Illustration de Josie Lemieux

Illustration de Josie Lemieux

 

 

 

New York, 13 mars 70

 

My dear Emily,

 

Je me suis réveillé nauséeux ce matin. Probablement l’effet de ce printemps qui n’arrive pas. Le vent est froid et la pluie ne cesse de tomber. Mais ne vas pas croire que je suis dépressif, au contraire, je me plais bien chez Raoul. Hier, après le colloque, il m’a sorti au Continental et j’y ai rencontré un jeune arabe. Je me demande bien ce qu’il faisait là, seul, comme un petit mouton égaré. Raoul a disparu rapidement dans la chambre d’un tigre du Bengale de près de deux mètres tandis que moi, j’avançais vers le jeune homme en désirant me faire les dents. Son regard était perdu, celui d’un drogué sous l’emprise d’une substance aux forces d’une calme brutalité. Je lui ai caressé l’épaule et il m’a répondu d’un baiser sur la bouche. Tu sais comme je déteste les baisers sur les lèvres ; ils sont répugnants. Il l’a deviné et, pour se faire pardonner, m’a fait sentir sa verge sous son corduroy. Le suivre à travers les couloirs était hypnotisant ; il ne disait rien et regardait droit devant lui, sans chercher. Il m’a pointé sa chambre et nous sommes entrés.

Sans plus de cérémonie, il s’est agenouillé et a défait ma braguette. I love cocks, a-t-il dit, sans même me regarder. Oh Emily, qu’il serait indécent de te dire qu’il avala ma queue comme un enfant l’aurait fait d’une sucette. Il tâtait, avec sa langue, les veines gonflées de mon sexe. Mes couilles, il les aspirait sans honte. Il se pourléchait comme un porc. Il baissa mon pantalon et pénétra ma fleur de son majeur. Il fouillait mon cul pour y trouver son petit miel. Il a ouvert un poppers et sa belle queue basanée m’a creusé le terrier. Ses jeunes mains sur mes hanches, son parfum, quels délices ! Je vais te paraître une vieille tante romantique, mais j’aurais souhaité que ce petit animal me suive jusque chez Raoul et qu’il me prenne de cette façon à tous les soirs. Tu te doutes sûrement qu’après m’avoir aspergé de ses sucs, il est parti refaire le même manège à un autre type.

Que je suis ridicule, n’est-ce pas beautiful Emily ?

À bientôt

L.

 

-Libertin Le Manche

Blide Vernàkën

 

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