Illustration de Amélie Roy

Illustration de Amélie Roy

 

Il était tard. L’alcool s’était emparé de nous. On riait pour rien et la lumière nous brûlait les yeux. Il nous a dit qu’il y allait puis il a disparu dans sa chambre. Nous, on a fait pareil. On aurait voulu avoir plus d’énergie parce nos corps brulaient de se prendre mais la fatigue était plus forte que l’reste. En se glissant sous les couvertures, nos yeux se sont fermés et puis c’était la fin.

Je m’étais fait voler mes deux roues de vélo et j’étais en sacrament. Je regardais le cadavre de ma bécane et je me demandais comment ça s’pouvait. Je cherchais une solution. Des indices. Comme si on m’avait simplement joué un mauvais tour et qu’on les avait cachées pas loin. Pis là, je me suis mise à ressentir des drôles de sensations. Sur mes seins, mes cuisses, le bas de mon dos. J’ouvrais les yeux et j’émergeais de mon rêve de vélo volé pour me rendre compte que j’étais dans son lit et que ses mains me caressaient. C’était un matin doux. La lumière rosée était venue s’étendre sur sa couette blanche. Dehors, les arbres se laissaient violenter par le vent. La petite brise tiède qui entrait par la fenêtre sentait le lilas. Et puis ses doigts soyeux étaient déjà rendus loin entre mes jambes. En quelques secondes, j’avais oublié mon histoire de roues de bicycle.

Couchés en cuillère, je me sentais toute petite et confortable dans ses bras. Ses lèvres contre ma nuque et son souffle humide faisaient naître des frissons sur toute ma tête. Je ressentais chacun de mes petits cheveux s’hérisser. On dirait qu’il m’agrippait de partout. Ses jambes s’entremêlaient aux miennes. Un de ses bras se glissait sous moi et sa main se posait sur mon sein. J’étais l’heureuse prisonnière de son emprise. C’était d’une douceur incroyable. Il glissait doucement sa langue dans mon oreille en continuant de caresser délicatement l’ensemble de mon sexe. Parfois dedans, parfois dehors. Je me laissais faire. Mon dos se cambrait pour mieux sentir son érection entre mes fesses.

