Illustration de Anne-Julie Dudemaine

Illustration de Anne-Julie Dudemaine

La journée était torride. Mathilde n’en pouvait plus de cette chaleur accablante et son gamin non plus, il ne faisait que chigner tandis que sa mère restait étendue sur le plancher à s’aérer vainement avec un éventail bon marché, souvenir aigre-doux d’une brève visite faite au quartier chinois new-yorkais au temps où elle n’était ni mariée ni mère ni à la merci de ce quotidien éreintant. N’allez pas croire qu’elle n’aime pas son petit Nathan, son beau Boris, sa coquette maison de campagne et tout ce qu’il y a dedans, seulement parfois sa liberté d’antan lui manque cruellement. Il est bien loin le temps où elle ne pouvait qu’en faire à sa tête, partir en cavale avec une copine sans se soucier de rien si ce n’était que de la pluie et du beau temps. Ah! Ce gosse va la rendre folle! Aujourd’hui elle l’enfermerait volontiers dans le garage et se glisserait dans un bain bien froid en se délectant du son apaisant du silence. Et Boris qui est une fois de plus parti pour la semaine, de ça non plus elle n’en peut plus! De ces longues absences pendant lesquelles elle se trouve seule avec Nathan, tout le temps. Et quand il rentre, tout aussi crevé qu’elle, il l’embrasse sèchement sur le front et s’écroule devant la télé. Comme tout ça est cliché! Triste, décevant. Humiliant, même. N’allez pas croire qu’elle n’aime pas tout ce qu’elle a – son garçon, son mari, son toit – mais cette vie-là qui est désormais la sienne manque de sel, de zeste, de piquant. Elle n’est plus qu’enchainements navrants de gestes aliénants.

– T’aimerais qu’on aille se baigner à la rivière Nathan?

– Oooooooooooooouuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuiiiiiiiiiiiii!!!!!!!!!!

Cette canicule n’en finit plus. Aller à la rivière tout comme hier, avant-hier, le jour d’avant et le jour d’avant le jour d’avant semble être la seule chose à faire pour se rafraichir un peu et faire taire les plaintes du petit. La voiture est suffocante,  Mathilde ouvre toutes les fenêtres de la vieille bagnole, fait tourner les manivelles – elle est vieille à ce point – et décolle. Le vent dans ses cheveux la soulage un peu, elle se détend, allume la radio. Un vieux chanteur ringard s’invite à bord, elle n’a jamais compris l’engouement pour ces fadaises fleur bleue. On ira où tu voudras quand tu voudras et on s’aimera encore lorsque l’amour sera mort. Tu parles, oui! Il n’y a que dans les chansons et au cinéma que ça se passe comme ça, que Mathilde se dit. Pas qu’elle n’aime pas Boris, mais disons que le Boris qu’elle aime se laisse désirer. Au point qu’elle se demande parfois s’il l’aime encore. Sa distance l’en fait douter, son flegme l’agace. Elle ne le reconnait pas toujours, et probablement qu’il ne la reconnait pas toujours non plus. Ils doivent faire gaffe autrement ils se perdront et ne se retrouveront plus. Où es-tu? Que fais-tu? Est-ce que j’existe encore pour toi?

