Illustration de  Cindy Beuhlah

Illustration de Cindy Beuhlah

Ce matin là, le ciel était ensoleillé, la lumière chaude malgré le froid hivernal qu’on pouvait supposer au travers de la fenêtre. C’était un dimanche matin. La cuisine était dégueulasse, on ne faisait plus la vaisselle depuis plusieurs jours. Ça s’empilait sur le comptoir et on mangeait des œufs depuis plusieurs jours aussi, car cuisiner nous ennuyait. On avait mangé des œufs façon miroir, tournés, en omelette, brouillés, en omelette brouillée. On commençait à manquer d’imagination. De plus, les œufs séchés dans la pile d’assiettes sales qui s’amoncelait autour de l’évier nous décourageaient. On se disait qu’il n’y avait pas pire à laver que des œufs séchés. Avec cette logique de lâcheté en tête, on ne faisait donc plus la vaisselle, ni ma coloc,’ ni moi. Sans se le dire, on avait installé ce laisser-aller qui n’était pas dans pas nos habitudes. Bref, il nous fallait clairement une variante d’œufs ce matin là. Elle dormait encore. Et j’y réfléchissais déjà. Il ne nous restait qu’une poêle de propre et un éclair de génie m’avait traversée l’esprit. J’allais nous faire des œufs dans le trou.

« Nous » impliquait le gars que j’avais ramené hier soir, contre toutes attentes. Je voulais l’impressionner celui là, je voulais le ramener de nouveau dans mon lit et contrairement aux autres, lui faire à déjeuner plus qu’une fois. Mais la «game» voulait que je ne le dise pas et que je ne le montre pas. BULLSHIT. Tu veux des œufs dans le trou, je lui ai alors demandé.

Dans son expression faciale, j’ai bien vu qu’il ne connaissait pas ce «met» et que ça lui a fait de l’effet. En entendant la formule «œufs dans l’trou» et il s’est mordu la lèvre inférieure. Alors que je plaçais la dernière poêle rescapée sur le feu, il s’est approché en arrière de moi, a glissé ses lèvres dans mon cou, attrapé une bonne mèche de mes cheveux pour la tirer, ma tête a basculé vers l’arrière et il a demandé ce qu’était des “œufs dans l’trou” de sa voix rauque et caverneuse. Un frisson m’a parcourue et je me suis remémorée notre nuit. J’ai feint de ne pas eu avoir envie de nouveau de lui pour m’affairer à mes œufs dans le trou. Je lui montrais deux toast dans lesquelles, je faisais un trou au centre avec un verre à shooter comme avec un emporte-pièce pendant que ses mains se baladaient sur mes hanches et sa tête posée sur mon épaule regardait les manœuvres. J’ai laissé un chunk de beurre glisser dans la poêle déjà chaude. Le petit bruit frémissant qu’il a émit quand il a fondu ne m’a pas laissée indifférente. Les mains chaudes du gars étaient sous mon trop grand sweat-shirt gris des dimanches matins que je portais directement sur la peau. Le beurre continuait de fondre doucement dans la poêle dans un chuintement suggestif. Des œufs dans le trou, c’est avec du beurre que ca se fait, fuck le cholestérol, l’intolérance au lactose, les bonnes manières et les résolutions. Si tu veux que le pain soit bien doré et les œufs bien tournés c’est avec du beurre !

Sa main gauche a pogné mon sein droit, je me suis raidis de désir soudain. Le beurre était désormais presque fondu, il crépitait, le dernier petit morceau jaune dansait au centre de la poêle et tournoyait dans le jus doré échauffé. Les mains de Jean-Philippe (ouin il s’appellait Jean-Philippe, j’aime pas, mais pas du tout, les noms composés mais le reste j’aimais) valsaient elles, sous mon chandail élimé. Le contact de ses mains glissant sur ma peau comme le beurre fondant sur le téflon, m’émoustillait. Je commençais à avoir de la difficulté à me concentrer sur le déjeuner mais je continuais ma tambouille car le beurre était à point. J’ai donc jeté le pain tranché dans la poêle bouillante, avant que le beurre ne noircisse et le bruit de ce dernier trop chaud au contact du pain nous a cette fois, startés officiellement, Jean-Philippe et moi . Une de ses deux mains a glissé bien trop vite entre mes jambes. Iiiiishhhh je n’allais peut être pas me rendre au bout de mes œufs dans le trou. J’allais même peut être les rater pour la première fois.

