Illustration de Louis-Alexandre Beauregard

Illustration de Louis-Alexandre Beauregard

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Mon père m’avait demandé de garder la 2e génération cette soirée là. Mise en contexte : mon père a utilisé son pouvoir reproducteur pour faire une 2e batch d’enfants. Il y a donc moi, mon grand frère pis deux autres 17 ans plus jeunes.

Bref, après avoir fais la tournée des écoles pour les récupérer, on arrive finalement sur le balcon pour rentrer chez eux, mon ancienne maison. N’étant pas la meilleure des gardiennes averties, je n’arrive plus  à trouver les clés. En gossant dans ma sacoche j’aperçois mon ami d’enfance qui a également fait un retour aux sources cette soirée là. Je ne savais pas que ses parents habitaient aussi toujours la même maison.

Mon petit frère et ma petite sœur me regardant stalker le gars l’autre bord de la rue.

Eux : c’est qui?

Moi : Mon voisin d’en face quand j’avais votre âge, mais j’pense pas qu’il me reconnaitrait.

Eux : C’est quoi son nom?

Moi : Félix.

Eux : (Fucking out loud dans sa direction) : FÉÉÉÉÉLLLLIIIXXXXXX!

Pour moi-même : Shitfuck c’est pas sérieux!? P’tit criss de monstres.

Comme de fait, il se retourne, plisse les yeux et avance dans notre direction. J’suis gênée, j’comprends que dale de ce qui vient de se passer. Mettons que c’est la dernière réaction à laquelle je m’attendais en leur disant son nom.

Anyway, je suis pognée là, sans clé, on s’y met  pour le smalltalk: qu’est-ce que je fais dans le coin, c’est qui eux (les petits êtres humains qui sont très  fiers de leur coup), etc.

Vu qu’ils en n’avaient pas déjà fait assez, ils ont décidé de l’inviter à souper avec nous. C’est beau avoir 8 ans… Je lui sors mille excuses faciles à prendre pour refuser et tout ça en ne brisant pas le cœur de deux jeunes enfants. Mais non, il ne saisit pas la perche que je lui tends et à la place il accepte le beau criss.

Le voisin est loin de ressembler au p’tit cul pas beau qu’il était. Maintenant il est séduisant comme c’est pas permis avec sa coupe de cheveu pis sa barbe de gars qui vient de passer l’été dans le bois. Ça, il vient juste de me le dire. L’homme des bois est garde forestier au parc Forillon. J’suis déjà vendue. Il sent la virilité fois mille, mais celle qui sent bonne, pas celle du gars qui pense que le déo a pas été inventé pour lui.

Finalement je remercie le ciel d’avoir des p’tits monstres comme frère et sœur. Le gars qui déclasserait facile n’importe quel pompier du calendrier a le regard intelligent en plus. Il me fait littéralement baver avec ses yeux marron pis ses bras qui rendent son chandail serré. Des bras pas gonflé de gym, mais rempli d’efforts qui ont été mis sur des vraies affaires de forêt pis de bois pis de bêtes sauvages pis je sais crissement pas c’que ça fait un garde forestier.

Rendu là,  c’est pas mal le bon moment pour aller chercher ma «paye» de gardienne familiale, c’est-à-dire dans le cellier à mon père.  Aller coucher les kids ASAP est devenu la plus grande quête qu’une jeune femme de 26 ans n’aura jamais entrepris.

Chose faite, moi et Félix descendons au sous-sol. J’suis pompette, lui je sais pas.  J’aurais tant juste voulu que ça soit convenable d’aller coller mes lèvres aux siennes maintenant, tout de suite pis longtemps. Le dévorer LIVE.  Mais vu que j’suis « pas ce genre de fille là», ben j’attends l’heure nécessaire avant de passer à l’acte.

À la place d’aller mettre ma langue dans sa bouche, Je ne boude pas, mais lui propose plutôt une alternative à ce que ça puisse arriver éventuellement.  Le prétexte idéal des amants gênée depuis l’Invention du VHS

 «As-tu envie d’écouter un film?»

Offre acceptée.

