Illustration de Catherine White

Illustration de Catherine White

Nos mains mastiquaient davantage nos vits qu’elles les masturbaient. À vrai dire, nous ne savions comment faire. Demi bandé, demi-dieu, nous étions enluminés par le soleil traversant la vitre sale de la demi-pièce où Georges demeurait en compagnie de sa mère. Nous aimions l’odeur de l’amour dans son lit, l’odeur des amants passagers mélangée à la fumée encore tiède d’une cigarette. Quand sa mère partait à la mer, nous allions dans sa chambre comme des automates réglés pour aucune autre tâche. Nos culottes courtes descendues aux genoux, nous nous caressions devant les soutiens-gorge étalés sur le plancher, devant les petites culottes tachées d’intimité. J’en prenais parfois de grandes bouffées tandis que ma main plongeait dans mes habits. Georges était de nature plus intellectuelle; il sortait de l’armoire un vieux livre illustré et tournait les pages afin d’y découvrir les nues des grands maîtres. Quand un désir trop envahissant nous enfiévrait, nous prenions d’assaut la fente de l’unique fauteuil faisant le coin de la chambre de sa mère. Nous tirions à pile ou face pour savoir qui commencerait. Le velours mordillait mon gland de si douce façon que j’éjaculais aussitôt. Georges se faisait ensuite un plaisir de venir se glisser dans ma décharge encore chaude qu’il agrémentait de la sienne tout aussitôt.

-Blide Vernàkën

Blide Vernàkën

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