Mathilde et Nathan ne sont pas les seuls à avoir entendu l’appel de la rivière, il y a là plus d’une mère avec ses mioches piailleurs, quelques pères, une poignée d’adolescents en retrait qui cachent mal leurs canettes de bière. Rien de la tranquillité des jours précédents, ce doit être le week-end, Mathilde a perdu toute notion du temps. Elle a aussi perdu Nathan, qui s’est rué prestement vers une bambine déjà entrevue auparavant, une jolie rouquine d’environ cinq ans, légèrement plus vieille que lui. Il les aime matures, se dit Mathilde en souriant. Les parents de la gamine vont vers les enfants, elle a brièvement échangé avec la mère cette semaine, mais la voilà accompagnée d’un homme. Voilà une belle petite famille normale. Une famille normale qui va prendre du bon temps à la rivière par une belle journée anormalement chaude de septembre. Est-ce que c’est cela qu’on appelle l’été indien? Une saison qui n’existe que dans le nord de l’Amérique. Ils sont beaux. Ils se regardent, ils se trouvent beaux, ils rient ensemble, ils s’aiment. Peut-être s’aimeront-ils encore lorsque l’amour sera mort. Mathilde s’avance vers eux, salue les amoureux. Ils étaient sur leur départ, s’en retournent dans leur domaine climatisé, tu viens Juliette? Non, Juliette ne bouge pas, elle enserre Nathan dans ses bras, elle veut rester avec lui. Comme c’est mignon! Si simple! Le couple rigole, il propose à Mathilde d’amener Nathan chez lui pour l’après-midi. Mathilde ne connait pas ces gens, peut-être font-ils le commerce d’enfants… Elle jette un regard à son fils, voit les larmes poindre dans ses yeux, imagine la crise qu’il fera si elle l’arrache aux bras de la rousse ensorceleuse. Il est trop jeune pour connaitre la fierté, n’a pas encore d’orgueil, pleurera certainement tout son saoul jusqu’à l’épuisement si elle lui refuse le plaisir d’une journée près de sa dulcinée. Alors elle flanche, accepte. Elle regarde Nathan s’engouffrer dans la mini fourgonnette rouge de la famille normale et son coeur se serre. Comment ose-t-elle laisser son fils monter à bord d’un véhicule étranger?! Elle retient le numéro de la plaque d’immatriculation, le note aussitôt dans un carnet. Elle a honte d’avoir tellement voulu se séparer de lui. Son petit homme, l’amour de sa vie. Où es-tu? Que fais-tu? Est-ce que j’existe encore pour toi?

Elle n’avait pas prévu cela, un après-midi seule à la rivière. Elle n’a même pas un bouquin pour passer le temps, elle a perdu le réflexe de penser à elle. Elle ne sait trop où se mettre, décide de marcher un peu, essaie de se détendre. Ça ne lui servira à rien d’angoisser, autant essayer de profiter du moment. Un peu de liberté lui est rendu, n’était-ce pas cela qu’elle espérait tant? Dommage qu’elle ne se soit rien amené à boire, comme ces adolescents qui ne semblent pas éprouver le moindre problème à s’offrir du bon temps. Oh et puis tant pis pour sa fierté, elle va les voir et leur demande si elle peut leur acheter une bière. Ils la dévisagent, circonspects. Ils doivent trouver le spectacle de ma vieille peau désespérée pour une canette d’alcool cheap plutôt pitoyable, se raconte Mathilde. Mais l’un deux lui en tend une en souriant, refuse l’argent qu’elle lui tend. Puis il lui demande si elle veut fumer un joint avec eux. Sérieusement?! Si elle s’attendait à ça… elle hésite un temps puis accepte, flattée de se voir inviter par de si jeunes gens. Elle se demande quel âge ils ont, à quel âge son fils fumera son premier joint. Elle s’assoit avec eux, face à ce jeune couple qui s’embrasse sans gêne et elle se demande si son fils embrassera la petite rouquine, se demande s’il a déjà ce genre de désir. Elle espère qu’il sera gentleman, qu’il traitera bien les filles. Elle fume avec les adolescents, celui qui l’a invitée la dévore, la déshabille des yeux. Mathilde rigole, l’absurdité du moment l’amuse beaucoup. Bien sûr il lui demande pourquoi elle rit, mieux vaut rire que pleurer, qu’elle lui dit en lui tendant le joint. Puis elle pose ses lèvres sur les siennes un instant avant de se relever. Elle a eu envie de l’embrasser, juste pour voir la tête qu’il ferait, alors elle l’a fait, comme ça. Elle les remercie pour tout et s’en va, elle a envie d’être seule, de se baigner, de profiter de son état feutré. Légère, grisée par la folie soudaine qui l’habite, elle se lance à la recherche d’un peu d’intimité, d’un coin tranquille pour se déshabiller. Elle croit avoir trouvé, retire sa robe, s’avance au bord de l’eau, elle avait déjà enfilé son maillot. Or elle n’est pas seule, il y a là un garçon agenouillé, les deux mains dans la glaise. Elle ne sait trop à quoi il s’affaire. Elle entre dans l’eau, nullement gênée par sa présence, ce n’est qu’un enfant, il a peut-être vingt ans. Il ne remarque pas sa présence, tout absorbé à sa tâche, laquelle consiste à remplir des sacs de plastique de l’argile qu’il recueille aux abords de la rivière. L’eau est délicieuse, Mathilde s’y délasse, se laisse flotter sur le dos, se perd dans le ciel limpide exempt de nuages. Elle jouit du relatif silence quand le garçon éternue et la sort de sa méditation. Elle reporte sur lui son attention, et comme il lui fait dos elle a tout le loisir de l’observer. Il est grand, musclé. Elle se demande si son fils sera grand et musclé lui aussi. Le garçon en a terminé de remplir ses sacs, il sort de l’eau, ramasse des patins à roulettes laissés sur la berge et s’éloigne. Ses sacs sont trop minces, se dit Mathilde, ils ne pourront pas retenir tout ce poids, à quoi pense-t-il?! Foutus réflexes maternels, en quoi ça la concerne hein! Mathilde reste un temps dans l’eau mais elle ne pense plus qu’à ce garçon en patins en train de se démener avec ses sacs trop lourds. Elle a envie de voler à sa rescousse, c’est plus fort qu’elle, elle ne cesse d’y penser. Elle sort de l’eau, constate qu’elle a complètement oublié d’apporter une serviette, des sous-vêtements. Qu’à cela ne tienne, elle retire son maillot et habille son corps nu et mouillé de sa simple robe légère de coton blanc. Avec ta robe longue, tu ressemblais à une aquarelle de Marie Laurencin. Puis elle regagne sa bagnole, ouvre toutes les fenêtres à nouveau et redécolle. Doit-elle tourner à gauche ou à droite? Elle n’a jamais vu ce gamin auparavant, alors elle choisit la direction opposée à sa maison. Et il est là, elle le voit qui patine en tâchant de tenir les sacs contre son torse, il semblerait que les poignées aient déjà flanché. Elle ralentit à sa hauteur et lui demande en hurlant par la fenêtre s’il veut qu’elle le dépose. Elle doit lui avoir fait peur, il hoche négativement la tête, non, il refuse d’accepter son aide. Elle ne sait alors trop ce qu’il lui prend, mais Mathilde lui barre le chemin, immobilise sa voiture de biais devant lui, lui bloquant carrément le passage. Elle en sort et insiste :