Pour me regrounder avec le plancher terrestre, j’ai mangé le trou fait avec l’emporte pièce, réflexe de pauvre. La main gauche de J-P s’enfonçait maintenant en moi, la droite jouait avec mon sein droit. Sa bouche respirait dans mes cheveux et ses hanches étouffaient mes reins. Jai tourné le pain avec une spatule sale que j’ai réussi à extraire du capharnaüm qui envahissait le comptoir. Le bruit chaud de la cuisson a retentit et j’ai déposé un nouveau petit bout de beurre dans les trous faits préalablement au centre des tranches de pains. J-P a collé son bassin encore plus dans mon cul et cette fois j’ai bien senti son bat se raidir. J’aimais ça mais y’avait je déjeuner à préparer. Il a continué à jouer avec ses doigts et mon corps du milieu. J’ai cette fois gémi. J’ai bien pressé le pain dans la poêle avec le dos de la spatule et un bruit étouffé de cuisson s’en est échappé. J-P était bien trop amusé de la situation et il se délectait de tester ma concentration aux fourneaux. Je me suis penchée vers l’avant pour attraper les œufs placés derrière le monticule presque honteux de vaisselle, lui offrant ainsi mon derrière le plus bombé possible. Il a descendu sa tête entre mes jambes, je ne portais pas de pants juste ce chandail détendu. J’ai pris un œuf dans ma main fébrile, je savais ce qui s’en venait et la réussite de mes œufs dans le trou était vraiment menacée.

Désormais, assis par terre, adossé au poêle, il a fait glisser ma petite culotte turquoise au sol et de sa langue m’a fait sentir mon anatomie, en remontant le long de ma cuisse. Je me suis dépêchée de casser l’œuf dans le premier trou avant que sa langue ne touche l’endroit magique. Le bruit de cuisson témoin du contact brusque entre l’œuf froid et le beurre brûlant a crépité et sa langue s’est placée comme par magie sur l’endroit.  Par soubresauts, mes pieds me semblaient, décoller du sol. Le câlisse, il allait me faire rater mon dej’ mais il s’y prenait trop bien. Il enfournait sa langue chaude et humide dans mon entrejambe et me tenait en entourant ses mains en arrière de mes cuisses de façon à ce que je ne puisse pas me dandiner de plaisir. J’étais donc captive de sa médecine et des sons de satisfaction sortaient inévitablement de ma bouche entrouverte. Il serrait parfois fort mes cuisses pour que je subisse le plaisir qu’il me donnait et ça me galvanisait. Cela, ajouté aux mini-séismes que sa langue créait dans mon bassin, ne m’aidait pas à garder le cap sur les fameux œufs que j’essayais de ne pas abandonner. Je ne voyais pas sa tête, elle était sous mon chandail.

Il me fallait casser le deuxième œuf là et pourtant je ne voulais que fermer les yeux, des spasmes m’envahissaient lentement. J’allais flancher et foirer mes œufs. Il a reculé son visage quelques secondes pour respirer, I guess. Stratégiquement, j’ai profité de cet instant pour briser le deuxième œuf dans le deuxième trou que j’avais failli éclater, plusieurs fois, dans ma main à force de coups de langue saliveuse, trop bien placés. Sa langue s’est enfoncée de nouveau dans mon sexe, sans préavis, j’en ai lâché la spatule mais j’avais réussi à m’occuper du deuxième œuf à temps. J’ai pensé au film l’Empire des sens, ou l’amant enfonce entre les jambes de son amante un œuf. J’ai chassé cette image même pas japonisante de mes songes, fallait pas que je manque mon déjeuner et mon orgasme dominical, car il n’y avait pas d’autres options que les œufs. Le réfrigérateur était quasiment vide, on ne faisait plus l’épicerie et la spatule était à terre à côté de ma petite culotte. Il s’est mis à utiliser ses doigts de nouveau, le Jean-Philippe tout en gardant sa tête sous mon pull. J’ai fait du bruit parce que mon corps commençait vraiment à s’enivrer de secousses jouissives. J’ai pensé à ma coloc qui dormait encore, souhaitons le. J’ai presque joui et par la secousse ainsi provoquée, tiré les cheveux de J-P. J’ai positionnée la roulette de cuisson sur le chiffre 1 pour que les œufs cuisent le plus lentement possible car la le déjeuner était par la force des choses en stand by.

C’était peut être lui mon petit déjeuner après tout, si jamais je manquais ces foutus œufs dans le trou. En lui tirant les cheveux car les secousses sismiques qui envahissaient mon bassin ont fait remonté sa tête, il s’est naturellement relevé et ma embrassée, la bouche mouillé de mon plaisir. Nos baisers goûtaient le sexe. Il me semblait ressentir encore l’empreinte de ses coups de langue au milieu de mon corps trop stimulé, vu la situation. L’absence de sa langue avait crée un manque. Je m’agitais d’excitation, voire de frustration et le Jean-Philippe avait bien vu.  Il y avait de la tension dans ses pants. J’ai aperçu une autre spatule coincée entre deux bols, je l’ai vite ai attrapée en regardant tristement mes œufs qui blanchissaient très lentement, leur état était critique et Jean-Philippe avait disparu alors que j’avais comme un goût d’inachevé dans la plotte. J’ai fait mine que je contrôlais la situation alors que j’étais seule dans la cuisine, en retournant les oeufs mi-cuits pour que le pain soit bien doré lui, des deux côtés.

Comme le J-P avait pris la poudre d’escampette pour se finir dans mon lit ou dans notre salle de bain, j’ai monté le feu à deux en essayant dans le plus grand déni de penser que mes œufs dans le trou pouvaient être sauvés.

