Illustration de Blanche Louis-Michaud

Illustration de Blanche Louis-Michaud

Quand Grégoire Bertrand ouvrit sa cabane à crème molle au coin de la rue Principale et de la 5e il y a de cela quatorze étés, il avait certes flairé la bonne affaire, le pognon facile et les hivers à se la couler douce, mais il n’avait pas été guidé par l’émoustillante image de ces jeunes filles en jupettes plissées qu’il verrait se succéder année après année dans la petite cabane au toit pointu et qui deviendrait néanmoins sa source de distraction principale, si ce n’est la seule.

Il fut pourtant un temps où les parties de ça-va-ça-vient se succédaient chez les Bertrand à un rythme enthousiasmant et où il leur fallait sans cesse faire nettoyer la moquette du salon. Une époque tristement révolue pour Sylvie, qui en était venue à l’évidence qu’il lui faudrait aller se faire sauter ailleurs, à présent que son pédo de mari préférait passer le plus clair de son temps à tâter le cul de ses employées à peine post-pubères et à guider leurs poignets débutants dans l’enseignement délicat de cet art sous-estimé qu’était celui de bien monter une crème molle sur son cornet, dixit le patron lui-même, fasciné par le dit “art”. Les guillemets goguenards étant ici de Sylvie.

N’allez par contre pas croire que Grégoire Bertrand était homme à baisser son pantalon devant ses jeunes employées en pleine construction de leurs identités, oh non! Grégoire était un gentleman, il savait se tenir! Il n’aurait jamais forcé la main de la moindre de ces jolies gamines, mais s’il arrivait que l’une d’entre elle succombe à l’envie de lui détacher la ceinture – il faut ici mentionner qu’il était plutôt bel homme et qu’il était plus fréquent qu’on ne puisse l’imaginer qu’une jeune fille cherche à se soulager d’un complexe d’Oedipe embêtant ou encore à tester son potentiel de séduction sur un mâle mature plutôt que sur un petit boutonneux précoce de son âge – il n’était pas homme à la repousser au nom d’un quelconque principe bidon et laissait l’apprentie séductrice le prendre maladroitement mais ô combien chaudement dans sa bouche.

Chaque soir, à 21h, Laura, Julie ou alors Émilie sortait fermer les volets couleur pistache de la petite cabane à crème molle, moment sacré pour plusieurs des vieillards installés aux fenêtres de la maison de retraite située juste devant, puisqu’ils pouvaient alors reluquer les nymphettes dans leurs petits costumes blancs en espérant bien fort qu’il fit du vent. Certaines jeunes filles n’hésitaient pas à se montrer les fesses en se penchant à tout moment ou en relevant tout bonnemement leurs jupettes, bien conscientes qu’elles étaient des présences ancestrales installées aux fenêtres de l’immeuble tristounet d’en face. Les jeunes filles avaient bien changées en l’espace de cinquante ans, observaient de haut les ancêtres perchés à leurs fenêtres en soupirant d’aise. Car ce ne sont pas eux qui allaient s’en plaindre.

Derrières les volets clos, il arrivait plutôt fréquemment qu’Anne-Marie, Pascale ou encore Margot s’emploie à déconcentrer le patron occupé à compter les recettes de la journée, dont elle avait entendu raconter par Chloé, Lydie et aussi Bettie, des filles plus vieilles qu’elle, qu’il laissait facilement tomber son pantalon pour ramoner son staff. Ce n’était plus un secret pour grand monde, et c’est d’ailleurs en découvrant des traces de rouge sur les couilles de son époux que Sylvie, franchement dégoûtée, avait cruellement compris qu’elle n’était plus la seule à mettre sa bouche là-dessus et qu’elle avait prestement plié bagage.

