mec…

Il engouffre mon sein dans sa bouche, le tête, le croque un peu. Ses doigts farfouillent ma chatte, se glissent entre mes lèvres et vont tâter mon antre, déjà humide et chaud, prêt à l’accueillir.  Il remonte tranquillement vers mon bouton de rose, source de tant de mystères chez la gent masculine.  Il l’excite lentement, un frémissement intérieur me parcourt, mon sexe se gonfle…

-Hum… Ça serait chaud et humide parce qu’elle serait pressée que je lui rentre dedans mais avec le reste de sa chair, elle voudrait que je prenne mon temps.

Il me retourne brusquement sur le ventre, m’enlève ma petite culotte. Je sens son sexe se durcir entre mes fesses.  Il entame une légère poussée vers mon antre, juste pour dire, juste pour voir…

-Je collerais mon sexe au sien, je m’y frotterais, et comme elle serait salement humide pour moi, je glisserais en elle comme un rien…

Ma lecture devient saccadée, mon souffle aussi. Il me mordille l’oreille, délicieux frissons.  Il me mord le cou avec une telle force que demain je devrai porter mes cheveux longs. Les clients de ma-job-de-marde s’offusqueraient sinon;

« Mademoiselle, cachez ces sucettes que l’on ne saurait voir. »

Je tente de garder le fil de mes mots, de mes paroles.  Je saute plusieurs lignes, me trompe de paragraphe.

-Je la fouillerais plus profond, elle se cambrerait, je ferais pression avec mon bassin et ma bite…

Extase et surprise montent de ma gorge et s’échappent de mon corps.  Il m’a pénétré d’un seul coup, profondément. J’entends son soupir de contentement. Je tente de reprendre contrôle de ma voix, de ma respiration.

-Je…si j’étais… un mec, je… Oh… Oh!

Le téléphone m’échappe des mains, glisse entre le lit et le mur, pendant que lui glisse en moi plus avant.  Entre deux respires je l’interromps.

-Si tu me fais jouir avec ta bouche, je te fais jouir avec la mienne…

-C’est dans ton histoire ça?

-Non.

Il me retourne d’un seul mouvement et je ferme les yeux pendant qu’il plonge sa langue entre mes cuisses.  Je me cambre, mes jambes deviennent toutes raides, mes orteils se replient, mon souffle se coupe.  Je sais qu’il me regarde, qu’il guette mes réactions à chaque lapement. Il sait que je vais hurler comme quand on monte la montagne russe et qu’on s’est assis en avant du manège.  Ça monte, ça monte, ça n’en finit plus de monter… On anticipe la descente, on sent qu’elle s’en vient et puis notre cœur se soulève le temps d’un vertige et c’est le vacillement, la chute vers le vide.  Je gémis, me soulève à moitié, le supplie d’arrêter. Il n’entend rien, continue, m’empêche de bouger de sa force toute mâle.  Je suis mise en abîme.  Je suis prisonnière de ma propre jouissance.  Il relève enfin la tête, fierté dans son regard, léthargie et volupté dans le mien.

Je porte maintenant sa queue à ma bouche, comme promis. Je lèche doucement son gland. Je tourne ma langue autour de sa verge comme quelque chose qu’on goûte pour la première fois. Je prends ses couilles dans ma main, les palpe doucement.  Puis je me l’enfonce jusqu’au fond de la gorge, mais la fait revenir aussitôt sur ma langue. Je la retourne au fond encore, puis je la ressort de ma bouche et lentement souffle dessus.  Provocation. Le frisson que cela lui procure le rend fou. Il m’empoigne les cheveux, m’enserre la tête et m’oblige à répéter ce mouvement de va-et-vient de plus en plus vite, de plus en plus loin. J’avale l’entièreté de son membre. Je suis prête à déguster sa virilité.

Mais il se retire puis me retourne pour me prendre par derrière.

-Tu es mon jouet…

Il fait moins trente dehors, mais nous ne sommes plus que chatte en chaleur et matou prédateur dans un fond de ruelle en pleine nuit de juillet. La moiteur de nos corps emplit l’air, le rend lourd et chaud.  Il me tient fermement par les hanches et me chevauche sans mot dire.

J’empoigne l’oreiller pour crier dedans.  Je me trouve ridicule d’hurler ainsi.  Les voisins doivent se dire; « C’est indécent, elle exagère ou alors il font un film!»

Et puis fuck it! Fuck l’oreiller, fuck les voisins, just fuck me.

La jouissance engourdit mon esprit.  Je ne suis plus rien, je ne suis plus qu’un corps qu’on pénètre avec une ardeur enfiévrée.  Je m’effondre vers l’avant incapable de rester à quatre pattes tant le plaisir est viscéral.

Mais hors de question de me retirer ainsi, il retient mon cul à la bonne hauteur pour sa bite qui s’enfonce encore et encore, de plus en plus rapidement. Cette baise est sauvage et enivrante. Je sens ses muscles fléchir, je sens la jouissance monter en lui. Bientôt viendra son gémissement sourd et familier, la crispation de sa prise sur ma peau, la poussée ultime, le relâchement…

Nous retombons sur le lit, haletants et en sueur, nos sexes battant encore la chamade. Dehors, il neige. Cette nuit, nos corps las et repus sombreront dans un sommeil entrelacé. Puis demain, lorsqu’il viendra à la nuit tombée, il aura sur son cellulaire une illustration compromettante.

Il me dira, avec sur les lèvres un baiser tout préparé;

« J’ai quelque chose à te lire. »

-La Pucelle

Sein_de_Pucelle

1 Comment

  1. Sajumel
    December 27, 2015

    Oufff! Il fait chaut…
    Le rythme est bon!
    J’adore!

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