Illustration de Karine Bernier

Illustration de Karine Bernier

 

Ça commence par une soirée banale après un 5 à 7 qui s’allonge. Des atomes crochus qui ne se contente pas de se tourner autour, mais choisissent de se rentrer dedans. Pour rire, on se met à parier sur tout. Puis ça a finit par une gageure qui me conduit chez elle, cette femme probablement dix ans plus jeune que moi, qui possédait cette douce assurance des femmes dix ans plus vieille. Je suis sous le charme. Mais surtout, je n’ai aucune attente. On tire à pile ou face pour décider où l’on ira. Pile : chez elle. J’ai une bonne bouteille qui traîne dans la voiture. Je traîne toujours une ou deux bouteilles. Et puis voilà, une soirée simple mais parfaite, de beaux et bons échanges – des conversations intéressantes et des baisers divins. Il se fait tard, la lumière du jour semble vouloir se poindre et elle me dit : “t’es pas obligé de partir. Ça t’engage à rien, mais si tu veux rester…”

J’avais passer un bon moment et son chum était hors de la ville pour quelques jours.

-Toi, y a personne qui t’attend ?

-Non. Mais j’ai aussi quelqu’un.

-Ça m’aurait surpris qu’un gars comme toi soit célibataire.

-Pourquoi tu dis ça ?

-T’aimes trop les femmes. Y en a une qui se prend tout le meilleur de toi, c’est certain.

Nous étions nus, étions venus plus d’une fois tout les deux, couvert de sueur, le souffle court avec de larges sourires qui se dessinaient sur nos visages.

***

J’ouvre l’oeil et je ne reconnais pas le plafond. J’ai oublié que j’étais chez elles. Un chat occupe la place qu’elle occupait un peu plus tôt. Ça sent bon. Un parfum de fleurs, de sexe et de bouffe. Je n’avais pas remarqué dans la pénombre, mais l’endroit est meublé avec goût. On se croirait dans un magazine de décoration. Une toile de nu accroché au mur semble décupler l’énergie sexuelle contenus dans la pièce.

J’me lève, à la recherche du p’tit coin. J’me souviens d’où ça se trouve seulement au moment de sortir de la chambre. J’emprunte le couloir et au milieu du salon, elle est là, nue, y allant de figure de yoga. Elle est irrésistible. Je l’observe en silence. Je n’ai plus envie de me rendre à la toilette et mon érection est franche.

“Approches. J’te montre un ou deux truc simple d’acroyoga et on déjeune ensuite”, qu’elle me dit. J’ai pas débandé une minute. Ça l’a fait sourire. J’ai aucun talent pour le yoga.

***

Les oeufs bénédictines sont à point et la sauce hollandaise faite maison qui les recouvre serait parfaite pour ses jolis seins. Y a tout en fait pour que ça dégénère en partie de jambe en l’air pour foodies : des fruits, du fromage cottage, des confitures, du miel, name it !

La table est déjà mise. Au sens propre comme au figuré. Les assiettes sont à peine posé que je m’empresse de prendre un de mes oeufs pour lui écraser sur la poitrine. Un instant plus tard, ce sont ses fesses qui finissent dans sont assiettes, le jaune lui explosant au derrière.

Je la dévore, la souille puis la déguste encore. J’ai le visage couvert de confiture. Son bouton est maintenant à saveur de fraise. Son cul salé contraste bien dans l’ensemble de l’oeuvre. Mes doigts se frayent un passage partout. Elle me parle, me dit comment elle aime qu’on la fasse jouir. Mon sexe est couvert de miel et triomphe dans sa main. On fait tôt de ressembler à des enfants en bas âge qui jouent avec leurs aliments. Elle vient, on s’embrasse longuement et se retourne sur la table pour engouffrer ma verge sucré. Ses deux mains sur mon bassin m’entraîne dans un mouvement de va-et-vient et je copule avec sa bouche avec la même aisance que si je prenais sa chatte. Sitôt le miel disparu, elle se retourne et lance ses jambes sur mes épaules. J’m’introduis avec une facilité non-négligeable. C’est chaud, prêt à se faire marteler par ma brusque tendresse. Ses cris diffèrent des précédents. On prend vraiment notre pied. Les vulgarités qu’elle me balance me conforte dans la façon que j’ai de lui distribuer mes coups de bassin.   Ses gloussements dicte la profondeur à laquelle plonger. Elle est si détrempé que je peux déclarer la mort de la friction. Nos chairs qui se frappent, témoignent de cette humidité.

***

Après que j’aie pu la contempler dans tout ses recoins, honoré chacun de ses dociles orifices et qu’elle eut fait de même, l’heure de la douche avait plus que sonné.

On aurait dit des étudiants qui venait de subir une initiation tellement nous étions gommés partout.

-Faut que j’ramasse. La femme de ménage passe juste mardi. Viens sous la douche, on va se mettre propre.

-J’m’aurais mal vu me faire mettre à la porte dans cet état là.

-C’est toi qui a commencé j’te ferais remarquer…

Elle prend sans douche à la même température que moi. Ses yeux brille et ne lâche pas mon regard un seul instant. J’imagine que les miens brillent tout autant. C’est alors qu’elle m’enlace et m’embrasse.

***

J’ai de la classe. Je l’ai nettoyé, frotté, cajolé une dernière fois. On a tout ramassé notre bordel à une vitesse folle. Elle plaisante et veut me mettre à la porte sous prétexte que je lui fait perdre la tête. Je lui propose que l’on se revoit. Je fini par la porter à son lit dans mes bras, la lance sur les draps avant de la dévêtir à nouveau puis me remettre à lui exécuter tout mon répertoire de caresses buccales. J’ai enlevé aucun vêtement, je n’en ai que pour elle.

“Masturbe-toi et fermes les yeux”, je lui dis, avant d’ajouter : “Montre-moi tout, n’arrêtes surtout pas. Concentre-toi sur ton plaisir et fais comme si je n’y étais pas…”

Je fais un pas derrière, puis doucement prend la poudre d’escampette pendant qu’elle s’exécute. J’sors par la fenêtre ouverte du balcon. J’suis pas très bon en yoga, mais des fois j’ai des skills de ninja.

Je l’entend exploser de joie alors que je suis déjà sur le trottoir devant chez-elle.

Je ne me retourne pas.

J’viens de passer douze heures intense. Y a pas que la cuisson des oeufs qui étaient parfaite.

 

 

-Prud’homme

Prud'homme

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