 L’heure de la fille convenable s’étant déjà largement  écoulée. Je vois qu’il me regarde, mais pas un regard de gars qui a l’air de me trouver belle, le fun pis de bonne compagnie. Non, le regard du gars qui vient de faire le switch entre son cerveau pis ses couilles. Son sexe vient de prendre le contrôle, ça parait dans sa face.  J’peux pas m’empêcher d’aimer ça, si vulnérable un homme qui vient de se faire avoir par sa queue. Tu sais que tu peux en profiter, mais c’est encore meilleur de se laisser faire.

Instinctivement, je mouille mes lèvres. Félix prends ça pour un GO pis j’suis très à l’aise avec ça.

 Il me couche et m’enfonce avec  tout son corps dans le sofa. Il est par-dessus moi, j’peux pas bouger, mais ça m’excite. Il me prend les poignets et me les ramène au dessus la tête. Il se colle les hanches contre les miennes, ça me laisse la marge de manœuvre nécessaire pour déterminer la grosseur de son sexe.

Il se met à genou, descend ma jupe et déboutonne son pantalon. Il m’agrippe par les hanches et me fait glisser vers lui. Il n’enlève pas tout de suite ses mains agrippées à moi,  il caresse plutôt l’intérieur de mes fesses pour rejoindre délicatement  son objectif.  Il est plus adroit que j’pensais (toujours sous-estimer les gars dans la vingtaine at first). Tout en incérant ses doigts à l’intérieur de moi, il m’embrasse avec un sourire juste assez arrogant pour que ça me plaise. Il a si bien préparé le terrain, que ça l’aurait fait rougir un tube de lubrifiant.

À mon tour de virer prédateur. Je le fais s’asseoir sur le divan. J’écarte ses cuisses et fait descendre son pantalon. Sans lui donner tout ce qu’il veut sur le champ, je laisse glisser ma langue sur son membre de bas en haut. Je sens que si j’engloutis sa verge au complet dans ma bouche, je gouterais à sa jouissance pour le reste de la semaine. Je vis dangereusement, j’applique ma bouche sur son gland et je descends tranquillement pour être certaine d’engouffrer tout caprice.

 À le voir serrer les dents, j’arrête la torture et je m’assois plutôt sur lui pour le sentir au complet dans moi. La première pénétration,  définitivement  le 2e prix du meilleur moment d’une baise. J’agite mon bassin en lui mettant ma main sur sa bouche parce que ça serait quand même pas pire inapproprié de réveiller la communauté familiale parce que la grande sœur a décidé de fourrer le voisin.

Il semble toutefois comprendre le message et troque plutôt ses soupirs sexuels par des caresses sur mes doigts avec sa bouche. J’active le  coup de bassin et commence à mon tour à gémir. C’en est trop, il explose.  On y était presque, il était juste là où il faut, l’engourdissement de l’orgasme se faisait tout juste sentir.

Lui a visiblement terminé et a l’air de penser que c’en est de même pour moi. C’est ce que j’en comprends lorsqu’il se met à me monologuer sa vie;  à quel point c’était bon, que ça faisait longtemps, que le temps est parfois long dans le bois, la Gaspésie, etc, etc.  D’un seul coup, un peu comme écouter un CD complet de Bob Dylan, il est passé de passionnément agréable à crissement irritant.

Vu que lui mettre un oreiller dans le visage  ne fait pas partie du code de bonne conduite post sexe, j’ai commencé à dilater mes narines (un genre de tic nerveux quand j’suis importunée ou gênée… Mais là, j’étais loin d’être gênée. J’lui aurais coupé ça court à Bob Dylan.

Donc je m’élance :

Moi : «Fuck, on a pas mis de condom… J’espère que j’vais pas encore tomber enceinte!»

Lui : Shit! Tu prends pas la pilule?

Moi : …T’as déjà entendu parler de phlébite?

Lui : Non, mais… eh merde c’est plate, j’avais pas vue l’heure… J’aide ma mère demain pour (…)

Son patinage était remarquable. Je l’avoue, j’aurais sûrement pu clore cette aventure de manière beaucoup plus «adulte», mais bon, le tout n’avait déjà pas commencé de manière très glorieuse non plus.

La fin de l’histoire parle d’une seconde bouteille de vin pis de mitaine.

 

-Banderas

banderas

 

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