Illustration de Simon Roy

Illustration de Simon Roy

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Ariane fréquente deux amants en même temps.

Dominic, le gars qui joue du drum dans un band rock bipolaire (des fois plus métal, des fois plus indie, un espèce de drôle de mélange qu’elle n’a jamais pris la peine de comprendre puisque la seule chose qui l’intéresse, c’est ses muscles qui se contractent et sa sueur qui perle sur le bout de ses cheveux sales quand il joue.)

Et Francis, le gars qui fait du BMX et qui s’est récemment séparé de la mère de ses deux petits jumeaux de 4 ans.

Elle n’en aime aucun des deux. Mais les baises sont bonnes et elle n’a aucunement l’intention d’en finir avec ces deux relations très satisfaisantes.

Tous les lundi, Francis va porter ses deux gamins chez l’ex et débarque chez Ariane, la libido dans le tapis. Il lui dit à peine allô qu’il a déjà une main dans sa petite culotte. À chaque fois, ça commence comme ça. Ils ont été clairs dès le début, ces deux-là se voit juste pour le sexe et ça fait bien leur affaire. Parce qu’au final, ils n’ont pas grand-chose à se dire. Leur seule complicité se passe dans le lit (ou sur la table, ou dans le salon, c’est selon.) Francis a donc déjà la main dans la culotte d’Ariane et un doigt dans sa bouche. Il la soulève et la garroche (littéralement) sur son lit. Elle adore ça. Et il le sait. Souvent, il ne prend même pas la peine de la déshabiller, mais cette fois, il a envie de peau; voir de la peau, gouter de la peau, sentir de la peau. Alors, il lui arrache (pratiquement) tous ces vêtements et se perd la tête entre ses deux jambes. Tout va tellement vite. Ariane n’a pas le temps de comprendre ce qui se passe qu’elle gémit déjà à en rendre les voisins jaloux. Francis adore ça (surtout que depuis qu’il est papa, son ex s’était toujours retenue de faire du bruit pour ne pas réveiller les bambins). Et il sait comment faire jouir Ariane, il a trouvé sa faiblesse et il appuie dessus, jusqu’à ce qu’elle soit sur le bord de l’orgasme, qu’elle s’accroche partout où elle peut et qu’elle lui arrache (presque) les cheveux de la tête, puis il arrête. Il adore le look bad semi-je-vais-te-tuer, semi-continue-mon-esti qu’Ariane lui lance à chaque fois. Puis il recommence, puis il s’arrête encore, puis il recommence. Ça le fait sourire. Bref. Il finit par faire jouir Ariane qui le gratifie d’une abondante coulée de cyprine qui inonde ses doigts. Il adore ça. Alors qu’elle se remet à peine de ce délice, il la retourne, sans précaution, pour la prendre par-derrière. Sa position préférée (à elle et à lui). Il entre en elle, direct. Puis… s’arrête sec.

-Quoi?

-T’as des marques dans le dos.

-Quoi, des marques?

-Y’a un autre gars qui t’a toute grafigné le dos.

-…

Francis ne voit pas le visage grimaçant d’Ariane qui prend deux secondes pour trouver une bonne menterie pour le calmer, mais elle n’y arrive pas. Pendant ce temps, il se retire d’elle et lui mord violemment une fesse. Ariane hurle et se débat pour tenter d’arrêter son supplice.

-Qu’est-c’tu fais là, %$#@!?

-J’le met au défi.

Mercredi, c’est la soirée de congé de Dominic. Pas de pratique de musique, pas de cours à l’université et pas de quart de travail à l’entrepôt. Il débarque toujours chez Ariane avec une bouteille de gin et de la nouvelle musique à lui faire entendre. Après quelques gin-soda-citron et plusieurs découvertes musicales, c’est à son tour d’avoir une main dans sa petite culotte. Un peu moins sauvage, Dominic l’embrasse doucement en lui mordant (délicieusement) les lèvres. Elle adore ça. Debout dans sa cuisine, elle ouvre sa braguette, sort sa queue déjà bien dure et s’agenouille pour la mettre dans sa bouche. Il capote (terriblement) sur ce petit jeu qu’ils ont maintenant l’habitude de vivre tous les mercredis soirs. Mais Dominic ne peut jamais tenir longtemps alors il lui demande (déjà sur le point d’exploser dans sa bouche) de se déshabiller. Elle s’essuie toujours les lèvres en le fixant dans les yeux puis se déshabille (rituellement) devant lui. Et il adore ça. Mais là… Elle porte l’imposant bleu de Francis, devenu noir, sur sa fesse gauche. Elle attrape donc la main de Dominic et essaye (sournoisement) de sauter cette étape. Elle n’a même pas le temps de tenter de l’attirer vers son lit, qu’il la retient.

