Illustration de Marie-Anne Dubé

Illustration de Marie-Anne Dubé

..

.

Chaque 3 mois, je vais faire un effort côté pilosité féminine. C’est loin d’être les moments que je préfère dans l’année, mais après mûres réflexions j’y ai quand même vue plus de pour que de contre d’opter pour un défrichage au laser.

Heureusement, la vie est bonne pour moi, pour faire passer le moment, quelqu’un a un jour décidé de porter attention à la déco de la petite salle des tortures en y ajoutant un gros criss de lustre. Sans mon nouvel ami lumineux,  il n’y aurait vraiment aucun plaisir à se faire gérer l’entrejambe par des jeunes femmes à la peau exfoliée sans imperfection couvertes de makeup cher. Le lustre me fait, de un, sentir comme une princesse, ce qui est sommes toute très chill et légitime lorsque j’ai les founes sur du petit papier glissant qui fait un bruit d’enfer en plus d’avoir les deux jambes écartées. De deux, une fois de temps en temps le lustre se la joue ninja comme un éléphant saurait le faire et réussit à se mettre dans le chemin de la tête d’une esthéticienne trop grande. Dans les circonstances, il ne faut pas m’en vouloir, on trouve son plaisir dans les petites choses. Sorrynotsorry.

À ma grande surprise,  lors de ma dernière visite, j’ai compris que ce calvaire m’était très personnel. En apposant mes initiales sur la feuille antifraude de mon processus d’enlevage de poil, je me retrouve témoin d’une scène qui changera à jamais mes rendez-vous tri annuel. J’aperçois la cliente d’à côté remettre un gros 20$ de tip à son esthéticienne. Moi qui connais peu les rudiments du pourboire, se doute quand même que ce n’est pas coutume de donner le tiers de son budget d’épicerie de la semaine lorsque son traitement d’épilation est prépayé depuis déjà deux Noël. Il m’arrive de donner un 2$, lorsque j’en ai un, ou bedon rien pantoute dans les moments les plus rough. L’indice économique n’est pas suffisant pour mon Sherlock Holmes intérieur, j’essaye d’en savoir plus sur ce qu’il se passe à ma droite.

Du haut de ma pas pire capacité d’analyser le langage non verbal des gens, j’aperçois un clin d’œil venant de la madame visiblement très/trop satisfaite. Oui, un clin d’œil. Je ne pensais pas que cette technique de communication soft cochonne se donnait toujours. Je dois être «out» en ciboire.

J’ai seulement le temps de refermer la bouche que mon esthéticienne qui vient de recevoir son 1,50$ de tip me demande si je souhaite prendre mon prochain rendez-vous maintenant. J’avais déjà beaucoup à gérer, donc je lui ai dit que je rappellerais plus tard.

*2 mois plus tard*

Une repousse gênée me rappelle que je n’ai toujours pas pris mon prochain rendez-vous et que j’suis loin d’avoir résolu le mystère de la cliente trop satisfaite. Je fais une femme de moi et j’appelle. Je mets mon égo de côté et je lui demande de «ravoir» (oh mensonge!) l’esthéticienne aux cheveux noirs qui a l’air russe, mais sans accent, parce que j’étais très satisfaite de mon dernier traitement.

La téléphoniste sans joie de vive a tout de suite eu l’air de savoir de qui je parlais et m’a donc confirmé l’heure et la date du rendez-vous en me spécifiant le nom du sujet principal de mon intrigue : «Nathalia». Je vivais quelque chose de grand.

*Le jour J*

Ce matin là, je me suis réveillée en sachant que la journée allait être spéciale. Pour ajouter un peu de magie, j’ai même pris ma douche avec le savon/crème/parfum/ultra mousse qui coûte cher de ma coloc en cachette. J’ai glissé un 2$ dans mon porte feuille ainsi qu’un 20$, juste pour être sûr… Je voulais être prête!

Je me présente au comptoir et c’est Nathalia, pas de niaisage de réceptionniste, qui m’accueille directement. J’enlève mes bottes, mon manteau, j’ai chaud, j’enfile les petites chaussettes en fantex et elle m’invite à la suivre dans une des petites salles. Pas de chance, pas la salle du gros lustre. Fuck it, cette fois ce ne sera pas pareille, je suis avec Nathalia.

Comme si c’était ma première fois, je reste debout, figée, en attendant ses instructions. Elle m’informe que je dois enlever mes pantalons et mes sous-vêtements pour que l’on procède, qu’elle reviendra dans la salle lorsque je serai prête. Pour être certaine que je sois à mon aise, elle me dit qu’elle cognera doucement 3 petits coups à la porte avant de rentrer.