Quand je me suis retournée le J-P entrait dans la cuisine muni d’un condom déjà enfilé sur sa trique festive, je jubilais à l’idée qu’il me rentre dedans, j’allais jouir en deux deux. J’étais à l’inverse de mes œufs dans le fucking trou, juste à point. Il a remonté mon cul avec ses mains pour que ma petite chatte soit bien à découvert et à la hauteur de son beau bat bien bandé qu’il a glissé tout doucement. Il craché sur deux de ses doigts et enduit sont swizz avec, je regardais mes œufs crépiter mollement dans la poêle mais le pain lui brunissait comme une belle baguette viennoise de boulangerie dorée et gorgée de ce beurre. Je gesticulais que mon amant s’introduise enfin dans la partie de mon anatomie qui est un party (presque) permanent. Je n’avais pas lâché la dernière spatule accessible et je m’accotais de mon autre main sur le poêle parce qu”il venait de rentrer et ça m’avait soulevée. On a lâché ces respirations de satisfactions propres au sexe.  L’odeur du pain et du beurre chaud commençaient cette fois à embaumer la cuisine. J-P agrippait ma nuque et s’enfonçait en moi plus violemment, il me serrait fort le cou. Je pense qu’il allait venir vite alors fallait que j’active la zone de mon cerveau qui maximise la venue d’un orgasme, une sorte de connexion qui a l’air cosmique mais qui est juste là, si on regarde bien. Si on jouissait vite, c’était bon pour mes œufs, j’ai tendu le bras pour monter le feu à 3. J-P respirait fort et ses entrées en moi s’accéléraient, il émettait des sons de plaisir de gars, d’une tonalité grave et fragile à la fois. Délectable. Ça me faisait de l’effet. Les secousses brusques de nos corps, nous ont fait cogner le manche de la poêle, et on a failli tout perdre. Mon corps s’est retrouvé quelques secondes coincé entre l’angoisse et l’abandon, la crainte et la jouissance avortée. Rassurée, quand la poêle s’est replacée d’elle même et que les œufs eux commençaient à dorer à feu doux, j’ai senti une grande secousse venir presque du fond de mes entrailles jaillir et se répartir concentriquement dans mon ventre et mon bassin.  Je me suis mise sur la pointe des pieds tellement je me sentais légère, j’ai fermé les yeux et j’ai perdu de vu les œufs pis j’m’en câlissais. J’ai émis un son synonyme de plaisir évident que j’ai pas pu étouffer. T’as touché ma bouche avec un de tes doigts et je suis venue comme ça au dessus de mon déjeuner, dans cette cuisine malpropre d‘étudiants que je ne suis plus, sur le party. Le spasme est resté un long moment dans mon corps avant de se disséminer dans les airs, ça m’a étourdie d’apesanteur. T’avais l’air à tripper de m’entendre jouir de ton corps. J’ai pas eu le temps de reprendre mon souffle que t’as commencé à mordre mon épaule pis tu as curieusement attrapé la spatule qui se trouvait dans mes mains. T’allais jouir dans les prochaines secondes. J’ai senti ton membre se gonfler à l’intérieur comme une pulsation divine sur les parois internes de mon corps. T’as expulsé un son digne d’une grande satisfaction. Un râle qui m’a mise d’une humeur magnifique, moi aussi je trippais de t’entendre jouir dans mon corps. T’étais plus là pendant quelques instants. T’as failli perdre l’équilibre. T’as repris ton souffle dans mes cheveux, t’es resté un moment, comme ça.

Quand tu as relevé la tête et retrouvé tes esprits, tu as tourné la molette du feu à quatre, j’ai jeté une noisette de beurre dans la poêle et avec la spatule toujours dans ta main, tu as retourné chacune des toast pour bien équilibrer la cuisson des œufs dans le trou qu’on allait déjeuner. À ma grande surprise mon cœur n’était pas encore desséché. Tu as penché ta tête, déposé ton menton sur mon épaule, enserré ma taille avec ton bras gauche avec le droit tu continuais de brasser le pain pour qu’il s’imprègne bien du beurre magique. Tu as dit que tu n’avais jamais vu ça des œufs dans le trou et que tu n’aurais jamais pensée à les apprêter comme ça et que ça avait l’air bon. Le déjeuner était prêt, j’ai coupé le feu, soulevé la poêle, repris la spatule dans ta main, tu t’es retiré de mon corps et tu t’es même accroupi, t’as attrapé chacune de mes chevilles pour les placer dans chaque rond de ma petite culotte restée à terre, tu l’as remontée jusqu’à mes hanches. T’as ramassé la spatule et tu l’as déposé où tu as pu. T’as disparu de nouveau.  Fière comme une impératrice, j’ai glissé mes œufs dans le trou, réussis dans deux assiettes que j’ai dû lavées. Quand tu es revenu rhabillé, le petit déjeuner doré fumait sur la table et t’as commencé à nous faire du café. Ma coloc dormait encore. On était dimanche, il faisait frette dehors mais je venais de venir et j’allais manger des FUCKING œufs dans le trou avec un type qui s’appelait Jean-Philippe !

-Sherifa Tarasse

Sheriffa Tarasse

 

1 Comment

  1. Sofia
    January 22, 2015

    Here, take my like (Y) !

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