Illustration Antoine Charbonneau-Demers

Illustration Antoine Charbonneau-Demers

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Après un temps des fêtes en visite chez mon ami Bill au Saguenay, je me retrouve prise au dépourvue quand ils annoncent, le jour de mon départ, une alerte pour la tempête du siècle dans le parc des Laurentides. Impossible de reprendre la route. Comme travailleuse autonome, je n’ai pas tant l’urgence de retourner à Montréal, par contre je n’avais pas prévu que mon pote parte pour sa classique expédition entre boys sur les monts Valin (800 mètres d’altitude, 8 km de raquette, 4h de montée non-stop) ladite journée. Rester à Chicoutimi pour 1 ou 2 jours supplémentaires est loin de me déranger, mais passer deux jours toute seule dans la «civilisation» chicoutimienne est une autre histoire.

Lorsque les gars vont au refuge, plusieurs règles sont de mises, dont la plus importante : aucune fille n’est permise dans le trip. Vu la fâcheuse situation et parce que «Bouchard» choke cette année, j’ai comme eu un passe-droit même si «Joe» pis «Fred» ont essayé de ramener les gars à l’heure sur la règle ultime. Aucun droit de véto n’étant attribué, la motion est passée à 5/7. J’étais tout de même mitigée entre être ben excitée ou complètement effrayée à l’idée d’embarquer dans l’aventure.

Les gars me trouvent l’équipement nécessaire aka des mocassins trop grands, un gros manteau point zéro datant de l’époque glorieuse du Lycée du Saguenay et des combines de 5e main.  Enfin prête, j’ai réussi à me faire croire que j’étais «one of the boys» ou presque…

L’ascension :

Après déjà deux heures de montée, 2 gourdes d’eau de terminées, 3 idées suicidaires et la découverte de nouveaux muscles dans mes jambes, on avait fait que la moitié de l’ascension. Il ne m’en fallait pas plus pour sortir le white flag de la capitulation.

Avec classe et délicatesse, j’ai eu droit à quelques encouragements amicaux tels que «Awaye Osti», «Tabarnak, a réussi même à être plus lente que Bouchard», «Redescend au pire si t’es pas capable». J’ai donc du puiser dans ma petite bourse à réconfort et courage toute seule comme une grande fille. Pour ne pas tomber au combat,  j’ai trouvé mon inspiration dans la trâlée de belles fesses devant moi. On fait ce qu’on peut avec ce que l’on a. Trop c’est comme pas assez, j’avais du mal à me choisir un target. Toujours important de se fixer des objectifs.

L’heure et demie de l’enfer passée, j’ai enfin pu traverser la porte du refuge en 8e place. À 35 degrés Celsius à l’intérieur du shack à cause de la truie déjà bourrée, les 7 athlètes étaient déjà en boxer, clope et bière à la main. Ma face de fille avec un nid en guise de cheveux et la féminité au creux des mocassins a eu l’air de les étonner. Moi et mon regard de semi-tueuse sommes allés nous revamper tant bien que mal dans une des petites chambres/dortoirs. Pour faire partie du crew, j’ai également décidé d’y aller full in dans la bobette, mais y ajoutant le t-shirt aussi. Quand même…

Les célébrations :

Qui dit refuge, dit beaucoup trop d’alcool. Bières, gin, vodka et pas de jus d’orange plus tard, «Félix» était déjà dans un état incertain avec les joues rouges et une botte  sur la tête. C’est à ce moment-là que «Bill» a callé la traditionnelle marche nocturne. Deux seuls intrépides ont décidé de le suivre. «Martin» était déjà allé se coucher en baragouinant quelques affaires sur la sœur à «Joe». Pour ma part, je trouvais l’idée séduisante, mais mes combines humides en tapon ont eu raison de mes aspirations aux grandes découvertes.

