Illustration de Karina Dupuis

Illustration de Karina Dupuis

 

Un soir d’été ou il faisait chaud, mon ami Chris m’avait invité dans un genre de party open house hipster/gay. Dans une immense maison, coin Iberville/Ontario. On était en plein juillet, les gars étaient beaux et j’avais pas eu envie de dormir seul depuis des semaines.

Une heure après notre arrivée, Chris grillait sa troisième cigarette en jasant avec un petit rouquin qui s’appelait Dave.

Le Dave était pas venu seul; il avait trois comparses, dont un grand maigre percé entre les deux narines (comme une vache; j’haïs cette tendance-là, je trouve ça laite en criss). Les deux autres, par exemple, là on commençait à jaser…

Ils avaient une complicité spéciale; le genre de rapport qui nous fait se demander s’ils sont ensemble, ont déjà été ensemble ou aimeraient être ensemble. Ils se chuchotaient des trucs en balayant la pièce du regard.

Le plus grand, avec ses shorts en jeans coupés et son t-shirt ample, a des petites lunettes rondes et minces sur le bout du nez. Il marie parfaitement le look intellectuel avec celui d’un sportif soucieux de son corps, comme en témoigne ses jambes sculptées de gars qui se promène à vélo et qui a probablement couru un marathon dans les six derniers mois. Sans être parfait, par contre; son chandail ample semble cacher un petit ventre de gars qui aime un peu trop la Pabst.

Le plus petit a clairement travaillé fort sur son complexe du petit homme; il fait un peu en-dessous de 5p5. Sa camisole dévoile des trapèzes proéminents et des bras comme ceux qu’on voit dans les livres de bio. Ses fesses bombées et fortes d’un nombre de squats quotidien probablement plus grand que le total que j’ai fait dans ma vie me font songer qu’il doit faire de l’escalade ou un sport du genre.

Anglos, les deux continuent leur messe basse pendant que je jauge leurs corps. Ils semblent chercher quelque chose, ou quelqu’un. C’est mon cue.

« You guys looking for something? ». Le grand répond du tac-au-tac, sans trop me regarder. « Yeah, a three-way. »

Même moi je m’y attendais pas; ma surprise pousse le petit à ajouter.« We always wanted one. Tonight we’re making it happen. »

Francs, clairs, horny. Je me jette à l’eau.

Je commence à parler de banalités avec eux, surtout parce que le grand percé traîne toujours à leurs côtés. Ils étudient à Concordia; Belles Jambes vient du Connecticut, le petit de Vancouver et le percé de Je-M’en-Câlisse.

La police débarque. La maison se vide tranquillement pendant que les locataires demandent à tout le monde de quitter le cour arrière. Chris me jette un regard oblique; il vient d’inviter Dave chez lui. J’hoche la tête et jette un regard à mes deux amis. Le grand percé a disparu; ne restent plus que Belles Jambes (Connor) et le petit (Oliver). Je vais me placer entre les deux et les prend par les épaules.

« Let’s have a threeway, boys »

La ride de tax semble durer une éternité. Oliver est en avant; c’est chez lui qu’on s’en va. Je me retiens de ne pas tâter les mollets durs comme le roc de Connor qui est assis à ma gauche.

On débarque sur Notre-Dame, dans St-Henri. L’appart a un long escalier qui monte. Je demande aux gars s’ils habitent ensemble; non, Oliver habite seul et Connor est dans NDG avec des colocs.

Seul; parfait. Oliver ouvre la porte et me fait découvrir un grand loft ouvert, mur de briques pis toute. Mais je remarque surtout un grand lit king défait, au fond de l’appart.

Oliver, maintenant en beaux boxers courts, s’approche pour m’embrasser pendant que Connor arpente l’appartement, à la recherche de ce qu’il appelle « the right tools for a successful threeway ». Oliver embrasse bien, comme j’aime avec pas trop de langue et des allers-retours dans le cou et les épaules. Je me dévêtis aussi et me retrouve en boxers (je me félicite d’avoir choisi mes plus beaux, qui présentent fièrement mes fesses naturellement bombées.)

Connor revient avec deux verres d’eau.

« Drink up, handsome. It’s gonna be a long night. »

J’avale d’un trait, dépose le verre derrière moi et découvre la langue numéro deux.