-Tu t’déshabilles pas?

-…

Ariane n’est pas bonne pour mentir. Quand elle fige et reste silencieuse, c’est signe que quelque chose ne va pas… Et tous les gars le savent.

-Qu’est-c’qui a?

-…

Honteuse mais honnête, Ariane se déshabille hâtivement et lui montre sa fesse. À sa grande surprise, il rit.

-Ha ouin, hein?

-…

-Tu le vois-tu souvent, lui?

-Des fois.

Comme si ça avait éveillé encore plus son désir pour elle, Dominic se met à l’embrasser farouchement. Leurs cheveux dans tous les sens, la chemise à demi déboutonnée, les pantalons aux chevilles, Ariane n’a pas le temps de se rendre compte de rien qu’elle est étendue par terre alors qu’il la pénètre (plus) intensément (que d’habitude). L’urgence de Dominic a un drôle d’effet euphorisant sur Ariane. Elle se fait baiser et sourit jusqu’à ce que la douleur lui coupe le souffle.

-Aouch! Qu’est-c’tu fais là?

Dominic, tout en continuant d’aller et venir en elle, lui pince cruellement l’intérieur des cuisses. Ariane hurle et se débat, mais elle est prise sous le poids de Dominic qui se délecte de sa réaction désolante.

Déjà, trois petites marques rouges se dessinent entre ses jambes. Ariane ne peut pas y croire : la guerre est véritablement déclarée entre ses deux amants! Et on dirait bien que ça les allume parce qu’elle n’a pas le temps de dire quoi que ce soit que Dominic est à nouveau entré en elle, mouillant généreusement son pouce pour l’enfouir entre lui et elle et la faire gémir jusqu’à l’orgasme.

Samedi. Francis a payé une gardienne pour pouvoir aller au party de son meilleur ami. Il débarque chez Ariane afin de bien commencer sa soirée. Déjà sur son lit, Francis plonge sa tête sous la longue jupe d’Ariane… puis s’arrête net. Et Ariane sait pourquoi.

-Ha b’en criss!

-Tu l’as cherché!

-Si il veut jouer rough, j’vais jouer rough aussi.

-Fair enough.

Et Francis se met au travail. Après avoir fait naitre le déluge entre les deux jambes d’Ariane, il remonte sur elle et la baise durement. (Elle adore ça.) Ses gémissements excitent Francis, mais pas autant que le petit jeu qu’il a entamé avec cet inconnu qui baise SA fuck-friend. Il la retourne et la prend à quatre pattes. Il lui lèche l’oreille (elle adore ça) et entre deux gémissements, lui demande :

-Tu le vois bientôt?

-Demain.

Satisfait de cette réponse, Francis se redresse et claque violemment la fesse droite d’Ariane, tout en continuant son va-et-vient.

-Ayoye! Qu’est c’tu fais là?

-Je joue rough… Sorry!

Ariane n’a même pas le temps de lever la tête pour tenter de voir l’état de sa peau rougie que Francis lui assène une autre claque brutale sur l’autre fesse. Ariane pousse un cri de douleur (mêlé à un gémissement de plaisir, mêlé à un rire jouissif). Francis, encouragé et excité par le resserrement de la chatte d’Ariane sur sa queue, lui envoie une autre claque bien sentie qui enclenche, à nouveau, un resserrement de sa chatte et un cri (quasiment) hilare. Tout en la baisant, Francis se penche à nouveau sur elle en lui  mordant vigoureusement l’oreille.

-T’aimes ça hein?

Ariane, confuse entre la douleur et le plaisir, lui répond d’un sourire malicieux.

-Ma p’tite criss!

Avant de la retourner sur le dos, Francis lui envoie deux autres violentes fessées. Puis il lui mord le bout des seins. Fort… Très fort!

À cet instant, Ariane ne sait pas encore dans quelle game elle vient de s’embarquer, mais elle adore ça. L’idée de ne pas savoir avec quelles genres de marques elle finira ses nuits avec chacun de ses amants l’allume follement.

Son corps est devenu le terrain de jeu de ces deux hommes.

Et le match sera serré.

- Gamignonne

GAMIGNONNE

1 Comment

  1. Marie
    April 1, 2015

    J’aime ton style d’écriture, il est vrai et tu réussis à transmettre la vibration des émotions en mot !

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