Illustration de MC Marquis

Illustration de MC Marquis

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Adam :

-On s’en va fêter Thanksgiving dans la famille de ma blonde, t’as envie de venir Sherifa ?

 

Sa blonde, c’est Debby. Debby, elle est originaire du New Jersey.

 

Sherifa :

-Pardonne mon inculture religieuse, c’est quoi donc Thanksgiving, en fait exactement ?

Adam :

-Fais pas chier avec ça Sherifa, viens ça va être le fun, on va super bien bouffer, Debby t’adore. Pis Thanksgiving, c’est considéré comme une fête laïque maintenant.

C’est la célébration des moissons, des récoltes pis toute ce que la nature offre, genre.

Sherifa :

-Genre ?

Adam :

-Ben oui, on partage un repas, c’est un truc de famille, y’aura une fucking grosse dinde dorée, des vins que t’as jamais goûté pasque t’as pas les moyens, ok, ce sont des vins californiens mais c’est Thanksgiving après tout.

 

Bref après un cours 101 express servant à déchristianiser l’Action de Grâce pour mieux me convaincre, Adam me regarde avec sa face soudaine de meilleur ami trop souriante pour être catholique :

-Pis y’aura moi. Come on ! Viens… Les paysages sont à couper le souffle…

 

Ma face de grimace, face à ce dernier argument incongru a mis fin à cette plaidoirie. J’ai dit oui sans trop savoir pourquoi, sans doute pour faire un tour de voiture et traverser une frontière, parce que, c’est le seul truc qui me soulage, rouler…

 

***

 

La caisse, une fois arrêtée dans l’allée de la propriété de Misteur et Miss Debby, je regarde le domaine, intriguée. Je débarque de la voiture, il n’avait pas menti mon Adam, méchante baraque ! Il devait y avoir une petite salle octogonale avec un foyer, toujours en marche, avec des gros fauteuils moelleux en cuir capitonné, couleur fauve, où les hommes iraient prendre un brandy plus tard dans la soirée. Et moi je voudrais être « one of the boys » et siroter mon brandy, en ne me roulant pas la moustache, avec les mecs !

 

***

 

Sur le perron du presque manoir, Misteur et Miss Debby nous accueillent habillés, voire déguisés en pauvres. Ces américains là, me fascinent déjà. Lui, porte des short kakis Indiana Jones style et un t-shirt publicitaire pour un marathon quelconque d’une municipalité avoisinante, le tout surmonté d’un chapeau mi grand-père mi Crocodile Dundee ; elle, arbore une maigre couette de paille blondasse au milieu de la tête, des leggings à motifs et une chemise d’un autre imprimé, et le pire une doudoune ben puffy, sans manche, par dessus cet agencement déjà improbable. Debby, elle était habillée « plein air ». Le total look plein air garçon, c’est déjà laid mais alors le plein air du rayon fille, ça fait mal. Je ne pourrais pas bander sur ça, si j’étais un mec.

Bref, ça se saute dans les bras et je retrouve chez Debby Mom, l’enthousiasme aigu et volubile de Debby daughter. Adam me fait une œillade pour refreiner mon cynisme et ça marche. Adam est en amour solide avec Debby et il a raison car Debby est un amour. Je sais que ces deux là ont la compatibilité sexuelle la plus enviable de l’île de Montréal. Il me raconte souvent leurs ébats et criss que…

 

***

 

Vars 18h00, après m’être vautrée et prélassée avec un livre quand même, dans mon lit trop épais et mou comme des œufs en neige, je descends au salon principal prendre l’apéritif et ouvrir cette païenne célébration des récoltes. Les hôtes plus élégants que jamais arboraient avec ce coolness que seuls les américains maitrisent aussi bien, un costume bien coupé, de belle étoffe,  pour monsieur, une presque robe du soir pour madame, un brushing même pas gonflé à l’américaine et un make up d’actrice française. Le couple avait désormais une classe folle (dans ta face Sherifa, que je me dis). J’ai presque cru qu’Humphrey Bogart allait se pointer avec sa gueule de cinéma et surtout sa voix rocailleuse et profonde qui me fait mouiller à chaque fois que je mate un de ces films en noir en blanc. Heureusement, il n’est pas invité, lui. Ça fera les clichés.

