Illustration de Cindy Beuhlah

Illustration de Cindy Beuhlah

 

Viens avec moi.

Viens, on va danser. S’enlacer, fort, jusqu’à ce qu’on ait l’impression d’exploser. Essayer d’attraper les papillons qui nous volent dans le ventre. Les libérer. C’est petit un estomac, t’sais. Faudrait leur donner de l’air. Viens, on va les attraper dans nos filets. Viens, on va cueillir des fleurs aussi. Tu vas me faire un bouquet, ok? Les mettre dans mes cheveux, et elles vont tenir, même si j’ai les cheveux fins et trop doux. Elles vont tenir, les fleurs que tu me mets dans les cheveux parce que c’est toi qui les auras mises là. Parce que tu fais des choses magiques. Tu fais des choses spéciales que personne d’autre ne sait faire. Viens! Viens me conduire. Emmène-moi où tu veux. Roule dans un décor sans fin. Pointe-moi des choses et dis-moi tout ce que tu sais sur ces choses-là. Viens avec moi, te baigner nu dans le lac. Comme s’il n’y avait que toi et moi. Comme si personne n’existait autour de nous. Regarde-moi retirer mes vêtements, délacer mon maillot, tout enlever. Remarque la chair de poule qui envahit ma peau, mon souffle court causé par l’eau glacée. Viens! Viens me réchauffer. Non, ne m’arrose pas. Viens juste m’enlacer. Fort. Jusqu’à ce qu’on explose. Tiens-moi, ne me laisse plus partir. Fais abstraction de la température et de la pluie sans fin. On est notre propre soleil, ok? Viens sous l’eau, il fait chaud ici. Laisse les poissons nous frôler. T’inquiète pas, ils sont doux et ils rient avec nous. N’hésite pas, ne doute pas. Je suis là. Ça ira. Viens! Prends-moi. Mes pieds ne touchent plus le sable fin ni les algues. Ta peau sous l’eau devient mon refuge, mon seul repère. Je m’accroche à tous tes membres. L’eau noire en dessous de nous est censée me faire peur. D’habitude, j’ai peur. Mais pour la première fois, je n’ai pas peur de ce que je ne vois pas. Parce que t’es là. Mais je fais semblant d’avoir peur pour m’assurer que tu ne me lâches pas. Alors tu me sers. Fort. Tes doigts s’enfoncent dans ma peau, sous l’eau. Je te sens dur et droit. La seule chose que je veux, maintenant, là maintenant, c’est que tu entres en moi. Viens, entre en moi! Embrasse-moi, avale-moi. Si tu me lâches, je coule. Tu es beau. Avec tes cheveux humides collés sur ta nuque. Je pourrais te regarder sans arrêt, sans me tanner, sans m’ennuyer. Serre-moi et entre en moi. Continue et surtout, surtout, n’arrête jamais. Il n’y a rien de meilleur que de te sentir en moi. Laisse les algues monter à nous, laisse-les nous envelopper. N’aie pas peur. Je suis là. Embrasse-moi, parce que chaque baiser avec toi est comme le premier. Et tu n’auras plus peur. Entre en moi, soulève-moi, agrippe-moi. Ne pense plus à rien d’autre que nos deux corps qui flottent dans l’eau, comme s’il n’y avait plus de gravité, comme si on volait. Fais-moi l’amour. Dis-moi que tu m’aimes. Non. Ne dis rien. Laisse nos gémissements de plaisir parler à notre place. Laisse le son des vagues le dire pour toi. Je vais les écouter, je vais tendre l’oreille. Ne t’inquiète pas, je le saurai que tu m’aimes. L’eau n’est plus froide, tu as remarqué? On l’a réchauffé avec nos corps qui s’aiment, nos corps soudés. On ne se laissera plus partir, ok? De toute façon, nos jambes ne peuvent plus s’empêcher de se tortiller ensemble. Tu as remarqué? Ce n’est pas de notre faute, on ne fait pas exprès. Nos doigts n’ont plus le choix de s’entremêler tout le temps maintenant. Ma peau doit se fondre à ta peau, tout le temps. Je ne peux pas faire autrement. Et toi non plus. C’est vrai, hen? On voudrait rester dans ce lac jusqu’à l’infini. C’est devenu notre maison. Avec toi qui viens en moi, qui m’arrache la peau avec tes dents. J’ai même pas mal. Parce que la seule chose que je veux dans tout le monde entier, c’est que tu m’arraches la peau avec tes dents en venant en moi. Que tu ne me lâches pas, que tu me tiennes fort contre toi. Alors, on reste ici. Jusqu’à tant que notre peau fripe. Ok? Moi, ça ne me dérange pas en tout cas. Si toi tu veux, je vais rester ici avec toi.

Et les fleurs que tu as mises dans mes cheveux tiendront pour toujours.

Et les vagues me diront que tu m’aimes sans que tu aies besoin de parler.

Et le décor devant nous sera sans fin.

 

-Gamignonne

GAMIGNONNE

4 Comments

  1. Chéry Poppin'
    November 20, 2014

    Wow…

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    • Chéry Poppin'
      November 20, 2014

      Frais et touchant.

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  2. Chéry Poppin'
    November 20, 2014

    Frais et touchant.

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  3. Cath
    December 5, 2014

    J’aimeeee

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