Illustration de Mathieu Potvin

Illustration de Mathieu Potvin

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Bon sérieux, chuis là accoudée au bar (j’adore les comptoirs, dans une de mes vies antérieures j’ai dû être tenancière d’une auberge voire d’un bordel dans les bas fonds de la Nouvelle France quand les «sauvages» fricotaient déjà avec les Français. Miam. À cette époque, j’ai dû me faire tringler une couple de fois sur un comptoir, les jupes relevées et ça reste inscrit dans le corps ces choses-là, I guess. J’ai toujours eu un kick sur Samuel de Champlain en plus. OK STOP) faque comme je disais, j’tais accoudée à ce comptoir qui me fait déjà de l’effet visiblement, pour fêter l’anniversaire de ce type Fred. Fred, c’est un chum ou plutôt une connaissance, car avec sa carapace, je peux pas dire qu’après ces quelques années je le connaisse en fait. Y fait partie du cercle d’amis et ça, ça veut rien dire. Y m’attendrie le Fred avec son gros bide et ses jokes d’andouilles.

Bref, même si chuis pas fière-fière, ce soir je suis venue pasque j’ai vu dans la liste d’invités de l’évent son nom (pas Fred, c’est sa fête, un autre nom). Je confesse. Je trippe sur lui depuis que je l’ai vu, pourquoi j’en ai aucune idée. C’est mon amoureux de l’époque dont j’étais très éprise qui me l’a présentée dans un festival. L’angoisse, il m’a plu de suite. Ça fait des années que je le croise. Je ne sais même pas ce que je lui trouve mais je lui trouve quelque chose. Il est toujours là, discret mais présent et élégant, comment y fait ? Il parle peu mais quand il l’ouvre, il est plutôt opiniâtre et ça, ça me fait fondre. On s’y attend pas pasqu’à priori, y look petit bourgeois qui fait des conneries en cachette. Ouin, y me fait de quoi, fait chier. Lui-dites pas. Bref, on s’en branle de tout ça, il a pas mal de cheveux piiiiis…. J’ai envie de les lui tirer, quand je pense à lui ou quand je le vois, c’est ça qui compte.

On a jamais vraiment été célibataire en même temps mais ce soir oui. Je le regarde, il me plait, c’est pourtant simple, bref, c’est un chassé-croisé un peu nul.  Pis y’a le doute qui fait qu’on s’approche pas. EN FAIT MA QUESTION C’EST FAUT TU QU’UN GARS SOIT SAOUL POUR FAIRE UN MOVE ?

Pasque c’est toujours moi qui fais les moves, alcool ou pas. Moi aussi, j’ai envie de me faire cueillir, nenon, de me faire coincer contre le mur. J’ai envie de ne pas pouvoir m’extirper tellement tu banderais pour moi. Dis-moi donc ce que tu me ferais en me regardant droit dans les yeux. Je ne serais jamais la fille qui serait effarouchée de ton désir même le plus cru soit-il. Parle-moi de mes seins, d’ma nuque ou mon tits que t’es déjà en train de pincer. Texte-moi sur ma bouche dans laquelle tu veux t’enfoncer…  Ça me ferait bander et toi tu mouillerais de ma bandaison, tu verrais comment c’est le fun mouiller. Je te jure wallah!

Ça me turnerait tellement on un gars qui me cruiserait cash à jeun aussi. Des p’tites phrases directes et sexues, lâchées à des moments inopportuns, ça me ferait perdre mes moyens.  Genre commencer à mouiller en pleine matinée alors qu’on organise une réunion plate, dans un bureau de verre et d’acier style la Financière Sun Life. Rien de bien bandant. Si tu me disais ces choses qui me font rougir quand t’es pas pétri d’alcool je te dis qu’après ça, j’m’appliquerais en criss pour te sucer. Full salive et langue volontaire. Je te dis pas la baise que ça laisserait présager. Mais non faut attendre que tu sois saoul garçon. Platon a dit que l’alcool faisait fondre les glaces. Good news au moins c’est pas pasque t’es imbibé que tu veux me déshabiller c’est pasque t’es plus pris dans tes propres banquises.

Mets-moi toute nue moi aussi quand tes pas chaud. Please!

Moi, je te désire à la laverie, à la pharmacie, dans l’autobus et même au Coscto. Imagine un texto, 10h du mat ou tu me dis que tu veux me lécher jusqu’à me sabler le clit’ pis moi chuis au Costo avec une boite de Lucky Charms géante ou Jordans, ça a l’air plus santé.  Ben j’la lâche la boîte pasque, je me liquéfie. Pour toi. J’ai chaud pis j’ai déjà envie de tout te donner de mon cul.