 

***

Sans que je ne m’en rende compte, nous étions passés à table. Des convives s’étaient rajoutés, les rires fusaient de toutes parts, les verres clinquaient.  La table était remplie de mets succulents, dans de la vaisselle de bon goût. Et croyez-le ou non, la plupart des aliments que nous dégustions provenaient du domaine. Nous célébrions vraiment les récoltes. Je passais un bon moment même s’il était anglophone, pas que je sois particulièrement fermée d’esprit mais pour ne pas faillir à ma réputation de bonne «détesteuse», je n’aime que ma langue. D’ailleurs, même la prière du début de repas ne m’avait pas tant heurtée. Faut dire que j’avais fait cet effort pour Adam, parce que je l’aime assez. La chaise en face de moi était restée vide et je ne m’en souciais pas.

 

***

 

Je me sentais dans un bouquin de Steinbeck, sauf qu’on était east coast. Lennie sans sa souris déjà morte n’était pas là. Je ne dormirai pas dans une grange et pas non plus de travaux des champs prévus au programme du lendemain , car ce soir,  je me trouvais du coté des nantis. Pleine d’insouciance j’étais. On sonnait à la porte, les filles se sont mises à crier dans un américain alcoolisé-feeling.

 

***

La chaise d’en face s’était remplie soudainement d’un garçon parfaitement fait de sa personne, selon mes critères. Ryan le frère, magnifiquement négligé. On aurait dit que je venais de le commander et qu’il venait d’être livré. La cliente était satisfaite.

Il s’appelait Ryan, c’était ben laitte comme prénom mais lui ne l’était pas. Il ne me semblait pas aussi propre que les autres, celui-là. Et ça, ça lui donnait déjà beaucoup de points.

 

***

 

Fuck, l’assaut du désir venait de me faire captive. Ça me semblait soudainement ingérable, moi qui passais une soirée fluide et pétrie d’insouciance jusqu’ici. Je n’avais pas prévu cela. Je n’avais guère anticipé le fourmillement qui m’assaillait déjà entre mes jambes. Il me souriait de ses dents trop blanches d’amerloque, le Ryan, pendant que Debby en grande sœur attentionnée lui concoctait une assiette de victuailles. Il était en retard Ryan. J’avais chaud un peu. Dans la plotte, yes sir !

 

Je n’allais pas me laisser apposer le diagnostique de l’hystérie quand même, calmez-moi. Sigmund va chier, je me disais. Je gérais. Je gérais. Je me pensais dans une date avec Ryan mais Debby a rompu cette impression, me rappelant qu’il y avait d’autres convives attablés autour de Ryan et moi. Je ne gérais pas. Je ne gérerai pas longtemps l’intérieur endiablé de mon corps.

Debby :

-Encore un peu de haricots, Sherifa ?

 

Il ne parlait pas français, le Ryan, tout ce que je disais pouvait avoir l’air pertinent.

 

Et Ryan a parlé. Un français impeccable, soi-disant international, est sorti de sa bouche frenchable à souhaits, même en anglais. Fuck, il avait une voix caverneuse et éraillée comme Bogie et moi je n’étais pas the Barefoot Contessa.

 

Ryan :

C’est à consonances orientales Sherifa ?

Sherifa :

Oui mais non.

Ryan :

Non ?

Un de ses sourcils s’est relevé. Je me suis mordue la lèvre inférieure.

 

Je n’allais sûrement pas péter l’ambiance de cette magnifique soirée et jeter un froid en parlant du Moyen Orient, avec des américains friqués alors qu’une heure plus tôt je priais et participais à cette bénédicité de Thanksgiving. J’avais toujours refusé de faire le ramadan, pour mieux ressembler à Sara-Maude Beauregard Longpré et à Antoine-David Duchesneau Leclair. Alors OUI, je fêtais les récoltes, moi aussi, après tout,  et ce,  même si je n’avais pas quatre noms comme beaucoup de quebs de ma génération.

J’ai donc balbutié une belle chiasse verbale pour réfuter ma provenance évidente. Grotesque charabia du mensonge. Bonhomme sourire. Nier son casting. Se mentir. Avoir un haut le cœur du mensonge que l’on se fait à soi même. Voir tout cela, dans les yeux d’Adam qui me regarde quand même pétri de tendresse, un peu provoc’.

 

Sherifa (feignant une assurance convaincante) :

Oui, ma mère était un peu hippie, elle a beaucoup voyagé, fascinée par l’orient (ark) elle m’a donnée le nom d’une femme formidable qu’elle avait connue jadis (jadis WTF) au cours de son périple nord africain. Adam riait dans sa petite barbe. Moi j’étais conne. Why ?

