Le grand écart

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Ce n’est pas que tu m’excites pas. C’est plutôt qu’il y a toujours un certain décalage entre ce que je désire et ce que tu m’offres.

Par exemple. L’autre fois.

On passe la journée à se lancer des regards, qui, pour une raison que j’ignore, n’éveillent les soupçons de personne au boulot. Pourtant, elle est bien palpable cette tension. Je la vois d’ailleurs forcer les coutures de ton pantalon. Il n’est même pas encore 11h.

On fait chacun nos trucs, la journée passe. Puis, à 15h, comme tout le monde, tu en as marre de travailler. Je t’entends marcher dans le corridor qui mène à ma porte. J’aimerais que tu frappes avant d’entrer, mais tu juges qu’on est rendu au-dessus de ces formalités. Tu entres donc. Te voilà dans mon bureau. Tu t’approches de moi, en me regardant avec tes yeux d’une couleur que je n’arrive pas à décrire. Ces yeux-là, j’ai bien de la difficulté à leur refuser quoique ce soit.

Tu pourrais me parler d’autre chose que du travail, mais c’est pas mal tout ce qu’on a en commun.

Ça et le sexe qu’on s’apprête à avoir.

En plein milieu d’une phrase, tu plonges ta main dans mon chandail. Décolleté ou pas, tes doigts trouvent le chemin jusqu’à mes mamelons. Ta main est douce, mais je la souhaiterais rugueuse, comme la main d’un homme qui en a vu d’autres, qui en a arraché.

Même si je t’ai déjà dit de ne pas le faire (au travail), tu ne peux pas t’empêcher de me lècher.

Le visage. Le cou. La poitrine.

Après, j’ai l’impression d’avoir ton odeur imprimée dans la peau. Ça pourrait attirer l’attention des autres. Ça pourrait aussi te donner l’impression que je t’appartiens. Ou pire encore, ça pourrait me donner l’impression que je t’appartiens. Et ça, faudrait pas que ça arrive.

Des fois, tu sautes les étapes. Sans me parler, ni m’embrasser, tu entres tes doigts dans mon sexe comme tu entres dans mon bureau. Sans cogner. J’aurais aimé que tu patientes, mais il y a une partie de moi qui y prend goût.

De toute façon, je préfèrerais que tu m’embrasses avec plus de vigueur, mais tes baisers sont lourds, paresseux et trop humides. Bref, je m’en passe.

Tu m’arraches de ma chaise pour m’adosser à la porte, question de bloquer un éventuel intrus.

Là, tu replonges tes doigts dans ma chatte jusqu’à ce que j’oublie qu’on est dans un lieux de travail. Je sais que je prendrais plus mon pied si je n’étais pas debout, parce que je dois me concentrer à  ne pas flancher des genoux. De tes doigts, tes mouvements de “viens ici” à l’intérieur de moi provoquent quelque chose de pronfondément délicieux. Il se pourrait, justement, que je vienne. Ici.

Je ne jouïs pas tout de suite, mais à partir de mainteant, je me fous du boulot, je veux juste que tu me fasses venir, ne serait-ce qu’une fois. Une première vague de plaisir a raison de moi.

Je m’éffondre, à genoux.

Quel hasard, mon visage est justement à la hauteur de ta queue. Je voudrais tellement prendre mon temps. Te teaser, à fond, toi qui est déjà au bord de l’orgasme. Mais je n’ai pas le temps. Alors que je m’amusais à te lécher le bout du gland, tu prends ma tête et t’enfonces dans ma gorge. Si on n’était pas dans un bureau, je voudrais entendre ces cris que tu étouffes, mais ce n’est pas le cas, alors tu te fais plus discret. Peu importe.

Ton excitation, retenue ou non, je la sens bien et elle me fait mouiller davantage.

Tu te retires juste avant qu’il soit trop tard. Dommage. J’aurais voulu voir ton extase alors que tu répands tout ton foutre sur mes seins.

On entend quelqu’un dans le corridor. En deux secondes, on est rhabillé, assis, discutant autour de mon bureau comme des collègues exemplaires. Les bruits de pas s’éloignent.

Tu contournes le bureau, relèves ma jupe et glissses ta tête entre mes cuisses.

De tes doigts encore humide, tu pousses ma culotte sur le côté, dévoilant ma chatte toute gonflée.

Et là, je souhaite profondément que le temps s’arrête.

J’aurais envie que tu m’embrasses les cuisses, que tu effleures l’entrée de mon vagin avec ta langue, que tu respires chaudement sur mon clitoris.

À la place, tu te précipites directement dans le 1000, avec tout ce que tu as de salive.

Si seulement tu prenais le temps de faire monter l’excitation, tu n’aurais pas à me lècher bien longtemps avant que j’explose de plaisir. Mais bon, on est pas en vacances après tout.

Même si rien de tout ça n’est parfait, j’aime ça. Pas parce que tu t’y prends bien, mais parce qu’on a un secret, parce que tu es en train de me manger plutôt que de travailler et parce que je sais que même quand je te repousse, tu me forces à t’en donner plus.

Tout se précipite, on se retrouve sur le divan, tu enfiles un condom, tu me prends par derrière.

Je sais que tu vas jouïr rapidement, alors je m’empresse d’en profiter. Si seulement je pouvais te regarder en face pendant que tu me pénètres, je pourrais être certaine que c’est bien à moi que ce désir s’adresse. Et ça me plairait.

Mais comme ce n’est pas le cas, je bouge les hanches pour te faire cogner durement contre moi, à l’intérieur de moi. C’est bon. Je recommence à avoir les jambes molles. Je voudrais que tu me tiennes par les cheveux mais tu me tapes les fesses (histoire d’augmenter les risques de se faire prendre ?!)

Tu jouïs.

Aussitôt retiré, même pas encore débandé, tu me parles d’un problème que tu as avec un de nos collègue. En tout cas, moi, je débande solide.

Ce n’est pas que je voudrais qu’on s’enlace dans un profond moment de tendresse symbiotique.

Ce n’est pas que je n’ai pas été tout aussi excitée que toi par cette pause kit kat.

C’est que ce que je désire, ce n’est pas à toi à me l’offrir.

-Lilith

Lilith

 

 

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