Tu marques un sale point si tu fais ça, tu sais. Tu peux y aller plus élégant, en rafale avec ton style, tente le drôle, j’men fous mais texte-moi ce que tu me dirais si j’étais pas là. Ces p’tits sextos-là y vont directs dans le mille. Ma chatte. Le cerveau un peu. Fuck, le sous-texte que j’te dis.

Texte moi pas juste quand c’est trop tard et que j’ai quitté la fête d’anniversaire, pasqu’il est presque trop tard.  C’est pas que c’est humiliant de revenir sur mes pas pasque, j’en ai envie moi too de basculer à l’horizontale avec toi ou même me faire rentrer entre les jambes par ton bat que j’spote depuis …longtemps je dirais…mais… on peut faire mieux que ça.

On aurait pu se texter pendant la soirée…Ou plus fou de vive voix, tsé comme des humains. S’dire les choses que nos corps respectifs nous inspirent. Une étincelle.

Imagine, comment ça nous aurait teasés, on se serait pas rendu jusqu’à chez toi sans que tu t’introduises dans mon épicentre. On aurait fait un arrêt dans un coin à peine sombre, pis on aurait semi-baisé dans une ruelle de Rosemont, je gage.

Okaaaayyy, j’ai comme chaud dans mon épicentre justement,  j’ai comme vraiment envie là, j’pense que je vais faire une pause ou j’vais m’imaginer te tirer les cheveux. Je reviens dans 13 minutes.

(Profite donc toi aussi de cet aparté pour une branlette short and sweet. Pense aux textos que je meurs d’envie de t’envoyer, pense à ton pantalon qui se déboutonne tout seul,  pense à ma tête entre tes jambes, à ma main qui se glisse dans tes boxers, cette même main qui en sort ton sexe déjà raide de désir pour moi (nice). Pense à ma bouche chaude et salivante sur ton gland et moi qui ne me peux plus de toi. Pense à ma salive qui me fait glisser le long de ton sexe et toi qui deviens plus léger… Ta main dans mes cheveux. Ok je te laisse, have fun. Chacun de son bord. Sinon tu peux toujours me texter!)

Faque qu’est ce que je disais, ha oui j’pensais à ça, t’aurais du me dire que t’avais envie de me baiser en plein après-midi, la fois un on s’est croisé devant le Rachel Berry sur Beaubien (y fait tu son épicerie, là, lui ?) Lâche-moi des p’tites phrases pleines d’hormones sur la rue pas juste dans une pinte.

Bref, la vérité c’est qu’on s’est quasiment pas parlé de la soirée, mais je vérifiais toujours, en me réchauffant les esprits de morceaux de ton corps que tu sois dans mon angle de vision. Histoire de m’assurer qu’une autre fille, te chasse pas de trop près, ha et pour te sauter dessus si tu t’en allais. Dans l’urgence, je me serais dévoilée cash pis ton niveau d’alcool plus avancé aurait aidé. J’ai vu l’eau de tes glaciers fondants couler le long de ton cou.

Tu me turn on turn on….Arghhhh tu me turn on, Because the night… T’es pas encore assez saoul pour faire un move, un sex/lov/pas lov’/french move, I guess. Chaque fois que je te vois, disons croise, j’ai envie que tu me dises des choses désobligeantes impliquant ton corps dans le mien. C’est pas mal ça que je me dis quand j’te regarde pis quand je te parle, je me rends compte que t’es loin d’être con, alors j’ai encore plus envie que tu me rentres dedans, avec ton bat, pis tes mains pis ta langue. Pis que tu me serres la gorge, pis que tu me fasses des bleus. Quand je te vois, j’ai le baisomètre qui monte, pis j’ai chaud dans la plotte. Tu le sens pas ?

Bref, avec ma résolution de plus faire de move ben j’ai attendu d’êtres dans le taxi pour te texter. Lourd. Je te passe les éléments de rapprochement par textos interposés. Fuck le sous-texte que j’essayais de me rappeler. Je l’ai rejoint chez lui, Il s’est trompé d’adresse ce con. Je savais pas que j’aimais les tatoos. Je l’ai su au cours de cette baise-là.  J’aimais, ces fragments de peau bariolés d’encre que je voyais du coin de l’œil pendant nos va-et-vient.