 

N’importe quoi ! Mes cheveux épais et sombres, autant que la blondeur de Ryan, mon profil de Jasmine pas sortie d’un Disney et surtout mes yeux ne trompaient pourtant pas sur mes origines. Anyway, je le regardais et je ressentais des vibrations dans ma petite culotte. Je me concentrais un peu et c’était comme si je me touchais. Mon centre d’intérêt était là.

 

***

 

Je me touchais… je me touchais…Je me touchais !

 

***

 

À table, oui je me touchais. Je continuais de me toucher délicatement sans ressentir aucune vergogne. J’avais glissé ma main doucement dans mes pantalons et faisais d’imperceptibles mouvements qui activeraient encore plus mon envie de me faire pénétrer pour le dessert. Je crois que tout cela demeurait discret. Peut être que des bribes d’effluves de sexe iraient chatouiller les narines des convives attablés autour de moi, surtout celui d’en face, en fait, et ce dans l’inconscient de chacun pour flatter la bienséance.

 

***

 

Je me touchais encore délicatement regardant l’américain négligé, cool comme un soldat du débarquement de 44 qui mâche de la gomme avec la plus élégante des flegmes devant des petites normandes ahuries de pensées pas polies. Il alternait d’une conversation à l’autre, entre français et anglais avec le plus grand charme. Fuck ! Pourquoi ?

Je me resserre un verre de vin avec ma main encore un peu humidifiée de ma mouille de désir. Je sors celle-là plutôt que celle-ci pour disculper les suspicions de dessous de table. J’avais mis pour une fois des talons parce qu’Adam m’avait fait comprendre qu’on s’en allait chez les bourges et qu’il fallait faire un effort. Je ne voyais pas le rapport mais je n’allais pas discuter classes sociales. J’avais compris son point, donc j’avais sorti les talons avec des jeans limite élimés, équilibre oblige. Je portais un t-shirt que je savais transparent et savamment détendus. Mes longs cheveux presque noirs, mal coiffés, détachés tombaient sur chacune de mes épaules. Négligée à souhaits moi aussi, je feelais sexy et ça c’était dangereux. Ça me rendait entrepreneuse. Je ne l’avais pas fait exprès et pour une fois que le timing était de mon bord. J’allais en profiter et lui faire la peau, à ce foutu satané timing qui m’avait souvent gratifiée de rendez-vous manqués dans la dernière année. Enculé. Ce soir, je te flingue.

 

Je sirotais donc mon chardonnay de cette main possédée, non exorcisable, pour me donner de la conviction et de l’élan. Je glissais de nouveau ma main vers le bas et je constatais que ça avait continué de s’activer. Ça m’a allumée direct. Je me suis vue chevauchant le brother sur la table en envoyant chier le timing, comme une reine, avec les formules les plus acides, devant les invités, au milieu des restes de dinde, petit pois du jardin, canneberges et autres…Thanksgiving était devenue païenne pourquoi pas paillarde. Que de célébrations s’annonçaient…

 

 

***

 

Je me touchais sous la table. Je jouissais intellectuellement, de fait, je n’avais pas besoin de beaucoup me stimuler pour me faire de l’effet. De petits effleurements, sans geste brusque, suffisaient à me chatouiller et à me faire respirer ces petits spasmes propres au sexe. Je continuais ma médecine tout en tenant des conversations adéquates. Facile, tous les invités étaient charmants et épicuriens de surcroît. Luxe des riches. Je continuais au même titre, en tant qu’amatrice de bonne chère à apprendre à me connaître de l’entrejambe. Délicatement, délicatement… Je mentirais si je disais que je ne commençais pas à perdre le contrôle. Des frissons s’échappaient de mon entrejambe et se propageaient sous la table. Je me suis levée de table en prétextant un truc à la Ava Gardner. Histoire de me repoudrer le cul et de me refroidir le cerveau. Le regard de l’ami américain m’a suivie, je l’ai senti dans ma nuque et même glisser sur mon cul. Œillade furtive en diagonale pour vérifier. Outrageusement efficace. Un point pour moi !

