Illustration de Marie-Anne Dubé

Illustration de Marie-Anne Dubé

 

Le corps d’un homme, la seule vue du corps d’un homme peut me faire chavirer. Sa démarche. Sa façon de parler. Sa façon de bouger, juste ça peut me faire frissonner. Des fois, j’entre dans un monde imaginaire et, peu importe la personnalité du gars, je m’imagine faire l’amour à ses yeux rieurs, au son de sa voix, ou à la forme de ses épaules.

 

Pareil pour les filles. Je m’imagine faire l’amour au parfum qu’une fille, à la forme de ses hanches, à son accent ou aux petites pattes d’oies qui se forment au coin de ses yeux quand elle rit. Je frémis sous le regard coquin d’une femme. J’ai l’impression de sentir sa peau douce sous mes doigts bredouilles. Je fixe ses lèvres et m’imagine qu’elles parcourent mon corps ou qu’elles se fondent aux miennes. Ça semble si doux, une fille. C’est trop facile de s’abandonner dans l’irréel face à leur délicatesse.

 

Cependant, mes fantasmes tendres, que ce soit avec un gars ou avec une fille, deviennent rapidement et toujours quelque peu agressifs. Le petit rebondi imaginaire sous la fesse de cette fille ou les bras imaginaires de ce garçon qui m’enlace me rendent instantanément bouillonnante. Je voudrais tout avaler. D’un coup.

 

Directement, je m’imagine libérer de son jean la queue dure du garçon et la diriger vers mon sexe humide.

 

Je m’imagine lui mordre les seins jusqu’à ce qu’elle sursaute de douleur en entrant deux de mes doigts profond en elle.

 

Je m’imagine leurs visages qui se déforment joliment lorsqu’ils ont du plaisir. Je m’imagine les saletés qu’ils pourraient me dire.

 

Je m’imagine serrer le cul du garçon pour lui traduire mon envie qu’il me rentre dedans à toute vitesse.

 

Je m’imagine tirer la longue tignasse épaisse de la fille tout en lui caressant fermement l’entrejambe.

 

Je m’imagine approcher ma bouche de leurs sexes. Absorber sa queue le plus loin qu’il m’est possible après avoir humecté ses couilles de ma salive. Et je m’imagine sucer sa chatte et la sentir vibrer et orgasmer dans ma bouche.

 

Je m’imagine la fille à quatre pattes devant moi, me tendant sa chatte mouillée et ouverte que je pénétre de mes doigts.

 

Il viendrait en moi très fort. J’irais en elle brutalement. Leurs visages grimaceraient d’une façon délicieuse.

 

La bouche de la fille s’ouvrirait grande. J’y entrerais mes doigts qu’elle lècherait.

 

Les deux, alors qu’ils jouiraient, me fixeraient dans les yeux. J’y verrais toute la profondeur du plaisir qu’ils éprouvent… Et ça me ferait jouir aussi.

 

***

 

Mais ce garçon devant moi, je ne le connais pas. Il ne fait que marcher, avec sa charmante façon de poser un pied devant l’autre en buvant son café glacé de sa bouche délicieuse.

 

Et cette inconnue devant moi, elle ne fait qu’enfiler son short par-dessus son bikini encore mouillé en attachant ses cheveux et en rigolant d’une façon irresistible.

 

*

 

Je reviens sur terre. Tout ça n’est que sensations inventées. Une petite flaque douce dans ma culotte en souvenir de cette histoire qui n’existe pas provoquée par des odeurs, des formes et des mouvements.

 

Chaque fois, malgré les délices que me fait vivre mon inconscient, je me fâche toujours un peu de ne pas les avoir vécus pour vrai.

 

-Gamignonne

GAMIGNONNE

 

 

 

1 Comment

  1. Gabe
    April 30, 2015

    J’adore ce qie tu fais…
    Comment on peut submit un texte?

    Reply

Leave a Reply