Illustration de Amélie Roy

Illustration de Amélie Roy

Elle descendait l’escalier de leur appartement. Il la suivait légèrement à l’écart pour mieux l’observer dans sa robe d’été. Le soleil était sur le point de se coucher, mais la chaleur restait accablante, maintenant la moiteur de leur corps. Au bas de l’escalier, elle se retourna pour l’attendre. Le jeu venait de commencer. Arrivé sur le trottoir, il hésita un instant ne sachant dans quelle direction aller. Il songea à rebrousser chemin et remonter à la chambre; il aurait voulu se laisser choir sur le canapé devant une de ses séries télé préférées. Un peu à regret, il emboîta le pas en direction du grand boulevard qui passait tout près de leur chez eux. Elle le suivit, un sourire amusé se dessinait sur ses lèvres.

  • Je veux que tu prennes mon corps et que tu en fasses ce que tu veux.
  • Quoi?

Elle laissa un court moment passer. Savourant l’étonnement de son copain.

  • Après le souper, je veux que tu me fasses tout ce que tu veux.

Il était confondu. Il la regardait terminer son assiette comme si elle n’avait rien dit. C’était comme s’il avait tout imaginé. Il préféra se taire; espérant qu’elle oublierait ce qu’elle venait de dire. Il avait usé de cette stratégie quelquefois et il était toujours surpris de son efficacité. Il termina son assiette et se leva pour les débarrasser alors qu’elle disparaissait dans la chambre. Il crut que ça y était. Que son esprit volatil avait déjà oublié les quelques mots prononcés pendant le souper. Il eut le temps de nettoyer la cuisine avant qu’elle réapparaisse vêtu d’une de ses robes qui s’arrête au milieu des cuisses. En la voyant, il comprit que son stratège avait échoué. Il la regarda pendant qu’elle enfilait ses sandales et vérifiait le contenu de son sac à main. Il la rejoignit dans l’entrée et ils sortirent.

Le soleil était maintenant complètement couché et la ville semblait s’apaiser. Ils marchaient depuis un bon moment sans qu’aucun mot ne soit prononcé. Lui, ne sachant où aller, elle, le suivant; prise dans le jeu qu’elle a elle-même initié. Ils atterrir dans un parc presque désert. C’était un mardi soir. Il s’assit dans l’herbe alors qu’elle restait debout devant lui bien droite, l’air docile. Il la regarda un instant, puis lui fit signe de s’approcher. Elle s’exécuta. Il pouvait maintenant étendre le bras et l’atteindre. Ses doigts se posèrent sur sa jambe et glissèrent jusqu’à sa cuisse. Sa main soulevait légèrement sa robe et lui permettait de voir son sous-vêtement de dentelle noire, un classique. Il regarda dans les alentours pour s’assurer que personne ne pouvait les voir. Il lui prit la main et l’attira vers lui pour l’étendre sur le sol. L’herbe était encore chaude des rayons du soleil. Elle sentit sa main à nouveau qui redessinait le même trajet le long de sa jambe. Ses yeux se fermèrent, mais elle pouvait sentir son regard posé sur elle à l’affût de ses moindres tressaillements. Ses doigts effleurèrent l’intérieur de sa cuisse, puis poursuivirent leur chemin le long de son ventre. Malgré la chaleur, elle frissonna et les pointes de ses seins se raidirent sous sa robe.

Puis, les doigts repartirent en sens contraire et se glissèrent sous sa robe. Il découvrit son sexe brûlant et déjà humide. Il fit glisser doucement ses doigts sur la dentelle. Elle sentit l’excitation remonter le long de son corps jusqu’à la commissure de ses lèvres qui s’ouvrirent légèrement. Il la retourna sur le ventre et remonta le pan de sa robe. La dentelle moulait le galbe de ses fesses. Elle restait immobile appréhendant le moment où il la toucherait à nouveau. Il devinait l’excitation de sa copine, ça s’était produit tellement de fois sous ses yeux. Sans la toucher, il la regardait se tendre, se tordre presque, sous l’effet de son désir. Son visage se crispait. L’herbe lui chatouillait le visage, mais elle n’en faisait rien. Elle sentit sa main la saisir par le bras et la soulever. Elle était à nouveau sur ses pieds, déboussolés.