 

 

***

 

Dans la salle de bain aux miroirs surdimensionnés, comme si je voulais me mater entrain de pisser ou pire extruder, j’ai rassemblé mes idées. Je ne voulais pas qu’Adam capote avec mon attentat à la pudeur, si jamais, je me faisais prendre la main dans le sac. Se ressaisir. Se ressaisir. Plus je vieillissais, plus il était dur de résister et d’avoir cette éthique du non sexe. J’y voyais du blasphème. Se ressaisir. Se ressaisir ! Je n’allais pas flancher pour un gars, un blond à la dentition trop droite. Penser à lui à 14 ans avec son appareil dentaire… Même pas turn off. J’ai pensé à me finir dans les toilettes pour en finir. Fine. J’allais m’exécuter.

Oh wait, je trouvais ça foutrement dommage de gâcher cette belle ascension du ô combien précieux désir caractéristique de ceux qui sont vivants. J’y voyais encore là, un blasphème à la vie. Je n’étais pas morte moi.

 

 

***

 

Depuis les longs couloirs, j’entendais les rires en cascades au lointain. Se ressaisir.

 

 

***

 

Je suis allée m’asseoir de nouveau à la table de Thanksgiving comme une jeune fille de bonne famille, soit avec des idées derrière la tête et dans le derrière aussi. Me venait une phrase d’une grande dame «ce p’tit bout de bonheur que nous avons entre les jambes, il convient de s’en servir». Elle disait aussi la madame que la clé du bonheur c’est quand même le plaisir pis que le clit’, c’est un organe qui ne sert à rien d’autre que de procurer du plaisir, y sert à rien d’autre pis ben moi j’en à revendre du plaisir entre les jambes. Du bout des doigts, je peux le cueillir. Faque l’amortir, je me suis dit que c’était presque un devoir.

 

Tous les gars parlent aisément de se branler comme un nécessaire hygiénique, un besoin biologique, pourquoi pas moi aussi, une fille. Si j’avais un bat, j’me trouverais crissement hot de le faire aller et venir dans mes mains. Je m’imagine déjà celui de Ryan dans mes mains, dangereux transfert autour de cette table. Ha ben câlisse, j’ai pas de bat, j’ai un trou à la place, un trou, ça veut pas dire que c’est rien. C’est toujours pas le cratère d’un astéroïde mon entrejambe. Tsé, y s’y passe de quoi pis juste en me concentrant avec la tête, je peux s’y faire passer des choses, y provoquer des spasmes. Une forme de méditation… Faque, je recommence à méditer en glissant gentiment ma petite main, histoire de faire mon devoir de fille.

 

 

***

 

Le Ryan, il a fait tomber sa serviette sous la table. Il s’est penché. Merci le timing. Il a vu le spectacle et tant d’impolitesse, ça l’a turné on. Quand il s’est relevé pour s’attabler correctement de nouveau. Sa face était crispée, ses dents semblaient moins droites. Yes, un autre point pour moi !

Pour bien enfoncer le clou, puisque j’avais été prise en flagrant délit d’inconvenance et que je constatais que ça ne laissait pas indifférent, j’ai sorti mes doigts de ma petite culotte et à table, je les ai sentis en le regardant, droit dans les yeux, le Ryan. Je savais que son sang n’avait fait qu’un tour. Pour se donner de la contenance, il s’est resservi de la dinde, en prétextant un appétit gargantuesque, ce soir. Réponse que j’ai pris pour ce qu’elle était, une invitation à se vautrer sur et dans le corps de l’autre. Un autre point !

 

 

***

Je grignotais des airelles restées sur le bord de mon assiette avec les doigts que des fois, je succionnais pour le voir mieux tressaillir. Adorable petit blondin qu’il était, complètement à ma merci. Ça me faisait jubiler et m’humidifier plus, ici bas.

 

 

***

 

Ma main gauche, cette fois, jouait tout doucement avec cette festive partie de mon anatomie. Ryan le savait, le sentait. Adam me regardait de temps en temps, histoire de checker si je passais du bon temps. Il ne se doutait pas, de ce qui se tramait sous cette table.

 

***

 

Daddy’s Debby a proposé une pause fumette digestive pour mieux poursuivre le repas. À nouveau, le luxe des proprios que d‘arrêter de manger pour mieux manger, et moi j’embarquais. Le fumoir mais quelle idée, le timing était encore avec moi. J’ai annoncé mes couleurs « je monte à ma chambre chercher mes cigarettes ».

Ryan a annoncé les siennes. « Allez-y, je conduirai Sherifa au fumoir ».

Les convives ont acquiescé et se sont exécutés en se dirigeant vers le dit fumoir.

Nous sommes restés attablés un instant de plus. Ryan et moi.