Mais quand la naïve Magie-Rosée obtenu son premier job d’été à La lichette lactée, elle n’avait pas envisagé recevoir la visite inopinée de la main baladeuse de son supérieur sous sa jupette. Ainsi figea-t-elle lorsque le 3e jour il fit claquer l’élastique de sa culotte contre sa fesse en la sermonnant de ne pas avoir respecté la consigne: “Je croyais avoir été clair. Toute de blanc vêtue, je t’avais dis! Plus de bobettes vertes je t’en pris”. Magie-Rosée balbutia une excuse en se honnissant intérieurement pour son manque de répartie. Mais lorsque le patron vint, mine de rien, plaquer son sexe dur entre ses deux fesses sous prétexte de l’aider une fois de plus à bien fourrer un cornet de sa crème, elle eut un violent haut le coeur et sut qu’elle ne reviendrait pas le lendemain. Sale pervers vicieux! Si seulement elle arrivait à prononcer ces mots ou à lui balancer ce cornet en pleine gueule, au lieu de jouer les dociles! Ce qu’elle pouvait parfois être molle. 

Ne trouvant aucun potentiel érotique chez la petite nouvelle, franchement trop stiff à son goût, l’écoeurant quadragénaire s’en fut enfin en lui balança ses clés: je ne rentrerai pas fermer ce soir, je te laisse t’en occuper, et celle-ci souffla enfin, soulagée de ne plus sentir le regard lubrique du patron lui glisser lascivement partout sur le corps.

La journée fut plutôt calme jusqu’à ce qu’une voiture lançant du James Brown à tue-tête ne vienne se garer devant la Lichette autour de 20h. En sorti un mec plus vieux qu’elle à la dégaine désinvolte et à la chevelure frivole qui émoustilla instantanément la jeune employée et empourpra ses pommettes.

– Qu’aimeriez-vous monsieur?

– Julien, pas monsieur.

– …. euh, d’accord. Alors je vous sers quoi?

– Vous en avez de la dure?

– Non, juste de la molle.

– Ah, dommage. J’aurais bien pris deux boules.

– Désolée, on n’en a pas.

– Et les vôtres? C’est combien pour les vôtres mademoiselle?

– … pardon?

– Sous votre chandail là, il y a bien deux boules, non? C’est combien pour les lécher celles-là?

Oh là là. Oh là là. Oh là là… Oh là là!!!! Elle savait bien qu’il valait mieux l’envoyer paître, mais tout de même, quel culot! Ça lui faisait tout chaud entre les cuisses, son envie de le laisser entrer par la porte de derrière était manifeste. Le laisser entrer un instant, juste pour voir, juste pour voir ce qui se passerait ensuite. Juste un instant. Un bref instant… Elle était certes déjà déflorée, faisait régulièrement l’amour avec François… mais ça devenait ennuyant. Il lui arrivait de rêver d’une nouvelle peau, d’avoir envie de goûter de nouveaux sexe, de savoir si toutes les langues avaient la même texture, les mêmes manières… Le jeune homme fit glisser 50$ par la fente de la fenêtre et les deux inconnus se toisèrent. Oh là là. Oh là là!! De la prostitution! Magie-Rosée réalisait la gravité de ce qu’il lui proposait là, mais…. mais il était atrocement beau!! Ne serait-il pas absurde de ne rien faire, de ne pas y succomber? Et cette musique! Cette musique qui lui hurlait de se dégourdir le bassin! Elle regarda l’homme sans bouger. Muette, confuse, en émoi… puis elle attrapa le billet.

– … ok, ferme d’abord les volets stp et passe par la porte d’en arrière.

Julien s’exécuta – au grand dam des vieux fourneaux déjà en postes à leurs fenêtres en attente de la gâterie du soir – puis fit taire le roi de la soul qui sévissait toujours dans sa bagnole avant de venir rejoindre sa promise en continuant à siffloter I Got Ants in my Pants. Elle lui annonça dès qu’elle le vit entrer vouloir faire chier le patron et foutre le bordel dans la Lichette: C’est bar open! Le vieux pervers va regretter d’être le sale porc sans scrupules qu’il est. Julien hocha la tête et envoya valser un plein plat de cerises sur le plancher. Il avait bien compris la consigne.