L’instant d’avant, elle sentait l’excitation traverser son corps et maintenant elle se laissait entraîner par lui, elle ne sait où. Il y avait un certain empressement dans son pas et il devait la presser pour qu’elle arrive à le suivre. Il la tenait tantôt par la main, tantôt par le bras et puis par la nuque. La guidant comme un funambule sur le point de se réveiller. Ils croisèrent un groupe de jeunes flâneurs qui jetèrent au passage des regards hardis sur ses jambes dénudées. Elle ne les vit pas faire et lui, il les dévisagea pour qu’ils détournent leur regard.

Ils longeaient maintenant le mur qui mène derrière l’unique bâtiment du parc. Là, il l’adossa contre le mur et l’embrassa. La sensation des lèvres de l’autre, pourtant si connue, les fit frémir et contracta leur ventre. Il délaissa sa bouche pour se glisser jusqu’à son oreille. Il lui chuchota brièvement quelques mots, puis se recula. Elle le regarda un instant, puis entreprit de défaire sa ceinture et de détacher son short. Dans son caleçon, son sexe avait durci. Elle le prit dans sa main et puis dans sa bouche. Il la regardait faire un instant, puis laissa sa tête tomber par-derrière. Sa main s’entremêla dans sa chevelure ébouriffée. L’excitation montait et il sentit qu’il allait venir. Son sexe se gorgea de sperme et elle sentit le liquide remonter jusque dans sa bouche. Elle essuya ses lèvres avec le revers de sa main.

  Ils marchaient en direction de leur appartement. La nuit avait apporté une brise fraîche qui refroidissait l’enveloppe de leur corps et l’asséchait enfin. Elle pouvait se presser contre lui sans craindre de rester collée. Elle passa sa main dans son dos et y découvrit une zone d’humidité qui persistait entre ses reins. Il retira sa main et l’encouragea à marcher devant pour qu’il puisse la regarder. Il ne lui avait jamais fait ce coup et elle en fût grandement surprise. Elle marchait maladroitement ne sachant comment jouer le jeu de la séduction avec ce garçon qui la connaissait si bien. Elle jetait parfois des regards par-dessus son épaule pour voir comment il réagissait à ces mimiques qu’elle avait désapprises. Du bout des doigts, il souleva le bas de sa robe pour apercevoir l’une de ses fesses se dandiner. Elle sentit la brise chatouiller sa croupe, ou peut-être était-ce seulement la force de son regard posé sur elle qui venait l’engourdir jusque dans son entrejambe. Le pan de sa robe retomba sur sa cuisse et elle se retourna vers lui. Il se tenait immobile près de l’entrée d’une ruelle qu’elle connaissait bien pour y avoir plusieurs fois cherché son chat égaré. Elle le rejoignit et ils s’avancèrent entre les bloc-appartements. Une voiture était garée près de l’entrée d’une court arrière. Il tenta d’ouvrir les portières, mais le propriétaire n’avait pas négligé de les verrouiller. Il poursuivit son chemin vers d’autres véhicules. Elle le regardait un peu à l’écart. Elle ne croyait pas ce qu’elle voyait. Était-ce réellement le garçon qu’elle avait rencontré plusieurs années auparavant? Il était comme pris d’une énergie qu’elle ne lui connaissait pas.

Toutes les voitures de la ruelle étaient fermées à clé. Il la regarda et comprit que le momentum se perdait peu à peu. Il la saisit et l’assit sur le derrière d’une voiture et lui retira sa petite culotte. Elle ferma ses yeux pendant qu’il lui embrassait l’intérieur des cuisses. Le vrombissement des climatiseurs étouffait ses halètements. Elle avait chaud, la brise n’y pouvait plus rien. Ses joues rougissaient dans le noir. Il s’arrêta pour défaire son pantalon, puis l’a pris pour la descendre sur le sol et la retourna contre le coffre arrière. Il remonta sa robe et ses fesses blanches reflétaient les rayons de la lune. Il n’aurait jamais cru qu’un « moon » aurait pu être aussi excitant. Dans moins de quinze minutes, le jeu serait terminé.

-Douce Poitras

Douce Poitras

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