– Écoutez, je vous ai vu à la rivière en train de remplir vos sacs et je suis venue pour vous aider, vous voyez bien que vous êtes dans une drôle de position là. Laissez-moi vous déposer, vous allez où?

– C’est gentil mais je ne veux pas salir votre voiture, je suis couvert d’argile!

– Oh allez on s’en fout de ma vieille caisse, elle est déjà bonne pour la ferraille! Allez, on va mettre vos sacs dans le coffre arrière.

– Je préfère les garder sur moi, je ne salirai pas votre coffre en plus.

– Allez, j’insiste.

Elle ne sait trop pourquoi elle fit ça, mais elle s’avança vers lui, voulu lui prendre un sac de force. Il résista et elle se trouva avec de l’argile plein la robe. Elle remarqua alors que l’étoffe mouillée et quasi transparente laissait tout deviner de ses seins, dévoilait leurs aréoles foncées, leur galbe plein. Bravant la chaleur étouffante, son corps donnait à voir à ce jeune homme deux mamelons gonflés à bloc, outrageusement bandés, deux fruits arrogants n’appelant qu’à être dévorés. Elle rougit, recula, s’excusa, elle ne savait pas ce qui l’avait prise, gardez-vos sacs sur vous si vous préférez. Elle lui ouvrit la portière, ne pu s’empêcher de regarder son corps magnifique alors qu’il prenait place. Il n’était vêtu que d’un court short, dévoilait tout de ses fortes cuisses, de son ventre dur, de son large torse et de ses épaules fières. Son corps à elle avait-il réagit à la présence de son corps à lui, s’était-il enthousiasmé devant tant de virilité avant même que sa tête ne soit au courant de ce qui se passait? Et que se passait-il au juste? Elle avait si chaud! Pas de cette chaleur qui faisait souffrir tout le monde, mais d’une chaleur qui semblait provenir de l’intérieur. Grands dieux! Ce gamin lui faisait de l’effet! Le bref contact de son corps contre le sien l’avait tout émoustillée, elle ressentait des pulsations dans sa chatte, se savait toute mouillée. Elle referma la portière, troublée. Que venait-elle de faire?! Il était trop tard pour changer d’idée et lui demander de sortir, de quoi aurait-elle l’air? Elle respira, tâcha de retrouver sa contenance, prit place derrière le volant sans le regarder.

