Illustration de Blanche Louis-Michaud

Illustration de Blanche Louis-Michaud

Hello Nina,

Je m’excuse de ne pas avoir répondu à ton email hier soir, mais il m’est arrivé quelque chose d’incroyable. (Je t’ai appelée mais t’as pas répondu, désolée, j’ai oublié le décalage.) Tu vas capoter!! Hahaha! Maaaaan…. J’arrive pas à croire ma putain de chance! J’en tremble encore depuis hier. Peut-être que je vais trop t’en dire, mais tu m’excuseras, c’est pour ne JAMAIS oublier un seul détail de la soirée la plus fucking excitante de toute ma vie. Et puis de toute façon, à chaque fois qu’on se raconte nos baises, on commence par éviter de dévoiler trop d’infos, pis on finit toujours par poser des questions à l’autre pour avoir les détails les plus croustillants…

Faque voici. 4e soir en Angleterre, mon oncle et ma tante rentrent chez eux, je leur dis que je vais me promener encore un peu et que j’irai peut-être voir un film.

En fait, j’ai envie d’aller prendre un verre toute seule dans un pub. Je me dis que ça s’enligne pour être un mardi soir relax. Pis s’il y a un beau bloke qui vient me jaser, tant mieux, sinon, tant pis.

Après ma 3e pinte, je me dirige to the loo. En sortant je tombe face à face lui.

That’s right. Je te jure. C’est lui.

YOU KNOW EXACTLY WHO I’M TALKING ABOUT!!!!! HAAAAAAAAA!!!

J’ai fantasmé sur lui pendant des mois, j’ai vu tous ses films, sa série télé (plus d’une fois) et là, il est à 3 mètres de mois en train de boire avec ses mates.

Il éclate de rire. Je vois ses calices de petites dents d’Anglais qui me font capoter. J’espère que je souris, mais j’ai peut-être juste la bouche entrouverte, la langue un peu sortie. Je pense même que je bave. Je me sens comme une adolescente de 14 ans. Pour vrai, je sais pas combien de temps s’est écoulé avant qu’il se retourne vers moi, mais j’espère que j’ai pas trop l’air débile en le fixant comme ça.

Nos regards se croisent. Je suis INCAPABLE de regarder ailleurs. Te rends-tu compte? C’est vraiment lui!! Il s’avance vers moi. Je me dis que quelqu’un a mis quelque chose dans mon verre et que je dois être en train d’halluciner. Peu importe, I’m enjoying it.

Sa démarche me fait fondre. Il marche avec le bassin en avant, comme s’il pénétrait l’espace à chaque pas. C’est comme si tout se passait au ralenti. Je prends donc le temps de regarder son cou, aussi large que sa tête, sa mâchoire carrée, son teint qui doit voir à peu près 45 minutes d’ensoleillement par année. Il marche la tête haute avec une confiance à la limite de l’arrogance. “Front” ou pas, tout ça m’impressionne au plus haut point. Ce gars-là me donne l’impression d’être un concentré de testostérone. Il s’arrête face à moi. Je respire à peine, mais je me dis que je ne dois pas être morte parce que je sens mes joues devenir aussi rouge que son polo. Comment ce vêtement, que j’ai toujours associé à mon uniforme au collège, peut être si sexy sur lui? Est-ce que c’est parce qu’il le boutonne au complet? Naaaan… c’est juste lui qui est trop sex.

Il me regarde de haut en bas avant de m’adresser la parole.

-Hi.

Ça me prend une seconde (ou vingt, j’en ai aucune idée) avant de lui répondre.

-Hello.

Il me dit quelque chose à l’oreille. J’ai rien compris, peut-être à cause de son accent, peut-être à cause de la musique, peut-être à cause de mon coeur qui bat assez fort pour enterrer la musique. Il me regarde en souriant, comme s’il attendait quelque chose. Et là, je prends la meilleure décision de ma vie; je lui dis “yeah”. Encore une fois,  j’ai le plaisir d’admirer son sourire alors qu’il me prend la main et m’attire dans la foule. Ma main est toute humide, mais pas autant que mes cultottes. Je me dis que ça se peut pas, que c’est trop beau pour être vrai. Il m’entraîne vers une sortie de secours. Rendu là, j’assume tout ce qui pourrait m’arriver, j’ai trop envie de lui.

On est dehors, il fait un peu froid et humide, ça fait du bien. Il m’entraîne plus loin dans la ruelle. Il marche devant moi, en bon mâle alpha, toujours en me tenant la main. J’observe ses petites fesses bien rondes. Est-ce que je vais pouvoir y toucher ou je vais me réveiller du plus beau wet dream chez ma tante?! On s’arrête dans un cul-de-sac. Je suis debout, dos au mur et il est face à moi, tout près. Je peux sentir son odeur, un mélange de bière, de cigarette et d’un parfum connu. Curieusement, ce mix m’excite et me rapelle l’été de mes 16 ans, sauf que là j’en ai 26. Et lui? je crois qu’il est plus jeune que moi. Je te le dis Nina, je pensais jamais vivre ça un jour!

