Illustration de Blanche Louis-Michaud

Illustration de Blanche Louis-Michaud

 

Je me touche quand je suis seule et que je n’ai rien à faire. Entre lire un livre, me cultiver, me sentir moins niaiseuse le soir la tête sur l’oreiller, et me toucher, convulser et puis venir. Et bien le choix est loin d’être difficile, l’hémisphère gauche de mon cerveau pourra attendre.

Je me touche quand j’entends les voisins baiser et qu’ils crient aussi fort que Céline Dion dans la chanson All by myself.

 

Don’t want to live all by myself anymooooooooore.

Je ne me touche pas quand je vois un gif animé d’une fille qui se fait brasser les seins sur la page du moteur de recherche de téléchargement illégal. Gros comme ça, ça ne se peut juste pas !

Mais je me touche quand je vois un gars et une fille dans une position suggestive dans un magazine de mode. Je me dis que c’était sûrement voulu, et donc, j’ai le droit de fantasmer sur ce qui pourrait en résulter si les personnages photographiés prenaient vie.

Je me touche toujours en prenant mon bain, c’est comme un rituel dans une cure de désintoxication. Je me lave de mes saletés, aussi bien sortir toute cette cyprine bloquée dans mon sexe depuis trop longtemps. Exit les frustrations !

Je ne me touche jamais en voiture, pis j’évite au maximum de toucher le frein à main trop longtemps. Dur et droit et long et ouff !

Je me touche des fois en pensant aux Canadiens de Montréal. Je me dis que c’est ma manière de leur envoyer des ondes positives. Pis Plekanec et son col roulé, c’est un bon départ.

Je ne me touche, au grand jamais, quand je sens dans l’air environnant des effluves de Hearts and daggers de Ed Hardy. Il y a des limites qu’il ne faut pas franchir.

 

Je ne me touche jamais en pensant à Jésus. Ce barbu maigrichon aux pouvoirs surnaturels et une tendresse infinie pour son prochain. Pfff ! Jamais !

 

Je me touche souvent quand je fais de l’insomnie. Sauf que c’est la pire cure possible parce qu’excitée j’arrive tout simplement plus à fermer l’œil et je suis plus capable de penser à autre chose. En plus, j’vois du sexe partout dans ma chambre à cause de ma myopie. Je décrypte des formes explicites dans les ombres que créent mes rideaux sur mes murs, dans les formes flous des chiffres de mon cadran, dans le tas de vêtements qui traîne au pied de mon lit, … Un vrai calvaire.

 

Et puis heureusement ou malheureusement, c’est selon, je me touche quand j’ai fini de baiser parce que je veux m’assurer que je suis réellement, complètement venue. C’est un peu comme un toc avec les poignées de porte, une, deux, trois tentatives pour être sûre que tout est dans l’ordre. C’est la vie ! Enfin ma vie ! Enfin bref !

 

-Vanity Dietrich

Vanity Dietrich

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