– Vous avez un enfant?

– Hein, quoi?

– Le siège, derrière.

– Ah, oui. Oui, oui. J’ai un enfant.

– Il a quel âge?

– 4 ans.

– Et vous?

– Moi?

– Oui. Vous avez quel âge?

– Ce n’est pas très gentleman comme question. Vous, vous avez quel âge?

– Vingt-quatre ans.

– Et bien ça m’en fait douze de plus.

Il ne répliqua rien. Vingt-quatre ans… c’était moins grave qu’elle ne l’avait craint. Vingt-quatre ans et pourtant quel corps mûr… Jadis ses amants avaient-ils de tels bras, de telles musculatures? Nahhhh, son truc à elle ça a toujours les intellos, elle se demande bien pourquoi… Elle mit le contact, décolla. Essaya de garder les yeux fixés sur la route mais l’indécent torse couvert d’argile qui se tenait juste là à ses côtés la déconcentrait sans arrêt, la déroutait.

– Je peux vous demander ce que vous comptez faire de cette argile ou c’est indiscret?

– Non non, c’est pour ma peau.

– Votre peau?

– Oui pour l’adoucir. Je me fais des masques, je m’en recouvre le corps.

Elle se demanda s’il était gai. Pas que ça changerait quoi que ce soit, ce n’est pas comme s’il allait la sauter sur la banquette arrière. Et ce n’est pas comme si elle oserait le laisser faire, elle était une femme mariée. Et mère! De toute façon il est gai, alors à quoi bon y penser.

– Vous vous demandez si je suis gai?

– Quoi?! Non! Pourquoi dites-vous ça?

– À voir votre air! Ma mère a fait le même quand je lui ai dit que je me faisais des traitements d’argile.

Sa mère. Je lui rappelle sa mère! Gai ou pas, j’le fais pas bander. 

– Je ne suis pas gai. Pas du tout.

– Je n’en doutais pas.

Pas gai. Vingt-quatre ans. Le corps dur comme le roc. La peau qui promet d’être douce. L’œil allumé. Le feu qui sommeille. Arrête-toi Mathilde, stop! Tu arrêtes. Les sacs d’argile éventrés dissimulent sa fourche, aucune façon d’avoir un aperçu de ce qui se cache sous son short. Mais pourquoi tu penses à ça?!

– Je peux vous poser une question?

– Hum.

– Cette bague, c’est parce que vous êtes mariée?

– Oui.

– Dommage.

Dommage?!!!

– Dommage..?

– Dommage!

– Qu’est-ce que ça change?

– Vous êtes fidèle?

…..que se passe-t-il?! 

– J’ai rarement eu l’occasion de vérifier.

– Et si vous en aviez l’occasion?

– Il faudrait voir.

C’est moi qui ai dit ça?

– Vous êtes très belle.

Vient-il de dire ça?!

– Je n’arrive pas à regarder autre chose que vos deux seins.

Mathilde freine brusquement, se retourne vers lui. Elle ne sait pas pourquoi elle s’est arrêtée, parce que ça l’a choquée, tiens. Elle ne sait pas ce qu’elle va dire, vraiment elle ne sait pas. Elle le regarde, sa beauté est obscène. Il a la bouche pleine, charnue. Les yeux d’un vert vif. Les sourcils très foncés. Les muscles saillants. Il est tout crotté, ce qui le rend encore plus indécent. Elle ne sait pas ce qu’elle va dire, le plus elle le regarde le plus elle s’y perd. Eh merde! Elle ne dit rien, il parle avant elle.