Il passe sa main derrière ma nuque et s’approche de mon visage. J’ai jamais tant voulu embrasser quelqu’un. S’il s’était reculé à ce moment-là, je crois sincèrement que je me serais mise à pleurer.

Mais non. Il m’embrasse. IL M’EMBRASSE! Je ca-pote. On s’embrasse en enlevant nos vêtements. Il déboutonne son polo et l’enlève comme les gars ont l’habitude de le faire, en tirant sur le haut du dos, sans le virer à l’envers. How manly!

Je lui défais sa ceinture, son zipper, il enlève ma veste et glisse ses mains sous mon chandail. Je ne sais pas si c’est le mur froid ou si c’est lui qui fait durcir mes seins comme ça. Joke! C’est tellement lui…

Anyways, il me suce le bout des seins pendant que je glisse mes mains dans ses pants.

Sa queue est chaude et déjà si dure. Je lui prend les fesses à deux mains pour coller son érection contre mon ventre.

Je me mets malheureusement à penser au nombre de filles qui ont dû avoir droit à ça avant moi. J’y pense parce qu’il est en train de baisser mes “knikers” et que j’ai jamais baisé sans capote. Oh well…

J’aurais aimé le branler un peu en le regardant dans les yeux, mais trop tard, il me pénètre déjà. Le premier coup c’est le meilleur. Il sait ce qu’il fait! Lentement, puis de plus en plus vite. Ça glisse comme jamais. Il me prend les deux cuisses et me soulève pour entrer en moi jusqu’au fond.

C’est fucking excellent alors je ne peux m’empêcher de murmurer:

-Ah c’est trop bon! Encore… Encore!

Il éclate de rire comme si il n’avait jamais rien entendu d’aussi drôle. Je réalise alors que c’est parce que je ne parlais pas en anglais.

-Are you French? I’ve never done it with a French bird!

-I’m not French, I speak French.

-Wha’?

-I’m not French, I’m from Montréal, I speak french. Never mind. Baise-moi!

-Wha’?

-Fuck me!

-You wan’ me to fuck ya?

Il prononce “fuck” comme “fool” mais avec un k à la fin. Cet accent est un véritable aphrodisiaque, c’est ridicule…

-Yes please.

-All right babes!

Et il reprend ses coups de bassin. C’est un chaud lapin! Le rythme avec lequel il me baise, je te dis, c’est inouï! Je m’aggrippe autour des ses épaules, le nez dans le creux de son cou et rapidement, ç’en est trop. Je suis tellement excitée, je me dis “I’m fucking Cook!” et là, plus fort que jamais, je jouis. Je jouis au-delà de mon sexe, au-delà de mon corps, c’est toute la ruelle qui jouit.

J’ouvre les yeux juste à temps pour le voir venir aussi.

Il gémit et son petit air arrogant laisse place à un regard suppliant. C’est beau à voir, tu peux pas t’imaginer Nina! Je suis contente qu’il ne m’ait pas prise par derrière, j’aurais manqué tout ce beau spectacle. Il éjacule en moi, les yeux ouverts. Je peux tout lire le plaisir sur son visage. Je jouis une deuxième fois juste à le voir! Je n’avais jamais vécu ça. Le regard encore vulnérable, il me dépose par terre et me prend la tête pour m’embrasser le front. On est encore tout essouflé.

Une fois qu’il se décolle de mon étreinte et que son sperme me coule le long de la cuisse, je réalise à quel point il fait froid.

Il remet son polo, je remets ma veste, en silence.

Si je ne trouve jamais quoi dire dans ces situations, cette fois-ci c’est pire que jamais. Alors je dis rien. Il fait quelques pas à reculons en me disant:

-I’m off, babes. Have a good nigh’, will ya?

Je fais oui de la tête, puis il se retourne en me faisant un clin d’oeil. Et je le regarde partir. J’adore le regarder marcher. Il est parti. Je suis toute seule dans la ruelle.

Je pense que je pleure, mais juste un peu, sans faire de bruit.

La bonne nouvelle c’est que ça veut dire que c’était pas trop beau pour être vrai.

J’ai rien rêvé.

Je ne sais pas ce que me réserve la suite de ce voyage, mais je suis pas mal certaine que ça ne peut pas toper ça.

-xx-

Lilith

Lilith

1 Comment

  1. Xophiie
    February 13, 2016

    J’aimerais pouvoir “liker” cette histoire. Elle est toute simple, mais wow! Ç’a marché pour moi! Un bel anglais un peu arrogant qui te prend drète de même… Qui n’aimerait pas?

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