Je me couche «habilement» sur le lit/table, pants et bobettes en moins. Je dois avoir  l’air débile semi nue avec mon hoodie délavé des Sharks et mes pantoufles en fantex. J’essaie d’enlever les petits chaussons en matériel qui n’existe pas en me tortillant sur le papier qui fait trop de bruit, quand j’entends 3 petits coups timidement frappés (caressés) à la porte. C’est elle! Fuck les babouches en papier-plastique, je prends la pose de la fille qui n’a jamais été aussi à l’aise-confortable-prête-à-toute-du-monde.

D’une voix exquise, elle me demande ce que j’ai choisi. Je ne comprends pas la question. Esti, j’aurais dû m’informer, il est où Watson viarge!?  Ma face de fille qui va bientôt saigner du nez la fait rigoler. Elle dépose son carnet sur sa petite table où les outils de torture ont l’air de servir qu’à temps partiel. Elle s’approche de moi, dépose sa main sur ma cuisse. Elle exerce une pression délicate, mais assumée afin de m’écarter les jambes. Elle plante son regard vert dans mes yeux en y cherchant mon approbation à ce que la rencontre d’aujourd’hui n’ait rien de clinique. Je lui offre tout le consentement qu’elle veut avec le regard le plus érotico-abruti  que j’ai en banque. Elle sourit. Nathalia est belle, en fait magnifique. Nathalia est femme et est FUCKING splendide lorsqu’elle enlève soudainement son sarrau pour me présenter sa poitrine. Des seins ronds, du C je dirais, peut-être plus du B, peut importe, ils sont parfaits. Sa peau est d’une blancheur impeccable, aucun grain de beauté, aucune cicatrice, si je ne l’avais pas à quelques pouces de moi, j’en croirais rien.

Elle glisse ses mains à l’intérieur de mes cuisses. L’endroit où la peau n’a pas de vécu, de la friandise à caresse. Elle me remonte les jambes, je la suis docilement. Elle prend un temps pour me regarder l’entre-jambe, de son point de vue elle ne manque rien. Elle lèche ses lèvres comme si elle s’apprêtait à déguster son met favori. J’ai droit à un dernier regard, et enfin, elle s’approche de moi. Sa langue ne m’avait pas encore effleurée que mon clitoris se démenait comme un fou. Sa langue vient finalement s’appliquer sur chaque recoin, chaque bout de peau a droit à son moment de gloire. Je ne sais pas ce qu’offraient les autres choix dans le questionnaire personnel de Nathalia, mais pour rien au monde je ne serais passé à côté de celui-ci. La bave de la déesse que j’avais entre les cuisses se mélangeait allègrement avec ma propre mouille. J’essayais de penser à autre chose pour ne pas déclencher l’orgasme qui ne se pouvait plus d’envie, mais c’était quasi en vain. Pour être certaine d’épuiser toutes mes ressources, elle s’est glissé les mains sous mon chandail. La paume de ses mains caressait le galbe de mon buste. Ses doigts venaient faire durcir la pointe de mes seins. Si le paradis existe, ça doit ressembler à ça, sinon la vie ne sert à rien.

En exerçant un peu plus de pression, ses coups de langues sont devenus plus lents, plus précis. Chaque léchée venait détrôner la dernière. Son application langoureuse a eu raison de moi. Une chaleur s’est emparée de mon corps, des orteils aux bouts des doigts. Pendant que je frémissais, elle a inséré deux doigts en moi. Sa technique surhumaine a fait durer mon orgasme dans un temps athlétique. Je me suis cambrée, j’ai joui, je suis venue, j’ai souri et j’ai fermé les yeux. Nathalia est restée quelques secondes à me caresser les seins et le ventre. Elle s’est ensuite relevée, a remis son sarrau et m’a dit que je pouvais prendre mon temps avant de  venir la rejoindre à la réception, lorsque je serais prête.

J’ai repris mes esprits et je me suis rhabillée. En me rendant à la réception, j’ai pris soin de laissé mon 2$ dans mon porte feuille et de sortir le 20$ qui me paraissait si légitime, même peu suffisant, maintenant que je venais d’en comprendre le sens. Lorsque Nathalia m’a demandé si je voulais prendre mon prochain rendez-vous maintenant, je n’ai pas eu besoin de prendre mon agenda. Je lui ai laissé toute la liberté qu’elle voudrait pour me mettre à son agenda.

 -Banderas

banderas

 

 

Leave a Reply