Illustration de Juliette Gagnon Lachapelle

Illustration de Juliette Gagnon Lachapelle

Souper de filles. Souper de filles typique, je veux dire. Où on finit un peu chaude, à parler de sexe comme s’il n’y avait plus de lendemains. On parle de nos expériences, nos anecdotes, nos opinions. Que son dernier à elle, il frenchait comme un ado de 16 ans. Que son chum à elle, il aime ça de même pis que ça la turn off. Que vous autres, vous aimez tu ça dans le cul? (Ça, c’est toujours la grande question.) Bref. Pis là, on s’était mises à parler de fantasmes. Elle, c’était les endroits publics. L’autre, elle voudrait se faire attacher ou se faire bander les yeux. Elle, elle rêvait de rencontrer un pur inconnu dans un café, baiser avec puis partir et ne plus jamais le revoir. Là, toutes les filles se sont énervées. Mais t’as pas peur des maladies? B’en non! Moi j’ai entendu des histoires d’horreur, de monde qui ne s’empêchent pas de baiser tout en sachant qu’ils ont une poussée d’herpès. Blablabla. Toi, ton fantasme? Moi? Heee, je sais pas?

Mais dans ma tête, j’me disais…

J’ai toujours été un peu voyeuse. Dès qu’une fille porte un décolleté, je dois me concentrer fort fort pour la regarder dans les yeux. Si tu marches devant moi, que tu sois un gars ou une fille, c’est certain que je te checke le cul. J’deviens lunatique dès qu’un couple se frenche dans mon champ de vision. Je recule les vidéos quand y’a des scènes de sexe. (Ou juste une scène de cruise. J’suis quand même une romantique, malgré tout.) J’deviens excitée comme une enfant quand je pogne, en regardant par sa fenêtre, quelqu’un qui se promène nu chez eux. Pis ça, c’est sans parler de la porno. (D’ailleurs, je m’en tiens loin parce que, d’abord, j’trouve rarement que ça l’air le fun. Le monde est laid pis tout à l’air fake. En plus, je sais que les filles ont mal pis ça m’fait pas triper. Bref, j’préfère quand c’est vrai, un peu maladroit, mais senti.  Malgré tout, je me tiens loin de la porno parce que j’aurais peur que la voyeuse en moi y devienne accro.) La seule vision des corps dénudés, des sexes en érection qui rentrent pis qui sortent, des bouches ouvertes, juste ça, ça me fait mouiller automatiquement. Que ça soit laid, cheap, faux, c’est sûr que ça me tire partout entre les jambes. C’pas de ma faute, c’est parce que je suis voyeuse. J’suis même voyeuse auditive! Des simples gémissements ou le son d’un lit qui craque, ça m’allume et ça me chatouille.

Donc, mes fantasmes :

Voir mon amant me baiser dans le miroir. Voir les mouvements de son bassin. La façon qu’il est penché sur moi. Le voir, de l’extérieur, alors que je suis là.

Regarder un couple qui fait l’amour.

Regarder un couple qui fait l’amour, sans qu’ils ne le sachent.

J’voudrais peut-être b’en essayer les clubs échangistes. Je sais pas, ce genre d’affaires là. Juste pour faire la voyeuse.

Mais tout ça, je ne l’ai pas dit à mes amies de fille, lors du souper typique de filles. Pour ne pas paraître weird ou trop intense. Pour ne pas faire peur, tout court. Parce que je me juge, aussi, peut-être.

J’aurais pu leur raconter qu’il y a longtemps, avec mon copain de ce temps, on était sortie avec, Chantale, une bonne amie. On faisait ça souvent, on s’entendait bien, les trois. Et souvent, ça finissait qu’on se rapprochait. Des fois on se touchait. En fait, c’est moi qui la touchais la première. C’est qu’elle avait des seins énormes. Ça me fascinait. Ils m’appelaient, ses seins. Décolleté ou pas. J’avais envie de les bouffer. De m’enfouir la tête dedans.