Quand il s’est rendu compte qu’il m’avait texté la mauvaise adresse à cause de ses gros doigts ou d’un taux d’alcool top élevé dans le sang ou pire par lapsus, il m’a rejointe à la mauvaise adresse. Là, quand il s’est approché ben câlisse, il m’a sautée dessus, il était horny à souhait, il avait limite chaviré dingo. C’était pas trop tôt. J’avais pas le contrôle, je pouvais à peine respirer. On aurait dit que j’étais pas là. J’aimais ça. Il était raide avec son corps brusque avec ses mains. J’aimais ça. Il était tendre avec sa bouche. J’aimais ça, un genre de deux pour un. Il me cognait le corps avec ses hanches tellement qu’il se frottait.  Il me parcourait de ses mains qui se serraient fort et il m’embrassait avec la plus grande délicatesse mais salement. Il était encore élégant. Y gosse.

Mon t-shirt déjà pas très grand était roulé et couvrait guère ma peau, mon sous-tif avait disparu, il l’avait fait pété, je ne m’en étais même pas rendue compte. Il me mordait déjà un de mes deux seins, ouch, je basculais la tête en arrière pasque j’aimais trop ça. Il allait vite le p’tit maudit alors j’ai pressé son entrejambe de toute ma main. Il a gémi, il était rendu à ce niveau de fébrilité. On était devant une porte qui n’était pas la sienne et je lui tirais enfin les cheveux. Il a glissé sa main dans mes jeans pis touché le tissu humide de ma petite culotte.

-Tes full mouillée ?

Criss y parle !?

 -Ben c’est quand même un peu pour toi tu sais !

Je pense que j’mouillais pour lui depuis le début de la soirée, probablement depuis que j’avais vu qu’il était attending.

-Si je fais ça, tu mouilles tu plus ?

Qu’il a dit en glissant un de ses doigts le plus profond qu’il a pu.

-Haowwww que j’ai gémi comme piquée par la surprise et l’efficacité du geste. Et le soulagement de savoir que ça se produisait enfin, bien sûr.

Il a commencé à commenter tout ce qu’il me faisait et moi j’avais du mal à répondre par les mots tellement j’trippais pis que je tentais de reprendre mon souffle. Même mon cerveau bandait /mouillait. Ça pour me faire cueillir, je me faisais cueillir… Il était donc ben volubile d’un coup, j’pensais aux textos qu’il serait peut-être capable de m’envoyer un jour et mon désir est monté d’une ostie de coche. Platon avait raison, d’un coup, j’ai trouvé que les nectars (même les plus cheap) d’ivresse de Musset étaient utiles. Peu importe le flacon… J’étais du bord des alcoolos pendant ces minutes-là. Faque, j’ai commencé à parler moi aussi en me reculant.

-J’ai chaud dans la plotte quand je te regarde que je lui ai enfin dit.

Il a souri avec les yeux. Sa langue s’est pincée discrètement entre ses dents. J’étais seins nus,  on était sur saint Joseph  sur une galerie pas devant chez lui. On a pris conscience du décor mais on s’en foutait. Il a sorti son cell pis il a commencé à me prendre en photo moi et mes p’tits seins nus tendus pour lui.

-Capote pas je les instagrammerai pas.

Je capotais pas au contraire. Si mes nichons lui donnait du like why not ?

-Cadre pas ma tête mettons…

-Juste tes cheveux qu’on te reconnaisse y souriait.

Je l’ai poussé contre la rambarde, qu’il a cognée un peu.

-Défais ta ceinture !

J’ai attrapé son cell pour qu’il s’exécute. Ha le p’tit con il était déjà en mode vidéo.

Il me regardait droit dans les yeux en défaisant la fermeture de ses jeans.

-Sors ton bat!

-Enlève ta p’tite culotte !

-Hey, chus pas en jupe !

-T’es jamais en jupe ! Aweille !