La veille, enivrés et las, nous n’avions pas pris la peine de bien fermer la porte. C’est alors que j’apercevais le coloc. Debout, surpris de voir ce qu’il voyait, derrière la porte entrouverte. Sur le coup, j’ai arrêté de respirer. Dans la seconde, je me suis dit que je devais remédier à la situation. Cependant, je ne le faisais pas. Il était absolument mal à l’aise mais il n’arrivait pas non plus à s’en aller. Il était comme paralysé, entre l’excitation et la transgression. Nos regards ne se quittaient plus. J’imagine que c’est de cette manière que je lui ai donné le droit de rester. Mon copain, toujours derrière moi, continuait de me caresser et ne semblait pas se rendre compte de mon égarement. Sa tête était enfouie dans ma nuque. Je me demandais s’il le voyait aussi. Puis, il a mis le doigt à un endroit qui a fait sursauter mon corps en entier. Je n’avais pas prévu qu’un long gémissement accompagnerait ce plaisir soudain. Le coloc tressaillait. Il venait de  se rendre compte brusquement de sa situation et devait penser à s’en aller mais il était comme hypnotisé. Nos regards ne se quittaient toujours pas. J’étais aspirée par sa curiosité, sa respiration qui s’accélérait et son érection grandissante. C’est là que mon copain me pénétra d’un coup mais tout doucement. Ça devait paraître dans ma face à quel point c’était bon parce que la bouche du coloc s’est entrouverte et ses deux mains se sont spontanément posées sur son sexe. Mon copain allait et venait en moi en m’agrippant les hanches. Moi je cambrais le dos de plus en plus et me caressais le clitoris. Je respirais fort et j’avais l’impression que le coloc pouvait sentir mon souffle sur sa peau. Ça me faisait subtilement sourire. Complètement inconscient du danger, il sortait son pénis tout dur de son boxer et commençait à se caresser. Ça m’excitait tellement que les mouvements de mon copain me paraissaient doublement satisfaisants. Mes sourcils se fronçaient et ma bouche s’ouvrait, comme si elle voulait crier. La main du coloc allait de plus en plus vite. La tête de mon copain semblait toujours enfouie derrière moi. J’espérais que si ses yeux étaient ouverts, c’était pour regarder son sexe entrer et sortir du mien. Parce que je n’osais pas imaginer comment ça pouvait se terminer s’il devait les lever et voir ce que je voyais. Néanmoins, ce danger m’excitait et je trouvais le coloc franchement courageux. Plus les va-et-vient de mon copain devenaient rapides, plus la branlette du coloc prenait de l’ampleur. J’avais l’impression de me faire baiser par deux gars, simultanément. Je prenais goût à son regard. Je tirais donc sur la couverture pour qu’il voie tout. Mes seins tendus qui rebondissaient à chaque coup donné par mon copain, la courbe de mes hanches, et mes doigts qui caressaient mon sexe. Je sentais les jambes du coloc ramollir alors que sa queue se durcissait encore plus. Il eut un seul mouvement de hanche, comme s’il aurait voulu me pénétrer aussi. C’est là que je me suis mise à gémir. Habituellement, je me retenais pour ne pas trop exprimer mon plaisir. Pour le coloc. Mais là… Alors je laissais monter les gémissements. Mon copain, qui se préoccupait gentiment du confort du coloc, mettait sa main sur ma bouche. Mais je ne m’arrêtais pas. Je voyais le coloc qui était sur le point de jouir. De mes yeux implorants, je lui demandais de le faire. Je préférais le voir jouir rapidement plutôt que de le voir se faire prendre les deux mains dans l’sac. Alors, je gémissais encore plus. Mon amoureux entrait ses doigts dans ma bouche mais je les mordais en continuant de gémir. Je savais qu’il aimait ça. Les deux gars s’activaient de plus en plus. La tension n’était presque plus soutenable. C’est là que, en regardant le coloc dans les yeux, j’ai dit «j’vais jouir». Ce qui eut un effet électrique sur les deux gars. Tous les mouvements s’intensifiaient. Mon copain jouissait en tentant de retenir un gémissement alors que le coloc jouissait en essayant de retenir le sperme qui aurait voulu éclabousser partout. Mon orgasme était presque violent. Mon copain me mordait l’épaule en soufflant et je sentais son sexe déverser son sperme en moi. Les genoux du coloc semblaient lâches mais nos yeux ne se quittaient jamais. Puis, les mains pleines de lui, il revenait tranquillement à la réalité. Pendant que mon copain m’embrassait la nuque et me serrait dans ses bras, le coloc se tortillait, ne sachant plus où se mettre. Puis, d’un coup, il a disparu.

On s’est croisés tous les trois dans le corridor alors qu’on allait à la douche et que le coloc en sortait. Tout le monde était particulièrement de bonne humeur. J’ai dû cacher mon sourire quand mon copain a demandé au coloc s’il avait fait des beaux rêves en lui donnant une bine sur l’épaule. Et j’ai failli éclater de rire quand il lui a répondu fièrement, de l’autre bout du corridor, qu’il avait fait un fabuleux rêve érotique pis que ça startait bien sa journée.

-Gamignonne

GAMIGNONNE

3 Comments

  1. Carl'os Bandera
    October 31, 2014

    MMMMMMMMMMMMMMMmmmmmmm!

    Franchement évanescent! Plein de pudeurs olfactives bandantes. J’vous offre in conte en retour?

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  2. Carl'os Bandera
    October 31, 2014

    J’peux-tu arrêter de me masturber? OUFFFFFFFFFFFFFFFFFFFFFFFFFFFFFFFFFF!

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  3. RR
    June 10, 2015

    Merci d’avoir partagé cette histoire, si excitante pour quelqu’un ayant un petit penchant voyeur 🙂

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