 

Ryan a regardé sous la table, me faisant comprendre ainsi, de continuer le show que je donnais. Il s’était cette fois mis aux premières loges. J’ai été saisie d’une pudeur soudaine mais pour contrebalancer ma gêne, j’ai ouvert mieux mes jeans pour que sa place soit vraiment de choix. J’ai glissé ma main plus profondément et enfin je me suis permise de lâcher quelques souffles gémissants. Mes yeux étaient clos. Ryan a redressé son torse pour me voir cette fois du dessus de la table et j’ai ouvert les yeux pour qu’il voit dans les miens, le plaisir que je me prodiguais en le regardant. Ça l’a rendu un peu fou. Il allait parler, en anglais. Je l’ai interrompu, en francais !

 

Je me suis raidie d’un coup, debout subitement, j’allais chercher mes clopes dans mes appartements. Fallait pas s’éterniser…

 

 

***

 

Il était complètement captif de mon apparente audace, je me demandais même s’il aurait l’initiative de me suivre.

 

***

 

Game, l’ami américain, il marchait derrière moi, dès qu’on a tourné l’angle du couloir pour être cachés de convives égarés ou peut être même des domestiques, il m’a plaquée brutalement contre le mur le p’tit bâtard qu’il n’était pas. Il a croqué mon cou et frotté sa queue dans mon derrière, il ne semblait pas rassasié mais affamé. Il a agrippé mes seins et il les manipulait pas tendrement, puis il a pressé mon entrejambe à travers mes jeans, fuck. On aurait dit un ogre. Son appétit agressif me turnait beaucoup trop on. Le maudit, y me parlait en anglais dans le creux de l’oreille, y me disait tout ce qui m’attendait et j’aimais ça. Même en anglais. Jai glissé ma langue sur son cou et remonté jusqu’à ses lèvres trop frenchables. Avec cette même langue et je me suis défaite de son emprise, les idées pas à la bonne place. Je ne gérais plus.

 

 

***

 

Je suis sortie de ma chambre, mes Lucky Strike en main, il attendait accoté au mur. Merde yé fucking sex, l’salopard.

On a couru comme des gosses vers le fumoir.

 

***

 

 

Dans une véranda magnifique, luxuriante de végétation exotique ou pas, au fond, sur une terrasse, se trouvait les fumeurs qui n’avaient pas fini de fumer puisque par chance, ça s’intoxiquait au cigare.

Le Ryan tend la flamme de son briquet, vers la cigarette que je porte à ma bouche.  J’inspire de l’air pour mettre le feu à ma clope, le p’tit criss, il hume mes doigts et me jette son regard de vainqueur en pleine face, le bout de ma clope rougit. Il allume la sienne. Je suis galvanisée. Cette fois, on va se faire repérer.

Je fume, ça me calme.

 

***

 

De nouveau attablés, une montagne de desserts nous est présentée, l’opulence, cette fois me fatigue. Je décline tous desserts, mignardises, crémages mous, petites merdasses rosées avec boucles de sucre et autres bouchées. C’est assez. Je suis déjà tannée de tout ce fric, j’ai l’impression que ça ne se peut pas, pourtant j’en profite. Les langues se délient, l’alcool détend les corps repus de tout le monde, les plaisanteries des convives se font moins cul-serrés. Certains se lèvent et d’autres sont assis sur les gros fauteuils de cuir, proche du foyer. Enfin, les personnes sont elles-mêmes. Ryan quitte la table sans rien dire, ni se retourner. Je ne sais pas quoi faire. Le patriarche fait jouer une musique follement sirupeuse elle aussi, mais cette fois j’aime. Il invite sa femme à danser, un dénommé John, charmant malgré sa calvitie naissante, invite Debby. Ils dansent. Le feu dans le foyer dansotte lui aussi. #cartepostale

 

***

 

Adam s’approche de moi et me donne un bec sur le front. Il me sert un verre d’un genre d’eau de vie de pommes du verger que je ne peux refuser. Alors je récolte encore, en pensant que quelques demies-heures auparavant, je me faisais aller les doigts devant le fils américain et que maintenant, il avait disparu. Je commençais à me demander s’il avait été un songe.

 

Pourtant un désir séché me collait encore dans la petite culotte.

 

Je finis par avoir malgré moi avec Debby Père, une discussion imbibée d’alcool, qui m’a fendue le cœur sur les jeunes européens qui partent faire le djihad rejoindre les rangs de Daesh et autres bouffonneries trop violentes pour des cœurs humains. Je me suis tue, le plus que je pouvais. J’ai même essayé de faire avorter dans l’œuf, une conversation dont je ne possédais pas les réponses. Adam me regardait en coin, compatissant. Je pensais au fils volatilisé pour adoucir mes mœurs.

