Illustration de Marie Salvado

Illustration de Marie Salvado

Je n’avais jamais eu une relation aussi étrange, déchirante, sporadique et corporelle qu’avec lui. Ca faisait 5 ans qu’il finissait dans mon lit environ deux fois par an et qu’il mettait chaque fois le feu aux poudres. Quand je le voyais, j’avais le désir de m’exprimer soudainement en espagnol, ou dans une autre langue latine pour  extérioriser le plus possible le «fuego» qu’il allumait chez moi. Il me rendait chiquita loca-loca, dès que sa main glissait sur mon épiderme. Ma peau sous le passage des ses doigts de gars manuel frémissait et se languissait d’énervement que cette main soit déjà rendue plus bas. Ce fameux point de retour si délectable, comparable à ce court moment de flottement si excitant où le bat de ton amant s’apprête en rentrer dans ton sexe. Un moment paradoxal de respirations avalées et expirées qui me rappelle chaque fois combien j’ai de chance d’être aussi vivante.

Je l’avais aimé celui-là, quoiqu’il en dise…

On s’était même fait croire à un moment, des affaires de construire l’avenir à deux et de mirages de couple. Anyway, je l’aimais chaque fois que je le voyais. Avec lui pas de jalousie, pas de possession. Je pouvais ainsi le laisser vivre et me laisser vivre.

2 fois par an, je ne me pouvais plus de ne pas l’appeler, de ne pas le dénuder, ne pas le branler, de ne pas entendre sa voix et son souffle, bander pour moi, de ne pas sentir son foutre chaud gicler sur mon ventre, de ne pas sentir son corps lourd s’écraser sur le mien de suite après.

Je tenais 6 mois. Après 6, l’image de sa main dans ma culotte de dentelle turquoise humectée de désir pour lui m’asphyxiait, ainsi que celle de mes seins nus qu’il adore, que je touche présentement. Allez fais toi une image, visualise. Pis tu te durcis ?

L’image des mes ongles que je ne rongerais plus incrustés dans la chair de son dos, les traces que j’y laisserais, son bat entrant ma bouche, ses lèvres trop belles dans mon cou, sa langue enfoncée entre mes jambes et même l’oasis de lui et moi spoonant dans mon lit un dimanche matin, me hantait. Fallait calmer la crise. Je ne voulais pas me contenter cette fois, juste de ma propre main. Ce sont tes doigts que je voulais, ton bat qui me tire. Ta bite sur la gâchette. Si un rêve ne devient pas vrai, est ce un mensonge, ou pire un cauchemar ?

Alors après un semestre et une succession de merdeux lâches dans mon lit, je flanchais et on finissait, que dis-je, on commençait par baiser lui et moi. On était par moment même très tendre, pétri de tendresse post-baise à s’en lever le cœur. On baisait toujours trois fois presque d’affilée. Avec lui, je n’avais jamais l’impression de tromper les gars de passage dans ma vie à ce moment là. Vivre et laisser vivre pour de vrai. Ces deux fois par an là, ces gars de passage parfois lâchement cachés devenaient les autres.

Chaque fois que tu repars, je suis sûre que c’est la dernière fois. Que ni toi, ni moi, on se retournera. Et je me sens plus tough que les autres. Je suis plus forte que les autres après toi.

Je l’aime quand il est là et c’est tout. Pas d’histoire d’après. C’est comme un vaccin, tu t’injectes un pourcentage du poison pour développer des anticorps. Le voir deux fois par an, c’était me munir de l’antidote. Aspirer le poison blanchâtre et gluant de mes lèvres et me sevrer. Ta bouche qui me frenche, ton dar qui me pilonne, ta main qui me sillonne. Quand je te vois, je me mets nue et c’est juste ça vivre enfin au présent. Le moment où je suis vivante. Mon désir fiévreux de toi qui m’envahit jusqu’à la petite nausée me tuerait à long terme de toute façon. Je perds mes moyens quand je te respire. Mon corps s’emballe. Personne d’autre ne sait me faire cet effet là. Je me brûle quand je glisse sur ton corps.

Quand tu t’en vas, je n’ai pas le goût de te retenir, de te posséder et de griffer les pétasses qui rodent autour de toi. Pas de détour, pas de doute, tu m’immunises quand tu craches ton venin entre mes jambes. Quand tu ris en me baisant, quand tu me tires les cheveux, quand tu me ramasses de ton envie de moi, tout semble vrai. S’aimer. Arrête. J’voulais pas tout niquer entre nous. Avec toi dans mon pieu, j’ai juste besoin de moi. Merci de m’endurcir et de me baiser comme si j’étais la reine de ton bat. Ton bat, ce vrai gun qui crache sa semence inutile et délectable dans mon creux le plus jouissif. Cette dèche qui me vaccine de tout. Ta bite qui semble vouloir me flinguer mais qui ne tire jamais même si elle me tient en joug. J’ouvre la bouche et glisse sur ton bat, cette si belle arme. Je salue avec ma langue juteuse cet organe le plus étrange du monde que j’ai hâte de m’enfourner au centre du corps. Tu respires trop et échappes ces petits bruits de gars vulnérables témoins de l’excitation et de l’agace-jouissance que je te fais subir. Ça me fait fondre. Je m’applique pour que tu y repenses dans les journées successives à notre alitement bi-annuel dans des moments inopportuns. Je veux que des flash de cette gâterie fugace t’accaparent quand par exemple, t’es au volant de ta caisse, au souper dominicale familial chez la personne « que tu vois », ou encore à la banque, chez Rona, au Canadian Tire et même chez le dentiste. On n’est pas tant une parodie. Je pense à cette toune qui parle de prendre la contre-allée. Je t’aime libre et loin. Être loin, c’est tu ça, la liberté ? Mot odieusement trop grand pour lui même. Je me suis toujours dis que lorsque qu’on possède une arme, on finit toujours par s’en servir, dégainer pour tirer même si on est une personne soi-disant bien.

Avec toi, j’ai appris à dire adieu sans le savoir et à ne pas prendre au lasso tout ce qui me comble. Ainsi se décloisonnent, mes petites prisons. Je t’aime. Je ne pense pas te revoir dans 6 mois et je me crois.  Si j’avais ton bat, je me sentirais peut être armée.

-Sherifa Tarasse

Sheriffa Tarasse

1 Comment

  1. MrClegg
    January 22, 2015

    J’adore!

    Reply

Leave a Reply