Illustration de Marie-Anne Dubé

Illustration de Marie-Anne Dubé

 

Ah! Ces professeurs sensibles aux qualités de leurs étudiantes. Comme ils savent user de leur douce plume pour les encourager dans le droit chemin. Ils sont beaux leurs discours de mots éducateurs et de sons didactiques, qui soufflent dans les voiles de leur ego autrefois fois blessée dans les cours d’école de leur jeunesse. Comme il a été long le chemin vers le devant de la classe, vers ces regards de jeunes filles avides de connaître. Ces brebis sans berger ne demandant qu’à être entraînées dans les sentiers de ces connaissances qu’ils maîtrisent si bien. Ce savoir, comme unique soldat de leur armada, est l’arme de séduction massive. Le cœur de cette jeunesse s’émeut toujours davantage sous le doux effet de l’apprentissage. Pour eux, rien n’est plus excitant que de voir ces douces mains s’élever au-dessus de la classe pour formuler avec de rondes lèvres des questions dont ils connaissent les réponses. C’est que ces professeurs ont un désir de partage si fertile, qu’il pourrait offrir bien plus que les notions du plan de cours. Alors, l’élancement s’en prend à leur entrecuisse, lorsqu’ils lisent dans les yeux qui se tiennent devant eux, une envie orientée autrement que sur leur savoir.

Le soir venu, dans la solitude loin de la lumière des salles de classe, ils comprennent que tout n’est que tromperie. Que ces jeunes filles préféreront toujours l’intimité des compagnons de leur âge. Ces professeurs traceront sur les travaux de ces étudiantes la marque de la meilleure note, comme unique témoin leur jouissance consommée.

-Douce Poitras

Douce Poitras

 

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