J’ai fait glissé mes doigts en moi à la place pasque toute nue sur Saint-Joseph même au premier étage d’un triplex ça me tentait moyen. J’ai ressenti de la pudeur même. Je le filmais. Il glissait sa main contre son membre en me regardant toujours dans les yeux. Attisée, je me suis agenouillée et j’ai léché l’intérieur de sa cuisse en remontant vers ses couilles. Il a saisi le cell et là c’est lui qui filmait. J’ai salivé sur son gland comme dans les textos que je m’étais imaginée lui envoyer au cours de la soirée. Il serrait mon épaule, puis ma nuque, puis tirait mes cheveux. Je ne sais pas pourquoi j’aime autant qu’un garçon me tire les cheveux, alors je me suis encore appliquée plus dans ma fellation. Je gobais son gland et le gâtait comme si c’était mon meilleur ami. Ça faisait longtemps que j’avais  eu envie d’être aussi généreuse. Il filmait et regardait tout cela depuis son écran. Il gémissait le garçon un peu timide. Les glaces étaient brisées et la banquise dérivait. Il lâchait des sons de soulagement, quand il a reçu un texto. Quelle connasse le textait à cette heure-ci ?  Anyway c’est moi qui étais là sur Saint-Joseph à le gâter. Il parlait beaucoup, le souffle court. Je le suçais de désir.

Soudainement, on a entendu le bruit de quelqu’un qui dévalait les escaliers, on s’est mis a courir comme des enfants, semi-habillés nichons à l’air, bat pas vraiment rangé. On a couru jusqu’au prochain coin de rue, j’ai pensé à ma brassière restée là, à la mauvaise adresse. J’ai déroulé mon t-shirt pour me couvrir un peu, son cell était toujours en mode vidéo alors il me filmait et là on s’est embrassé follement. On a traversé la rue et on est monté chez lui. Il était toujours aussi horny, pis moi aussi. Merci Platon. On ne parlait plus du tout, on est monté à l’étage très vite. J’ai eu l’impression d’une ellipse de cinéma pasque en quelques secondes j’étais nue lui aussi, mes mains appuyées contre le mur, lui en arrière. Il me tringlait par en arrière dans un silence religieux entrecoupé de nos souffles profonds qui traduisaient le plaisir de nos corps l’un dans l’autre. Puis le claquement de nos chairs raisonnait dans l’obscurité de la pièce éclairée par les lampadaires de la rue. Le moment était pompeusement cérémonial, les souffles s’accéléraient, il disait juste « J’aime ça » et voilà je venais, il venait. Ça avait l’air éprouvant, il a tiré mes cheveux encore, c’est moi qui voulais les lui tirer, ses cheveux qu’il avait un peu longs pour un garçon de 2014.

Le lendemain matin, chuis partie en lui donnant un bec, de marbre il est resté. Il a peut-être cru que je voulais l’épouser. Pour moi quand t’as passé une partie de la nuit à te lécher et à t’explorer sous toutes les coutures, se faire la bise avant de partir me semble insensé… Mais bon.  Il a pensé donc que je voulais le marier, ou me reproduire avec lui ou pire que j’étais en amour. Mais non. Pis si je le texte après ça, y va capoter maybe. Bref j’ai trouvé ça cave. On s’est tripoté, il m’a spermée dedans pis la faudrait que j’y fasse la bise ou lui serrer la main WTF.

Chuis partie. Il neigeait.

J’ai pas pris de douche pasque  j’voulais garder son odeur de nuit sexue sur ma peau.  J’voulais que tout le monde la sente cette odeur que Je hume, assise en p’tite culotte sur mon lit. J’ai plein de bleus tellement, il m’a serrée les bras, pis les cuisses. Chaque fois que je vais regarder mes bleus mourir dans les prochains jours, je vais avoir envie de que mon cell vibre.

Ce matin avant de filer, j’avais réussi à m’envoyer depuis son cell la vidéo de la veille, pas de texte. Ça commençait avec mes seins nus sur une galerie du boulevard Saint-Joseph, sa boucle de ceinture défaite,  sa main glissant entre ses jambes, la lumière  jaune et rouge des taxis qui passent sur nos corps de va-et-vient, beaucoup de décadrages mais y’avait les sons de nos étreintes, sa volubilité, ses mots qui me rentraient dedans, la fellation elle était cadrée, hors champs y’avait la course, le french, pis pu rien… J’ai repensé à ses tatouages que j’ai découverts cette nuit là. Frisson(s). J’ai eu envie de repartir pour un 13 minutes…

Ma next nouvelle je te raconte la fois ou j’ai sucé Samuel de Champlain dans un caneau pis qu’on a pas eu besoin de se texter et que je me suis appliqué salement pis qu’on voulait pas se revoir pis que c’est pas la bise qu’il ma faite avant que sa barque s’éloigne de la rive… FIN.

PS : Des fois  je pense à lui tirer ses cheveux un peu longs  et j’ai envie de lui texter une adresse au hasard sur Saint-Joseph.

-Sherifa Tarasse

Sheriffa Tarasse

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