Quelques fois on frenchait. C’était doux, ça se faisait tout seul. Elle m’excitait. Voir mon chum la frencher, ça aussi, ça m’excitait. Puis, ce soir-là, à 4h du matin, on mangeait du gâteau au chocolat dans mon lit en riant, en s’embrassant et en se déshabillant. Voir enfin son corps et sentir sa peau. C’était comme si j’avais attendu ça depuis si longtemps. Chaque morceau qu’on lui enlevait me donnait le goût d’en voir plus. Quand on lui a enlevé son chandail et que ses cheveux sont tombés en rafale sur son énorme poitrine encore couverte de son soutien-gorge bleu foncé à motif d’ancre de bateau, j’ai senti ma mouille se répandre dans ma culotte. Et j’ai laissé mon copain lui agripper les seins et les serrer fort. Ça débordait de partout entre ses doigts. Je mourrais d’envie de les voir, ses gros seins. Mais elle m’a agrippée les cheveux puis elle m’a embrassée à pleine bouche. Je voyais mon copain qui contemplait bêtement nos langues qui s’entremêlaient alors qu’il en avait plein les mains, le chanceux. Puis, elle s’est penchée sur moi et s’est mise à me lécher les oreilles et le cou. Elle a retiré rapidement mon soutien-gorge jaune avec des motifs de petites fleurs mauves et elle m’a sucé les seins, presque agressivement tout en promenant ses doigts sur mes lèvres. Mon corps s’est ramolli et je sentais des picotements remonter dans mon bas ventre. Mais j’avais qu’une seule envie : tout voir. La voir, encore à moitié nue, penchée sur moi, en train de commencer son show, le cul en l’air pointant vers mon chum.

D’ailleurs, mon chum, lui, nous regardait, surpris et amusé. Il avait le beau rôle. La place de choix. Celle que j’aurais bien échangée avec la mienne, même si Chantale était en train de descendre vers mon entre jambe, en faisant naitre de violents frissons et laissant des traces de salive partout sur mon ventre. Même si elle était en train de retirer mon pantalon et mes petites culottes à motifs de flocons de neige, même si elle était en train de relever mes jambes puis d’embrasser goulument mon sexe. Même si c’était bon et que je me tortillais déjà de plus en pouvoir. Malgré tout ça, j’aurais changé de place avec mon chum. Mon chum qui nous regardait bêtement et souriant, la mâchoire pendante, avec ce genre de regard hagard, ébahi, un peu niaiseux, du dude qui réalise enfin son fantasme qu’il chérit depuis qu’il a quatorze ans. Il se caressait paresseusement l’entre jambe, par-dessus son jean en nous regardant. J’aurais pris sa place, j’vous jure.

Alors que Chantale me caressait l’intérieur de ses nombreux doigts, pis que sa langue effectuait un tour de force qui me faisait ressentir des affaires que j’avais jamais ressenties. Alors que j’aurais pu juste profiter du moment, de l’excitation causée par le fait que je me faisais manger par une FILLE pis que j’aurais pu lui jouir dans la bouche devant le regard surexcité de mon chum, je pensais juste à ses maudits seins. J’voulais qu’elle enlève son maudit soutien-gorge pis ça m’obsédait.

Alors, j’ai fait semblant de jouir et je me suis défaite de son emprise. Elle était fière. Elle est venue me frencher avec ses lèvres qui sentaient ma mouille. Mon copain retirait son pantalon. Je suis allée vers lui et je lui enlevais son chandail. Restait plus qu’elle avec un top. Mais elle était en feu. Pas le temps de niaiser. Elle l’assoyait dans le fauteuil de notre chambre, s’agenouillait entre ses jambes et entrait direct, sans crier gare, son sexe tendu jusque dans le fond de sa gorge.

Sur le coup, j’me disais fuck, j’voulais voir ses seins! Mais en même temps, j’avais enfin la position qui m’intéressait; celle de la voyeuse. J’ai regardé mon copain fondre, littéralement. Je lui ai fait un p’tit clin d’oeil rassurant quand il a tourné son regard inquiet vers moi. Ça m’excitait trop de la voir lui lécher les couilles sans scrupule, la voir cracher sur son gland rosé et la voir faire aller sa main sur sa verge à toute vitesse tout en regardant mon copain dans les yeux. J’la trouvais cochonne, elle aimait le sexe, ça paraissait. Et puis, elle nous faisait clairement un spectacle, restait plus qu’à en profiter. J’m’en rendais même pas compte, mais j’avais la main contre mon sexe et je me caressais. Fallait bien faire tomber un peu toute cette énergie qui voulait me faire exploser le bas du ventre.