Il s’approcha d’elle. Lui retira son polo blanc et son soutien-gorge avec beaucoup plus d’aisance que François, elle le remarqua. Lui enfouit un doigt puis deux dans la bouche, avant de pincer et titiller ses mamelons du bout de ses doigts mouillés. Lui renfouit un doigt puis deux dans la bouche avant d’agacer son clito et de les lui enfoncer dans la chatte, nullement gêné par sa culotte. Puis ce sont ses yeux qu’il enfonça bien creux dans les siens. Elle en rougit violemment et tenta en vain d’avoir l’air en contrôle, malgré son coeur sur le point de surgir hors de sa poitrine, alors que lui, il avait déjà la tête dedans et léchait, aspirait, pourléchait encore ses mamelles comme un affamé, l’une après l’autre et vice versa. Les mamelons et leurs aréoles foncées disparaissaient en s’engouffrant dans la bouche vorace de Julien, tandis qu’une certaine culotte verte s’humidifiait gaiement sous le plaisir de sa propriétaire qui découvrait, enchantée, que non, toutes les bouches et toutes les mains ne s’équivalaient point.

Elle ouvrit grand les valves de la machine qui se trouvait à portée de main et se badigeonna le torse de crème molle tout en se léchant les doigts avec gourmandise, tandis que l’amant élargissait son terrain de jeu pour la lécher partout où la glace sucrée dégoulinait. Il lui retira sa culotte pour pouvoir lui enfoncer un doigt plus aisément dans la chatte, doigt magique qui aussitôt inséré la débarrassa de ce qu’il lui restait d’inhibition. C’est elle qui l’agrippa à deux mains par les cheveux pour souder sa bouche à la sienne avant de s’employer à le soulager de son jean. Il retira promptement t-shirt et caleçon puis l’attrapa par les hanches pour la soulever et la mettre sur le comptoir. Leurs bassins se soudèrent en un soupir et leurs sexes se rencontrèrent sous la jupe tâchée de chocolat. Elle entreprit de frotter sa chatte humide et entrouverte contre la verge bien dure de l’amant, de glisser contre elle tout en agaçant au passage son bouton déjà bien gonflé, tandis qu’il lançait des poignées de crème molle sur ses petits seins durs en souriant, béat. Puis elle souleva le bassin juste un peu plus haut afin d’enfin engouffrer le sexe de l’homme dans le sien. OH!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! Quelle joie! Alors elles ne se valent donc pas toutes non plus les bites, oh non! Celle-là on jurerait qu’elle a été dessinée pour elle, juste pour elle, comme si leurs sexes avaient été moulés l’un pour l’autre. God! qu’elle est bonne à prendre cette queue! Elle fit passer sa jupe par dessus sa tête et se trouva comme lui complètement nue dans ses tennis blancs. Puis elle lui servit le plus espiègle et sincère des sourires avant d’aller se foutre la face sous la valve de glace à la vanille. Elle s’en fourra plein la gueule et se la refroidie avant d’y engouffrer le sexe qu’elle branlait d’une main qui avait déjà trouvé le bon tempo, à en juger par le regard ravi de Julien. Lorsqu’elle enfouit sa verge dure dans sa bouche glacée, il émit un long gémissement, entre plaisir et douleur, la vive sensation du froid engourdissant s’estompant doucement pour devenir chaude et veloutée étant si singulière….. Elle l’empoigna par la bite pour l’amener avec elle vers une autre machine et recommença son manège, cette fois avec la fraise, au grand plaisir du sucé, qui se félicitait chaudement d’avoir eu l’idée de s’arrêter pour une glace. Il y avait longtemps qu’une fille avait fait preuve d’autant d’audace, quel bon coup c’était celle-là! Il l’empoigna solidement par les cheveux dans l’urgence pour la ramener à sa bouche et l’embrassa. Et tandis qu’ils s’embrassaient coulait entre leurs corps nus et chauds des filets de glace fondue jusqu’à leurs sexes emballés qui se frottaient joyeusement, mus par le désir brûlant de se connaître encore. L’homme attrapa la jeune fille