– J’ai mal. J’ai la queue qui gonfle et elle est toute tordue sous la glaise.

Ce gosse exagère.

– Tu te fous de ma gueule.

– Pas du tout. J’vous fais voir peut-être?

Il ouvre la portière et balance ses soudain moins précieux sacs sur le bitume. Il plonge la main sous son short pour replacer sa bite à son aise. Impudent, il la dévisage.

– Je me sens beaucoup mieux.

Sa queue s’échappe du short, Mathilde voit son gland pointer hors du vêtement, elle n’y croit pas! Ce n’est qu’un gosse, et c’est lui qui prend ainsi les devants! Alors qu’elle reste là bêtement à ne rien dire, à ne rien faire, il cherche à la provoquer, baisse carrément son short, l’envoie valser, prend sa queue dans sa main, commence à se branler. Il est magnifique. Jeune. Insolent. Et il la veut. Elle! Maintenant….! Bien sûr elle pense à Boris. Enfin, elle essaie de penser à Boris. Elle essaie d’appeler l’image de Boris pour chasser celle de l’adonis mais l’image s’estompe sans cesse en faveur de celui-ci et bientôt elle ne voit plus que lui. Lui qui est là, tout près, juste là, nu et barbouillé d’argile, assis sur le siège passager, en train de se branler lascivement en la regardant, elle. L’air est étouffant, elle a chaud, tellement chaud. Hypnotisée par le jeune homme et par tout ce qu’il lui ordonne du regard, elle coupe le moteur, retire sa robe. Et il jouit. Comme ça. À la seconde où elle lui offre à voir ses seins, il balance son foutre au plafond de sa bagnole. Il n’a plus le moindre scrupule en ce qui concerne la propreté de sa voiture, vois ce que tu me fais faire, qu’il lui dit. Sale pervers, qu’elle lui répond, où sont tes manières? Elle aussi se met à l’aise, s’écarte devant lui, place une jambe sur le tableau de bord, se caresse à son tour. Sa tête repose contre la fenêtre ouverte, ses cheveux tombent en dehors. Elle le regarde en caressant son clitoris, en s’insérant un doigt dans le sexe humide, en se léchant le même doigt plein de ses propres fluides. Il lui répète qu’elle est belle, bandante, sa haie toute embroussaillée ne le gêne pas, il plonge la tête dedans avec joie. Tous deux se contorsionnent pour rendre la caresse possible, pour qu’il puisse lécher sans peine de sa langue empressée la douce fève frémissante trop longtemps négligée. Il a la tête enfoncée dans sa chatte poilue et il la lèche. Il la lèche vachement bien, sans arrêt, non-stop. Sa voiture est immobilisée au beau milieu de la chaussée tandis qu’un gamin assoiffé y lape crument son sexe; sa voiture est dangereusement immobilisée POUR que ce gamin la bouffe et la gobe avec toujours plus d’appétit. Et il a du savoir-faire le petit, quelle langue il a, et quel doigt! Voilà, ça y est, elle prend son pied, elle jouit! La tête renversée à l’extérieur de sa voiture elle est prise d’un orgasme fulgurant. Elle hurle et se tortille, une voiture klaxonne et ralentit au moment même où son plaisir éclate et la déchire. Surement que ses passagers ont vu ses yeux se révulser, sa bouche se tordre au milieu de sa tête renversée, surement qu’ils ont vu ses seins trembler sous le spasme, peut-être même ont-ils eu le temps d’entrevoir une tête affairée à s’ébrouer dans sa chatte. La voiture n’insiste pas, les laisse tranquilles. Le jeune amant se déloge du sexe incendié et lui sourit, s’essuie la gueule du revers de la main et s’étale plus de glaise dans le visage. La voiture est de plus en plus sale, tout cela est sale, bassement sale, seulement c’est si bon! Il sort de la voiture, nu, le sexe semi-croquant, toujours chaussé de ses patins et il roule jusqu’à la portière de la conductrice ébranlée. Il l’ouvre, la fait sortir de l’habitacle cuisant et la plaque contre la carrosserie. Elle hurle de douleur, la voiture est