 

 

***

La musique mielleuse jouant, toujours au loin, je me suis engourdie de l’essence de pomme du domaine, dans mon lit en marshmallow, de fausse princesse. Je suis cette fois apaisée, bien, trop paresseuse pour me caresser en pensant à l’amant américain, non consommé. M’en fiche de ne même pas avoir flingué le timing. Je ferme les yeux, admettant qu’il ne va plus rien se passer, anyway, je suis épuisée. L’argent, ça fatigue. Je m’endors, en me disant que tout ça est bien bucolique. Morphée m’emporte avec mes songes de prolo sur les terres du nouveau monde qui rêvent de moissonner le ciel.

 

 

***

 

Dans la nuit, du bruit j’entends, je me retourne dans mon lit, m’y enfonce de toute ma mollesse des profondeurs du sommeil. J’entends un cliquetis de poignée de porte, je me tords le cou. Cette foi,s je n’hallucine pas, un corps se glisse sous mes draps. Whaaaaat ! ? Lui, le non-amant, se couche, dans mon lit, le plus naturellement du monde. Yé game. Pas tant, y sait ben, après tout, que ça me tentait. Chus fatiguée. Y se colle dans mon dos, attrape ma taille comme si on se connaissait.

 

Y sent le feu de bois, d’où revient-il ? J’men fiche. Y plonge sa face dans mon cou, je suis paresseuse et ramollie, lui aussi. On ne baisera pas, fiou. Dernier geste avant qu’on s’enfonce de sommeil dans ce lit, y moule sa main sur mon sein et s’y endort comme un petit gars insouciant. Je retourne à mes rêves de victuailles, lovés, l’un dans l’autre, lui le local, moi l’étrangère.

 

 

***

 

Le soleil des aurores percent les rideaux et tente de caresser nos corps alanguis pour nous réveiller. On se retourne chaque fois, l’un après l’autre pour spooner avec : l’autre.

Le manège dure une heure ou deux. Cette cuillère habituellement post sexe semble être nos préliminaires. Sa main se replace naturellement sur mon sein, chaque fois.

***

 

À un moment donné, après plusieurs fois que sa main englobe mon sein, celui-ci se met à pointer. Même dans cette somnolence du demi-sommeil, la pointe de mon sein se durcissant dans le centre de sa paume, ne lui échappe pas. Cela, ajouté à ce soleil qui nous réchauffe un peu plus à mesure que la matinée s’effrite nous teasent. J’ai souris avec mon cul presque encastré dans ses hanches. Il a alors joué avec mon tits aguiché. Il me titillait et je le sentais souriant lui aussi.

 

 

***

 

R-Y-A-N, Ryan, la sonorité de son prénom et son flegme me sont revenus à l’esprit, un petit frisson m’a parcourue. Il commence à jouer avec mon autre sein et je m’en délecte oisivement. Le souvenir du jeu de dessous de table du souper de la veille a surgi dans ma tête et là ma main jouait de nouveau sur mon clit’ tout aussi délicatement qu’hier soir à table. D’imperceptibles mouvements me procurent le même plaisir que pendant le repas. Ryan me malaxe toujours les seins mais de plus en plus frénétiquement, pas de doute, nous sommes réveillés.

 

 

***

 

D’un coup, il attrape ma hanche, puis mon cul de toute sa main qu’il referme à plusieurs reprises. Comme hier soir, dans le couloir, son appétence semble abyssale. Il est redevenu l’ogre de la veille et la vision du spectacle que je lui avais donné sous la table m’électrise voire me hante d’inassouvissement. Le sexe le plus appétissant que celui qui n’a pas eu lieu, il ouvre tant de portes que l’on ne peut fermer.

 

Quand sa main se glisse entre mes cuisses pour s’y aventurer mais que c’est ma propre main qui s’active qu’elle croise, ça l’a comme endiablé ou fâché, je ne sais guère. Irrité ou excité de savoir que je me jouais entre les jambes, la même sérénade qu’hier soir, il tire les couvertures brusquement si bien qu’un courant d’air fait se durcir mes seins au travers de ma camisole et voler mes longs cheveux qu’il attrape immédiatement. Il les tire fermement comme pour me relever contre lui. Ce que mon corps fait comme sous hypnose. Il scrute tout mon corps de ses yeux, puis sa main suit. Nous sommes à genoux face à face, par mes cheveux qu’il serre, il force mon visage à être proche du sien. Je sens son souffle s’énerver et criss que j’aime ça.