par les hanches et la retourna dos contre lui, attrapa un bonne poignée de glace qu’il lui plaqua entre les cuisses en commençant à lui malaxer l’entre-jambe bien fort. Une sensation de brûlure emplie la belle qui laissa échapper un cri de surprise juste avant de goûter au plaisir tant désiré de sentir la bite chaude de l’homme s’insérer brusquement en elle. Et il la baisa bien fort en ne lui lâchant pas les reins, de belles, si belles, et délicieuses minutes durant. Puis elle le fit se déplacer jusqu’à la valve qui crachait de la glace au chocolat sans le laisser sortir d’elle et elle s’en gava sans retenue tandis qu’il continuait de soutenir un exquis va-et-vient et qu’elle caressait au passage ses couilles dures de ses mains froides, ce qui le faisait redoubler d’ardeur dans son mouvement déjà si vigoureux. Puis il la remit sur le comptoir et s’agenouilla sur le plancher dégueulasse plein de glace à moitié fondue et se plaqua la face entre ses cuisses, bien au chaud dans sa petite chatte piquante plus ou moins fraîchement rasée, et il la lécha avidement, d’une langue adroite et gloutonne, ce qui la poussa au bord de l’abîme, dans cet état difficilement supportable d’attente, d’espoir, de jouissance. Elle perdit patience et le poussa par terre de ses deux pieds pour s’empaler dessus. Elle le chevaucha un bref instant avant qu’il ne puisse plus supporter le plancher glacial contre son dos et qu’il la reprenne debout par derrière. Il la pris si fort que ses pieds quittaient parfois le sol et que rapidement elle s’entendit l’implorer de ne pas s’arrêter car ça y est, elle allait exploser. Ce qu’elle fit en hurlant et en renversant par terre un pot de chewing-gum. Il la rejoint aussitôt dans sa jouissance dans un long mugissement. La détonation fut puissante pour lui aussi, et ils restèrent là un instant l’un dans l’autre sans oser se dégager. Puis il se retira doucement et ils éclatèrent de rire, grisés par la violence de l’orgasme qu’ils venaient de partager et qu’ils se félicitèrent d’avoir atteint de concert en échangeant une poignée de main ravie. Magie-Rosée observa l’ampleur des dégâts avec contentement et se félicita intérieurement de ses prouesses. Julien l’agrippa par la main et ils coururent se réfugier dans sa voiture sans cesser de rire, nus et collants, abandonnant là leurs vêtements. Puis ils remirent ça de plus belle, s’envoyèrent en l’air dans sa bagnole, mus par une force d’attraction contre laquelle ils n’avaient pas la moindre envie de lutter. Lui toujours bandé, toujours salement excité ; elle ne demandant pas mieux qu’à se vautrer contre lui, à sentir tous ses muscles se durcir pour lui donner du plaisir. Et libre à vous de le croire ou pas, mais ils remirent ça encore dans la douche du jeune homme. Mais ça fera. Laissons-leur ici un peu d’intimité.

Bien entendu, le patron hurla de rage lorsqu’il découvrit l’état de sa cabane le lendemain matin. Mais il put se consoler en visionnant l’enregistrement de sa caméra de sécurité qui lui offrit un spectacle des plus enthousiasmant sur lequel il se branla plus d’une fois et qui lui permit même de récolter un peu de fric en en vendant les images à un site pornographique.

Dommage que les ancêtres d’en face aient manqué ça. C’était fort joli à voir.

-Flore Fontaine

FLORE_FONTAINE

2 Comments

  1. Fred
    September 5, 2015

    Wowwwwww

    Tu écris vraimenr bien!!!! 🙂

    Merci!!

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  2. gou
    September 24, 2015

    C’est drôle, il y a de l’esprit, c’est hot.
    J’aime ce site pour les textes de qualités, ce qui n’est pas toujours évident quand on touche l’érotisme.
    J’aime ce texte car il touche tout de suite. Un style super direct, qui va droit au but, mais avec beaucoup de plaisir et d’amusement.
    Merci

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