Illustration de Farah Allegue

Illustration de Farah Allegue

 

J’me prépare du thé pour faire semblant de patienter, du thé vert, ouash comme si j’aimais ça pour de vrai, et enfin, ça sonne à la porte. Ce n’est pas trop tôt. Je suis essoufflée de mon envie d’un corps. Extenuée, d’attendre un bat qui me remplirait l’entrejambe. Mon corps est indigeste de désir, nenon de cul en fait, de cette odeur salée du sexe.  Je suis nauséeuse d’énergie sexuelle non assouvie.  Le jogging ne m’a pas calmée, tantôt,  alors j’tai texté. « Tu dors ? » à 14h00 de l’après-midi. Haha… Presque pas de fucking sous-texte ! BTW j’ai arrêté cette pratique du sous-texte, c’est con et ça met tout le monde mal à l’aise. On est pas assez intelligent pour le pratiquer. « Suis là dans 20 »  que t’as retexté illico.

 

Enfin t’es bien là. Allez, vas-y franchi la porte de mon appart, salue à peine mes colocs, approche, quoi. Je pense à ta main qui glisse sur mon magical-pistil . Ishhh je m’impatiente. Allez magne-toi.  Enlève-pas ton blouson, pas la peine. Ha ben toi, c’est ma propre main que je pogne à jouer au cœur de ma fleur à pétales full ouverts pendant que je divague, les chairs pétrie de mon intoxication hormonale d’ado. Allez grouille-toi garçon, pénètre le seuil de ma chambre, ne me dis même pas bonjour.

On est en plein jour, en pleine semaine, les rideaux resteront ouverts. Plante tes yeux dans les miens, déshabille-moi la tronche, qu’on baise sans chemins détournés. Qu’on n’ait pas le temps de s’aliter. Ne prend pas le temps d’enlever non plus toutes mes fringues, tasse les, pour accéder à ma peau, qu’on reste debout.

J’me suis pas faite belle. On reste debout, ok ?

Pourquoi tu m’aimes. T’arrives toujours vite quand je te texte. Tu accoures même. Fais pas ça. Je suis un peu conne. Tu bandes déjà ? Nice. Montre !

 

J’attrape ta queue à pleines mains, direct je la plante au milieu de moi.

Ça glisse en sacrement parce que j’ai mouillé dès que la sonnette a retentit.

Tu souris, ta gueule ! Un coït qui me secoue et me rentre dedans sans politesse,  ta bouche dans la mienne, tes mains qui s’agrippent à mon cul. Tes doigts qui me creusent la peau. Ton corps qui sue déjà. Des gouttelettes de transpi qui coulent entre mes seins. Ta bite dans ma chair. Ma respiration haletante. Une urgence. Nos corps qui claquent, nos chairs qui  bougent, des frottements secs qui sablent les murs. Les images de mes héros sur les murs de ma chambre qui s’écornent et se déchirent à mesure de nos passages. L’humidité au centre de nos corps, le cerveau qui se retourne. Des objets qui valdinguent çà et là pasque tu me secoues. Les bruits du sexe qui ne doivent pas échapper à mes colocs. Nos souffles coupés. Étouffer, enfin, un peu. Confondre ton sexe et l’existence. Baiser. Baiser vite. Vouloir venir. Baiser fort. Baiser mal. Le son de ton corps qui rentre dans le mien ressort et revient. Le jus des frottements de chairs rougies, le goût du encore plus. C’est maintenant que j’ai envie de te sucer, pis même de te frencher. Je ne  le fais pas par contre. Merci la vie. J’adore baiser. Toi qui viens. Moi qui suis calmée. J’voulais pas qu’on ait  le temps de ta bouche dans mon sexe,  pas le temps de ma langue juteuse sur ton gland,  pas non plus de baiser le long des corps, pas d’enroulage de cheveux, pas de nuque romantique, pas d’effleurement à la con, pas de titillage de tits, pas rien de tout cela.

 

10 min de sexe avec le préfixe et le suffixe. Une expiration. Je ne suis pas venue. Pas l’temps. Un soulagement. Pourtant. Tu ris en sous-texte, moi aussi. Tes mains qui sentent la fille. Toi, qui va sentir ta main jusqu’à ce que l’odeur s’étiole…En pensant que tu m’aimes. Fais pas ça. Pas besoin de se rhabiller.  La bouilloire qui siffle pas. Le thé que je boirais pas.

-Sherifa Tarasse

Sheriffa Tarasse

2 Comments

  1. beandeardonnedatte
    October 6, 2014

    Nice

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  2. Mambolove
    December 27, 2014

    Excellent, très belle plume!

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