brulante, elle rebondit contre son corps et il la garde contre lui, lui lèche le cou, lui lèche les seins, le ventre, fait glisser sa langue entre ses deux fesses et s’étire au passage pour attraper sa robe, l’étend sur le capot pour qu’elle s’y assoit. Elle obtempère, ouvre les cuisses. Sous le soleil de plomb de cette journée anormalement chaude, elle se laisse détailler du regard par un improbable jouvenceau impudique. Qui l’a poussée à se déshabiller et s’exhiber au grand air, à s’assoir complètement nue sur sa voiture entre deux champs de blé d’Inde. Il l’épluche des yeux, la scrute, ramène doucement sa main à un sexe bien dressé et recommence à le caresser, le branler, l’astiquer. Il transcende l’indécence, flambant nu dans ses patins, tout employé à s’honorer le manche, à glorifier sa turgescence. Tant d’abandon enivre Mathilde, elle porte elle aussi la main à son sexe déjà gorgé d’ivresse, gonflé, mouillé, quasi liquéfié. Il se tient à moins d’un mètre d’elle quand il se donne un imperceptible élan pour rouler jusqu’à son sexe et s’y enfoncer. D’un coup. Son sexe souverain glisse entre ses lèvres enflées et pénètre au fond de son antre coulant. Tous ses muscles se contractent pour garder l’équilibre sur ses patins, il va et vient en elle, avance et recule en elle, roule en elle, reste en elle, dans sa chatte gonflée, sa chatte humide, sa chatte affamée qui ne s’était pas prise de queue depuis l’hiver dernier. Elle était surement toute serrée, toute refermée, mais oh qu’elle est à présent bien ouverte, toute ouverte, pour la queue de ce mec. Il s’accroche à ses épaules pour garder le ballant et il la fourre solidement. Il empoigne ses seins à deux mains et il les tord pour ne pas défaillir, pour rester là, debout, bien fort, à la fourrer encore. Et encore. Il est bon, il est vigoureux, il est vicieux. Il la couvre de vulgarités, oh qu’il aime ça, baiser une femme interdite, une femme mariée. Oh que ça le fait bander dur de réveiller les sens d’une femme engourdie, de la voir devenir bête, féline, vorace, de la sentir remuer comme une folle sur sa queue dure, de la voir s’époumoner sur son sexe enflé, paniquée lorsque son sexe s’échappe d’elle un seul instant, subrepticement. God que ça l’excite de la voir sombrer dans l’horreur au moment où sa queue dure lui échappe! Que ça le survolte de la voir s’alanguir au moment où elle la rattrape, la rengouffre, retrouve le souffle, le rythme et recommence à se balancer voracement sur sa queue à lui, sur sa queue bénie. Il n’est pas déçu, prendre cette femme, cette vraie femme, la femme d’un autre qui s’empale sur sa fierté comme s’il en allait de sa survie le fait sentir mâle comme jamais il ne l’a été, il se laisse glisser et rebondir en elle, la tient maintenant d’une seule main ferme derrière le dos, se cambre vers l’arrière et l’enfourche encore plus fort, toujours plus fort. Elle hurle. Hurle encore. AAAAAAAAAAAAAAAAHHHHHHH!!!!! Lui aussi, il s’y met, il lâche son foutre, tout son foutre, commence dedans, termine dehors, asperge ses seins, son ventre, son sexe. Il gueule comme un demeuré, se laisse tomber sur le pavé, rigole, affalé contre le sol brulant en fixant le même ciel bleu dans lequel elle s’était perdue auparavant, juste avant de partir chasser ce qu’elle n’avait alors pas conscience d’être gibier, juste avant de céder à la folle tentation de se vautrer fiévreusement dans le stupre, de se laisser furieusement baiser par l’incarnation perverse du vice. Toute la vie ne sera pas pareille à ce jour-là, mais jamais elle n’oubliera comme il fut anormalement chaud. Et pourtant c’était l’automne. Un automne où il faisait beau.

-Flore Fontaine

FLORE_FONTAINE

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