Après une fellation de pro, elle se relevait et chevaucha mon copain. Et là, elle retira enfin son soutien-gorge. Debout à côté de mon copain, j’avais enfin ses gros seins devant les yeux. Ils me semblaient énormes. Chacun devait bien être aussi gros que sa tête et puis merde, malgré ça, ils se tenaient plutôt bien. Ils étaient tout rose, avec des mamelons tout durs qui pointaient vers le haut. C’était de toute beauté. Ses mamelons étaient un peu gros et j’avais jamais touché à ça moi, des mamelons qui sortent autant du sein comme ça. Mon copain semblait surpris, lui aussi. Il frôlait tendrement ses deux mamelons de la paume de sa main. Je le sentais bouger en dessous d’elle, il donnait des petits coups de bassin, mais son sexe se butait à une paire de petites culottes lignées blanche et bleu. Moi, je regardais toujours ses seins qui sentaient les agrumes. Elle m’a encore agrippée par les cheveux et a approché ma tête de la sienne. Elle me frenchait à pleine bouche pis moi je me disais que c’était pas si pire de donner un break à mes yeux qui en avait pris plein la gueule déjà. J’sentais que mon chum lui empoignait et lui embrassait les seins. Moi, ça me démangeait, j’voulais juste les MORDRE.

Mais, elle s’agenouilla à nouveau entre les deux jambes de mon chum puis elle réalisa son deuxième fantasme. Après avoir enduit sa queue de salive, elle lui fit une branlette espagnole. Ses yeux ont convulsé, ça avait l’air tellement bon. Il tripait. Pis moi aussi! C’était quelque chose à voir. Elle serrait ses énormes seins, elle les faisait aller et venir. Moi je voyais juste son gland apparaitre et disparaitre. Elle tendait la langue pour le toucher, de temps en temps, tout en le fixant dans les yeux. Wow. J’étais servie.

Puis il n’en pouvait plus. Il la poussa doucement et se leva. Elle se leva aussi. Il la tourna de bord puis la força à se pencher, les pieds par terre, le cul en l’air, les mains sur le bord du lit. D’un coup, il lui retira sa petite culotte et il la pénétra. Elle gémissait sans gêne. Moi, je prenais la place toute chaude dans le fauteuil et je les regardais baiser. Les mouvements de bassin sur ses fesses qui rebondissaient. Et ses seins, surtout ses seins, qui pendaient sous elle et qui sursautaient à chaque coup que mon chum donnait. Et il se donnait. Il allait vite. Il lui agrippait les hanches. Elle, elle gémissait de plus en plus fort. Un de ses petits pieds se soulevait. Je me disais, mais elle va pas jouir déjà?

J’étais partagée entre la vue de ses seins qui sautaient et le mouvement de bassin de mon copain. J’savais plus où donner de la tête. Et pendant ce temps, je me caressais férocement. C’était trop beau de les voir.

Puis il la fit basculer sur le dos puis il l’a pénétra à nouveau. Elle entoura ses hanches de ses jambes et l’aidait à entrer plus profond en elle. À chaque coup, encore, ses seins volaient. Il la possédait. Il faisait bien ça, mon chum, j’étais fière de lui. Elle semblait avoir de la difficulté à se retenir de jouir. Et lui aussi… Et moi aussi.

Alors, il se coucha sous elle qui la chevauchait. Alors là, de la voir se tortiller et sautiller sur lui, tout en faisant caracoler ses seins à n’en plus finir, j’en pouvais plus. Mon chum les agrippait, tirait sur ses gros mamelons et les serrait très fort. Elle gémissait et souriait de plaisir. Je sentais que ça s’en venait alors je suis montée sur le lit. Je me suis penchée sur ses énormes seins qui bondissaient alors qu’elle montait et descendait avec entrain, la queue bien bandée entre les jambes. Je les ai embrassés, léchés et enfin, mordus. J’étais à quatre pattes, le cul en l’air, les doigts de mon chum en moi. On a joui les trois en même temps.

Puis on s’est évanouis sur le lit. Après qu’on ait repris notre souffle, elle m’a frenchée et c’est là que je me suis aperçue qu’elle n’avait jamais embrassé mon chum pendant tout ce temps. Délicate attention. Elle s’est habillée en vitesse et nous a dit merci, que c’était parfait, ou quelque chose du genre, mais je me souviens très bien qu’elle ait dit : au revoir les amoureux, avant de disparaitre dans le corridor.

On s’est tourné l’un vers l’autre, on s’est souris. On était heureux. On savait qu’on n’allait pas s’en remettre tout de suite. Qu’on en avait pour des jours à avoir de belles images dans la tête. On s’est frenché puis nos mains se sont collées au sexe de l’autre. J’étais encore toute chaude et humide. Et lui, encore bandé.

Mais, tout ça, je ne sais pas pourquoi, mais je ne l’ai pas raconté à mes amis de fille lors de notre souper de filles…

Des fois, il est préférable d’en garder un peu pour soi. Non? 

– Gamignonne

GAMIGNONNE

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