Connor embrasse de façon un peu plus agressive, mais je m’en plains pas. J’attrape son cou d’une main pendant que je masse la bosse impressionnante dans les boxers d’Oliver à ma gauche. En parfaite synergie, on se déplace vers le lit king. Le feeling dans mon ventre est tellement fort; je suis comme un enfant dans sa première montagne russe.

Je reste une fraction de secondes hors du lit pour contempler les deux beaux specimens devant moi. Puis, j’enlève mes boxers et montre fièrement l’érection la plus solide que j’ai eue depuis des lunes. Je monte sur le lit et rampe lentement pour rejoindre le paradis.

Je n’ai pas assez de yeux, de bouche et de langue pour ce qui suis. Les baisers, les caresses, les doigts qui se promènent dans le bas de mon dos. J’ai un frisson de plaisir qui me fait me cambrer vers l’avant; Connor en profite pour se placer derrière moi et explorer mon derrière. J’embrasse Oliver, puis je descends tranquillement ma langue vers ses mamelons, puis le bas-ventre. Je sens son érection descendre sur mon cou, puis mon menton, pour finalement arriver à destination dans ma bouche qui en salive déjà.

Y’a longtemps que je me suis pas donné comme ça pour une pipe; je place une main sur la tête de Connor pour qu’il sache que j’apprécie beaucoup le beau voyage qu’il fait faire à mon anus. Mon autre main d’aventure entre les deux fesses de roc d’ « Oliver de Vancouver ». J’ai jamais vu les Rocheuses, mais j’peux pas imaginer que ce soit plus beau que ce que j’ai entre les mains. J’enfonce le magnifique pénis, de taille parfaite pour que je puisse l’enfoncer au complet sans même étouffer un peu, mais à la circonférence satisfaisante.

Connor se donne tellement que, quelques instants plus tard, je change de position pour me mettre sur mon dos pour que je puisse lui rendre la pareille. Je quitte un si beau membre pour deux belles miches blanches, que je pétris alors que ma langue reprend de plus belle sur le bel anus rose de Connor du Connecticut. Connor se penche vers l’avant pour engloutir mon membre à moi, alors qu’Oliver décide de le joindre dans sa tâche.

Deux bouches sur mon pénis; j’ai déjà fantasmé là-dessus mais le vivre, j’aurais jamais cru. Crisse que c’est bon; la barbe de quelques jours de Connor frotte sur mon scrotum et se promène alors qu’il embrasse Oliver, qui n’est pas en reste à côté.

Je stoppe mes deux princes juste avant que je n’explose; Connor bouge vers le côté du lit pour prendre la bouteille de lubrifiant et un condom qu’il tend à Oliver. Connor a « l’air » d’un top, mais j’ai appris qu’il faut rarement se fier à ça. Oliver enfile le condom et se lubrifie, alors qu’il me tend la bouteille pour que je me lubrifie aussi.

J’ai un flash du pénis d’Oliver dans ma bouche et frémis de plaisir à l’idée de l’avoir en moi. Il se place derrière moi pendant que Connor revient m’embrasser dans toute sa fougue. Je suis content de ne pas avoir à prendre son pénis, qui est un peu gros pour moi, mais je me fais un plaisir de le sucer alors qu’Oliver se prépare à me prendre en doggy style.

Oliver me pénètre et je gémis, alors que Connor fait des doux mouvements de bas-ventre pour m’aider à trouver le rythme. Je fais honneur au ratio 80/20 : une bonne pipe n’étant que 80% de bouche; le reste est les mains. Oliver accélère le rythme, je gémis de douleur, qui devient tranquillement un gémissement de plaisir en crescendo.

Les possibilités semblent infinies; quand l’un de nous est sur le bord de venir, on change de position, délayant l’orgasme inévitable. Quand je viens, finalement, je garde les yeux bien ouverts, pour prendre une photo des deux corps et visages magnifiques qui me font face et halètent aussi. Puis, ne restent plus que nos respirations, on s’effondre sur le dos.

Dans ce lit énorme, tellement énorme, après pas loin d’une heure, gisent trois corps ruisselant de plaisir. Je m’endors avec une main dans le cou, deux sur mon torse, et une dernière sur mon bas-ventre.

-Handsome Stranger

Handsome Stranger

 

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