Illustration de Juliette Gagnon-Lachapelle

Illustration de Juliette Gagnon-Lachapelle

Ses fétichismes l’avaient ruinée.

Soies des plus exquises, dentelles centenaires, godemiché fait de bois de rose, sans oublier un donjon à la cave.

Bourgeoise jusque dans l’âme, elle ne pouvait se résoudre à devenir pauvre ou à être endettée. Elle décida donc de finir en beauté, tentant de produire le plus grand orgasme de sa vie.

Elle alla faire ses dernières emplettes.

*

Tout d’abord, habillée d’un simple déshabillé, elle déféqua dans sa culotte de satin. Elle aimait l’odeur âcre de ses colombins. Elle aimait aussi, vers la fin, tasser sa culotte pour ainsi entendre ses excréments s’aplatir sur le sol.

Ensuite, elle ouvrit une bouteille de champagne et but une gorgée. Elle inséra la bouteille dans son sexe et la brassa violemment tel un homme affolé ne sachant faire l’amour. En sortant le goulot, une fontaine explosa de sa vulve et inonda tout le plancher. Elle aimait aussi se tartiner les tétons de caviars qu’elle pourléchait à mesure que la lame du couteau en déposait une beurrée.

Elle était envoutée. En transe.

Elle prit une paire de boucles d’oreilles de diamants et transperça ses deux mamelons. Elle adorait voir perler le sang sur sa poitrine. Elle se sentait comme Cléopâtre qui faisait de même avec ses esclaves.

Dominatrice et esclave en une seule personne; l’idée la faisait frémir.

Ses jambes étaient prises de secousses tellement la jouissance devenait forte. Elle alla au panier d’osier et y cueilli un serpent. On racontait que ce serpent produisait un venin si puissant qu’il augmentait d’un coup toute l’adrénaline contenue dans un corps humain.

D’une main, elle tenait la gueule du serpent et de l’autre elle frotta son clitoris déjà gonflé. Il ressemblait à s’y confondre à un minuscule sexe masculin.

Quand elle fut sur le point de jouir, elle planta les crocs du serpent entre ses seins. Une vive agitation pris son corps et un grand cri retentit dans le donjon. Elle jouit si fort qu’elle en pissa sur ses bottes de cuir. Lorsque qu’on la retrouva, son sourire prouvait qu’elle avait réussi ses dernières volontés.

-Blide Vernàkën

Blide Vernàkën

 

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