La tension :

Qui dit chalet, dit un peu sexe. Même si on l’avait voulu très fort, on n’aurait pas pu éviter bien longtemps le cliché de blanche neige version bleu nuit. Vu la tension présente entre moi pis les 7 dudes, je me suis mise à évaluer l’étendue des possibilités qui s’offraient à moi. Pour ne pas avoir l’étiquette de la slut du chalet jusqu’à ma mort, j’ai du laisser tomber l’occasion d’avoir mon baptême de gang bang tout en me faisant déshérité amicalement par «Bill». Il fallait donc n’en choisir qu’un seul… ou deux gros max, …promis. J’ai donc procédé par élimination. Premièrement, celui en coma imbécile éthylique heureux endormi avec la main droite din’pants était déjà out. Deuxièmement, j’ai des valeurs, pas de sexage avec un papa pas séparé, donc «Tremblay» : 2e retrait. Il ne me restait alors que deux choix :

Le premier avait été plutôt silencieux depuis le début. J’ai même passé les deux premières heures à penser qu’il trouvait que je gâchais leur trip. Il ne m’adressait pas beaucoup la parole, mais me scrutait toujours un peu du coin de l’œil. J’ai arrêté de penser qu’il me détestait quand il est passé derrière moi tel un espion pour venir caresser mes fesses. Il avait l’air de savoir comment s’y prendre, une agilité de gars qui a eu plusieurs blondes, pas juste plusieurs fourres. Si on avait pas été entourés de 6 autres boys, c’est clair qu’il m’aurait prise sur la table. Des coups de hanche langoureux frôlant le poing G qui s’accélérerait quand il verrait que son membre est entièrement mouillé entre mes jambes. Il aurait glissé ses doigts sur mon clitoris pendant qu’il me pénètre pour être certain que j’pense à lui au moins pour les 3 prochaines fois ou je voudrai me faire plaisir en solo. Certainement un des plus cutes des 7, je pense qu’il m’aurait fait à déjeuner le lendemain. J’aurais bien assumé mon intérêt en faisant du spoonage post sexe et je n’aurais même pas repris mon petit lit après.

Le second avait passé la soirée à vouloir me faire rire. Un cerf en pleine parade nuptiale pour impressionner la belle. Sa joute de coude avait tout de même quelque chose d’attachant. Avec lui, il y aurait plutôt eu une clope post sexe. On aurait sûrement fait trop de bruit, il aurait voulu montrer à tous l’étendue de son pouvoir reproducteur. Il m’aurait prise par-derrière en me tirant par les cheveux. Me faire mouiller assez pour qu’il pense que je ne m’aperçoive pas qu’il change de trou. Me prendre tellement de foi que j’aille du mal à redescendre en raquette le lendemain. J’suis certaine qu’à l’aube il se serait crissé du reste de gang en allant me rejoindre dans mon «lit» pour recommencer. Quelque chose de ben sport, mais je n’étais pas encore sûr de vouloir m’associer au petit roi de la montagne.

Finalement, je n’ai pas été déçue de mon choix. Il ne s’est pas imposé, c’est moi qui suis allée le chercher. Je suis allée m’asseoir à côté pour lui dire, en collant mes lèvres sur son lobe d’oreille «sans faire exprès», que j’allais me coucher. Que j’étais fatiguée, mais que j’avais oublié, disons… mon oreiller tien…Il a souri en trouvant quasi charmant mon personnage de séductrice pas d’orgueil et a heureusement compris mon invitation à s’accaparer d’une des deux chambres.

Vu la grandeur du refuge, le retrait de 2 happy camper sur 3 n’est pas passé inaperçu. Nous n’avons eu le temps que de fermer la porte oh combien pas gardienne de notre intimité, avant d’entendre le 3e retrait  partir à la recherche du reste de la mêlée. Je n’avais pas passé le reste de la soirée en bobette, mais nous n’avions quand même pas beaucoup de linge à s’enlever avant de nous ramasser à poil dans un sleeping bag loin d’être fait pour deux. Avec sa peau contre la mienne, même à -30 on a réussi à avoir bien chaud. C’est sûr qu’un cunni dans un sleeping bag c’est loin d’être optimal, mais lorsqu’on est ingénieux on peut réussir l’exercice sans même qu’il y est de mort cuit par sudation. Au moment où j’étais sur la bonne voie pour atteindre l’orgasme, les explorateurs chaudailles ont décidé de faire leur entrée. Ça n’a pas pris deux secondes pour que le reste du clan se ramasse dans la chambre. Tant qu’à être à poil dans un sleeping bag avec un de leur pote, ma meilleure option fut de demander une bière. Je crois qu’il n’a jamais fait aussi chaud dans ce shack.

On s’est rhabillé, il n’y a pas eu de gang bang, je n’ai toujours pas eu mon déjeuner et jenesuispasvenu.com, mais on a ri pour au moins deux ans. Minimum.

-Banderas

banderas

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