 

Comme il est déjà nu, je peux voir son bat se relever doucement. Je me délecte d’assister au moment parfait de ce spectacle. Le timing me gâte encore. J’allais peut être pourvoir enfin arrêter de le détester. Ce bouffon.

 

Son sexe se gorge de sang sous mes yeux et je voudrais déjà l’engouffrer dans ma bouche «morfale». Il retire nonchalamment mes vêtements avec tant d’impatience que j’en échappe un petit cri d’effroi, mêlé de désir quand il m’allonge dans le lit toujours par la poignée de cheveux avec laquelle, il me dirige. Il me déleste de ma petite culotte plutôt agressivement et un autre petit gémissement se fait entendre. Ce dernier l’allume direct, c’est évident. Il plonge son regard de gars trop sûr de lui dans le fond de mes yeux, questionnant mon niveau de fébrilité. Il a vu ce qu’il a vu.

 

Me tenant toujours par les cheveux, il me ramène vers lui, ne quittant jamais mes yeux du regard, il plonge un de ses doigts entre mes jambes. J’ai fondu, je pense. Il n’a pas eu besoin de tester la zone, elle était prête à recevoir son hôte, tellement j’en crevais d’envie.

Il admire désormais son égo dans mes yeux à chaque secousse de ses doigts en moi. Les spasmes que je lui offre, sont la flaque d’eau dans laquelle Narcisse peut s’admirer. Et la vue est sismique. Je n’ai pas fermé les yeux une seule fois, tellement le jeu nous stimulait, voyeurs que nous étions.

 

Il lâche soudainement mes cheveux, je me précipite de saisir son bat dans mes mains et visite de ma langue ses couilles. Je continue tant que je peux de le fixer dans les yeux. Ça le rendait fou. Je continue de me promener sur son entrejambe désormais humide de mon appétit, avec mes mains. Je goûte son gland d’américain et glisse mes lèvres sur son membre pétri d’envie. Je glisse si facilement, il semble rentrer entier dans ma bouche, si aisément et en ressortir et y rentrer à nouveau comme un jeu d’enfant. Enfin, il lâche ses cris de gars victime de trop de légèreté. Je glisse à nouveau ma main entre mes jambes et pareil, presque rien à faire pour que je sois sur le bord du précipice.

 

***

 

Alors que sa queue est dans ma bouche, que je me doigte, que nos respirations sont enlevées, on frappe à la porte. Fuck.

« Le déjeuner est servi Sherifa, habille toi, amène ton cul à la salle à diner » dit Adam.

Va-t-il ouvrir la porte ? Re-Fuck

Curieusement, je n’arrête rien et continue de regarder Ryan avec insolence, son bat entre mes lèvres. Il ne sait plus comment respirer. De toute façon, mon cul est trop occupé pour se précipiter sur des pancake, même maison.

On ne répond pas. Fuck yeah.

 

Ryan a bien assimilé la technique du pognage de cheveux et son efficacité. Il en saisit une poignée et me sort du lit. Je l’entoure de mes cuisses, je sens son bat raide et lustré comme un cœur qui bat entre mes jambes. Cette pulsation me fait immédiatement fourmiller la plotte d’empressement. Il m’assied sur le rebord de la fenêtre et ouvre les rideaux. Le soleil remplit la chambre dominicale, me chauffe le dos et surexpose Ryan, Amen.

 

Il se retourne et attrape, je ne sais quoi dans ses pants ou plutôt je sais très bien quoi.

Il se rassied sur le coin du lit et me regarde. Je le regarde. Nous prenions le temps d’observer le corps de celui que nous allions consommer, une autre forme de bénédicité, me dis-je.

 

Il commence à prendre son sexe dans ses mains et fait et aller et revenir cette même main. Je regarde le fascinant spectacle faisant aller mes yeux de son bat à ses yeux.

 

Toujours assise sur le rebord de la fenêtre, je glisse à mon tour ma main entre mes jambes que je place dans un angle à offrir, un spectacle retour à Ryan. Aux premières secousses de plaisir que je me suis prodiguée, Ryan a augmenté la cadence de cette branlette de l’Action de Grâce. Et le jeu de nos regards cimentés a recommencé. En plus d’être voyeurs, nous exhibions l’un à l’autre, notre plaisir personnel décuplé par celui de l’autre et celui à venir, quand nos sexes rentreraient enfin dans celui de l’autre. Enfin.

 

Je rentre deux de mes doigts dans mon sexe trop prêt et j’essaye de ne pas fermer les yeux. Je compense par des sons et des souffles de plaisir. J’entends le claquement des mains de Ryan sur son membre. Je regarde ce bruit. Je m’imagine ce bruit entre mes jambes me rentrer dedans et là une belle décharge électrique me soulève et se propage dans mon bassin. Ryan regarde la décharge aller et venir de mes doigts sur mon entrejambe. Il me regarde, les cheveux en bataille, le visage perdu, le corps assoiffé. L’axe de nos regards était clairement un vecteur de notre jouissance à venir. Ne pas fermer les yeux. Ne par fermer les yeux. Fixer Ryan. Ryan me fixait lui.

Il continuait de se branler. Ne pas fermer les yeux. Il ne fallait pas aller trop loin. Je commence à avoir les paupières lourdes de tant de légèreté. Ne pas fermer les yeux. Je lâche cette fois un son de jouissance évident. Ce son semble se répercuter sur Ryan, qui gémit aussi.

 

Au moment où je ferme les yeux, Ryan se lève, attrape mon corps et m’alite, déjà armé du condom, attrapé plus tôt. Il me rentre dedans et là, les deux, fuck, on ne se regarde plus, on ferme les yeux. Exploiter notre jouissance à son maximum devient l’essentiel. Il continue par ses coups de bassin à me faire profiter de mon corps. Je sens sa verge prendre place et je m’en régale. À l’entendre, lui aussi. Il me retourne, je l’enfourche et descends mon sexe le plus loin possible pour que son sexe s’engouffre le plus profond possible. Je comprends que l’énergie de mes coups de bassin se dissémine dans le lit trop mou de luxe champêtre. La mollesse du matelas sabote notre étreinte en l’absorbant.

 

Je me lève alors, m’accoude à la fenêtre et présente à Ryan mon derrière bombé. Ce dernier comprend trop bien l’invitation.

 

Il s’introduit une dernière fois :

frissons partagés, pognage de cheveux, accélération du rythme, rentre sort, rentre sort, deux corps qui se crispent, pulsations, souffles de plaisir, corps qui s’allègent, sons de jouissance…

Qui va venir en premier ?

Moi.

Parce que Ryan glisse sa main, sur mon sexe et y fait circuler deux de ses doigts, en plus de son pen qui me remplit chaque fois mieux.

 

Je regarde par la fenêtre les hectares de la propriété et je jouis par dessus les vergers. Tous ces pommiers, c’est magnifique. Je ne me prive pas pour faire écho de cette jouissance à Ryan. Je me soulève sur la pointe des pieds.

 

 

Je reprends un souffle décroissant dans la jouissance de Ryan, il vient. Il ne se prive pas non plus pour venir sur tous ces pommiers. Tous ces fruits défendus, c’est magnifique.

 

***

 

 

On laisse nos souffles décroître ensemble, encore un peu l’un dans l’autre, en admirant la vue de cette chambre, le soleil dans face.

 

 

***

 

Au petit déjeuner, presque tous les convives de la veille ,plus ou moins frais. sont de nouveaux attablés aux mêmes places. Un buffet adjacent à la table regorge honteusement de victuailles, gaufres, fruits, lard et autres merveilles à se mettre dans le gosier. Les tasses de café chaud, fument.

 

Je suis d’une humeur ensoleillée et Adam le voit, il me questionne du regard.

 

Tout semble aux pommes ce matin, tartes aux pommes, compote de pommes, crêpes aux pommes, jus de pommes, toutes des pommes du verger !

 

Ryan s’assied, en face de moi, porte sa tasse à sa bouche, la repose, le nuage de lait voile sa face mais au travers, je vois qu’il me jette son regard satisfait dans la figure, ne pas se fixer des yeux, ne pas se fixer des yeux, il renifle ses doigts, l’insolent.

 

***

FIN

 

-Sherifa Tarasse

Sheriffa Tarasse

2 Comments

  1. Fred
    August 3, 2015

    Wowwwww!!!!

    Est-ce normal que je suis inspiré???

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  2. Laurie
    August 18, 2015

    C’est définitivement un des meilleurs articles du site. J’y reviens tout l’temps. Pis j’en reviens jamais. Merci ben!

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